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dimanche 14 décembre 2025

L'heure divine de notre âme.



 Quand Jésus-Christ dit "comprenne qui pourra", il s'adresse à notre âme vraie enfouie tout au fond derrière notre ego en surface. 

Quand c'est l'heure de l'émergence de l'âme, c'est l'heure. Mère, cette dimension personnelle du flux autocréateur, crée les circonstances. 

Ce qu'on en pense, ce qu'on croit en surface, n'a alors pas beaucoup d'importance. Son émergence nous fera mieux penser, mieux voir au fil de sa croissance concentrée. Libre de tout le fatras de nos croyances de surface, une foi nue peut en être l'avant-garde. Ce sera un élan qui n'a aucune autre assise que lui-même vers un au-delà de tout notre monde d'humain actuel, vers au-delà de toutes nos compréhensions actuelles. Ce sera peut-être aussi comme un pressentiment de l'inespéré, d'une beauté inconnue qui nous est encore cachée. 

Par ici, rien qu'on puisse limiter, rien qui pourrait se réduire à nos conceptions les plus affûtées, à nos imaginations les plus belles.

Notre lumière spirituelle, l'ouvert de la conscience, si nous en avons une expérience, sera ressentie comme des ténèbres lumineuses, le lieu du mystère, le lieu d'aventure et de manifestation de la vérité de ce que nous sommes et de ce que nous allons devenir. 

Reconnaissons que notre œil intérieur se désenténèbre peu à peu. Notre sincérité, la lente harmonisation de que nous sommes, autour de ce que nous avons de plus vrai demande du temps. Car y compris ce qui nous semble le plus vrai demande à être clarifié, purifié. Que valent les enseignements de celui qui prétend voir parfaitement l'absolu, et qui en reste à un Soi impersonnel, et qui va-et-vient entre les désirs de son ego et son refuge de vacuité, sans soif d'être cohérent, en persistant en une tragi-comédie de visages encore imparfaits ? 

Des Lumières inconnues de notre essence se dévoileront, nous révélant à nous-mêmes, notre âme vraie simple et immortelle.

Faire la volonté du Divin seule n'est pas alors un projet vain ! Servir le divin en tout, devenir son instrument, en se désenténèbrant devient si prégnant. Ce n'est pas un perfectionnisme délirant. L'attrait de la petite flambée du plaisir qui parachève le désir satisfait décroît sur le chemin quand la Joie éternelle infinie condensée en un point se met à briller dans le feu de l'âme vraie.

Quand prenant racine en cette heure de Dieu, la spirale vertueuse de la spiritualité nous ascensionne de Joie en Joie, les ténèbres reculent en nous. Il devient si naturel d'aspirer à n'être qu'un heureux esclave de Dieu ! 

Oui, quand ce sera l'heure, ce qui rend difficile et discontinu ce mouvement de transformation sera surmonté, nous irons de plus en plus de beauté en beauté plus vaste et inattendue, de félicité en félicité plus profonde et plus intense. 

Nous passerons du temps de l'adversité à surmonter au temps des délicats ajustements de la réceptivité. 


Om Sri Aurobindo Om douce Mère


L'heureux esclave de Dieu par Niranjan Guha Roy 



samedi 20 septembre 2025

Joie océanique

 



Un peu de prose poétique...


Tout est Lui, tout est Cela, il n'y a qu'une vie, Tout est Son autocréation. Comment pourrait-il échouer à être ce qu'il est et ce qu'il devient ? 

Pauvres vagues désespérées qui se voient dans les tempêtes et pressentent cette falaise côtière où elles viendront toutes échouer... Si elles savaient cet océan en elle et en tout, cette falaise à l'horizon n'est rien. C'est l'océan qui dessine tous les paysages et il ne peut pas échouer.... Océan de vie dans nos cœurs nous débordons de joie, il n'y a plus de frontière, plus d'horizon barré...  et en moi, le vieil homme, ce désillusionné cynique ou ce désespéré des informations catastrophiques n'ont plus de place pour respirer... La joie océanique les a tous emportés... noyés et recyclés dans son grand élan de vie... 

Oui, tout est possible, tout est sublime, fabuleux, magique et inespéré. Qu'il m'emporte tout entier ou qu'il m'abandonne en ce monde inachevé, l'autocréateur porte en lui un monde de conte de fées qui deviendra réalité. Et quoi qu'il en soit, j'aurai pu être une esquisse plus ou moins lointaine et achevée de l'être futur non humain qui viendra et qui sera bien mieux que l'humain. L'autocréateur porte en lui la merveilleuse réalité de l'être transmuté auquel mon âme aspire.




dimanche 30 mars 2025

EXAMEN CRITIQUE DE L'ÉVEIL COMME PAIX : AU CŒUR DE LA VISION SANS TÊTE, L'EVOLUTION CONSCIENTE DE L'ÂME et quelques unes de ses conséquences concernant l'évolution de l'humanité.

Œuvre de Ton Dubbeldam


AU COEUR DE LA VISION SANS TETE, VIVRE LE SOI AVEC UNE AME OU L'EVEIL DE L'EVOLUTION CONSCIENTE DE LA CONSCIENCE


Pour percevoir cet œil ouvert de lumière intérieure en moi, de façon plus continue, les expériences de Douglas Harding me furent d'un grand secours. Grâce à elle, cette Ouverture consciente de la conscience, entraperçue régulièrement auparavant,  a pu se stabiliser au sein du vécu. 

La perception et la pensée sont distinguées aisément et de plus en plus radicalement avec la pratique d'un retour aux faits perceptifs pointés par Douglas Harding. Cette distinction entre perception et pensées ou émotions reste usuellement minorée par une vie ordinaire d'un ego ignorant de sa source. L'égocentrisme de mes personnalités est grâce à cela viscéralement relativisé. Mes personnalités ne trônent plus au centre de ce que je suis, elles n'y parviennent que fort épisodiquement. 

La lumière intérieure me met devant le mystère de l'autocréation de ce qui est et paraît comme mon individualité avec ses personnalités, les autres et le monde. Cette lumière intérieure se désenténébrant est lumière divine, Félicité,  Beauté, Bonté. Elle me révèle mon cœur. Ma présence personnelle dans cette présence divine descend s'enfoncer dans le cœur au centre du torse. Là certains pans de ma personnalité commencent à ne faire qu'un avec l'Ouverture de conscience. Des dimensions personnelles s'avèrent être dans la continuité de la Présence. Certaines s'avèrent de l'essence même la Présence. L'union sans séparation est aussi vue comme un fait en croissance. Elle n'est pas uniquement le produit d'une transparence acquise par ma personne en évoluant dans le Voir inhérent à l'Ouverture de conscience consciente. Elle ne résulte pas uniquement d'une intégration de mon individualité au sein de la Présence.
Cette réalité d'union par essence entre la Présence et des pans de ma personne rend la notion de Divin encore plus pertinente et évidente. Par cette union devenue perceptible, mes dimensions individuelles participent d'un amour universel dirigeant le Devenir. Là commence la découverte de ce que j'ai pu appeler, sur ce blog, le Soi avec une âme.

Pour prendre conscience de la lumière intérieure, nous avons des techniques psychocorporelles. Pour trouver une continuité avec le parfum de mon âme, cette dimension de ma personne véritable qui prend naissance dans cette lumière du divin, je ne peux témoigner d'aucune technique précise et réitérable par chacun, parce que, sans doute, il ne s'agit pas d'un simple retour à l'esprit et sa lumière. C'est un retour de notre âme vraie à elle-même. Cet enfant Divin que je suis/nous sommes commence par lui-même à se percevoir dans l'humain qu'il expérimente. Lui seul s'exprime dans l'aspiration à la descente dans le cœur. Lui-seul donc peut inspirer à ce qui descend vers lui le mouvement le plus juste qui correspond à sa propre rencontre avec lui-même au sein de l'individualité humaine dont il est le soubassement et pour laquelle il est la source véritable du sens de cette vie humaine temporaire.

Il y a bien sûr quelque chose qui a un rapport avec une descente du sentiment de notre personne dans le cœur ; le pur amour, ou la karuna, brille davantage quand une de nos personnalités en devient davantage l'instrument au lieu de se croire le pseudo-auteur de ce qui est moral. 
Dans cette descente, Il y a des bouffées de joie sans cause et sans objet qui surgissent de là et encourage la descente. D'où l'aspiration pour une large part de notre personne de servir le centre et de ne plus le masquer illusoirement. 
Cependant, c'est à l'acmé de notre authenticité dans la situation, ici et maintenant, qui exige de devenir et d'agir avec le plus de justesse possible, qu'il y a ce parfum. 
La justesse n'est pas simplement une question de servir l'amour. Il y a une vérité à servir avant d'être sûr de servir l'amour pur dans son flux autocréateur global. Cette vérité à pressentir n'est pas une vérité humaine mentalement exprimable.

Qualité des actions, justesse des connaissances dans leur inconnaissance sont exigées autant que dévotion à la bonté. La voie triple ou le quadruple sentier qui unit pratique des œuvres, de la dévotion, de la connaissance voire voie de la Perfection est donc utile et requise. Mais quelle inflexion mettre ? quand la mettre ? etc. Tout ceci reste à préciser pour chacun et selon le chemin singulier de chacun. 
Pour dire synthétiquement la visée focale de ce chemin, je parlerais d'authenticité du fait de se confier le plus entièrement possible au Divin et à sa dynamique évolutive. 
La foi la plus pure n'est plus seulement une volonté plus ou moins ferme, un sentiment plus ou moins fluctuant, une croyance mentale plus ou moins solide, elle s'avère un engagement naturel du cœur, shraddha en sanscrit. Se confier au Divin, c'est se soumettre vraiment à Lui. Se soumettre au sens de s'abandonner à son action dans la confiance, se soumettre au sens d'ancrer de plus en plus notre humanité individualisée par notre âme vraie, enfant du Divin, engendrée, non pas créée, dans l'œuvre Divine de perfection.


Le parfum de l'âme s'avère un feu. Il semble me ramener des morceaux d'histoire très fugitifs qui font écho maintenant comme à quelque chose qui rejoue une butée, ici et maintenant, d'une subtilité défiant toutes traductions mentales.

La présence de l'âme nous met en présence de l'action vraie. A côté de mes impressions d'action sur le plan mental, vital et physique, qui restent le fait de mes personnalités de surface, il y a l'action vraie. Elle nous fait d'abord pressentir que derrière tous les flux multiple du Devenir, il y a un fleuve unique du Devenir, un flux supraconscient. La dimension autocréatrice de ce qui est, quand elle est pressentie peut sembler inconsciente du point de vue mental, vital et physique : illusion, erreur, émotions perturbantes, souffrances, douleurs physiques, destructions incompréhensibles accompagnent inexorablement le Devenir autocréateur. Mais quand on pénètre sur ce plan de l'âme, on y voit ce flux du Devenir engendrer son étincelle d'individuation : le Suprême divin éternel est son Père et cette réalité divine autocréatrice est sa Mère. L'âme est de la même substance que la Mère du Devenir. L'aspiration de l'âme et de la Mère Divine est de s'aligner sur la "volonté" du Suprême même si nos dimensions humaines nous empêchent de connaître le pourquoi du comment. 
Et au fond, rien n'est contre du point de vue du développement de nos âmes. 
Un ego peut être balayé de la vie, un individu peut subir des injustices inacceptables du point de vue des idéaux humains mentaux, vitaux et physiques. Une âme s'incarne, elle, quelles que soient les circonstance ; si elle quitte la scène terrestre, chassée par les circonstances, elle en aura tout de même tirée une évolution. 



INDICES D'UNE COEVOLUTION EN COURS DE L'HUMANITE CONTRIBUANT A UN EXAMEN CRITIQUE DE L'EVEIL COMME PAIX POUR LA BULLE MENTALE HUMAINE

Même hors du point de vue expérientiel de l'âme, en considérant nos connaissances mentales de l'histoire de l'univers, on voit bien que la matière se vitalise, que la vie se mentalise et que dans ses sommets, l'évolution autocréatrice prend conscience d'elle-même au moins partiellement en un individu. Du point de vue mental, on sait qu'il y a une évolution de la matière produisant une individualisation ; du point de vue spirituel, on découvre un lien entre la conscience de l'Ouverture consciente, l'autocréation de tout ce qui se manifeste comme évolution universelle et ce que nous devenons individuellement. 
On peut pressentir, à partir de ces lignes de faits intérieurs et extérieurs objectifs, une réalité qui surgit d'au-delà de la conscience mentale humaine et peut matérialiser quelque chose au-delà des possibilités de compréhension de cette conscience. 
Si nous prenons au sérieux une évolution où par le passé des individualisations deviennent de plus en plus consciente, pourquoi ne pas envisager que ce mouvement se poursuive ? Le scandale de l'évolution de la matière n'est pas notre filiation passée, mais le fait que nous, humains, soyons nous-même un pont, une transition. 
Nous pourrions être un jour face à un être surhumain qui nous ressemble, un peu comme notre animal domestique nous ressemble ; nous pourrions communiquer avec lui comme notre animal domestique peut communiquer avec nous ; mais, comme notre animal domestique avec nous, nous saurions que quelque chose nous échappe dans son action au vu de ses résultats, nous serions amené à reconnaître un niveau de conscience incarné qui nous dépasse.

Cessons cette spéculation, même si elle est conséquente du point de vue du paradigme évolutif. Considérons juste le point de vue humain quand il reçoit une poussée évolutive, une intuition qui change son vécu mental de la vie. On doit admettre que cette expansion ne dure pas et produit le plus souvent ses propres obstacles qui devront recevoir une solution nouvelle jamais envisagée. 
Cette lumière qui s'est levée là sous la forme d'une intuition renouvelant la vie mentale, y compris matériellement, a tôt fait de s'éteindre dans les décombres de l'histoire. 
Et puis, même ce qu'il y a de plus lumineux dans tel regard de la vie mentale sur elle-même, ce qu'il y a d'amour le plus convaincant, paraît toujours s'accompagner d'ombres, qui à un moment deviennent concrètes et nécessitent un élan nouveau. 

Un Bouddha nous parle d'éveil, mais il ne reprend guère ses disciples affirmant que les femmes doivent se réincarner en homme pour qu'il se réalise plus aisément. 
Un Jésus-Christ nous parle d'un Dieu d'amour. Mais, d'après les Evangiles, il invite ses apôtres à maudire ceux qui n'accueillent pas sa Bonne Nouvelle en secouant leurs sandales à l'entrée de leur demeure ; il parle de cris et pleurs dans l'enfer, ce qui ressemble à une menace pour qui refuse son enseignement.

Le bonhomme humain ne change pas fondamentalement tant que l'âme et la lumière spirituelle n'exercent qu'une influence mentale, vitale et physique qui reste intermittente ou, plus encore, inconsciente en surface de notre individualité.

Revenons, maintenant, à ce qui se passe de nos jours. Actuellement, pour qui est attentif et rassemble les données, à l'évidence, il y a une émergence de l'âme plus radicale soutenue par l'action de la Mère divine, l'intelligence, pour nous, supraconsciente du Devenir autocréateur. 

Concrètement, les aspirations spirituelles se démultiplient et elles sont de moins en moins rattrapées par des dogmes collectifs, des pratiques standardisées, etc. Elles échappent ainsi de plus en plus à toute forteresse mentale religieuse.
Les aspirations spirituelles se singularisent, la religion s'individualise parce qu'une force intérieure, à laquelle les événements extérieurs répondent, accélère sans aucun doute l'individuation des âmes.


On peut observer ici comme un effet co-évolutif sur les formes du vivant qui accompagnent cette nouvelle individualisation matérielle en cours. 
L'émergence mentale s'est elle-même caractérisée par une co-évolution du vivant, aujourd'hui de plus en plus renseignée objectivement. Avec la disparition des dinosaures-mastodontes, des insectes pollinisateurs émergent avec les fleurs, émergent aussi alors les fruits produits de ces fleurs et nos ancêtres dont le volume cérébral croissant nécessite le sucre abondant de ces fruits.

Le vieil homme en nous, en qui s'effectue l'œuvre de cette supraconscience, force transformatrice, perd ses repères mentaux, il n'a plus de désirs qui le portent, son caractère se fissure, ses habitudes physiques déraillent insuffisantes. Le vieil homme perd pied. 
Certes l'âme émerge dans la conscience jusque là individualisée humainement, ce processus passe par un consentement intérieur, une soumission volontaire de notre personne. 
Mais aujourd'hui, même s'il n'y a pas cette intériorisation et ce consentement, celui qui ne vit que dans la perspective du vieil homme se voit le jouet des circonstances extérieures : il s'accroche à des repères, à des valeurs, à des désirs qui, sans cesse, sont ballotés, désarçonnés, inquiétés. 


Le besoin de Paix devient tellement criant que les chercheurs et les trouveurs de la Présence se démultiplient dans nos sociétés.
Pour l'humain ordinaire, l'horreur de la situation est de plus en plus impossible à fuir dans un quelconque divertissement. 
Mais même vivant déjà au sein de la Présence de cette Paix, l'horreur de la situation, demeure un objet de lutte constant : c'est ce monde, en ébullition, cet autre de plus en plus envahissant, qui met le désordre, menace nos modes de vie. 
Parmi ceux qui ont réalisé la Présence comme Paix, il y a beaucoup de fake-news qui sont partagées en tout sens, il y a un manque de discernement dans l'action, même si la Paix immuable est indéniablement présente en arrière-plan des actes de cette personne. 

Car se tenir humainement dans la Paix immuable, ce n'est encore n'y rien comprendre au Divin, c'est risquer de continuer à empirer les circonstances, l'horreur de la situation. Le premier danger certainement est d'absolutiser mentalement cette réalisation ; dès lors on exclut toute autre possibilité spirituelle, on commence à dogmatiser, à s'enfermer tout en se croyant l'Ouvert, une conscience indubitable de l'absolu. 

S'enfermer mentalement avec cette Paix, c'est refuser la Félicité et la divinisation qui se proposent, c'est refuser la nouvelle harmonie qui croît. C'est refuser de se mettre à l'écoute de son cœur et du feu de son âme vraie qui s'y tient cachée en arrière-plan. 
Et c'est forcément trouver aberrante toute idée d'un nouvel être au-delà de l'humain, même si son émergence parmi nous humains et sa victoire incarnée matériellement est peut-être la seule réponse à la crise évolutive que nous vivons. 
Car nous ne vivons pas, si vraiment nous nous plaçons dans la perspective de l'âme vraie, une crise écologique, politique, morale, etc., nous vivons actuellement d'abord et avant tout une crise évolutive. L'horreur de la situation ne peut être traitée authentiquement avec un début d'égalité d'âme qu'à ce niveau.

Les rôles qui font l'horreur de la situation et ceux qui la subissent s'inversent aisément et même se superposent. 
Et cela dessine comme en miroir inversé, la coévolution humaine qui accompagnera le saut évolutif au-delà de l'humain, si une espèce humaine demeure comme les oiseaux demeurèrent après la disparition des autres dinosaures, lors du dernier saut évolutif.

Par exemple, les palestiniens font l'horreur de la situation des israéliens et les israéliens font l'horreur de la situation des palestiniens. Il y a ceux qui font le choix des victimes palestiniennes et ceux qui font le choix des victimes israéliennes. Et ainsi va l'horreur de cette situation. Mais aussi émergera une vie humaine sans victimisation, sans cercle vicieux de la violence ainsi perpétuée par le jeu de la dramatisation.

La corruption et le vide de sens des propositions des politiciens libéraux et démocrates font que parmi ceux qui vivent la Présence, on lorgne vers des visions avec plus d'ordre et de valeurs. Même éveillé à la Présence, on relaie les idées illébérales d'un Trump, d'un Poutine - le fascisme d'un Julius Evola ne choquerait pas ceux qui le promeuvent sans le savoir. 
Mais comme une dictature de gauche, un autoritarisme de droite, c'est la vindicte contre des gens qui défendent d'autres points de vue.
Le mensonge politique s'inscrit plus largement dans l'œuvre du mensonge y compris celui de l'homme éveillé à la Paix spirituelle. Il peut y avoir la Paix et elle ne peut pas pour autant empêcher la fausseté du dialogue : on prétend écouter, on déforme le propos, on ne retient rien au nom d'un point effectivement faux, la part de vérité de l'autre est systématiquement niée et ignorée.

Ce n'est guère manifester la Paix ! Car la Paix sans l'Amour, ce n'est guère la Paix. L'absence de dialogue authentique est toujours une absence de pureté et de vérité de l'Amour !

La Présence sourde au dialogue et les spiritualités sans âme ignorent les bienfaits du pluralisme. La paix sans âme, ce sont les tentations de régler les problèmes par uniformisation politique. L'âme nécessite le pluralisme, à la surdité dialogale, elle préfère le dissensus fraternel comme base d'une communion véritable et authentique. La fraternité pluraliste est tout sauf une  massification communiste d'où aucune tête ne doit dépasser, quitte à ce qu'on les coupe. La fraternité pluraliste est tout sauf un ordre fasciste où aucun écart du rang n'est pardonné quitte à tuer toute figure d'originalité qui ose interroger cet ordre. 

La Paix et l'Amour supposent un pluralisme créateur car sinon ce n'est guère de l'Amour Ouvert. Une autorité qui n'encourage pas un pluralisme créateur et ne partage pas ses pouvoirs aboutit inéluctablement à un autoritarisme tout à fait contraire à la Vérité de la Paix et de l'Amour Ouvert.

Ainsi s'emballe un processus qui semble contraire à toute harmonie, à tout sens de l'âme, qui, par essence, n'est d'aucun pays, d'aucune nation, d'aucune religion. Mais la maladie redouble ses symptômes avant qu'un saut évolutif immunise le corps définitivement. 

Si vraiment tout est Divin, ce que nous ressentons comme l'horreur de la situation est le refus secret dans notre cœur de poursuivre sur la voie du vieil humain en nous qui croit tout solutionner mentalement, dogmatiquement, autoritairement, violemment. En fait, l'horreur avait toujours été là mais nous la ressentons enfin comme telle ; notre âme émerge et avec elle, l'intelligence de l'œuvre Divine supraconsciente à commencer par le sens de l'imperfection de ce qui est. 
La Paix et une aspiration au Vrai, au Bien et à la Beauté sont indispensables dans cette zone intermédiaire où nous guettent les réponses mentales qui nous ramènent à la vieille humanité, mais où nous guettent aussi l'angoisse, la dépression qui de l'autre côté des forces nihilistes surgiront. 
A côté du surhumain que des âmes d'élites commenceront à incarner physiquement s'il s'agit d'un saut évolutif au-delà de l'humain, il y a donc place pour une coévolution humaine. 

Cela s'entend, si on veut bien l'entendre et répondre à son appel. Ce ne sera pas une paix molle ! Ce ne sera pas une paix pactisant avec l'horreur de la situation ! La Paix spirituelle saura se répandre sans nourrir ce qui est contraire à l'Amour vrai ! Elle sera le socle de base pour qui veut se rencontrer en son âme vraie et participer à la divinisation de son individualité mentale et vitale, et en cela ne pas faire obstacle au saut évolutif à venir.

Avant de parvenir à un nouvel équilibre co-évolutif, des gangues du genre humain seront le théâtre d'une transformation en autre chose au-delà de l'humain. Dans la foule des humains, un surhumain se fera ; comme dans la foule des poissons asphyxiés à l'air libre, une forme de respiration alvéolaire s'est fait jour.
Cela ne finira plus comme une lumière intuitive à chaque foie rattrapée par la bulle mentale humaine, touchant à chaque nouveau pas en avant une de ses limites. La bulle humaine mentale avec ses préjugés, ses dogmes, ses condamnations, ses contradictions ne règnera plus en imposant à la vie terrestre ses propres limites. 
Car déjà, Cela va autre part, Cela suscite un saut évolutif. 

Œuvre de Ton Dubbeldam

2024 - mars 2025

mardi 5 mai 2020

L'ENFANT ET LA VIE SPIRITUELLE


Si on donne une éducation éclairée aux enfants qui ont un être psychique perceptible en eux, ils ne perdront pas le contact psychique ni sa guidance quand ils grandiront.
L’être humain est mené par son ego qui est une formation créée par la nature inférieure Apara-Prakiti. Un être spirituel vit sous l’influence et la guidance de l’être psychique profond dans son cœur mystique. Quoique tous portent en eux un être psychique, celui-ci est en général très rudimentaire.
Pour le moment, il est suffisamment développé et actif seulement dans un petit nombre. À moins que l’être psychique ne soit cristallisé et ne domine la conscience, aucune vie spirituelle ou yoga n’est possible. Et même chez ceux dont le psychique est développé, il est trop souvent dissimulé par l’ego mental, vital et physique. Chez les enfants où le mental, le vital et la conscience physique ne sont pas encore entièrement formés, l’être psychique peut agir plus librement si les conditions sont favorables. Lorsque l’enfant grandit, son mental avec la conscience vitale et physique devient dominant et l’être psychique est alors presque totalement dissimulé par les conditions normales de vie. Si on donne une éducation éclairée aux enfants qui ont un être psychique perceptible en eux, ils ne perdront pas le contact psychique ni sa guidance quand ils grandiront. On peut dire que si on donne à un enfant depuis sa naissance jusqu’à son adolescence une éducation psychique spirituelle dispensée par des enseignants eux même éclairés, une nouvelle race d’êtres spirituellement orientés apparaîtra et grandira parmi l’humanité. Naturellement, ils auront un niveau très supérieur de conscience lumineuse. Il est intéressant de noter ici que Vivaldi, le grand musicien italien était responsable d’un orphelinat et qu’il l’a transformé dans un Conservatoire d’excellence. La Mère a pris un intérêt très spécial dans les enfants. Une fois que l’être extérieur de l’homme s’est endurci dans une personnalité distincte, il a une grande difficulté de sortir de cette carapace, même s’il est conscient à l’intérieur de lui. Son être intérieur n’arrive plus à influencer sa vie.
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Niranjan Guha Roy 2003


samedi 21 septembre 2019

LA RELIGIOSITÉ ANTISPIRITUELLE DE BOSSUET POINTE MALGRÉ TOUT L'ESSENTIEL !

Bossuet
Dans l’Instruction sur les états d’oraison, Bossuet ne nous instruit pas d’oraison, il instruit un procès à charge contre l'école française de spiritualité du XVIIème siècle. Il rejette dans sa globalité ce qu’il appelle la « nouvelle mystique ». Il attaque les témoignages et pratiques spirituelles des livres de Ruysbroeck et Harpius ; il estime inexacte certaines formulations de Tauler. Surtout, il cible les livres spirituels de ses contemporains, ceux de « François Malaval, un laïque sans théologie, et les deux qui sont composés par une femme, comme sont le Moyen court et facile et l’Interprétation sur le Cantique des cantiques ». Il est clair que pour Bossuet l’institution ecclésiastique et son autorité ont tout à craindre de ces laïques (et en particulier des femmes insoumises comme Mme de Guyon). Naturellement, il associe sa lutte contre les exagérations des nouveaux mystiques à la lutte contre les béguards et béguines du XIVème siècle. Homme de son époque, il est du côté de l’autorité de la tradition, qui rend légitime l’intolérance et la violence religieuse au nom d’une croyance dogmatique. Il est tout ce que la tolérance déiste du siècle à venir rejettera. 
Plus loin, dans cette Instruction à charge, il attaque le Père Combe qui veut répandre l’oraison de quiétude dans toute la société et à tous les âges comme la clef intérieure par excellence. Symptomatiquement, il fait de Bernard et d’Augustin les plus hautes références sur laquelle il fonde sa propre autorité : il s’agit de certes de deux mystiques mais leurs appels à la violence religieuse contre les hérétiques montrent que leurs lumières intérieures sont obscurcies par l’étroitesse de leur mentalité prémoderne. 
Enfin citons le passage le plus antispirituel de cette Instruction : « Par une semblable exagération, les mystiques les plus sages inculquent sans cesse leur ligature ou suspension des puissances : si on les entend à la lettre, en certains états on n’est plus uni à Dieu par l’intelligence, par la volonté, par la mémoire : mais par la substance de l’âme : chose reconnue impossible par toute la théologie, qui convient que l’on ne peut s’unir à Dieu que par la connaissance et par l’amour, par conséquent par les facultés intellectuelles ». 

Quoi de plus étonnant que cette lecture fine des mystiques pour mieux en vomir l'expérience...


jeudi 4 avril 2019

POUR UNE EDUCATION QUI SERT L'ÂME



J'adhère à l'évidence qu'un monde vivant pousse en ce moment même aux milieux des décombres du vieux monde dominé encore quoi qu'il en pense par la bestialité. Plus le temps passe, plus je sais que je vois surgir ce Monde nouveau si et seulement j'y participe. L'évidence de l'horreur du vieux monde fait partie des ruines. C'est même une impression de grisaille interne dépressive qui participe de l'auto-destruction du vieux monde. Le monde nouveau n'est vue qu'à partir d'une certitude de Joie sans objet qui accueille une force créatrice et transformatrice. 

Dans cette perspective et expérience spirituelle une évidence me saute aux yeux : l'éducation authentique n'est pas une sortie (ducere) hors de soi (e-) mais une initiation à soi c'est-à-dire une intégration de puissance de pensées, d'émotions (voire de sentiments) ou encore de capacités physiques répondant aux besoin d'une âme. 

Ici je croise les valeurs chrétiennes selon laquelle nous avons à rendre compte du développement de nos talents. Mais bien trop souvent les monothéistes confondent l'ego et l'âme. Et quand les gens de culture occidentale s'intéressent aux sagesses orientales ils confondent l'illusion égocentrique avec l'illusion d'être une âme. Ils ignorent la croissance de la personne dans la transparence spirituelle qui se découvrent à eux. Ils ignorent qu'expérimenter la  transparence spirituelle peut aboutir à expérimenter la présence d'un principe d'individuation, une dimension lumineuse de la transparence elle-même, comme un feu d'individuation unique de la transparence de l'esprit en nous.

La société du vieux monde ne connaît que des egos manipulables par leurs désirs égocentriques puisque foncièrement mimétiques et qui donc suscitent de la concurrence. Même la bonne conscience de ce vieux monde a cette mécanique. La société du vieux monde ignore tout de l'âme.

L'éducation véritable consiste certainement à permettre à une âme de ne pas se perdre dans les mécaniques des pensées, des désirs et des pulsions. Aujourd'hui la paresse, l'inertie l'emporte souvent faute de souligner un idéal d'évolution et de création. La spiritualité contemporaine avec la non-dualité nous donne d'échapper peu à peu à la mécanique. Mais quid du mouvement de transformation du monde ? L'ego n'est que le visage défiguré de notre âme quand pire malheur il n'en est pas la tombe où elle se tient étouffée dans le silence. L'éducation authentique est au service d'un principe d'individuation. L'individualisation avec son pendant individualiste, on connaît. Mais au fond cette individualisation c'est acquérir et réclamer le droit d'être reconnu dans la société. C'est parfois réclamer le droit d'être regardé et envié sans daigner voir la fausseté qui est en jeu dans ce qui ressort de la concurrence mimétique. Celui qui aime ses enfants ou le professeur qui se soucie de ses élèves travaille pour leur proposer ce qui leur facilitera de devenir ce qu'ils sont : il leur donne de quoi s'individuer en dehors des clous de la seule individualisation sociale. Un tel parent ou un tel professeur lutte parfois contre l'ego de l'enfant ou de l'enseigné pour en libérer l'influence de son âme. Le principe d'individuation qui au cœur de la conscience pure commande vraiment le devenir d'un individu quand il est uni intuitivement, mentalement, émotionnellement à cette conscience pure, cette transparence au fond de l'esprit.

Ceci commande même la manière dont parfois on peut introduire auprès d'un enfant ou d'un enseigné une manière de voir y compris par exemple la non dualité. Il s'agit juste d'une boîte à outils ou de moyens de partager une sensibilité (poétique) dont l'enfant ou l'enseigné peuvent user s'ils le désirent pour ne pas se faire engrener dans la mécanique. Il ne s'agit pas encore une fois de s'enfermer dans telle croyance mentale en niant telle possibilité ou au contraire en affirmant telle réalité sans en faire du tout aucune expérience. L'éducation ainsi entendue est clairement en opposition avec n'importe quelle attitude religieuse.

Plus on s'approche du continent perdu de l'âme, plus on peut aider les plus jeunes à trouver leur âme au cœur de l'humanité. Il ne s'agit pas d'une manière de penser mais d'une aspiration au cœur de la conscience pure, la transparence de notre conscience. C'est un monde paradoxal où la plénitude de la conscience se découvre un besoin poignant d'être, une soif de conscience encore plus ample.

Le monde de l'âme, le monde psychique de l'individuation est vraiment libre du monde psychologique individualiste qui ne trouvera jamais de solution en lui-même. C'est une dimension spirituelle que l'éducation de demain devra sans aucun doute découvrir si elle veut s'accomplir.



jeudi 20 décembre 2018

LE SAUT EVOLUTIF DE L'INTELLIGENCE COLLECTIVE RESTE A PARFAIRE.

La pensée systémique ouverte est entrée récemment dans l'histoire. Spinoza et Hegel sont certainement les deux premiers penseurs à saisir le monde dans une puissante saisie mentale interdisciplinaire ainsi que dans une certaine lumière intérieure. Ils produisent des systèmes de pensée. Hegel va plus loin que Spinoza en considérant une logique des systèmes de pensée avec une réinterprétation l'histoire culturelle, religieuse et philosophique.

Mais ce sont aussi peut-être parmi les derniers penseurs à posséder la connaissance intégrale des connaissances de leur époque.

Aujourd'hui cette connaissance encyclopédique est devenue impossible. On peut avoir une forte connaissance interdisciplinaire mais on est devenu incapable de tout embrasser. 

Dans ce monde de fractionnement des connaissances nous avons donc des experts. Mais leurs expertises est toujours limitées et ignore les objections de bon sens d'un bon connaisseur de champs de connaissances limitrophes.

Il semble donc urgent d'atteindre une intelligence collective capable de créer des interconnexions entre les savoirs.



Des méthodes nouvelles de communication renforce l'intelligence collective.




Pour aller plus loin il y a en fait deux directions : la justesse de l'expression qui permet l'individualisation de la créativité de chacun et la prise en compte de l'autre point de vue ; il y a la justesse de l'ouverture intérieur où soi et l'autre sommes l'expression d'un seul et unique champ de conscience.

mercredi 22 février 2017

PISTES COSMOPOLITIQUES POUR UNE FRATERNITÉ LAÏQUE (SUR)MODERNE.

 Cet article prolonge et recoupe sur Carnet philosophique, Pistes vers une laïcité 3.0 

  1. - On a affaire aujourd’hui à une nouvelle équation du problème républicain moderne et postmoderne. Le postmoderne n'est plus un scientiste. Il ne croit plus que le progrès technoscientifique est la clé ultime de tous nos conflits d'idées et qu'il entraîne obligatoirement la résorption des obscurantismes et superstitions prémoderne. Les catastrophes totalitaires sont étroitement liées qu'on le veuille ou non à des ambitions modernes soit de gérer scientifiquement le cours de l'histoire et la vie sociale (plutôt les communismes marxistes), soit le cours même de l'évolution de l'espèce (plutôt le nazisme). Ces totalitarismes extrêmes se sont exercés au travers des pires massacres, crimes et génocides sans compter tous les mixtes fascistes plus ou moins radicaux qui sévissent encore. 
Un postmoderne admet qu'il y a des ressources spirituelles prémodernes dont nous aurions tort de nous défaire en nous défaisant d'un bloc de nos héritages religieux prémodernes. L’impérialisme et le colonialisme qui ont nourri les totalitarismes ont souvent été fortement ethnocentriques et ont malheureusement méprisé des ressources spirituelles et psychologiques dont heureusement nous trouvons l'intérêt maintenant. Certains couplets modernes semblent encore avoir bien du mal à reconnaître l’ambiguïté de ce qui s'est présenté comme progrès à des cultures qui contre leur volonté ont dû l'intégrer. 
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2.    – Le relativisme postmoderne face aux cultures cesse quand le postmoderne comprend que la dimension spirituelle authentique des religions ainsi que les spiritualités philosophiques semblent converger vers une seule et même réalité. Cette convergence tend à découvrir une unité transcendante de toute expérience spirituelle facilitatrice et surtout productrice de fraternité par delà les différences culturelles, religieuses, etc. Si notre laïcité vise à la fraternité, elle doit explorer cette possible unité dans la différence et se nourrir de cette unité spirituelle dans la différence.

3.    – Toutefois cette analyse postmoderne antitotalitaire qui perçoit le rôle des spiritualités pour produire et nourrir la fraternité doit s'interroger sur le fait qu'une certaine ouverture spirituelle existe au sein de mentalités somme toute assez fermées. 
Cette analyse postmoderne manque de clarté vis-à-vis des penseurs du fascisme qui ont toujours revendiqué leur filiation avec la recherche d'un âge d'or SPIRITUEL prémoderne où on vivait dans une hiérarchie ou un ordre du monde plus proche de l’Être ou de l'absolu. En France, le cas Heidegger embarrasse en ce sens les philosophes postmodernes. L'unité transcendante des religions a été défendue par des penseurs proches du fascisme comme Julius Evola, Mircea Eliade (dans sa jeunesse), etc. dans une posture promouvant le retour des castes et la pureté des élites. La pensée de la laïcité postmoderne est souvent la pensée idyllique d'un métissage culturel et donc spirituel. Il y a des dialogues interreligieux qui nourrissent la fraternité républicaine certes. Mais il y a le risque de communautarismes qui malgré leurs ressources spirituelles indéniables restent incapables de s'arracher à leur clôture mentale et donc incapables de produire une authentique fraternité républicaine.  

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Une fraternité laïque républicaine SURMODERNE met en jeu non un conservatisme culturel identitaire mais la capacité à créer et à renouveler une culture interculturelle et universaliste par delà les cultures communautaires. 

4. – Une approche surmoderne n'est pas seulement dialogue mais aussi arrachement à l’identité, aux représentations mentales formant forteresse. Les ressources spirituelles des religions sont extraites et purifiées par la raison critique et les exigences fraternelles. Elles deviennent des processus de développement et de libération psychocorporels que les secteurs de la santé et de l'éducation vont de plus en plus intégrer. La surmodernité républicaine aura pour cœur la formation d'une culture spirituelle cosmopolite. La fraternité laïque française spiritualisée peut être un ferment d'un nouvel élan cosmopolite, d'une fraternité universelle.

Qu'on y songe, il y a un curieux dosage culturel, philosophique et religieux français qui fait écho au dosage des cultures du monde. Si vraiment nous produisons cette fraternité républicaine spiritualisée, nous assumerions une fois de plus notre vocation française universaliste pour l'humanité. 

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dimanche 22 janvier 2017

LIMITATIONS DU MENTAL selon Niranjan Guha Roy.





Limitations du mental



Opposition à l’émergence de l’être spirituel

Récemment, j’ai vu très clairement quelle était la plus forte opposition à l’émergence de l’être spirituel dans l’homme et l’humanité.
Tout ce que nous avons achevé jusqu’à maintenant, le meilleur, le plus noble et le plus sublime dans l’art et la culture, le commerce, la science et technologie, éthique et religions même en spiritualité est l’accomplissement du mental, de l’homme mental ou fondamental. Ce mental a une foi ultime en lui-même, ses pouvoirs et capacités et ses nombreuses possibilités latentes. En même temps, il a une arrogance sans bornes et un refus absolu de reconnaître et admettre même la plus petite possibilité qu’il puisse y avoir des états de conscience supérieurs, inconnus ou peu connus avec une dimension dynamique complètement différente. Même s’il y a une certaine acceptation restreinte d’une telle impossible possibilité, c’est-à-dire de l’existence d’une autre conscience bien au-delà de sa vision et portée, même ainsi quand l’homme mental reçoit des intimations de cette source supérieure, il la nie ensuite et refuse absolument d’appliquer ou d’utiliser cette intuition. Il ne lui donne pas une place supérieure,  mais il la met en doute et même si elle se prouve avérée des centaines de fois, il la rejette comme non digne de confiance et comme une connaissance ou information qui ne peut être appliquée. 

Il y a un autre aspect de l’homme mental sans doute plus dangereux encore dans son attitude vers tout ce qui prétend lui être supérieur, il adopte alors une agressivité sans faille et criminelle. L’homme mental non seulement discrédite la possibilité lointaine qu’il existe un état de conscience et une puissance supérieure, mais il lui est hostile, hostile aussi aux représentants de cette conscience supérieure et souvent d’une manière la plus extrême. On peut dire que jusqu’à présent les avatars ont été rejetés par l’homme, exilés, bannis, torturés, tués et tout ce qui est resté de leur passage est un éclat mental chantant la gloire de l’homme mental , sa grandeur et suprématie éternelles.

Mais cette fois ci « Quelque chose » est arrivé. La Conscience suprême n’est pas venue sur terre pour mendier l’indulgence du condescendant roi de la terre, l’homme mental. Les avatars sont venus et ont proposé à l’homme ou bien de s’élever jusqu’à la conscience de vérité dans un don de soi brûlant en se soumettant à l’action du feu de transformation, à la transmutation par la conscience divine ou bien d’être voués à une extinction complète, une immobilité paralysante et impotente s’il refuse de se soumettre à la loi la plus haute de vérité et lumière. C’est le début d’une terrible bataille entre les forces extrêmement puissantes et toujours victorieuses de la conscience divine et les seigneurs du mental aveugles, arrogants, surs de soi, cruels, brutaux et sardoniques.

C’est vraiment une bataille entre des torches enflammées et le foin, la phalène et la mèche brûlante. Pourtant si notre attitude est celle de soumission, don de soi, collaboration et accueil de l’immense brasier de la Vérité alors graduellement il descendra dans le réceptacle humain, le transmuera, en fera sa maison pour son action lumineuse et affirmera d’une manière visible sa venue triomphante dans l’existence terrestre.
Bien sûr, cette suprême conscience active n’a pas l’intention de détruire la race. Etant sure de sa suprématie absolue elle transformera graduellement tous les éléments qui voudront, même dans un degré minime, accepter son action transformatrice. Les éléments qui ne peuvent tolérer son action disparaîtront peu à peu car la pression entre les forces de lumière et les forces d’ignorance grandira toujours. Tout ce qui résiste sera sous une tension de plus en plus forte au fur et à mesure que la lumière pénétrera. A un point critique, chaque élément ou bien permettra d’être transformé ou sera éliminé. Ceci n’est pas une théorie ni une imagination. Il n’est pas même de question de justification, ou de morale ou éthique. C’est juste un simple fait physique très matériel dans son action.

Ce processus s’étalera sur des siècles et des siècles et l’émergence d’une nouvelle race divine pourrait prendre quelques milliers d’années. Mais pour ceux qui ont un aperçu de cette Vérité, qui y aspirent et travaillent consciemment pour l’incarner, l’histoire est fascinante - pour eux, l’évolution spirituelle sera un procédé révolutionnaire d’une vitesse vertigineuse.



 Ces êtres, si leur collaboration est pleine de bonne volonté, quelque soient leurs défauts, incapacités et limitations seront pris par la Force, modelés et transformés par ses ouragans et ses tempêtes, sa lave brûlante et destructrice, ces courants féroces, sa douceur, sa joie exaltante de transmutation et sa conscience infinie libératrice. Ces êtres serviront de fers de lance à cette Force conquérante. Il y a une seule condition : une soumission et un don de soi absolus à la Shakti divine, une obéissance absolue au divin Maître, une aspiration absolue d’abandonner tout ce qui est humain, sombre, limité, ignorant en soi même et dans le monde. On doit être prêt à immoler son ego complètement, effectivement et à jamais. Vivre en Dieu, pour Dieu et par Dieu et être totalement conscient de l’âme.

Le signe que le Divin a entendu notre appel et l’a pris au sérieux est une entrée dans une conscience où tout est Divin. Si tout l’univers était effacé le Divin serait encore là, concrètement, absolument. Toute la manifestation est la manifestation du Moi du Divin. Il n’y a rien d’autre que le Divin. Dans le domaine physique, les centres ou chakras seront entièrement ouverts et on sentira alors le pouvoir, la lumière, joie et conscience coulant à travers la couronne de la tête dans le centre du cœur et dans le corps tout entier, dans tous les centres. Cela veut dire que le contact avec le supraconscient a été établi d’une façon permanente. La transformation graduelle du mental, vital et corps sera inévitable, irréversible, le procédé s’étalant sur une vie entière ou beaucoup de vies.

Mais tout ceci est juste un commencement très rudimentaire et élémentaire quoique un commencement formidable et lumineux. Ce nouveau pouvoir est comme un nouveau né, il doit croître dans l’enfance, la jeunesse et la maturité. De par sa naissance même, il est un enfant royal. Mais tout reste à découvrir et manifester. On nous dit que les premiers mammifères étaient de la taille d’un rat quand les dinosaures gigantesques dominaient la terre. La même histoire se répète. Le nouveau pouvoir avec de nouvelles possibilités, les conquérants et habitants futurs de la terre ont une existence très humble, presque invisible, encore presque complètement cachée, éclipsée par l’homme tout puissant, l’homme fondamental et ses réalisations magnifiques.

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Niranjan Guha Roy

On trouvera ici d'autres articles de Niranjan Guha Roy : https://www.motherland-guharoy.net/

samedi 26 novembre 2016

COMMENT COMPRENDRE LE VIRAGE NEOCONSERVATEUR DU POINT DE VUE EVOLUTIF DES MENTALITES ?





Je suis un défenseur de certaines valeurs de la modernité. Elles sont toujours à défendre plus que jamais.

L'égale dignité des personnes quelles que soient leur apparence, leur âge et leur sexe doit être défendue coûte que coûte à l'encontre de toutes les dominations injustes. La liberté de conscience doit être préservée à l'encontre de tous les fanatismes. Être à soi-même sa propre autorité par le biais de l'argumentation rationnelle et bien sûr d'une démarche expérimentale me semblent central humainement à l'encontre de tous les obscurantismes.

Je me sens donc inscrit dans une filiation humaniste moderne mais observant combien le projet moderne humaniste demeure inachevé je perçois la nécessité de son renouvellement.

Mais je ne suis pas non plus en total rejet contre la postmodernité et son questionnement de la modernité.


La modernité a opposé les science (les faits objectifs) et les valeurs universalisables (les valeurs objectives) à l'obscurantisme et à l'autoritarisme prémoderne.

Cependant la condescendance moderne pour le "primitif" ou les cultures prémodernes a elle-aussi justifié bien des crimes. L'assurance moderne pour sa science a produit les causes d'une catastrophe écologique sans précédent. La valorisation moderne de l'enrichissement et du consumérisme doit être questionnée urgemment.

Le meilleur de la postmodernité nous a appris à prendre en compte ces points. Et surtout il nous a appris ainsi à réentendre un fond spirituel prémoderne dans une langue audible pour un moderne.

Toutefois le postmoderne a aussi souvent malheureusement permis de réhabiliter socialement ce qu'il prend, lui, pour un folklore entourant ce fond précieux sans voir qu'il scie alors la branche moderne qui lui permet d'exister.

La postmodernité tout en mettant en doute l'objectivité universaliste a revendiqué un statut pour un individu s'individualisant à travers des valeurs subjectives. Ceci lui a permis des alliances de circonstance avec la modernité mais la postmodernité ne parvient plus aujourd'hui à s'allier à la modernité comme elle a pu le faire autrefois pour empêcher le retour du communautarisme prémoderne national. Elle s'est disqualifiée en permettant l'installation de communautarismes ethniques fragilisant l'unité nationale. Mais cet échec s'il est celui qui en marque l'impasse politique en masque d'autres.

En France, les formes de social libéralisme plus ou moins libertaires de centre gauche qui formaient une telle alliance n'obtiennent plus de résultats probants face à la crise évolutive en cours dans ses composantes écologique, économique, familiale, culturelle et religieuse. La reconnaissance politique d'un mariage homosexuel a cristallisé une réaction prémoderne antilibertaire nationale. Personne ne semble voir qu'est ici en jeu une lutte salutaire contre les prémodernités dans leur ensemble. Au lieu de cela politiquement on va vers un affrontement des prémodernités, chacune s'appuyant sur des alliances plus ou moins improbables avec la modernité contre les autres prémodernités
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Dans les pays occidentaux actuellement, les Trump, les nouveaux conservateurs anglais, les populistes en Hongrie, en Bulgarie et en Moldavie, tous plus ou moins amis ou admirateurs de Poutine, paraissent l'emporter. En France aussi, les nouveaux conservateurs ont le vent en poupe. Une part de la modernité participe aujourd'hui contre la postmodernité à des alliances contre-nature avec une prémodernité jouée contre les autres : il y a désormais prédominance politique d'un socialisme ethnocentrique et/ou d'un ultralibéralisme économique sociétalement conservateur voire réactionnaire sur le plan des mœurs. 


Le socialisme ethnocentrique «républicain laïque» est la seule option qui ne semble pas épuisée mais nous savons, nous qui assumons notre postmodernité libertaire politiquement que c'est un succédané des fascismes racistes et antidémocratiques, un recyclage d'une alliance catastrophique entre modernité et prémodernité.

MAIS TOUTES CES MENTALITÉS POLITIQUEMENT ET MÉDIATIQUEMENT SUR-REPRÉSENTÉES S’ÉVERTUENT A NIER DES DIMENSIONS DE CETTE CRISE. CHACUN S'ARRANGE POUR NE PAS VOIR QU'ELLE EST BIEN UNE CRISE ÉVOLUTIVE.
Ces positions mentales subiront de cuisants échecs jusqu'à ce que cette réalité soit reconnue et acceptée. Tant qu'une démarche holistique au sens intégraliste ne sera pas vraiment envisagée, nous irons d'échec en échec voire nous subirons des tragédies encore plus douloureuses que celles rencontrées récemment dans les divers domaines de la crise évolutive.

LA CRISE ÉVOLUTIVE EN COURS comprend une dimension écologique mettant en cause nos options technoscientifiques, une dimension économique où l'enrichissement global conduit à des inégalités de revenus inquiétantes qui rend non crédibles les solidarités nécessaires pour fonder une fraternité, une dimension psychologique dans la mesure où violences familiales perdurent et prennent une infinité de visages produisant des individus fragilisés et à leur tour déstructurant socialement, une dimension culturelle et religieuse où les désirs de sectarismes ou de sécurités nationales l'emportent sur les solidarités et la bienveillance universalistes, etc.

La redécouverte du fait subjectif de la conscience non égocentrique et de son authenticité ouvre de nouvelles configurations possibles d'une alliance entre modernité et postmodernité sous la houlette d'une hypermodernité s'imposant enfin comme une nouvelle composante distincte des deux autres.

Il n’y a pas d’un côté un subjectivisme des valeurs plus ou moins vivifiantes et ouvertes (la postmodernité couvrant un retour de la prémodernité) et de l’autre un objectivisme des énoncés falsifiables ou critiquables donc plus ou moins valides (la modernité). Il y a une manifestation de la vie intérieure intégrant plus ou moins de vitalité et conquérant plus ou moins son inconscience matérielle.



Le jaune systémique et l'holisme intégral turquoise forment aujourd'hui les premières mentalités du deuxième palier dans la spirale dynamique de Don Beck et Clare Graves popularisée par Ken Wilber et ses lecteurs. Naturellement ces mentalités ne s'opposent pas les unes aux autres comme dans le précédent palier : le jaune reconnaît l'interdépendance de toutes les mentalités dans un développement humain et le turquoise représente un dépassement de l'individualisme déjà relatif du stade jaune.

Je désigne comme hypermodernité l'alliance spontanée des mentalités du deuxième palier qui tirera sa force d'une capacité à réorganiser une alliance solide et définitive des mentalités modernes et postmodernes autour d'elle.


Une hypermodernité au sens le plus profond fera du mental un instrument au service d'une spiritualité intégrale. Il favorisera pour chacun un développement mental par les divers stades de la spirale dynamique mentale mais enfin débarrassé des pesanteurs et tragédies humaines prémodernes, des obsessions rationalistes aveugles modernes et des tergiversations affolantes postmodernes. 


Nous autres hypermodernes avons compris que la spiritualité doit être au centre. Nous savons que la démocratie représentative est insuffisante car un système politique qui exclut en les frustrant un nombre de plus en plus grand des citoyens de la représentation majoritaire est très fragile. Spirituellement nous voulons une démocratie qui vraiment exprime une intelligence collective et non une lutte de pouvoir policée. Seule une intelligence collective peut relever le défi écologique auquel nous faisons face : nous ne pouvons plus nous permettre une lutte d'intérêts économiques à peine masqués derrière des options politiques. Nous savons aussi que pour émerger du premier palier, il faut sortir les personnes de la nécessité de gagner leur vie en luttant, en se compromettant, etc. Si être sa propre autorité est un fondement d'une spiritualité libérée du carcan religieux prémoderne, on facilitera cette émancipation en offrant le pouvoir d'être libre matériellement de ses attaches familiales et communautaires.

Je suis proche de penseurs intégralistes comme Wilber mais plus encore de spiritualistes intégraux comme Sri Aurobindo, Mère, Satprem ou Niranjan Guha Roy. Ma réinterprétation du deuxième palier de la spirale dynamique est liée à l'idée que la crise évolutive en cours est tout la crise évolutive de la conscience humaine dont le propre est d’être mentale.

Toutes les actions mentales technologiques, technocratiques et les systèmes de pensée politique feront faillite s'ils prétendent se penser en dehors d'une intégration décisive d'une dimension spirituelle non mentale. Nous devons développer socialement une intuition directe et non mentale du spirituel. Nous avons besoin d'intuitions surmentales non pas pour les fossiliser en nouveaux systèmes mentaux mais pour ouvrir des nouveaux chemins de conscience. Si la crise évolutive en cours est une crise de la conscience mentale humaine, cela ne saurait suffire. Favoriser socialement les intuitions surmentales comme celles caractéristiques d'une ouverture du cœur ou du génie créatif permettrait d'envisager plus sereinement le saut évolutif au-delà du mental que la crise évolutive en cours exige.

Car si l'évolution de la conscience n'est pas un mirage pourquoi ne pas croire possible (étroitesse mentale sinon) et espérer un saut supramental dans nos corps même...

La visiothérapie spirituelle qui est évidente pour moi aujourd'hui est aussi une aventure qui met en jeu un bouleversement physique. J'en suis personnellement à l'aube et je ne sais si je vais être capable de passer certains caps forcément délicats mais j'ai déjà croisé en personne des êtres qui eux témoignent d'une telle expérience de manière convaincante.