samedi 5 août 2023

Aphorismes et pensées sur le flux autocréateur de la Vie

 

Frédérique Lemarchand - Amour devenue Matière

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La Vie est un flux. La Vie est un fleuve, l'Être est son lit, le canal naturel où il s'écoule, le Devenir est le flux de ses eaux.

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Dans le flux du Devenir, il y a des flux habituels donnant l'impression de lois de la nature et des flux d'indéterminations.

L'évolution résulte des canalisations de l'Être, des flux habituels et des flux indéterminés qui peuvent y imposer de nouvelles formes habituelles.

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Le flux d'indéterminations peut changer les flux habituels. 

Aucune loi de la nature n'est éternelle, ce ne sont que des flux habituels. 

Sans flux de forces déterminantes, à commencer par celles immuables caractéristiques de l'Être, pas de stabilité ; sans indétermination, pas de place pour la création.

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Dans les périodes de saut évolutif, le flux d'indéterminations semblent l'emporter, puisque les flux déterminants cèdent la place à un flux dominant nouveau.

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A l'heure du saut évolutif, pour un être qui en est pratiquement inconscient, le flux des eaux du Devenir sans perception du lit de l'Être se vit comme un chaos.

A l'heure du saut évolutif du flux du Devenir, celui qui vit en nous dans la perpétuation des vieux flux du Devenir, s'il ne ressent aucune présence de la paix de l'Être, en s'agitant de plus en plus, s'enfonce de plus en plus dans l'apparence du chaos.

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L'Être qui se distingue du Devenir illumine d'une paix immuable. Quand l'aspiration à cette paix immuable prédomine, elle peut nous fait voir le flux du Devenir comme une illusion, la vie risque de sembler un désert invivable. Quand l'Être de paix immuable s'illumine d'une foi dans le Devenir alors tout prend sens. Nous pressentons l'harmonie de la Vie.

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Pour certains, l'aventure commence par l'évidence d'un flot concentré du Devenir. Il se manifeste comme une descente d'une force d'au-dessus du crâne. Cette descente accélère par exemple la venue des idées. Elle manifeste des centres de force dans le corps que la tradition spirituelle indienne appelle des chakras. L'agitation en dessous est croissante, des traits de folie guettent. L'apaisement de l'Être, la présence immuable repose. Et c'est un rythme entre approfondissement de paix de l'Être et Joie du Devenir dans toutes les dimensions de notre personne qui fait un chemin de transformation.

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La foi dans la Vie, s'appuyant sur l'évidence double de l'Être et du Devenir nous ancre sur une Voie ensoleillée de transformation évolutive, un subtil dosage entre Paix et Joie.

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La sagesse de distinguer l'Être passe par un abandon de l'espoir personnel. 

La foi dans la Vie comme pressentiment de son harmonie en Devenir est une espérance purifiée des espoirs personnels.

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Un bon artiste moderne, même s'il exprime dans son art que la vie est un chaos absurde, a des intuitions créatrices qui donnent sens à un devenir personnel.

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L'art moderne est celui qui ne suit plus des règles traditionnelles, pour dans un geste parfait, ressentir la vie le traverser et produire le geste artistique. 

L'artiste moderne vise à laisser s'individuer, à travers lui, un mode d'être singulier unique, un style. 

L'artiste moderne exprime ce moment du Devenir où l'individuation humaine de la vie ne peut se cantonner à une individualisation sociale et mimétique encore largement propre aux espèces animales.

L'artiste moderne n'a plus de règles traditionnelles auxquelles se soumettre. Il peut, s'il le veut, en exploiter, mais, à un niveau, puisqu'il est moderne, il les transcendera pour ouvrir la venue à travers elles et lui à un monde nouveau. 

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Dans un moment de génie, un artiste sent que l'élan créateur qui le traverse est un flux du Devenir.

Quand un artiste ressent l'élan créateur le traverser et produire, il sait la valeur de l'œuvre ainsi produite indépendamment de toute question de succès.

Toute œuvre produite par l'élan créateur de la Vie a une valeur au niveau de la conscience de la Vie elle-même et non au niveau d'un simple vécu individuel. 

L'œuvre artistique produite par l'élan créateur de vie est une trace spatio-temporalisée de l'autocréation de la vie.

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La voie de l'artiste est un modèle de la voie des œuvres que la spiritualité indienne appelle aussi le karma yoga. 

La voie des œuvres pointe les limites d'une action individuelle de l'ego : il veut la contrôler, il veut en posséder les fruits, il en refuse les défauts, il s'y accroche quand elle est vaine, il la voudrait indépendante et séparée du reste des forces de l'univers, etc. La voie des œuvres vise à transformer l'action égocentrique en une participation individuelle de plus en plus consciente à l'autocréation de la Vie, et ultimement à incarner une personnification du Devenir cosmique.

Le Devenir produit tout, y compris nos individualisations agissantes. La voie des œuvres en est une prise de conscience individuée.

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L'intuition créatrice n'est pas de notre ressort. 

L'ego est absent là où, dans notre esprit, l'intuition créatrice apparaît. 

Quand une intuition créatrice nous traverse, sa perception est d'abord impersonnelle. C'est à partir de là, d'une perception impersonnelle, qu'en nous, est perçu que notre ego n'est pas l'auteur de l'intuition créatrice.

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La vacuité et la paix propres à une perception impersonnelle ont toujours été là dans la perception intuitive de la beauté du monde et de la nature. 

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Une intuition créatrice peut être une idée qui vient en nous comme de l'extérieur de notre présence consciente individuelle. Cette idée vient résoudre un problème, elle vient éclairer une obscurité, elle vient démêler une confusion, etc. 

Plus cette idée a de force de conscience, plus elle vient élargir notre présence consciente.

Il y a des forces de conscience qui se manifestent sans se réduire à des idées.

Le regard un et innombrable de la Vie agit dans un flot de forces de conscience par delà toute idée.

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Le geste créateur n'est pas de l'ordre du désir-appétit ou du désir-aspiration. 

Tous nos désirs-appétits ont des objets connus dans le monde humain.

Un désir-aspiration peut être un désir de l'inconnu. Le désir de créer est une forme de désir-aspiration.

Le geste créateur est un basculement du connu dans un vécu inconnu. 

Le geste créateur s'accompagne d'une extension au-delà de notre conscience ordinaire.

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Le désir-aspiration de créer est une dévotion confiante en la Vie autocréatrice. 

Un aventurier spirituel peut voir sa prière confiante et silencieuse prendre sa source dans un cri d'appel naturel, doux et pur au centre de son cœur. Ici il n'y a aucune connotation et matrice religieuse. 

Par son désir-aspiration, l'aventurier spirituel prend conscience d'être au plus profond l'enfant Divin qui appelle sa Mère Divine à l'action autocréatrice.

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La véritable dévotion est art, musique, chant, peinture, poésie, etc. créations par laquelle le débordement de l'amour se singularise et la joie de cette élévation singulière se partage.

Que vaut une dévotion sans style ? ce serait une dévotion sans âme. Une dévotion émotive sans aucune âme est de la bigoterie ! 

Il faisait vraiment preuve de dévotion le peintre Watteau qui déplorait, au moment de sa mort, qu'on lui donne à embrasser sur un crucifix un Christ  mal sculpté. 

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Une intuition créatrice sous la forme d'une idée est déjà la preuve que la vacuité qui ceint notre Présence impersonnelle, la vacuité en laquelle tout paraît, est un voile de ténèbres lumineuses masquant une surconscience.

Nos désirs-appétits pointent du subconscient, nos désirs-aspiration du subliminal, nos intuitions créatrices du surconscient.

Notre flamme d'aspiration la plus pure est notre âme d'individuation Divine, l'enfant divin que nous sommes. Notre flamme d'aspiration vraie et substantielle est le cœur du cœur voilé dans les ténèbres lumineuses de notre cœur.

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C'est parce que l'artiste ressent le niveau de surconscience où son aspiration est allé appeler un élan créateur, qu'il est insatisfait lorsqu'il ne parvient plus à exprimer qu'un plan inférieur.

L'aventurier spirituel peut comme un artiste moderne apprendre la plénitude de son insatisfaction devant son humanité actuelle pour ouvrir, grâce à son aspiration, à la venue de flux de transformation de plus en plus profonds.

Le désir du beau, du juste et du vrai est le désir-aspiration où notre volonté personnelle peut se fondre dans la volonté de la Vie Divine.

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Le désir-appétit produit du plaisir quand il est satisfait. Avant il n'est que force nous dirigeant vers un objet qu'on estime manquant. Le désir-appétit est désir de posséder, de consommer, de perpétuer.

Le désir-aspiration n'est jamais réductible à celui d'un objet existant qu'on a représenté mentalement manquant. Il sent l'imperfection mais il sait son ignorance de la perfection à laquelle il aspire.

Quand le désir-appétit désire une perfection, il désire une qualité ou une vertu de l'ego. C'est alors un perfectionnisme. Dans sa pureté, le désir-aspiration désire un perfectionnement de la Vie Divine au travers de sa personne, entre autres, et non la perfection de sa petite personne. 

Le désir-appétit reste un besoin d'avoir ; le désir-aspiration est d'abord un besoin d'être davantage.

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L'art pour l'art est une impasse pour l'artiste moderne. Le besoin d'être pour le Divin, par le  Divin prime peu à peu dans la voie des œuvres. Et au final, c'est le besoin d'être du Divin qui se réalisera comme étant le désir-aspiration dans sa pureté.

Si un artiste s'engage dans la voie des œuvres, comme toute personne engagée sur cette voie, il deviendra capable de changer d'activité. Car il se sentira appelé à des activités lui permettant d'abord un progrès de la Vie Divine en lui. Il saura renoncer à des activités apportant d'abord des satisfactions à son ego.

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Une œuvre d'art pour un aventurier de la Vie Divine ne se réduira pas à la voie des œuvres, elle sera une expression dévotionnelle, elle permettra de partager des éléments subtils d'une voie de connaissance. Comme n'importe quel travail sur la voie des œuvres, le travail artistique n'est pas qu'un chemin de perfection de soi dans la Vie Divine, il servira aussi et d'abord une concentration de la Présence Divine dans le monde matériel. Une œuvre d'art ouvre à une expérience spirituelle esthétique de la contemplation désintéressée, du sentiment universel, d'une Présence invisible dans le perceptible, etc. 

Une confusion serait de croire qu'on sert une expérience spirituelle artistique parce que le thème de l'œuvre est spirituel. Un chant dévotionnel peut être un bon support de prière sans être une œuvre artistique sublime.

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Un désir-aspiration d'une œuvre artistique concentrant matériellement la Présence Divine peut imposer un abandon, au moins momentané, de l'activité artistique qui soit sans regret. Même si, par la suite, il y a reprise de l'activité artistique, le désir-aspiration de la Vie Divine l'emporte alors sur le désir de créer artistique, et c'est la condition de possibilité d'œuvres artistiques manifestant la Présence Divine au niveau et dans la forme que le Divin attendait.

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Qu'est-ce qui produit ce type de désir-aspiration qui n'est pas lié à des forces pulsionnelles, c'est-à-dire des appétits animaux ? Faut-il l'appeler notre daemon, notre principe d'individuation, le Fils de Dieu, l'enfant Dieu, l'étincelle Divine, etc.  ? 

Le cœur comme une quatrième dimension dans notre torse, en dehors et au-delà du mental et des émotions, est le siège notre individuation personnelle ne faisant qu'une avec celle du Divin en nous. On ne peut nommer précisément le trésor mais on peut donner une indication de là où concentrer son effort d'abdication et de consécration devant notre individualité d'âme Divine. Dans la paix de l'Être, il s'agit alors de se tenir là de plus en plus naturellement au sein de nos activités. Il s'agit de se laisser descendre de plus en plus profondément dans le cœur subtil, même pour accueillir une intuition créatrice qui semble descendre des ténèbres lumineuses du ciel intérieur de la conscience au-dessus du crâne.

Que faut-il pour que notre âme, l'individuation vraie, apparaisse comme ayant été toujours déjà là en arrière-plan de notre vie égoïque en surface ? l'éveil de la présence de la lumière intérieure, de la paix de l'Être, et une transformation du cœur forment un processus certainement nécessaire mais  pas suffisant. En tout cas, la voie de la dévotion à la Vie créatrice, une voie des œuvres moderne comprenant celle de la dévotion restent indispensables. 

Même si le Soi, la présence Divine de l'Être, génère déjà un processus qu'un effort non dirigé vers le non effort parasite, au niveau du Devenir, l'effort du travail et de la dévotion, l'effort de concentration, etc. nourrira un besoin d'être poignant, notre désir-aspiration se purifiera et la grotte du cœur s'éclairera jusqu'à ce que notre âme y apparaisse.

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Frédérique Lemarchand - Chair Lumière


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C'est notre cœur s'ouvrant dans ses profondeurs à la flamme d'aspiration substantielle qu'est l'âme vraie qui nous fera réceptif au flux de transformation le plus profond possible pour notre humanité.

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Le geste créateur est la manifestation d'une surabondance de joie dans une forme intuitive. Il aura fallu du désir réorienté et de l'aspiration accrue pour que l'instant créateur puisse émerger. 

Le désir est une nostalgie de la Joie surabondante.

Le désir à l'état pur qu'il soit d'appétit ou d'aspiration est déjà la trace vécue du Devenir de la Joie. 

Il y a dans tout désir une célébration de la Joie du Devenir.

Il y a des personnifications des flux matriciels de la Joie du Devenir : ce sont des visages de la Déesse Mère, la Mahashakti.

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Notre âme vraie est une individuation Divine dont la substance est continue avec celle de la Mère Divine qui forme le Devenir.

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Ma Anandamayi a été surnommée la saturée de Joie. 

Le corps animal et la personne humaine peuvent vite être saturés de Joie.

Le yoga consiste aussi à ce que la réceptivité à la Joie Divine s'accroisse.

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La Joie vraie est saturée d'elle-même sans question de limitation de sa réceptivité. D'où la difficulté et les dangers d'un Yoga qui vise à concentrer l'évolution créatrice. D'où la nécessité de la Paix, comme une présence magnétique seule capable de porter la Joie en infinie profusion sans en être affectée.

Sur un autre plan du Devenir, les artistes maudits sont une constante de l'art moderne. 

La Joie créatrice peut être dévastatrice sans la Paix.

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Le désir-appétit produit du plaisir quand il est satisfait. Avant il n'est que force nous dirigeant vers un objet manquant. Le désir-appétit est désir de posséder, de consommer, de perpétuer.

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Dans la consommation, nous anéantissons l'objet de notre désir. Ce qui est consommé est alors une ressource diminuée. Cependant la consommation est aussi assimilation plus ou moins consciente. Nous assimilons l'objet de notre désir pour en recevoir de la force. Enfin, consommer est aussi accomplir un objet de désir. Il y a encore désir de consommer quand la ressource de l'objet est renouvelable et la force qui en est reçue épuisable. On dit ainsi qu'un mariage est consommé.

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Le désir de créer n'est pas un désir de consommer ou de perpétuer. Même s'il peut s'accompagner d'un désir de posséder l'objet créé, l'acte créateur est plus un abandon à une force qu'une appropriation de ses effets. Ce qui ne serait qu'une inflation de l'ego, une usurpation insincère du pouvoir vrai de création.

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Les désirs sexuels, les désirs d'appropriation et les désirs de reconnaissance mettent en jeu consommation, possession et perpétuation. Les désirs-appétits produisent du plaisir lié à la consommation, possession et perpétuation de son objet. 

L'intuition créatrice est force de Joie dans une forme de nouveauté, de dépossession et de don. 

La Joie créatrice même si elle apporte une forme de Devenir n'en est pas moins une Joie désintéressée de la gratuité autocréatrice de la Vie.

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L'artiste sait que dans le flux créateur auquel il accède, il y a plusieurs courants, certains plus intenses, plus vastes, plus profonds que d'autres.

Ce qui vaut pour l'art vaut pour l'autocréation de la Vie. 

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Toute la vie est yoga, dit Sri Aurobindo. La nature nous fait faire le yoga que nous le voulions ou non. Nous sommes embarqués.

Le yogi intégral pratique un yoga pour concentrer son avancée dans le courant du flux de la Vie. 

Ultimement le yoga consiste à concentrer individuellement et cosmiquement le flux évolutif de l'autocréation Divine.

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Des propos sur l'absence d'acteur peuvent justifier des forces d'égarement dans le fleuve Divin. Toutes les eaux du fleuve Divin sont Divines : ces propos font du fou dans sa folie destructrice une manifestation tout aussi Divine que le courant qui nous porte vers la Divinisation ! Mais si on admet que dans le Devenir du fleuve certains courants sont plus en adéquation avec le mouvement global du flux et même le facilitent, alors un courant qui nous porte vers la Divinisation serait plus aligné au Devenir Divin.

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L'Être du Devenir est paix. L'Être est un flux immuable, Un, là où le Devenir paraît d'abord multiple. L'Être est en ce sens le lit apaisant du fleuve en furie des multiples flux de la Vie.

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Les sables peuvent se déposer sur la berge. Ce sont nos inerties, elles peuvent ressembler à la paix mais la force du Devenir s'y perd et s'y ralentit. C'est quand un flux plus intense advient que ces sables se soulèvent et provoquent des remous.

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A un niveau, toutes les forces sont une manifestation du Divin. Cependant certaines forces feront leur temps et seront dissoutes dans la force suressentielle du Devenir. 

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Comme dans un fleuve, il y a les forces qui ramènent l'eau vers l'océan et il y a des courants qui la ralentissent et l'emprisonnent dans des bras marécageux où elle croupit, surtout si les pluies manquent. Combien d'individus croupissent dans leurs eaux marécageuses, si la descente du Divin ralentit relativement à cette frange de son fleuve. 

Cependant, comme le Divin se manifeste pleinement, le fleuve enfle inexorablement et même les eaux prisonnières sont éjectées dans le courant principal vers l'océan. Toutes les scories ainsi emportées deviennent les limons fertiles des créations futures. Rien ne se perd, tout se transforme sur l'écran immuable de la paix.

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Toutes les eaux convergent inexorablement vers l'océan unique où la goutte et l'océan ne font qu'un. Soyons lucide, beaucoup d'individualisations humaines ne vont offrir au courant Divin que des morceaux épars lors de la dissolution de leur individualité au moment de la mort. Dans ce flux, l'individuation consciente de la Vie autocréatrice est rare.

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Dans le fleuve de la Vie, la paix de l'Être peut être mise en mouvement par l'intensité de la Joie. Le flux peut éroder son lit et le transformer. Mais le tissu de la paix ne se rompt pas, il se recompose autrement car il est immuable. Le Devenir change amoureusement la forme par laquelle l'Être l'épouse : l'immuable muable, Joie de la paix en mouvement.

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Au fond, le lit est un fleuve. L'Être est le flux d'acte si pur si infini si bien qu'il paraît d'abord d'une nature immuable. Le fleuve de l'Être et le fleuve du Devenir s'entrelacent et n'ont toujours été qu'un : l'amour. 

Prakriti, le Devenir un et multiple a toujours fait la volonté des multiples Purusha qu'elle a formés dans l'Être.

A l'heure dite, on voit un témoin neutre, un Purusha donner sa sanction à une ligne du Devenir.

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Le jeu autocréateur de Prakriti et Purusha a une analogie possible avec un mélange d'eau et d'huile. L'eau symbolise la prakriti et l'huile le purusha. L'huile surplombe et enveloppe la couche d'eau. La paix du purusha semble entourer toute les dynamiques de la prakriti. La dynamique de l'eau sépare le plan de l'huile en gouttes d'huile et ces gouttes elles-mêmes peuvent être subdivisées. Mais le gros de l'huile sera toujours à la surface de l'eau et apaisera l'agitation générale de l'eau par son type de fluidité visqueuse. L'eau directement au contact de la grande couche d'huile a une dynamique interdépendante de celle de l'huile. Il y a une prakriti supérieure directement unie au purusha du point de vue de l'autocréation. Et les gouttes d'huile entrées dans l'eau semblent comme des purushas demeurant sur des plans inférieurs. Sur les plans de la prakriti inférieure beaucoup plus agités et apparemment moins facile à apaiser, des purushas, entraînés là, lui imposent aussi une influence. Son apparent chaos a des limites et, invariablement, celui-ci fait venir des gouttes d'huile qui par leur viscosité augmentent l'ordre. 

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L'âme est le Purusha de l'individualisation d'abord égoïque.

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Dans le flux d'acte pur d'Être, tout est éternellement, passé, présent, futur ne font qu'un. C'est la Vérité de l'amour qui commande le Devenir. Mais la Joie du Devenir peut resculpter son lit de Paix éternelle où elle s'écoule. C'est la force créatrice qui transforme ce qui était la nécessité apparente de l'Être. Le plan éternel de l'amour se réécrit lui-même.

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L'âme s'est d'abord développée en arrière-plan du cœur comme témoin neutre de la vie individuelle.

Il y a l'heure où l'âme passe un peu plus en avant, en influençant l'ego. C'est l'heure des désirs-aspiration. C'est l'heure où l'animal cède à Eros, ce daimon mi-Dieu mi-humain, ce paradoxe de plénitude et d'insatisfaction qui est amour du beau, du vrai et du juste.

Il y a l'heure où l'ego s'incline devant son daimon, la voix intérieure de son âme, sa psychè. C'est l'heure de la sanction du purusha de l'âme.

Il y a enfin l'heure où un processus d'abolition de l'ego se fait pour laisser place à l'incarnation de la personne psychique. 

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Frédérique Lemarchand - Naître à l'âme d'or



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L'heure de Dieu est écrite de toute éternité.

L'heure de l'enfant Dieu, l'heure de l'âme vraie est l'heure de la rencontre incarnée et l'union d'un Purusha individué par Mère et de sa Prakriti individualisée dans son Devenir cosmique.

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L'ego ne vit que dans une représentation mentale du temps.

L'âme vraie a une vie où temps et éternité s'entremêlent : elle est tempiternité, dit Raimon Panikkar.

Il y a les souvenirs, ces perceptions organisées mentalement et plus ou moins déformées et il y a ces réminiscences, ces temps vécus de l'âme suspendus dans l'éternité.

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Tant qu'il y a des restes d'un moi séparé, c'est-à-dire tant que il y aura des petits désirs, il y a des efforts d'un individu pour avoir sa pitance. Et il y aura une tension entre une volonté fidèle à l'Evidence dans sa dimension transformatrice et créatrice et ces petits désirs. Si on se contente du retrait des phénomènes et de la paix que cela donne, alors cette question de la purification du désir et de la volonté, et donc ce qui met en jeu l'incarnation de l'amour peuvent être vus comme inutile. 

A chacun de mener l'aventure de la vie comme cela s'impose à soi. Tout est au fond toujours et encore une autodétermination du Divin.

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Dans un langage dualiste, je dirais que j'ai trouvé la présence de la lumière de Dieu en moi : c'est instantané et cela ne peut être amélioré. Cette lumière, c'est aussi ma nature profonde et elle me transforme en tant qu'individu comme elle agit en tout et toutes choses. Le seul effort est de se maintenir dans sa lumière. Elle transforme le rapport entre ma pensée et sa lumière ; elle transforme le rapport aux émotions ; elle m'amène à distinguer mes petits désirs et le grand désir plénitude et aspiration (manque et plénitude métamorphosé) ; le grand désir, la volonté divine, diraient certains, prédomine de plus en plus. 

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Vivre pleinement, c'est vivre à l'heure de Dieu

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Frédérique Lemarchand - Symphonie du vivant



mercredi 2 août 2023

Aphorismes et pensées pour Être et Devenir en amour vrai.

On pourrait commencer à ce sujet par ce propos de Mère, Mirra Alfassa qu'on trouvera ici :

https://sriaurobindouneapproche.blogspot.com/2023/08/deux-aspects-complementaires-sur-la.html

Frédérique Lemarchand - Confiance

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Se laisser-être n'est pas laisser-faire.

Se laisser-être dans le courant du fleuve de la vie n'est pas forcément laisser-faire les courants qui nous égarent de son flux principal.

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Ce n'est pas moi qui progresse, c'est le vrai et l'amour qui progressent en moi et aussi en tout à travers moi.

Ce n'est pas moi qui progresse, c'est le Divin.

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Dire Oui à ce qui est peut être cohérent avec l'évidence de dire Oui à l'exigence de transformation du Devenir. Cette cohérence est le terreau de l'amour.

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La pensée est un support de description et d'intention. Quand on cherche encore la paix de l'Être, la pensée utile est surtout descriptive. Quand on cherche la Joie du Devenir, la pensée utile est surtout intentionnelle. Mais la paix d'Être et la Joie du Devenir sont incompréhensibles pour la pensée. Vivre l'unité de l'Être et du Devenir est une connaissance autre que toute connaissance pensée.

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A celui qui ignore encore chercher l'Un de l'Être et du Devenir, l'Un de la Paix et de la Joie, il serait dommage de dire d'arrêter de chercher pour rester en Paix seulement.

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La Vie cherche un chemin d'individuation authentique dans l'individualisation héritée. 

La difficulté dans cette aventure, c'est de distinguer l'aspiration vraie de cet élan de la Vie de nos désirs d'ego. Se perpétuer contre, c'est encore être enserré dans les filets de l'individualisation dont notre ego mental est le sommet. L'élan d'individuation de la Vie est toujours créateur, y compris quand il abolit certains aspects de l'individualisation héritée. Lorsqu'il devient plus net et plus fort, il a aussi plus de douceur. Il se nourrit de calme et de tranquillité. L'individualisation est ressentie comme la matière première idéale du travail d'autocréation de la Vie. 

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Un jeu joué par le Divin amour ne consiste-il pas à s'aimer d'un seul regard à travers des visages innombrables ? L'individualisation s'observe partout dans l'évolution de l'univers et du vivant. L'individuation Divine couve en elle.

Il ne s'agirait pas d'étouffer trop vite une aspiration individuelle au nom d'un Soi impersonnel de la Vie. 

Vivre le Soi avec un cœur, c'est peut-être plus en profondeur vivre le Soi avec une âme ! 

Il y a peut-être des façons de vivre personnellement le Soi qui nous font perdre notre âme. Lucifer, le porteur de Lumière en serait une personnification.

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Aspirer au Divin amour, ce n'est pas le chercher. C'est avoir une foi inébranlable que le Divin amour viendra au premier plan. C'est vivre déjà de sa Présence en arrière-plan. C'est donc vivre la foi à partir de sa Présence.

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Une Présence du Divin amour plus ou moins présente, qu'est-ce à dire ?

Le Divin amour est une prise de conscience. Nous ne sommes qu'un avant-poste de cette prise de conscience autocréatrice.

L'inconscient de l'amour, c'est nous.

Le Devenir en ce monde est la prise de conscience du Divin amour qui se poursuit en nous.

Mais nous sommes toujours déjà l'Être de ce qui devient.

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Seules la paix et la joie créatrice de la Vie mettent en lumière sérieusement les ombres de l'individualisation dont notre ego a émergé pour en faire la matière de notre individuation authentique.

Les lumières de notre ego ne sont que des lumières de lampes de poche, même si elles permettent de comprendre qu'on est perdu dans la nuit. Mais se contenter de la paix en amont de notre individualité, d'une lumière spirituelle qui la regarderait comme une illusion à laisser se dévider jusqu'à la mort, revient peut-être à se contenter d'une nuit encore plus noire. 

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Le sens profond de la Bhagavad Gita, c'est voir dans l'effort que l'auteur de l'action n'est pas l'ego. Ce n'est pas conclure qu'il n'y a plus aucun devoir moral à prendre en compte, aucun sacrifice à offrir et aucun effort à faire parce que le libre-arbitre est illusoire.

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Se savoir doté d'une impression égoïque illusoire de choix indépendant est un savoir plus établi lorsque, empruntant la voie de l'effort au lieu de celle du moindre effort, la grâce devient un ressenti indubitable.

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L'accueil de ce qui est est immédiat au niveau de l'Être. Plus l'effort de l'ego l'amènera à coïncider à ce Oui initial, plus le cœur s'ouvrira. Plus le cœur s'éclairera en profondeur, plus le choix d'aligner sa volonté à l'ordonnancement du Devenir sera évident et libérera l'ego de lui-même pour faire place à une âme vraie, une individuation de la seule Vie [Divine de l'amour].

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Aimer absolument pour l'ego est impossible. L'ego ne peut pas se remplir d'amour, seul son cœur le peut.

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Pour l'ego, aimer être aimé, accueillir l'amour, le reconnaître jusqu'à ce qu'éclate dans le cœur la gratitude est difficile. L'ego qui se sent endetté par l'amour reçu, est tenté de dénigrer la main de celui qui le nourrit. 

Certes la main est calleuse, brusque, imprécise ou hésitante, quelle main est parfaite ? Mais les gestes de cette main imparfaite sont un don de la Vie en Devenir. 

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La gratitude vraie remercie la Vie pour tout et pour chaque personne.

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L'ego insincère, mais assez nourri, finit parfois par aller chercher une autre bonne âme dont manger la main. 

Le masque de l'éternelle victime lui sied bien.

Devant Dieu, Adam se déresponsabilise sur Eve, la femme que Dieu lui a fait, et Eve sur le serpent que Dieu a mis là au Paradis.

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Quand l'ego admet sa dette et qu'il admet qu'elle ne pourra être payée, la grâce l'amène à la gratitude, alors aimer aimer l'ensorcelle, il devient capable de compassion, de pardon,  de bienveillance et plus encore car il aime aimer passionnément. 

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Aimer aimer sincèrement, c'est admettre en l'ego l'émergence d'une qualité d'amour qui est simultanément manque et plénitude, insatisfaction et dépassement de soi-même puisque l'ego ne peut pas se remplir d'amour Divin, d'amour parfait. 

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L'amour vrai ou Divin n'est pas d'abord un désir mais une surabondance de Joie, de Félicité, qui revient vers elle-même dans une prise de conscience perpétuellement de plus en plus consciente d'elle-même.

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Tableau de Frédérique Lemarchand qui m'évoque la Main Divine qui descend nous bénir et nous infuser sa grâce transformatrice.


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Le désir-appétit, dont la pulsion vitale animale a pris forme est une force pleine, mais ce n'est pas la plénitude de l'amour Divin. Le désir-appétit convoite toujours un objet, un instrument. Cette avidité donne au désir-appétit son caractère de manque. Mais ici rien de simultané : une poussée aveugle et irréfléchie en amont précède une souffrance dramatisée en aval, et les deux semblent parfois exister indépendamment. 

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Le désir-appétit est souvent sexué et parfois sexuel. 

L'aspiration authentique de l'amour de l'amour est en son fond insexuée.

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L'amour de l'amour peut se jouer extérieurement dans nos relations sexuelles (libertins, amants, époux, etc.) et sexuées (père, mère, frère, sœur, etc.). Toutefois l'amour de l'amour se joue d'abord intérieurement dans la relation à l'amour Divin venant à travers notre cœur.

L'aspiration authentique peut se nourrir de l'énergie sexuelle : la relation sexuelle nourrit alors l'amour de l'amour et le cœur déborde d'amour.

L'aspiration peut tant et si bien se nourrir de l'énergie sexuelle qu'il n'y a plus un désir irrépressible de plaisir sexuel et de relation sexuelle : c'est ce qui rend possible la chasteté continente de ceux qui vivent comme moine.

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L'Être serait plutôt masculin, le Seigneur imperturbable, donnant sa sanction d'existence à chaque détail, et le Devenir féminin, la Mère en mouvement, attentive à chacun de ses enfants. Mais l'amour Divin est l'unité insexuée qui les précède. 

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L'amour de l'amour, l'aspiration sincère, veut être tout à la fois l'objet et l'instrument de l'amour Divin.

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Aimer aimer sincèrement, c'est aspirer à l'amour vrai, à sa perfection dans son cœur. Aspirer amoureusement à l'amour, c'est en manquer tout en en jouissant déjà pleinement.

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Aspirer à l'amour pour l'ego, c'est déjà laisser se faire transformer par l'amour. Car c'est l'effort de l'ego pour se sacrifier dans la flamme d'aspiration à la transformation. L'ego ne fait pas la flamme de son aspiration. Cette flamme est son âme vraie. L'ego peut juste s'y déposer avec ses désirs-appétits. Sans la grâce, le peut-il ? En outre, l'énergie des désirs-appétits que l'ego amène au pied de son âme de feu est un combustible nécessaire à la venue de l'amour Divin.

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L'ego qui commence à aimer aimer veut encore aimer à sa façon. Tout le monde veut de l'ordre, mais son ordre. L'ordre, c'est alors le pouvoir du mensonge. L'amour de l'ego pour lui-même et les autres devient alors une fiction mensongère. 

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Il n'y a pas d'amour Divin sans vérité. La vérité est la matrice de l'amour. 

Sans vérité, plus de distinction, plus de relation, tout ce monde de mensonges fondrait dans l'amour pur impuissant à en préserver aucun contour.

En nous, l'avant-garde de la Conscience de Vérité est la sincérité.

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L'amour de soi n'est pas l'amour de l'ego pour soi-même, l'amour-propre.

L'amour de soi est le constat du moi égoïque que cette Vie m'aime comme individu, égoïque ou non.

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L'ego qui aime aimer, se croyant encore l'auteur de l'amour, se trouve aimable en aimant. Il oublie d'aimer l'amour et que l'amour l'aime. Se trouver aimable en aimant, c'est ignorer que l'amour aime quand nous aimons.

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L'amour vrai est l'unité de la Paix et de la Joie, de l'Être et du Devenir. L'amour vrai est la substance de la prise de conscience absolue. Le Divin est l'amour vrai.

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Le Divin est l'amour. L'ego a plus ou moins d'amour qui passe vraiment à travers lui selon son effacement dans l'aspiration, sa transparence devant son cœur, son degré d'instrumentalisation au Divin, etc. 

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L'ego est un moule précieux pour l'individualité que l'amour Divin œuvre à incarner. Plus l'amour peaufine son œuvre, plus le moule est retiré. 

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Parfois il faut tout reprendre, le moule et l'individualité esquissée sont abandonnés. Même si l'âme de l'œuvre demeure, l'amour Divin devra repartir d'un nouveau matériau.

Même si le programme de l'individualisation venait à s'interrompre brusquement, qu'est-ce qui nous permet de penser que l'individuation de la Vie ne se poursuit pas ? 

Dans la Katha Upanishad, Nachiketa ne se laisse pas distraire par les propositions de Yama, la mort, qui lui promet sex, sea and Sun, luxe, calme et volupté, s'il renonce à ses vœux de connaître le secret de l'individuation du Soi en lequel s'enracine l'immortalité.

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Faisons-en notre deuil et notre espérance, le royaume Divin de l'amour signifie l'abolition de l'ego, c'est-à-dire de l'illusion, du mensonge, de l'ignorance et de toute poussée pulsionnelle aveugle.

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 Que tous nos amour soient purifiés, qu'ils brillent inconditionnellement et non préférentiellement du seul Amour Divin ! Que nos amours enfin désintéressés trouvent toute leur force passionnée douce et tranquille en affranchissant les désirs de leurs mouvements égoïstes et imparfaits. Que nos désirs d'attention soient libres des attentes de la reconnaissance ! Que nos désirs d'enrichissement soient libres de l'appropriation ! Que nos désirs d'échange d'énergie vitale deviennent une expression de la Joie du seul Amour au lieu d'un plaisir passager ! Puissent nos amours se différencier seulement selon l'intelligence du seul Amour ! Que nos personnes soient juste des masques d'où des rayons singuliers de la seule lumière brillent sur le monde et les autres ! Que les lampes trouvent les lampes avec lesquelles elles doivent briller pour inonder ce monde d'amour et de lumière !

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On trouvera d'autres aphorismes et pensées avec les liens suivants :

Aphorismes et pensées sur le flux autocréateur de la Vie


jeudi 26 août 2021

L'INTERPRETATION DE L'EVEIL DANS LA NON DUALITE MAINSTREAM PEUT LIMITER L'AVENTURE DE LA CONSCIENCE.

Quand le sans chemin s'ouvre en un chemin...



L'interprétation est souvent une pellicule de mental qui demeure dans l'œil de la vérité. Certaines interprétations s'avèrent des murs de pensées qui empêchent de voir.

La mode dans la spiritualité se référant à la non dualité est d'affirmer que personne ne s'éveille.

Douglas Harding propose des expériences pour apprendre à distinguer notre conscience personnelle, notre subjectivité, d'une part, avec, d'autre part, notre champ de perception, c'est-à-dire l'intériorité qui englobe soi et le monde.

Voici une expérience :


Dans la direction du doigt, voyez-vous quelqu'un ici au centre de vous-même ? Bien sûr là-bas sur le miroir, il y a mon visage, mais ici ?


Quand on tourne l'attention vers sa source, avec l'aide de ce doigt et de questions par exemple, nos pensées qui se promènent et font le simulacre de placer notre visage et notre identité ici, ne sont-elles pas non plus périphériques à cette ouverture ici ? Cette ouverture pointée par ce doigt n'englobe-t-elle pas soi, les autres et le monde ?

Cette ouverture non en-visagée peut prendre conscience d'elle-même. C'est comme un éveil après un rêve. C'est une vision sans tête qui s'ouvre, comme y insiste Douglas Harding.

Ainsi si on effectue cette expérience de perception avec sincérité et rigueur, on peut admettre qu'ici à zéro distance, il n'y a personne. Quand on dit qu'il n'y a personne, c'est au sens de "il n'y a aucun élément de notre personnalité permanent au fond du fond de cet ICI permanent". Une perception pure englobant tout le champ des perceptions peut donc s'éveiller à elle-même en même temps qu'on fait le constat qu'il n'y a personne ici.


Mais si on se cramponne à ce genre de formulation, est-on sincère ou aussi transparent qu'on le croit dans la lumière spirituelle ainsi découverte par une telle expérience ?

De ce point de vue, qui forme l'interprétation mainstream de l'éveil dans les spiritualités de la non dualité, s'il n'y a personne ici, nul peut être fier de son éveil et nul n'a à être humble. Si je me prends à revendiquer subjectivement l'éveil de l'intériorité comme ouverture englobante, je ne suis pas vraiment fidèle aux faits.

Toutefois, pour le plaisir et la joie de l'aventure spirituelle brisant les limitations mentales, voici une autre formulation :

Même si demeure des pailles de notre personnalité dans l'œil lumineux de Dieu, on peut être à la fois humble et fier de cette lumière par essence parfaite...

A première vue, pour un esprit perspicace qui voit à partir de l'ouverture du champ de conscience, rien n'oppose ma première formulation à cette seconde.

Cependant, imageons les conséquences pratiques de cette seconde formulation :


La phrase citée ici est inspirée d'une formulation d'Augustin d'Hippone.


Celui qui préfèrera insister aussi sur ce second type de formulation le fera, car il sera aussi un dévot.

Pour lui, la non dualité est le point de vue Divin. Lorsque ce point de vue non duel s'éveille en nous, si demeurent des éléments de caractères et de désirs personnels, un point de vue dualiste relatif demeure. La voie de la connaissance peut fort bien reconnaître ces faits. Arnaud Desjardins, le disciple de Prajnanpad, ne diraient pas le contraire, par exemple.

La sincérité ou le constat humble d'un défaut de transparence n'est peut-être pas possible pour certains ou prendra du temps.

« Moi seulement, moi et les autres, les autres et moi, les autres seulement. », disait Prajnanpad pour aider à se repérer dans l'aventure de l'éveil spirituel. Mais qu'est-ce faire attention exclusivement aux autres ? Une consécration à la philanthropie est-elle le sommet du chemin spirituel ? Un travail de guru menant l'autre vers une libération est-il le modèle de relation qui advient par l'éveil ? S'oublier soi-même au profit de l'autre dans la lumière spirituelle est certainement une ouverture du cœur, mais cela suffit-il ?

Personnellement, je suis amoureux de ce qui se cache dans les ténèbres lumineuses. Je ne nierais pas être un dévot de Cela, l'intelligence auto-créatrice de ce qui est.

Le dévot peut faire humblement avec son imperfection consciente et encore inconsciente, Cela qu'il aime est en non dualité avec elle et peut le transformer évolutivement.



J'ai symbolisé ici par du bleu entourant l'espace visible, ce qui nous permet de rencontrer ces ténèbres lumineuses autour de la conscience comme vacuité et ouverture. Mais en les rencontrant entourant la vacuité et prolongeant l'ouverture de la conscience, on voit aussi qu'elles imprègnent tout le champ de la perception.

Le mystère de l'autocréation matérielle qui est lié sans aucun doute à ces ténèbres lumineuses m'échappe. Mais parfois une lumière intuitive en sort ou une lumière qui transfigure l'apparente pauvreté de ces ténèbres en Or, en Joie.

Quant à moi, plongeant dans les ténèbres lumineuses, je n'entrevois pas là une inconscience de Cela, mais je ressens la limitation de la conscience humaine au fur et à mesure qu'elles se clarifient dans l'expérience que j'en fais.
Qu'est-ce qui me permettrait de conclure que les ténèbres sont l'essence inconsciente du Divin ? Pourquoi ne pas admettre qu'elles sont liées à mon aveuglement moi qui commence à peine à sortir de mon ignorance du Divin ? Pourquoi ne pas admettre qu'une supraconscience m'échappe, même si l'éveil de la lumière spirituelle est ici indéniable ?

Et puis, dans le cœur à la croisée du visible et de l'invisible en s'enfonçant dans un passage au sein de ces ténèbres lumineuses, le dévot s'est trouvé satellisé par une étincelle divine.



Ce n'était plus comme une personne séparée de son Dieu qui s'en rapproche, mais c'était comme un acte de conscience depuis toujours influencé par une étincelle lumineuse cachée là.



Il n'y avait plus d'ego dévotionnel, il n'y avait que la source réelle divine de mon individuation dévotionnelle elle-même.


J'aimais, mais mon amour véritable était l'amour Divin lui-même. J'étais le fils de Dieu et non plus un ego désirant Dieu.

« Le dévot de Dieu veut manger du sucre et non pas devenir du sucre », disait Ramakrishna.

L'ego avait été détrôné du centre en découvrant la lumière divine de la conscience. La pratique des expériences de Douglas Harding avait fait son œuvre. Mais l'ego était là encore en périphérie et il obstruait bien souvent le cœur. Ou il faussait l'intelligence intuitive de Cela par exemple en croyant encore faussement être l'auteur de l'action.



Souvent les tâches manuelles permettent plus facilement de réaliser que Cela seul agit.

Le « désir » de l'ego pour Cela en descendant dans le cœur et par son effort pour agir davantage comme instrument de Cela avait fini par faciliter un renversement que des forces plus ou moins inaperçues dans les ténèbres lumineuses avaient aussi préparé. 
Dans ce renversement, plus trace d'ego, il y avait juste un masque, un tourbillon satellite ramenant à un un feu de joie calme et tranquille individuel, un nœud individuel dans le tissu impersonnel de la lumière spirituelle. L'agrégat d'ego dévotionnel n'était plus qu'un masque agissant subtil pour que la réelle individualité puisse jouer ce rôle d'amoureux du Divin.

Oui, nous pouvons manger le sucre de la Joie et de l'Amour et ne pas impersonnellement devenir ce sucre. Car l'individualité réelle est une dimension de Cela...

Dès lors la fameuse distinction entre l'absolu et le relatif n'a qu'une valeur pédagogique très relative. Elle risque d'installer de la dualité où il n'y a en a pas. Donnant plus de valeur à une vie intérieure où l'absolu se réalisera, elle risque d'estimer que telles de nos actions concernent ce corps temporaire et son entretien et n'ont pas de réelles enjeux spirituels ; elle risque de laisser de côté certaines questions autour du plaisir et du désir personnels ; etc. Si la voie des œuvres est essentielle alors de tels éléments n'ont rien de relatifs. 

Le karma yoga n'est pas, dans mon expérience, qu'une méthode pour se détacher du relatif. Le Divin s'y réalise pleinement quand il œuvre à sa propre incarnation matérielle.

En outre, dans mon expérience de l'Être et du Devenir, l'éveil au Soi impersonnel ou au non Soi des ténèbres lumineuses ne s'oppose nullement à un éveil de l'individualité réelle de l'âme, des dieux et du Divin absolu.

Voici le point de vue de Ramakrishna. Tout en affirmant une spiritualité de la non dualité, il considérait l'Être suprême comme à la fois personnel et impersonnel, actif et inactif:

« Quand je pense à l'Être Suprême comme inactif - ni créer, ni préserver, ni détruire - je l'appelle Brahman ou Purusha, le Dieu Impersonnel. Quand je pense à Lui comme actif - créant, préservant et détruisant - je l'appelle Sakti ou Maya ou Prakriti, le Dieu personnel. Mais la distinction entre eux ne signifie pas une différence. Le Personnel et l'Impersonnel sont la même chose, comme le lait et sa blancheur, le diamant et son éclat, le serpent et son mouvement de frétillement. Il est impossible de concevoir l'un sans l'autre. La Mère Divine et Brahman ne font qu'un.»

Eveil dans l'éveil, voici ce qui me vient à l'esprit pour évoquer la réalisation de cette dimension individuelle de Cela. Eveil dans l'éveil aussi car il y a une éclaircie considérable dans les ténèbres lumineuses même si elles demeurent. Certes, des agrégats d'ego persistent à ne pas venir se purifier dans la lumière de l'âme ; dans les hauteurs de l'esprit et les abysses du corps, les ténèbres dominent et cachent sans doute encore d'autres lumières divines. Mais cette réalisation de l'individuation divine que nous sommes reste un pas décisif pour que le processus de l'Être et du Devenir s'éclaire davantage.

Dans mon cas, la dévotion, alliée à la voie des œuvres, révèle de plus en plus continûment dans les ténèbres lumineuses de la conscience une individualité vraie non séparée de l'essence. Il y a une différence de nature considérable avec les agrégats de personne constituant encore (malgré cette découverte) une dualité relative. L'impression qui en ressort est d'avoir en surface de soi un agrégat de bêtises et d'inexactitudes agissant alors qu'au fond de son cœur grandit un enfant de Dieu.

Mais maintenant seulement, faire la volonté de Cela devient une aventure spirituelle envisageable. Autrement dit, l'abolition de tout désir personnel et par extension de tout agrégat d'ego subsistant devient autant un choix qu'une grâce possibles.

Un processus de purification inédit peut alors débuter. Il s'agit d'intégrer et de transformer les constituants du véhicule individuel autour de la véritable individuation. Cette dynamique ne fait qu'une avec le fait de vraiment participer à l'aventure évolutive de cette autocréation divine.

Le si peu de marge de manœuvre dont disposait l'ego me paraît rétrospectivement lié à l'influence Individuante et à la grâce cosmique de Cela. Certains diront que l'ego est complétement déterminé. Mais là encore, j'ai une préférence pratique pour insister aussi sur ma première formulation, car sinon comment pratiquer vraiment la voie des œuvres et la dévotion alors que s'est éveillée la lumière spirituelle au centre de soi ?

D'ailleurs, la grâce pour moi n'est pas qu'un concept, il y a toujours eu un jeu de forces descendantes et œuvrant en mon véhicule. C'est cette descente qui a ouvert peu à peu une conscience des centres que le yoga nomme chakras et a déclenché une montée énergétique que le yoga nomme Kundalini. Sans cette révélation comment aurai-je pu aller au fond du cœur dans cette grotte de ténèbres lumineuses et y découvrir ma vraie individualité ? Et la révélation de mon individualité divine confirmait que ces forces, ces grâces agissaient aussi derrière le champ de perception, dans ce qui avait paru jusque là une inconscience des ténèbres lumineuses.

L'individualité divine dans le fond du cœur est, elle, une véritable liberté créatrice en croissance. Elle agit en chacun de nous qu'on en soit conscient ou non. Elle agit toujours en harmonie avec l'Etre et le Devenir universel. Elle est ce qui participe continûment à l'évolution créatrice de la vie. 

Voici une vieille tentative de symbolisation de cette nouvelle aventure évolutive :



A l'époque, je m'appuyai sur une tentative de discrimination du Purusha et de Prakriti pour faire grandir la capacité de mon véhicule à servir la volonté évolutive divine au lieu de simplement perpétuer le monde humain et terrestre actuels par mes pensées et mes désirs. J'avais déjà ressenti que l'âme (que je nommai "moi spirituel") était une individuation de la Prakriti et du Purusha divin universel et/ou transcendant.

Je ne percevai pas alors à quel point une purification du véhicule était en jeu pour participer pleinement à l'évolution. Une réintégration/transformation des composantes humaines autour de l'âme allait de paire avec la venue d'une nouvelle conscience éclaircissant les ténèbres lumineuses spirituellement et  matériellement. 

A suivre.

dimanche 15 août 2021

L'ÂME NE PEUT PAS ÊTRE GAGNEE PAR LE FAIBLE SELON NIRANJAN GUHA ROY

L'âme persévérante selon Niranjan Guha Roy

 "The soul cannot be won by the weak."

Very often there is an unrelenting battle between our deepest aspiration and our outer being. Sometimes it become a life and death struggle for the issue involved is serious, that is to say, if our soul wins, then there is likelihood of a most radical change in our life. But this emergence of the soul is being resisted by the established forces in the evolution. There is only one way: not to be afraid. We should throw away all the good suggestions of human wisdom, all the suggestions of the collective human consciousness and just dive with all our courage into the Divine. There are tremendously powerful universal forces which rule the humanity through the highest forms of ethics and morality and religion. They prevent us from approaching the Eternal, the One, who is all, yet beyond all. These forces too are forms of the Eternal, they are there to measure our strength, to examine the sincerity of our aspiration, to test our mind, life and body, to see if these could bear the descent of the Godhead. In a way, they temper the steel in order to forge the sword of God, the steel strings for His harp. A soul which is destined embraces difficulties for increasing his strength, wisdom and capacity. One who chooses an easy and facile path goes nowhere and comes to nothing. When the soul is conscious it automatically chooses daring, dangerous and often seemingly impossible adventures. So let us not ask for the soft path either for ourself or for others if we wish them really good. The few selected by the very nature of the inner law will have to go through the baptism of fire, will have to face the greatest ordeals and must come out victorious. If they fail, that is to say fall, they will have to rise again and again until they can pass through the formidable gates guarded by the mighty angels, entrusted with the work of choosing truly fit vessels for containing the mystic fire, the power and light of the Divine Consciousness. Sri Aurobindo repeats the words of the Upanishad. “The soul cannot be won by the weak.”


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Il y a souvent une bataille acharnée entre notre aspiration la plus profonde et notre être extérieur. Quelque fois cela devient un combat à la vie à la mort dont l'issue impliquée est sérieuse, c'est le cas de le dire, si l'âme l'emporte, alors il y a sans aucun doute u changement radical dans notre vie.

Mais cette émergence de l'âme rencontre la résistance des forces établies au cours de l'évolution.

Il ne faut jamais avoir peur sur le chemin. Il faut se débarrasser même des bonnes suggestions venues de la sagesse humaine ainsi que de toutes les suggestions collectives de l’humanité et plonger avec courage dans le Divin. De très puissantes forces universelles gouvernent l’humanité par les formes les plus élevées éthiques, morales et religieuses. Elles nous empêchent d’approcher l’Éternel , l’Un qui est tout et au delà de tout. Ces forces aussi sont des formes de l’Éternel, elles existent encore pour mesurer notre force, examiner la sincérité de notre aspiration, pour tester notre mental, vital et corps, pour voir s’ils pourront supporter la descente de la divinité. D’une certaine manière elles préparent et forgent l’épée de Dieu, les cordes d’acier pour sa harpe. Une âme qui est destinée accueille les difficultés afin d’ augmenter sa force, sagesse et capacité. Celui qui choisit un chemin facile n’ira nulle part et n’arrivera pas à grand chose. Quand l’âme est consciente elle choisit automatiquement des aventures difficiles, dangereuses et qui semblent même impossibles. Il ne faut pas demander un chemin facile pour nous ni pour les autres si nous leur voulons vraiment du bien. Les quelques êtres sélectionnés de par la nature même de la loi intérieure devront passer par le baptême du feu, devront faire face à des épreuves dont ils devront sortir victorieux. S’ils échouent ou plutôt s’ils tombent ils devront se relever encore et encore jusqu’à ce qu’ils puissent passer par les portes où les anges formidables choisissent ceux qui seront capables de contenir le feu mystique, la puissance de la lumière de la conscience divine.” L’âme ne peut pas être gagnée par les faibles” nous dit Sri Aurobindo


La souffrance spécialement la souffrance du corps est le pain quotidien qui sert de fouet pour nous faire progresser. Mais doit il en être toujours ainsi? Avec la venue de la Mère et de Sri Aurobindo sur la terre nous avons un autre aperçu, la vision d’une autre possibilité pour la vie humaine. Il existe maintenant sur terre une joie merveilleuse, puissante, un torrent, une tempête d’ananda divin. L’ expression d’une joie aussi pure et profonde que possible peut réellement soulager voire guérir la souffrance dans le mental, le vital et le corps. Si on peut lui donner une expression dynamique, elle deviendra un stimulant, une énergie intoxicante et divine qui aurait un impacte direct sur le corps et les cellules. La musique en particulier est un des meilleurs moyens pour déverser ces torrents de joie divine et la danse faite avec une attitude de révérence, beauté et aspiration peut aider le corps à contenir l’ananda divin.

Le divin veut que nous soyons toujours victorieux et la victoire sur la maladie et la souffrance est vraiment une victoire du Divin.


Niranjan Guha Roy

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Œuvre de Niranjan Guha Roy 


jeudi 22 juillet 2021

PRIÈRE POUR UN EVEIL SANS EGO-CENTRISME

Tableau de Niranjan Guha Roy


Ce n'est pas l'éveil qui apparaît et disparaît, ce sont mes tendances ego-centriques.


En d'autres mots, ce n'est pas la lumière de Dieu qui apparaît ou disparaît, c'est mon ego qui l'oublie et lui tourne le dos ou qui consent par sa grâce la plus discrète à s'y soumettre.




Et moi qui peut voir Ta lumière dès que j'y songe,
comment puis-je vivre encore une seule seconde en me détournant de Toi ?


Oui !Toi seul est mon Être, la paix et l'égalité vraie en moi.


Mais, je T'en prie, donne-moi de me fondre tout entier en mon âme, cette flamme sans fumée tout au fond de la caverne du cœur, par quoi ma volonté ne sera plus qu'une avec Ton Devenir.




2019 - JUIN 2020 - JUILLET 2021



vendredi 16 juillet 2021

EFFORTS ET NON EFFORT dans une spiritualité de l'évolution consciente de la conscience.


TANT QUE LE DESIR DEMEURE, L'EFFORT PERSONNEL EST NECESSAIRE POUR TROUVER LA JUSTE HARMONIE DE L'ÊTRE ET DU DEVENIR.

Si le point d'achèvement de la recherche spirituelle est la réalisation de la vacuité, celle-ci prendra place sans effort de notre personne. Il est là, Le Soi véritable, notre essence, sans effort, présent en tout point de la conscience.

Mais à la lumière du Soi, lui-même, tant qu'il y aura désir, rétrécissement de notre attention à un individu désirant, un effort demeurera nécessaire pour revenir à ce que nous sommes. 

La fin de la recherche spirituelle n'est pas la fin de l'aventure spirituelle. La découverte du Soi n'est pas la fin de l'évolution auto-créatrice de ce Soi.

Un effort est juste un désir personnel allant à l'encontre d'autres désirs.

En quel sens revenir au Soi auto-créateur sera alors l'objet d'un effort ? C'est toujours un désir ou une flamme d'aspiration personnels qui nous feront remonter un courant en sens contraire du désir qui ne faisait que nous extérioriser et ne plus participer pleinement à la vie créatrice. 

Mais l'effort personnel de l'amour du divin, c'est se remettre disponible à une joie sans objet au lieu de s'enchaîner à un effort pour obtenir un plaisir fugitif ou une frustration. L'effort personnel d'apprendre à aimer, à reconnaître le chemin de l'amour du divin qui s'aime à travers nous mène à la dimension créatrice de l'amour et nous libère de ses perversions consommatrices.

Pour l'ascète, la solution est de ne plus agir : l'ascète ne veut rien que le Soi éternel et ne plus rien désirer sauf le silence et l'immobilité du Soi. 

Ici, il ne s'agit pas d'éradiquer le désir et son énergie vitale. Si le Soi a produit le monde et le désir, si le Soi est le monde et s'exprime au travers du désir, nous aspirons à devenir plus conscient de notre participation à l'autocréation du soi. Nous aspirons à soumettre nos désirs à une évolution créatrice. Il ne s'agit plus d'agir seulement pour la satisfaction de cet individu que nous sommes, y compris en désirant l'ascétisme, mais il s'agit vraiment dans la liberté d'être de participer de plus en plus fluidement et intégralement à l'action du Devenir.

Si, dans l'Être, nous sommes le Soi universel et dans le Devenir, nous sommes une âme, une individuation du Soi sans mélange, qui aspire, il y aura de moins en moins d'effort personnel. Car alors c'est la force vraie et fondamentale du Devenir, l'intelligence évolutive qui agira dans sa continuité intrinsèque avec cette flamme d'aspiration de l'âme.


MEDITATION - LA PRESENCE DIVINE


Méditation – la Présence Divine


Que Ta Volonté souverainement bienveillante se réalise par la manifestation d’un monde de vérité, de paix et d’harmonie divine.
Que notre don de soi, soit total, parfait sans la moindre préférence personnelle.
Tout est éternellement le Divin Un et infiniment multiple. Chacun est Toi-même. Tu es au centre de chacun et de tous. Quelque soit le changement, la Substance constituante est toujours la même. 

Om tat sat

Tout ce qui existe sur terre, naturel ou créé par les hommes n’est que la terre sous des formes différentes. Ta Présence en chacun et tous, partout, derrière les êtres les plus obscurs, les déguisements, les déformations, les forces terrifiantes, les énergies dynamiques dans les changements perpétuels même le vide et le néant est la seule Réalité constante. Comment peux Tu manifester une telle beauté, une telle tendresse, une telle puissance dans les vases d’argile faible, fragiles et si éphémères ! Quel spectacle merveilleux, stupéfiant sans fin se déroule à chaque instant devant notre âme comme témoin, 
O Magicienne, Om Mahamaya paramarahasyamayi-amrita chaitanyamayi ananté.
Tous ces acteurs, ces actrices, chacun jouant leur rôle sur la scène qui se déroule ne sont que Toi-même innombrable.
Il y a encore des moments d’oubli et on tombe dans un abîme d’obscurité. Il y a encore une très grande quantité de friches dans la conscience, un grand travail à faire. Et c’est pourquoi je T’adresse cette prière :
Que je vois de plus en plus avec Tes yeux et Te laisse parler par ma bouche, Te laisse aimer par mon cœur.
Tu es devenue le Maître absolu, adoré de ma conscience, de mon existence.
Tu es mon paradis béatifique, l’océan de paix, de beauté, d’harmonie, de ravissement continuel.
Emporte moi dans Ton courant selon Ton gré.
Sois sans pitié quand je m’égare. Remet moi sur la voie de grâce aussitôt sans ménagement. Sois libre avec moi, je veux T’appartenir entièrement au dehors, au-dedans, à tous moments. Tu es la suprême bénédiction dans la vie de chacun et tous
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Je T’adresse cette prière

Niranjan Guha Roy