mercredi 2 décembre 2020

LA PASSION DU BIEN, DU BEAU ET DU VRAI PEUT DEVENIR NON DUELLE



Certaines expressions de la non dualité à travers ceux et celles qui s'en réclament m'étonnent. 

Ainsi, un(e) représentant(e) du néo advaïta va défendre habilement la passion sexuelle sans y voir la moindre dualité. 

Et après, il va vous expliquer que votre passion de la justice a des parfums de dualité ! 

Il est vrai que le sexe peut être impersonnel alors que la justice absolutise une certaine notion de personne.

En ce qui me concerne, dans l'ouverture de la conscience,  le vide et la forme ne font qu'un. Le vide impersonnel et les personnes ne font qu'un : multiples visages d'un "je suis" sans visage.

Tant qu'il y a une distance entre ma vraie nature et les traits de nos personnes, l'ego séparateur demeure. 

Parfois, ceci m'est difficile à reconnaître : bien que je me suis déjà désillusionné de la conscience égocentrique, bien que l'ego n'occupe plus le centre, il reste à voir qu'il y a encore de la distance ou une subtile séparation. Ne nous voyant plus au centre, on se dit sans ego mais en périphérie il est là, bien là et se maintient volontiers avec ses ombres loin de cette lumière qui se tient désormais au centre. 

Tant qu'il y a cette distance entre la présence de notre vraie nature et des traits de mon ego, alors j'ignore la flamme du cœur qui fait naître le sens de la vraie personne et broie vraiment les désirs de l'ego.

S'approcher du cœur n'est pas une partie de plaisirs.

Cependant, il y a là une joie qui brûle d'être quoiqu'il se passe. 

Seule cette joie au fond du cœur rend concret le sens profond d'un amour absolu en lequel l'autre en sa vraie personne est aimé comme soi-même. 

Ce genre de proposition spirituelle occidentale prend ainsi son sens dans un espace non duel et, au fond, les limites morales du néo-advaïta ne doivent pas nous faire négliger sa pédagogie pour que  puisse se réaliser l'espace de conscience non duel. 

Mon cœur m'individue et se passionne pour l'individuation des autres, car il n'y a qu'un seul cœur, qu'un seul et même amour. C'est lui seul qui se découvre ouvert dans les replis de l'espace non duel. 

Ma passion du juste, du beau, du bien ressort transfigurée. La passion du juste, du beau et du bien d'un ego n'est le plus souvent qu'une posture pour opposer sa volonté à celle du divin amour qui, lui, tolère ce qui le déforme, l'outrage ou lui résiste. Il fait bien plus que tolérer : il se donne à être sous la forme de ce visage grimaçant de haine, il est aussi sous cette forme impermanente balayée par la vie et dont le souvenir n'existe pour personne.

L'amour n'est pas de ce monde, mais il lui donne vie et, en secret, il en est le ferment qui le fait grandir et évoluer. Ma vraie personne ne peut que le servir en laissant parfaire tout ce qui la compose. 

Cela n'a rien d'une perfection calculée et pensée, cela n'a rien d'un volontarisme ou d'un idéalisme, c'est simplement se laisser entrer de tout cœur dans le courant évolutif.


mercredi 16 septembre 2020

BOUDDHISME ET VISION SANS TÊTE

 Faits et interprétations...

"Alors encore le moine, avec la complète transcendance de la dimension de la dimension infinie de la conscience, se disant, 'Il n'y a rien,' pénètre et demeure dans la dimension de la vacuité. Ce moine est dit avoir aveuglé Mara. Ne laissant pas de trace, il a détruit la vision de Mara et est devenu invisible pour le Mauvais.
"Alors encore le moine, avec la complète transcendance de la dimension de la vacuité, pénètre et demeure dans la dimension de ni perception ni non-perception. Ce moine est dit avoir aveuglé Mara. Ne laissant pas de trace, il a détruit la vision de Mara et est devenu invisible pour le Mauvais.
"Alors encore le moine, avec la complète transcendance de la dimension de ni perception ni non-perception, pénètre et demeure dans la cessation de la perception et de la sensation. Et, ayant vu [que] avec le discernement, ses fermentations mentales sont complètement terminées. Ce moine est dit avoir aveuglé Mara. Ne laissant pas de trace, il a détruit la vision de Mara et est devenu invisible pour le Mauvais. Après avoir traversé, il est sans attaches dans le monde. Insouciant il marche, insouciant il se tient debout, insouciant il reste assis, insouciant il s'étend. Pourquoi donc ? Parce qu'il est allé au-delà de la portée du Mauvais."
C'est là ce que dit le Béni du Ciel. Gratifiés, les moines se réjouirent des paroles du Béni du Ciel. », Majjhima Nikaya, 26, Ariyapariyesana Sutta, La noble recherche.


CLIQUEZ SUR l'IMAGE POUR LA VOIR ENTIÈREMENT


Douglas Harding place un point d'interrogation dans cette carte derrière le "Je suis" et non au-delà de "Je ne suis rien". Pour lui, le mystère qui échappe à toute cartographie des faits est le surgissement de la conscience et des formes. C'est un émerveillement devant la création.











































mercredi 17 juin 2020

LA DECOUVERTE DE L'AME SELON NIRANJAN GUHA ROY

Quand nous découvrons l'âme,
Transparence de Niranjan Guha Roy

Quand nous découvrons l’âme, il y a un renversement complet de notre conscience normale, qui voit seulement l’univers matériel et l’existence matérielle. Au lieu de cela, nous prenons conscience d’une Réalité spirituelle, qui est concrète, réelle et infiniment plus convaincante que la matière ne pourra jamais l’être. La Maya, le voile de l’ignorance est pour toujours enlevé de notre vision et de notre conscience limitée. Nous voyons partout, en tout une existence indivisible, une conscience indivisible, un Être divin, l’Éternel. Tout est Lui et il n’y a rien d’autre – Vasudeva Servam

Il est  la Substance, la Conscience, l’Être, nous aussi et chacun de nous. Il est devenu l’énergie principale qui apparaît dans de petites ampoules électriques. Il ne vit pas dans l’illusion d’une existence séparée. Cet œil est aussi l’œil de tous partout  identique. Toute l’éternité, le passé, le futur et présent, à chaque point, dans chaque atome de cet univers est pour toujours présente. La disparition de l’univers matériel ne fait pas la moindre différence dans l’existence de cette Réalité divine éternelle. Comment puis-je mourir désormais ?  Comment pourrait on mourir ? Comment la douleur dans la séparation pourrait elle exister?  Personne ne peut jamais mourir. À chaque point, il y a l’infini d’existence, cet Etre qui prend des millions de formes et, derrière tous les masques dans l’existence, on découvre la même Personne infinie mystique, le Seigneur, la Mère, l’Eternel et l’ Âme d’amour sans nom, sans forme. 

Les mots ne peuvent pas décrire l’intensité et la vérité de cette libération, pour la simple raison  que cette expérience n’est pas accessible à l’intellect humain.

Puisque le Divin est partout, presque chacun de nous a eu un jour, à un moment, un très petit aperçu ou une pâle reflet de cette réalité extraordinaire. Mais, en général,  l’homme moyen recule et refuse cette vision, incapable qu’il est de supporter son appel et sa pression, incapable de comprendre sa signification, incapable de lui donner sa vraie valeur. Pourtant, c’est le destin de chacun de découvrir un jour la réalité divine, l’esprit immortel qui est sa vraie existence. Le poète,  le penseur impersonnel  et vaste dans l’homme est souvent admis dans cette splendeur de l’Esprit. Cette foi profondément enfouie dans le cœur de l’homme en une existence immortelle est son appel de l’âme ; c'est en même temps le pouvoir, le guide et la révélation suprême. Cette conscience d’immortalité est si étrangère à notre conscience normale, à notre nature humaine que, même quand on est en contact avec cette vraie conscience, la vieille nature continue à avoir une action dominante sur notre être. Ceci jusqu’au moment où  la nature entière est pénétrée de la substance de cette nouvelle conscience, saturée à un tel point que toutes ses fonctions sont radicalement transformées. Alors il n’y a plus de compréhension possible entre la conscience humaine limitée basée sur l’ego, la séparation et la division et la conscience divine basée sur l’unité absolue, sur l’unité de l’être.

Pour donner une idée de la différence dans la conscience entre l’homme et l’être divin – Dans la conscience divine tout appartient au Divin. On est entièrement satisfait des conditions ou des biens matériels donnés par le Divin. Il n’y a aucun sens de possession, il n’y a aucune lutte pour la possession, il n’y a aucune lutte pour le pouvoir, tout est fait et mu  par la conscience divine, tout est à chaque instant en harmonie parfaite avec tout. Extérieurement qu’on soit haut ou bas, riche ou pauvre, au milieu d’un banquet ou d’une bataille n’a aucune importance. On est mu seulement par la volonté divine et dans la conscience, il n’y a aucune barrière, il n’y a personne qui soit près ou loin car tous et tout sont Lui, le Moi divin. Intérieurement il est inébranlable et calme, et suit le plan divin de la manifestation éternelle dans le temps. L’homme divin n’a aucune famille, aucun pays, aucune race, aucune nationalité – Il appartient au Divin comme tout le reste ou tous les autres appartiennent au Divin. Il n’a rien à réaliser personnellement – Son seul travail est de manifester l’amour divin, la beauté, l’harmonie, la paix et le pouvoir de la conscience divine. C’est un contraste extrême avec l’homme et son existence – il n’est pas utile de dépeindre la nature humaine, nous la connaissons trop bien.  Mais, dans les meilleurs des hommes, nous trouvons toujours une aspiration vers le Divin, l’amour, la vérité, la beauté – Satyam Sivam Sundaram : la Vérité, la Bonté suprême et la Beauté suprême.

Les deux mondes doivent donc se séparer. Mais le monde divin ne peut pas exclure le reste de la création, c’est lui qui délivrera graduellement ce monde d’obscurité de la souffrance et la limitation. L’homme aime son individualité, sa petite vie et l’existence  basée sur l’ego. Il en résulte ainsi ce qui apparaît comme une bataille entre le monde humain et le monde divin. L’histoire est pleine de milliers d’exemples où les messagers qui sont venus pour délivrer  leurs frères et sœurs de l’ignorance et la souffrance ont été moqués, persécutés, torturés, très souvent tués  et sacrifiés par les hommes. L’histoire n’a pas beaucoup changé, mais la Mère et  Sri Aurobindo ont amené sur cette terre le pouvoir suprême de vérité. Cette fois ci l’évolution sera victorieuse. Ce pouvoir est le pouvoir de l’esprit invincible, la puissance de Kali, de Maha Shakti. Ceux qui deviennent des canaux pour la manifestation de cette nouvelle conscience jouiront de la protection divine et graduellement une nouvelle race divine apparaîtra et le monde souffrant de l’homme sera aussi délivré.

Niranjan Guha Roy

On trouvera cet article et d'autres ici :

vendredi 5 juin 2020

LE TRAVAIL ARTISTIQUE ÉCLAIRE L'INDIVIDUATION SPIRITUELLE, C'EST-A-DIRE LA CROISSANCE DE L'ÂME.


L'art est une bonne métaphore de ce qui nous rapproche de notre véritable individualité ou la fait émerger. S'unifier vraiment, c'est trouver et faire émerger l'harmonie qui unit nos personnalités mentales, nos traits émotionnels, nos élans vitaux, etc. Cette harmonie pour être vraie, authentique doit s'unifier autour de notre élan créateur individuel. 

Comme le dit Nietzsche, faire de soi une œuvre d'art, c'est devenir soi. Le spectateur-artiste qui se nourrit de beautés et d'expériences pour nourrir sa création inspire la démarche qui consiste à devenir soi. Pris en ce sens, le spectateur-artiste en nous devient soi en se découvrant dans l’œuvre qu'il produit. Il saisit dans son travail créateur ce qui l'éclaire dans le devenir de sa propre singularité. 

Mais, là encore, il faut apprendre à distinguer l'individualisation sociale (par laquelle on s'insère et on s'adapte socialement) et notre individuation authentique par laquelle on fait émerger ce que certains appellent leur âme. L'artiste peut être pris plus qu'il ne le croit dans les attentes d'un public et donc dans l'individualisation, quitte à renoncer à davantage développer son style singulier.

Pour échapper aux pièges de l'individualisation qui gênent une plus grande individuation de notre production créatrice, il faut modérer ou vaincre certains désirs de notre ego. Un artiste en priorité doit vaincre son désir de reconnaissance. Parfois ce renoncement est difficile quand on n'a pas le ressenti de sa qualité d'inspiration. Mais plus on développera ce ressenti intérieur, plus il sera facile de dépasser ce qui nous conduit vers des facilités pour attirer l'attention et satisfaire quelque part le goût d'un public.

Dans une optique artistique, l'élan d'individuation est l'élaboration de notre style propre pour parvenir à la plus grande perfection possible en terme de production et de travail.

Dans une démarche intérieure où le Devenir est une dimension de l'absolu, de la vie universelle, du divin,  cet élan d'individuation est, en nous, au cœur du cœur une individuation spirituelle, notre âme en croissance. Dans cette approche, l'ego et les désirs s'effacent ainsi au profit d'une action désintéressée de la vie s'individuant en nous. 

En Inde, cette pratique spirituelle est un karma yoga, un yoga de l'action. Dans la Bhagavad Gita, le problème est bien de savoir comment agir quand les règles usuelles de l'action ne disent plus ce qui doit être fait. L'art moderne et l'homme moderne sont dans une telle situation dans laquelle l'ordre du monde, ou la raison morale, ne nous disent plus ce qui doit être fait et surtout ce que nous devons être individuellement. 

Alors nous sommes le plus nous-même, quand notre individualité se vit sans aucune séparation avec le tout de l'univers, les autres et le mouvement évolutif global de la vie.  





mercredi 3 juin 2020

VIVRE CELA - SPIRITUALITÉS A TENDANCES PLATONICIENNES VS SPIRITUALITÉS PARMÉNIDIENNES



Ce texte doit beaucoup au travail de Santiago Espinosa sur Parménide.

Si Cela est ce qu'il y a, tout ce que je peux dire s'éloigne du vécu perceptif de l'Il y a.

Quand Parménide dit en grec translittéré :

To gar auto noein estin te kai einai

Les traductions de Parménide associe l'Être et la pensée :

Être et penser ne sont qu'une même chose.

Mais le terme "pensée" n'est peut-être pas à comprendre comme représentation, pensée analytique. Alina Reyes le précise dans sa tentative de traduction du Poème de Parménide : 

"Noein signifie penser, mais plus précisément se mettre dans l’esprit, percevoir (avec une continuité sémantique temporelle : percevoir, comprendre, projeter, faisant signe d’un processus – Parménide n’est pas le penseur de la fixité que l’on dit, même s’il voulait l’être la langue grecque le lui éviterait)"

Dès lors on pourrait traduire :

L'il y a et le processus perceptif 

ne sont qu'une même chose. 

Platon construit une ascension vers la source de ce qui est au-delà des idées et du sensible. Si on prend au sérieux que l'absolu est le réel, tout ce qu'il y a ici et maintenant l'est. Il y a un débat possible entre une spiritualité platonicienne où l'absolu se perd dans le relatif et une spiritualité parménidienne où il n'y a que Cela.

Dans les spiritualités platoniciennes l'absolu se perd. En un sens, on est proche de l'advaita qui affirme l'illusion des apparences pour seulement s'absorber dans la lumière du Soi en deçà des apparences qui se manifestent. 

On peut dire de ces spiritualités qu'elles sont non dualistes, puisque tout ce qui est est, selon elles, une émanation de l'absolu. Mais dans l'émanation, il y a une perte de vue de l'absolu, une auto-illusion qui s'immisce. Dans ces spiritualités, l'absolu se perd. Il y a un moindre être. La lumière de l'être s'évanouit dans une obscurité. Il y a un moindre être que certains à partir de Plotin vont associer à une absence d'être, un néant. On affirmera que le divin crée ex nihilo. Toute créature est néant devant l'Être divin, diront les monothéistes qui prolongent ces spiritualités où quelque part l'absolu se perd...

Dans les spiritualités à résonance platonicienne, nous mortels, nous nous tournons vers ce qui se perd dans l'émanation. Nous sommes doublement matérialistes : matérialiste au sens où nous nous focalisons sur ce qui apparaît à nos sens au dépend des réalités de l'esprit et aussi matérialistes au sens où nous voulons accumuler de l'avoir. Dans ces spiritualités, il y a une conversion pour nous tourner vers le spirituel et nous détourner de la seule attention à l’émanation relative matérielle.

Ce que nous inspire Parménide ici, c'est que tout est Cela, au même titre. Tout ce qui apparaît est manifestation de l'Il y a ; non pas même manifestation, mais surgissement de l'Il y a. La matière est Cela comme l'est l'esprit et, d'ailleurs, ce sont des variations du même Être. Dans cette relecture parménidienne de la spiritualité, nous devons autant être attentif à la dimension matérielle de Cela qu'à sa dimension immatérielle.

Dans une optique parménidienne, l'erreur n'est pas de se perdre dans le matérialisme, de vivre dans les seuls aléas du relatif tournant le dos à la lumière de l'absolu. L'erreur est une illusion narrative, culturelle. C'est un dire qui se prend au sérieux illusoirement : il fait de lui un sujet et fait de ce qu'il désigne un objet. La perte de vue de Cela est due au monde des opinions, des représentations partielles d'un ensemble de phénomènes. Le dire, les mots sont mis avant la conscience de Cela qui est pourtant première. C'est notre conscience mentale qui découpe Cela en plus ou moins. Et toutes les spiritualités qui affirment échapper au mental ne peuvent s'empêcher de perpétuer un subtil découpage : on découpe, selon un plus et un moins, liberté et déterminisme, personnel et impersonnel, esprit et matière, individuel et universel, immanent et transcendant, etc.


Vivre la conscience de Cela serait simplement avoir conscience de notre réalité. Où est le problème alors ? 
En fait, nos représentations, nos techniques, nos opinions nous ont habitué à vivre dans des sélections de phénomènes. Certains phénomènes sont imperceptibles alors qu'ils sont bien là. Ils peuvent avoir été vus, perçus et ils ne le sont plus la plupart du temps. Certains aspects des phénomènes sont négligés, alors qu'ils forment la substance de leur émergence. 

A la différence de Parménide, je dirai qu'il y a de l'inconscient même si nous percevons Cela. La perception claire de Cela est trop peu distincte. Toutefois découvrant un inconscient, il y a de nouveau le risque de remettre de la dualité en Cela. Platon découvre une surconscience de Cela, mais il induit que la matière est un évanouissement de conscience de Cela. Nous contestons cette réinstallation de la dualité en Cela au nom d'un néant ou d'un autre que l'être. Pour nous, avec ces ré-instaurations, il n'y a pas la conscience (perceptive) pleine et entière de Cela.

La vie pleinement vécue inclut tout le réel, tandis que nos représentations, nos opinions, nos croyances nous amputent du réel. Là où ces mouvements cessent, ce sont les ténèbres lumineuses de Cela et non un autre que l'être, un néant.

Quand nous avons une nostalgie spirituelle, elle nous amène souvent à des représentations proches de celles des platoniciens. Il y a de l'absolu et du relatif ; du divin immuable et du relatif impermanent, etc. Le devenir est jugé inférieur à l'Etre. 

Dans des spiritualités prenant au sérieux l'inflexion parménidienne, Cela est Etre et Devenir, indissociablement. 

Les phénomènes ont tous leur racine dans un acte pur, un mouvement d'émergence dont la présence ne prend pas de temps. Tout mouvement qui prend du temps prend sa source dans le mouvement sans temps. Chaque moment du temps est en suspension comme la flèche de Zénon dans l'Etre immuable. 



Et ces moments en suspension s'interpénètrent dans une durée unique. En la percevant, il y a la perception d'un mouvement parfaitement inscrit dans la perception de l'immuabilité de l'Être. 

Lavelle et, peut-être à un moindre degré, Bergson sont des héritiers de Parménide. Bergson estime que le néant n'a pas de sens. Lui comme Lavelle ne cessent de pointer l'unité de l'Être et du Devenir... Lavelle, en plus, affirme l'unité en nous de la temporalisation de l'éternité et de notre essence éternelle.


Il n'y a pas des phénomènes "objet" et des phénomènes "sujet" hormis en s'illusionnant, en faisant des fictions des certitudes qui nous détournent de l'Il y a. Tous les phénomènes ont la même dignité d'être.

La liberté et le déterminisme ne font qu'un quand l'il y a d'une autodétermination éternelle et sa temporalisation sont vus comme un. Le transcendant et l'immanent ne font qu'un quand le multiple et l'un coïncident. Ceci n'est pas qu'une pensée si, en nous, la vie se découvre de plus en plus comme l'un innombrable. Le personnel et l'impersonnel sont le visage et la vibration d'un même acte. Là encore, ce n'est pas une simple métaphysique si nous sommes une individuation de la vie et que celle-ci grandit à travers une âme cachée en nous. L'individuel et l'universel sont peut-être réciproquement un microcosme et un macrocosme d'une même sphère harmonieuse si vraiment nous pouvons devenir conscient du processus évolutif de la vie.

Le phénoménisme dans son sens fort n'est ni un matérialisme ni l'affirmation d'un immatérialisme d'un esprit dans lequel les phénomènes apparaissent et dont ils seraient la manifestation. L'absolu est l'apparition du tissu phénoménale sans hiérarchisation aucune.

Voici une vision en première personne : 


n'est-ce pas la sphère parménidienne de l'être qui se révèle ici  ?

AVEC CETTE VISION SANS TÈTE
PROPOSÉE PAR DOUGLAS HARDING
VOICI CELA IMMÉDIATEMENT 
SANS DISCONTINUITÉ
UNIQUE PRÉSENCE
IL N'Y A PAS 
UN OBSERVATEUR DE CELA
IL N'Y A QUE CELA

CELA SE TIENT AU DESSUS DE CES ÉPAULES

Regardez attentivement ici, il y a tout ce qui est, mais il est difficile de ne pas succomber à l'opinion qui "dit" qu'il y a du là-bas.

mardi 5 mai 2020

L'ENFANT ET LA VIE SPIRITUELLE


Si on donne une éducation éclairée aux enfants qui ont un être psychique perceptible en eux, ils ne perdront pas le contact psychique ni sa guidance quand ils grandiront.
L’être humain est mené par son ego qui est une formation créée par la nature inférieure Apara-Prakiti. Un être spirituel vit sous l’influence et la guidance de l’être psychique profond dans son cœur mystique. Quoique tous portent en eux un être psychique, celui-ci est en général très rudimentaire.
Pour le moment, il est suffisamment développé et actif seulement dans un petit nombre. À moins que l’être psychique ne soit cristallisé et ne domine la conscience, aucune vie spirituelle ou yoga n’est possible. Et même chez ceux dont le psychique est développé, il est trop souvent dissimulé par l’ego mental, vital et physique. Chez les enfants où le mental, le vital et la conscience physique ne sont pas encore entièrement formés, l’être psychique peut agir plus librement si les conditions sont favorables. Lorsque l’enfant grandit, son mental avec la conscience vitale et physique devient dominant et l’être psychique est alors presque totalement dissimulé par les conditions normales de vie. Si on donne une éducation éclairée aux enfants qui ont un être psychique perceptible en eux, ils ne perdront pas le contact psychique ni sa guidance quand ils grandiront. On peut dire que si on donne à un enfant depuis sa naissance jusqu’à son adolescence une éducation psychique spirituelle dispensée par des enseignants eux même éclairés, une nouvelle race d’êtres spirituellement orientés apparaîtra et grandira parmi l’humanité. Naturellement, ils auront un niveau très supérieur de conscience lumineuse. Il est intéressant de noter ici que Vivaldi, le grand musicien italien était responsable d’un orphelinat et qu’il l’a transformé dans un Conservatoire d’excellence. La Mère a pris un intérêt très spécial dans les enfants. Une fois que l’être extérieur de l’homme s’est endurci dans une personnalité distincte, il a une grande difficulté de sortir de cette carapace, même s’il est conscient à l’intérieur de lui. Son être intérieur n’arrive plus à influencer sa vie.
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Niranjan Guha Roy 2003


mardi 7 avril 2020

HARMONIQUES EVOLUTIVES



Créer, c'est s'ouvrir à une perception renouvelée du réel et à l'incarnation de nouvelles harmonies...

- Qu'est-ce que tu fais ?
- Rien.
- Déjà hier tu ne faisais rien !
- Mais je n'ai pas terminé !

Méditer, ce n'est pas seulement ne rien faire ! 

Ce n'est pas seulement laisser le Devenir à lui-même en s'ancrant dans l'immuabilité de l'Être. 

D'ailleurs, certains aspects de la méditation, les plus profonds, demeurent présents au cœur de l'action. Et on sait qu'on a avancé quand la méditation ne se perd pas de vue au cœur de l'action. Dans l'action relationnelle, ceci est peut-être un des lieux les plus révélateurs.

Allons plus loin.

Le non faire méditatif est aussi une dimension d'un faire authentique, d'une force d'évolution, qui nous libère des limitations qui font obstacle à son élan créateur.

Celui qui médite, et découvre cela, comprend que la méditation puisse être aussi un mouvement de calme et de silence s'enfonçant et descendant dans l'être, y amenant ensuite de nouvelles manières d'être. 
Ces nouvelles manières d'être émergent et parfois s'installent. Il y a alors une nouvelle harmonie issue d'une transformation réelle et non d'un changement volontariste d'un ego.

Une nouvelle harmonie est à la fois ouverture silencieuse dans l'être et nouvelle organisation des dynamiques mentales, émotionnelles, pulsionnelles (y compris jusqu'à un niveau organique et cellulaire).

On peut voir dans la nature une impulsion évolutive qui tend vers des formes individuelles de plus en plus conscientes. Celles-ci pour s'épanouir doivent aussi être sensibles à une conscience du tout de la nature. 
L'harmonie qui se vit dans la nature rend ceci clair sans qu'il soit besoin d'adhérer à telle dogmatique religieuse ou philosophique (à commencer par croire en une idée de Dieu)... 

Évoluer et donc vivre pleinement, c'est découvrir de nouvelles harmonies et les incarner.

INFINIE DOUCEUR - Niranjan Guha Roy

dimanche 23 février 2020

LE CŒUR DOIT ETRE LE GUIDE





C’est le cœur qui doit être le guide

Nous sommes réunis ici pour accomplir la tâche la plus difficile et la plus sublime jamais entreprise. Nous sommes les enfants d’une évolution dans l’ignorance et les cellules mêmes de notre corps contiennent des éléments qui s’insurgent violemment contre tout changement ou transformation que notre âme peut exiger d’elles.

La vérité est un intrus, un invité inopportun, un étranger dangereux dans un pays entièrement dominé par le mensonge. Notre conscience est le champ d’une bataille  au bruit fracassant. Personne n’est épargné. Chacun d’entre nous doit faire face à l’attaque maximale que nous sommes capables de supporter.

Mais nous n’avons pas peur des difficultés. Nous les accueillons parce qu’elles donnent de la force à notre âme et nous apportent constamment la joie de la victoire.

La Mère et  Sri Aurobindo ont ouvert devant nous la vision d’une nouvelle création, la certitude d’une vie divine sur terre pour laquelle aucun prix n’est trop grand à payer. La bataille est engagée et sera gagnée une fois pour toutes par la grâce divine.

Nous avons pris conscience d’un Amour qui nous soutient dans notre effort, déverse dans nos cœurs la chaleur tendre de la Mère quand nous nous tournons vers lui et qui transforme magiquement  notre  morne existence en un chant de félicité.
Si nous voulons faire le travail divin, nous devons aussi devenir cet amour, cette grâce. Le cœur doit être le guide, devenir le prêtre du sacrifice,  le conseiller dans chaque action. Le cœur doit devenir une immense Cathédrale avec sa porte grande ouverte pendant le jour et pendant des longues nuits sombres pour que chacun puisse y trouver le repos pour un moment, s’imprégner de paix, de force et de lumière, se rassasier de nourriture céleste  et repartir ensuite de nouveau plein d’espoir et de courage pour affronter la vie et ses luttes.

Nous devons devenir purs, purs, toujours plus purs jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’autre dans notre conscience que le Divin, la Mère, Son Amour et Grâce.
Quand nous ne verrons, ne percevrons rien d’autre que la constante présence de cette Réalité divine inexprimable et mystérieuse alors seulement notre vie serait vraiment accomplie, alors seulement nous deviendrions vraiment aptes pour le travail Divin. Comme l’eau cristalline surgit d’une fontaine profonde, une nouvelle création sortira joyeusement de notre âme.
C’est la tâche que nous avons devant nous, c’est la mission que nous devons accomplir.
La Mère est avec nous à l’intérieur, à l’extérieur, partout avec Son Amour.



                              La couronne d’harmonie

Om Anandamayi, Chaitanyamayi, Satyamayi parame.

N. Guha Roy - 1967

samedi 11 janvier 2020

EFFORTS PERSONNELS ET AMOUR DE CELA.

Tableau de Niranjan Guha Roy sur l'âme

Être n'est pas du domaine de l'effort mais si le Devenir n'est pas illusoire, l'effort non plus. 

La lutte et l'effort sont possibles dans le plus parfait détachement...

"Mais qui lutte et qui fait des efforts ?", me demandera-t-on voulant m'aider à réaliser Cela... Je ne dirais pas qu'il n'y a personne ici. Comme il n'y a plus d'ici et de là-bas, il y a fort souvent bien des personnes... et pour chacune il y a une attention et différents types d'amour. Alors y a-t-il quelqu'un encore ? N'est-ce pas d'abord et fondamentalement impersonnel ?

Ce qu'on nomme connaissance de l'Être ou reconnaissance de Soi exige l'effort du non effort mais la bhakti, l'amour du Soi passe par un effort jusqu'à l'exténuation. Concentrer son amour pour le divin dans les profondeurs du centre spirituel du cœur au centre du torse consiste à mener mon ego par impuissance à totalement s'abandonner à l'union sans séparation... La relation de dévotion laisse maintenant régulièrement place à une concentration sans effort qui voit se dissoudre toute once de séparation du bhakta et du Dieu aimé. Ce chemin de la dévotion n'est qu'un chemin parmi d'autres. Il a ses impasses bien sûr. 

Ramakrishna revendiquait lui aussi de ne pas fondre en Dieu totalement pour maintenir une relation d'amour. L'amour est une attention constante de l'amant pour l'aimé mais sans dualité, sans séparation... Mais la distinction qui demeure sans différence et donc sans trace aucune de séparation, qu'est-ce ? Plus rien de l'ego, dirais-je, mais pas non plus personne. Cette extase continue tranquille et douce est une individuation de Cela, qui n'abolit pas la vision sans personne de Cela. Mon âme véritable avec au centre cette étincelle divine qui est son noyau ? La description par des mots est toujours sujette à défaut quand l'autre ne voit pas ce dont on parle.

Si, avec l'amour, on parle d'une relation désirante de l'ego, même au niveau de la dévotion ou de l'action sacrificielle pour le service du divin, il y a certainement encore de l'illusion. Effectivement, beaucoup d'aventuriers spirituels, même inscrits dans des traditions accordant du crédit à la dévotion, disent que cette catégorie de dévotion s'avère faire partie du vieil homme. Parfois, il faut, en effet, se vider du vieil homme pour faire place à ce qui ne manque pas de venir se manifester à sa place. Tout ce que l'ego a mis en place n'a plus aucun sens alors. Ses amours y compris ses élans pour telle figure divine n'étaient encore que la poursuite de son égocentrisme sous une forme plus raffinée.

L'aventure spirituelle ne cesse pas lorsque le chercheur disparaît avec son égo-centrisme caractéristique. Elle ne cesse pas non plus si se réalise en lui qu'il est une âme au sens où je l'ai exposé précédemment. Il y a bien une dimension personnelle de Cela qui ne contredit nullement son impersonnalité. Ce n'est jamais le cas de l'ego même quand il se sait un phénomène impermanent de Cela. Car tant qu'il demeure, il forme une ombre dans la lumière de Cela. A cause d'elle, la présence consciente de la dimension personnelle de Cela qu'est l'âme reste exceptionnelle ou ignorée.

Un danger est toujours de vouloir faire d'un aspect une totalité en niant et en refusant ce qui ne s'y conforme pas. La vérité est multiple et variée, il serait dommage qu'un aspect de sa vérité incontestable barre le chemin à la réalisation d'un autre. J'ai eu plusieurs fois affaire à cette limite de ma propre aventure. La présence de la lumière de Cela a toujours été là et je l'ignorais, je la niais. Quand elle s'apercevait puis disparaissait, je ne savais aucun geste intérieur pour la retrouver jusqu'à ce que Douglas Harding et ses amis me les montrent.




Il y a une voie dans les profondeurs du cœur au centre de notre poitrine. Dans cette voie, selon mon expérience, nous sommes une individuation de Cela en devenir, en relation d'union à d'autres individuations de Cela : il y a là un écho avec l'amour personnel, et l'amour personnel, bien qu'il en soit encore une caricature, encore une déformation, n'en reste pas moins souvent ce qui en véhicule un pressentiment. Participer spirituellement à l'individuation de Cela en ses enfants est une expérience magnifique : c'est entrer dans le secret de la patience créatrice et évolutive de la Mère divine, la Shakti.

Dans mon expérience, l'amour universel n'empêche pas l'amour personnel. Mais l'amour personnel en question n'est plus un désir de l'ego, il y a un amour d'âme à âme, dont le noyau est une relation d'étincelle divine en soi à l'étincelle divine en l'autre. Pour moi, ce fond se laisse encore obscurcir et il n'est pas présent en continu. Autrement dit la vision de Cela est loin d'être consciente dans sa plénitude même si elle n'est plus ignorée : s'il y avait plus de sincérité à ce sujet chez ceux qui promeuvent la spiritualité, ce serait un progrès. La vision de Cela est une ténèbre lumineuse. Quand nous nous apercevons être une individuation de Cela en devenir nous commençons à pouvoir vraiment la scrutrer. 

Amour de Soi, amour de soi, amour de l'autre, rien n'empêche : je suis un dévot du Soi dans son Être et son Devenir... Une étincelle individuelle du Soi universel brille au tréfonds de notre cœur. La différence personnel/impersonnel n'a plus de sens. 

L'amour comme désir, comme pulsion perd de plus en plus tout sens, un peu comme une réalité de surface qui devra être conquise par l'amour de Cela en "personne"... Le désir et la pulsion, mêmes satisfaits, sont loin de la joie de l'union sans aucune trace de séparation, ils sont loin de l'amour de la Mère matrice et processus de toutes les manifestations infinies de Cela. 

S'apercevoir en Cela une individuation de Cela c'est voir aussi cette présence d'une intelligence cosmique à l'œuvre.

Les stoïciens les plus anciens parlaient déjà d'un principe directeur, d'un hegemonikon, comme une pieuvre qui serait en nous l'intelligence individuée de l'univers. Ses tentacules psychiques agissent en nous. Elles peuvent inspirer des pensées, sublimer un désir, stopper une pulsion, etc. L'action du principe directeur est toujours en harmonie avec la nature. Cette description n'a de sens que si l'expérience de l'âme domine notre psychisme au lieu d'être calfeutrée au fond du cœur tentant d'influencer de loin notre individualité.

L'amour de l'intelligence cosmique me montre que mon corps et mon esprit sont bien loin encore de pouvoir incarner le divin à la mesure de ce qu'ils pourraient permettre. Il n'y a là rien d'humiliant pour l'âme. C'est en elle comme une fine pointe de plénitude qui aime ce qui embellit, rend plus juste et parfait. Elle est une dynamique du Devenir évolutif à la fois universel, individuel et "créateur".

Face à la crise évolutive en cours l'ego panique et pratique la dénègation. L'ego n'a jamais pleinement confiance en la vie. Seule l'âme peut voir dans la crise évolutive actuelle une opportunité et y apercevoir des possibilités évolutives inédites. L'ego ou ce qu'il en reste quand on commence à être spirituel ne pressent que sa mort. Seule l'âme peut évoluer consciemment avec patience et sans crainte. Guidée par l'intelligence cosmique, elle est le conducteur immortel de l'évolution des vivants qu'elle a en charge...



vendredi 10 janvier 2020

LUMIERE DE L'INTUITION.

Lumière de l’intuition

La lumière de l’intuition

la vision claire

La chose la plus difficile au monde est d’avoir une opinion et une appréciation vraie et claire de soi même, de ses propres capacités, incapacités, désirs et même de son aspiration. Il y a souvent quelque motif caché de gain, de renommée personnelle, de grandeur ou de désir d’être admiré.
La première règle du yoga est de développer une vraie vision à la lumière authentique de l’intuition. Elle est là en nous mais nous devons avoir le courage de la désengager de tout mélange et avec la pratique, cette lumière infaillible sera toujours à notre portée comme une torche puissante dans la nuit la plus sombre. C’est la première lumière de l’Esprit. Elle siège dans le cœur, dans le centre occulte. Si nous restons tranquilles et développons l’habitude de devenir silencieux à volonté, cette lumière brillera à son mieux. Ce n’est pas une lumière morale, éthique ou même logique d’intelligence ou de sens commun. Elle vous montre ce qui est compatible et ce qui ne l’est pas avec l’aspiration spirituelle. Elle nous donne aussi des prémonitions, des avertissements, des messages de l’aurore à venir, des indications de ce que nous devons entreprendre et développer, c’est aussi la lumière de l’inspiration et de la révélation.
Cette Lumière nous montrera toutes les grandeurs démoniaques, titanesques même diaboliques, les domaines de violence, haine, perversion, laideur, tout ce qui est considéré comme l’enfer. En même temps elle nous révèlera de plus en plus la présence du Divin, son intérêt en nous, son aide, sa guidance, son amour et son amitié. Son pouvoir agira en nous et graduellement transformera tout ce qui est non divin. Nous devons être absolument sincères à nous même. On ne doit nourrir aucun mensonge, aucun acte ou projet avec un motif ultérieur personnel, il ne doit y avoir aucun désir secret pour une satisfaction personnelle ou un gain égoïste, nous devons être ouvert comme la mer et le ciel, purs comme les sommets neigeux de l’Himalaya.
Notre Dieu n’est pas un tyran, ni un juge, pas même un père sévère. Il n’est pas un dictateur inexorable. Il est bien plus que notre ami le plus intime, le plus digne de confiance, Il est celui qui connaît toutes nos aspirations et incapacités, notre force, nos faiblesses, nos goûts. Il ne condamne pas, Il ne punit pas, mais Il nous tient par la main pour nous faire avancer lorsque nous recherchons son aide. Notre Dieu est un Être de beauté et harmonie. Il aime quand nous cherchons à matérialiser la beauté et l’harmonie dans nos pensées, actions et paroles, dans nos sentiments et nos rapports avec le monde et les autres. Notre Dieu est très simple, très humble et toujours accessible en toutes circonstances. Il n’est jamais offensé par ce que nous faisons ou disons contre Lui. On peut L’insulter, Lui souhaiter le pire, L’appeler par des noms injustes, L’accuser d’être partial envers les autres et cruel envers nous, cela n’a pas d’importance pour Lui. Il revient toujours avec un sourire dès que nous nous tournons vers Lui.
La vie divine commence quand nous voyons que le Divin est à l’origine de toutes choses et êtres. Il est le Pouvoir qui soutient tout. Nous sommes ce que nous sommes à cause de Sa Présence. S’il y a quelque changement ou transformation c’est parce que Il l’a voulu ainsi. Il y a seulement une seule Volonté, une seule Existence, une Conscience et un Être. Pour le mental c’est très difficile à imaginer et même à concevoir, c’est pourquoi il doit devenir silencieux. Le cœur doit apprendre à écouter et alors notre âme nous parlera. Il n’y a pas de plus grande sécurité, pas de plus grand bonheur, ni satisfaction qui puisse égaler cette perception du Divin. Le chemin du yoga est long et difficile mais un vrai amour croissant pour le Divin rend le voyage agréable et plus court. Une soumission pleine de confiance à sa sagesse suprême est le début de la vraie Vie Divine
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Niranjan Guha Roy