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mercredi 25 novembre 2015

LA LOGIQUE DU PROFIT NE PEUT PAS IMMUNISER NOS SOCIETES CONTRE LES LOGIQUES TOTALITAIRES des terroristes et des fascistes.




A vrai dire à partir de 1997, j'ai souscrit à la thèse que nous vivons non pas une simple crise mais une crise évolutive majeure. Et mes avancées spirituelles n'ont pas ébranlé cette thèse...

Une crise morale peut engendrer de nouvelles valeurs.
Une crise économique peut engendrer de nouveaux équilibres.
Une crise sociale peut engendrer une révolution.
Une crise écologique peut entraîner une extinction d'espèce.
etc.

Mais quand une crise concentre à ce point toutes les formes de crise, c'est l'impasse d'une manière d'être biologique.

Quel est le mode d'être biologique qui a besoin d'être dépassé ?

Jusqu'à présent le vivant a vécu dans la peur et la crainte de perdre sa vie, de ne pas la gagner, de ne pas avoir de travail, etc. La concurrence économique joue sur des facteurs malthusiens : le pétrole, les matières premières précieuses, la consommation de produits rares. Les religions sont encore en train d'estimer majoritairement que l'abondance matérielle se trouvera au paradis et que ce monde est une vallée de larmes pour les exclus de l'économie (ce discours est le fer de lance d'une bonne part de l'intégrisme religieux qui a repris dans le monde le flambeau des communismes évanescents). L'égoïsme nationaliste prolonge volontiers ces logiques malthusiennes.

Mais les biologistes eux-mêmes commencent à relativiser le malthusianisme darwinien. Le vivant fournit au vivant le moyen de sa propre évolution. Il y a des crises évolutives liées à des bouleversements climatiques majeurs. Mais à chaque fois dans la biodiversité, une catégorie de survivants a offert une nouvelle exploration des potentialités du vivant qui a redynamisé toute la toile du vivant. J'observe que cette exploration accompagne une exploration de modes de conscience d'être où l'individualité semble s'explorer autant que des formes d'être-ensemble.

Les premières bactéries à consommer du Co2 ont failli mener à la faillite du vivant en produisant de l'o2 qui a refroidi dramatiquement le climat : c'était la première extinction massive. Une forme de vie est apparue qui a consommé de l'O2 et produit du co2. Nous sommes à l'heure de la 7ème extinction où l'animal humain pourrait spirituellement devenir plus conscient de sa participation à l'évolution de l'environnement, du vivant et de sa conscience.



Sur ce schéma, manque la première extinction liée au manque d'équilibre Oxygène/Co2


Il ne s'agit ni de gagner sa vie, ni de gagner les élections, ni de gagner de nouveaux coreligionnaires, etc. il s'agit de participer plus consciemment à une évolution créatrice.

Cette tâche spirituelle me paraît beaucoup plus aisée aujourd'hui en France qu'ailleurs. Car notre projet fondamental moderne de liberté, d'égalité et de fraternité est inachevé.

Au moyen-âge régnaient les intégrismes religieux monothéistes. A l'époque dite des Lumières, l'obscurantisme, la superstition et le goût de la hiérarchie dominaient le monde malgré quelques frémissements de tolérance religieuse. Enfin aujourd'hui le règne du profit nourrit l'inculture (l'élimination du latin et du grec comme disciplines me semble caractéristique), promet l'intégration économique par l'école tout en nourrissant l'inutilité sociale de masse et à la fin s'étonne de retours à l'obscurantisme. Cependant ces forces psychiques visant au profit me semblent moins effrayantes que le règne des castes guerrières ou religieuses car le profit croit de moins en moins qu'il a besoin de restreindre les libertés d'expression vus que les médias vivent des profits de l'audimat, qu'une information pour être combattue doit juste être noyée dans la désinformation ou l'inculture... Dès lors ce qui viendra dépasser cette conscience mesquine surgira silencieusement (du point de vue médiatique), n'aura besoin aucunement de violence pour s'imposer comme une nouvelle forme de vie collective à incarner. Car la république démocratique dont nos politiques représentants de commerce se targuent n'est qu'un projet inachevé que, par leurs intérêts, ils ne pourront jamais sincèrement servir. Mais comme Rousseau y insiste nous ne pouvons pas être citoyen juste en laissant glisser un bulletin de vote dans une urne pour donner notre pouvoir de décision à un représentant qui ne tient pas ses promesses mais poursuit des intérêts ploutocratiques.

La force du profit qui tient en la croyance qu'il faut gagner sa vie, que la sécurité tient à la possession de la denrée malthusienne qu'est l'argent, etc. tombera... Les damnés de la terre qui rêvent encore de paradis religieux ou d'arrières-mondes s'ils constatent qu'on peut leur permettre d'échapper à la malédiction de devoir gagner sa vie laisseront tomber leurs guerres saintes... Toutes ces défaillances spirituelles sont la traînée des unes des autres.

Quand le tyrannosaure est encore en haut de la chaîne du vivant, on a un monde bien étranger à la compassion, à l'empathie, etc. Un docufiction sur cette manière d'être vivant vivant le montre aisément.

Dans le système global des représentations mentales et donc des mentalités, n'oublions donc pas que le haut de la chaîne est lié aujourd'hui à la valeur de profit. Certes à la marge nous avons des mentalités guerrières et religieuses dont nous avons sentis fort récemment la force de nuisance. Mais n'oublions pas que leur armement est une production industrielle commercialisée achetée grâce à la commercialisation de coton, de pétrole, de drogues, etc. N'oublions pas que le recrutement insiste sur des conditions de vie matérielle enviables. N'oublions pas que ces descendants d'immigrés mal intégrés, capables de haine contre leur pays nourricier occidental, n'ont pas été éduqués ou rééduqués faute de moyens alloués à l'éducation, à la justice comme instance de sanction, à la justice comme instance de réhabilitation, à la médecine psychiatrique et à la psychologie. Et quand les moyens existent encore : on favorise en psychiatrie le médicament au lieu d'un travail de libération de l'esprit, on réduit l'école à des techniques mentales en vue de produire de bons petits soldats du profit et on regarde avec condescendance les disciplines axées sur le développement du sens critique. L'individualisme du profit met à mal toute solidarité nationale en ne payant pas l'impôt, en exploitant l'immigration au travail au lieu d'intégrer les chômeurs dans la vie active, etc.    

Ainsi avec mes enfants, je regarde parfois des docufictions sur les dinosaures et je prends conscience de la patience de la nature pour créer des individus de plus en plus conscients et solidaires dans l'unité de la conscience. Dans le monde des dinosaures à l'apogée, le tyrannosaure est caractéristique. Il y a un début d'attention à ses progénitures mais elles peuvent s'entretuer ou s'exclure, pas d'intervention parentale, et la mère peut à l'occasion en manger une si la chasse n'est pas bonne.. Ces docufictions sont peut-être bâtis avec le préjugé darwinien d'un struggle for life. Mais en tout cas, les bestioles inoffensives de l'époque n'étaient que des proies. 

Aujourd'hui, se joue un nouveau tournant évolutif. Une part de nous veut un monde où le haut de la chaîne du vivant ne soit plus dominé par un pur prédateur, mais dans cette tâche nous devons apprendre à trouver la confiance dans ce monde à venir en voyant qu'il surgit de notre intériorité, qui, elle, vit déjà dans l'unité, la paix et se réjouit dans l'amour inconditionnel et non préférentiel qui s'incarne dans le monde... 

La désespérance est l'ennemi de cette cause...

Il y a alors une hiérarchie évidente de valeurs humaines qui s'imposent à l'esprit. Cette profondeur doit mettre au pas le profit sous la forme d'un enrichissement matériel durable justement partagé et la force économique enfin soumise à la justice mettra naturellement au pas ces guerriers égarés, voire les psychopathes ou sociopathes instrumentalisés. Ne sont-ils pas engendrés au sein d'une société pour qui la rentabilité économique est trop souvent au-dessus du souci de l'humain ? En effet ces guerriers ne sont rien sans des agriculteurs qui les nourrissent, des industriels qui, en fermant les yeux, acceptent qu'on leur vende leurs armes ou qu'on leur fournisse des moyens de télécommunication et enfin des financiers qui fricotent avec d'autres financiers qui eux par idéologie investissent. 


Mais pour installer ce bon ordre, une radicalisation démocratique de l'égalité, de la liberté et de la fraternité est nécessaire. Par exemple, il paraît évident que, si la fraternité se matérialise, tout citoyen soit muni d'un revenu inconditionnel d'existence du fait d'être respectueux des fondamentaux de sa citoyenneté. Chacun sentirait matériellement sa mère patrie n'ayant pas à lui quémander son allocation logement, son assurance chômage, son assurance maladie, ses bourses, son allocation handicapée, l'avancée de son dossier pour toucher la retraite, etc. Enfin nous aurions par ailleurs des contrats de travail démocratiques puisque l'employé ne serait pas soumis au bon vouloir de l'employeur. On travaillerait clairement pour créer un surplus de richesse et non plus pour gagner sa vie. On travaillerait pour le luxe, pour la création, etc. Et certains auraient enfin les moyens de développer une spiritualité sans dépendre de la solidarité d'une église, d'une secte, du financement de ceux à qui ils sont sensés enseigner l'autarcie du sage. Quant au chercheur spirituel, s'il devient clair que le profit n'a rien de justifiable spirituellement, il ne se laisserait plus aller à accepter les compromis des enseignants spirituels auto-proclamés. Une économie du partage en dehors de l'argent serait alors rendue possible... Le souci de l'humain et la fraternité ne seraient plus un vain mot. La spiritualité ne peut plus se réduire à une émancipation de nos illusions psychologiques et identitaires, elle doit être une participation de plus en plus consciente au mouvement de manifestation du réel qui émane de notre essence. 

Il faut que nos spiritualités aient après la découverte de l'Esprit, une Âme pour enfin prendre Corps dans le monde. 

lundi 1 juillet 2013

MOUVEMENT INTEGRAL ET REVENU MINIMUM D'EXISTENCE POUR DEPASSER TRIBALISME ET ETHNOCENTRISME.

Dans une perspective intégrale d'une évolution consciente de la conscience, quand on réfléchit au sujet d'un revenu minimum de citoyenneté, il faut aussi considérer qu'il s'agit de dépasser le "struggle for life" dont le "je dois gagner ma vie" est la continuation par d'autres moyens.

Dans le même sens, il faut aussi considérer que cela permettrait au cœur de la vie économique de vraiment de parler de contrat de travail où le postulant et l'employeur, l'auto-entrepreneur et son commanditaire sont vraiment à égalité.

Quand on réfléchit à ce revenu de base inconditionnel, il faut rapprocher cela de l'héritage qui est un revenu inconditionnel transmis par la famille, ce revenu de base inconditionnel de citoyenneté étant transmis par la nation. Fonder un revenu de base inconditionnel de citoyenneté impliquerait certainement économiquement de ne plus permettre les transferts de revenus inconditionnels par héritages familiaux.

En terme de mentalité les réflexes sur l'héritage familial ne sont-ils pas un reste de tribalisme ? L'héritage postmortem n'a pas le même sens que l'investissement économique pour soutenir l'éducation de ses enfants ou leur projet créatif. Il paraît légitime que les enfants recueille la mémoire de leurs parents, qu'ils gardent (quand l'héritage le permet) la possibilité de retrouver les lieux de cette mémoire. Mais quand il s'agit de centaines d'hectares, de maisons, d'immeubles, de millions d'euros, etc. ? Le libéralisme est-il cohérent quand se crée une aristocratie de possédants ? On peut assumer son tribalisme. Convenons que la démocratie représentative s'est constituée contre l'inégale dignité politique. Le projet libéral n'achoppe-t-il pas sur une inégalité économique par héritage patrimonial générant une aristocratie de possédant ? Défendre son droit au tribalisme n'est-il pas en l'occurrence une défense de l'inégalité ?

Par ailleurs appartenir à une tribu et y demeurer attaché pour raison économique induit une inégalité au sein de cette tribu elle-même. Les parents qui détiennent la bourse peuvent facilement instaurer des formes de tyrannie subtiles vis-à-vis de leurs enfants.
Un tel revenu minimum de citoyenneté libérerait de cette mentalité tribale quand elle est emprise sur les individus. L'héritage socio-culturel est très déterminant socialement, peut-être plus encore que l'héritage économique pour réussir : les enfants des classes supérieurs sans avoir déjà hérité économiquement sont souvent ceux qui réussissent le mieux par la méritocratie scolaire, la diminution de leur héritage économique ne conduirait pas à leur déclassement social. Cependant même si l'héritage socioculturel est correct, parfois le contexte psychologique de la famille (tribu) est intenable : un tel revenu offrirait davantage les moyens de s'émanciper de certaines cultures familiales. En général le tribalisme nourrit des attitudes allant à l'encontre de la libre pensée rationnelle or la citoyenneté pour ne pas verser dans l'antimodernisme a besoin qu'on puisse s'émanciper de ces tribalismes nocifs. Aujourd'hui le retour en force de l'ethnocentrisme sous quelque forme religieuse ou politique qu'il prenne ne se nourrit-il pas du retour au tribalisme qu'impose la réalité économique ? Concrètement, combien de jeunes gens dépendent économiquement de leurs parents ?
Ce revenu minimum de citoyenneté donnerait une consistance économique au fait d'être citoyen d'une république. La mère patrie serait une expression qui aurait un sens noble.

Voici des sites visant à recueillir plus d'un million de signatures pour qu'au niveau européen l'idée soit considérée politiquement :
http://www.revenudexistence.info/WD140AWP/WD140Awp.exe/CONNECT/revenudexistence
 http://basicincome2013.eu/

mardi 11 octobre 2011

IDEAL SOCIAL ET SPIRITUALITE.

Pierre Leroux distingue l'idéalisme qui s'enracine dans l'idée et l'idéalisme qui s'enracine dans l'idéal. Le premier idéalisme ignore le réel et le foule au pied au nom de ce qui devrait être. Le second est une espérance qui appartient au réel. Qu'on y réfléchisse bien : le réel peut-il comporter de la fascination pour le drame ? Le cynisme n'est-il pas fondé sur un idéalisme irréaliste déçu ?


Peut-on esquisser quelque chose d'un idéalisme qui soit l'espérance même du réel ?

1 - Nous pouvons espérer une société qui concilie solidarité collective et liberté de création individuelle voire collective. Nous aurions là une synthèse entre le meilleur de la gauche et le meilleur de la droite.

Exemples de Projets :
- Revenu citoyen d'Existence fondant la solidarité dans sa dimension économique ;
- Libéralisation des salaires et du temps de travail, le contrat entre employé et employeur étant fondé sur une égalité grâce à la garantie collective d'une existence matérielle digne non conditionnée ; 
- Minimalisation de l'appareil d'administration ;
- Développement de services matériels (transports, énergie, etc.) concurrentiels (pour éviter les monopoles)  et participatifs (le but n'étant plus le gain mais le seul service) ;
- Etc.

Certains de ces projets relèvent de l'égalité. L'égalité spirituellement est fondée sur l'idée que chaque être humain est l'individualisation du champ de conscience de l'UN.
Malgré l'évidence de l'inégalité de la réalisation spirituelle des êtres humains, en chacun d'eux se joue l'humanisation (cf Leroux) et par delà l'individualisation du champ de conscience en évolution. Prendre conscience de l'égalité en son sens spirituel revient à servir et respecter matériellement, psychologiquement et spirituellement l'individualisation du divin.
Ces projets croisent ou relèvent aussi ceux des projets qui sont une mise en œuvre de la liberté. L'individualisation du divin requiert aussi de la liberté. Sans liberté, l'égalité devient uniformisation.

La fraternité matériellement se concrétise comme solidarité. Spirituellement  elle se concrétise comme sens de l'harmonie des individualisations.


2  - A partir de là, nous pouvons espérer une société qui enfin relativise l'Avoir à l'Être. Il ne s'agirait pas de nier l'Avoir mais d'en faire l'instrument de l'Être.

Exemples de Projets :
- Coût des soins sur la santé et non sur la maladie ;
- Coût d'un produit sur sa fonctionnalité, sa réadaptabilité et sa durabilité à l'encontre du consumérisme, de l'obsolescence programmée et du gadget ;
- Gratuité à viser en priorité de toutes les formes d'apprentissage, y compris et surtout concernant le développement personnel,  relationnel et spirituel...

3 - Développer une politique de rencontres (festives de temps en temps) de tous les citoyens. Un défilé, un feu d'artifice ne sont que des spectacles qui ne développent pas la fraternité... Ce qui peut développer la fraternité est le partage de sa vraie nature.

mardi 24 mai 2011

POUR LE REVENU MINIMUM D'EXISTENCE ET CONTRE LE RSA ET AUTRES REVENUS D'INSERTION.

André Gorz (1923-2007) écrit :

"L’allocation à tout citoyen d’un revenu social suffisant ne vise plus à contraindre les allocataires à accepter n’importe quel travail à n’importe quelle condition, mais à les affranchir des contraintes du marché du travail.
Le revenu social de base doit leur permettre de refuser le travail et les conditions de travail « indignes » ; et il doit se situer dans un environnement social qui permette à chacun d’arbitrer en permanence entre la valeur d’usage de son temps et sa valeur d’échange: c’est-à-dire entre les « utilités » qu’il peut acheter en vendant du temps de travail et celles qu’il peut produire par l’autovalorisation de ce temps. L’allocation universelle d’un revenu suffisant ne doit pas être comprise comme une forme d’assistance, ni même de protection sociale, plaçant les individus dans la dépendance de l’Etat-providence. Elle doit donner aux individus des moyens accrus de se prendre en charge, des pouvoirs accrus sur leur vie et leurs conditions de vie."
Si on veut bien entendre le propos, il s'agit d'une critique contre les revenus d'insertion ou d'assurance chômage conditionné à la recherche d'un emploi. Toutes les logiques de réinsertion ou les aides conditionnelles finissent par obliger quelqu'un à faire ce qu'on lui propose sous peine de perdre ses droits à un revenu décent.

Un homme n'a pas pour vocation d'être au service d'un système économique et on ne peut donc être satisfait de la vision contemporaine de la solidarité sociale.


Grâce à un tel revenu, il y aurait enfin une égalité contractuelle entre employeur et employé.
Cela entrainerait très certainement une démocratisation des entreprises qui restent souvent des organisations hiérarchiques dignes des tyrannies ou des dictatures à ceci près qu'elles ne tuent pas mais licencient, qu'elles exploitent mais peuvent être fuies si on sait garder sa dignité, etc.


Un revenu minimum d'existence sans condition hormis d'être un citoyen et avant cela un être humain contribuerait vraiment à renforcer  matériellement une égale dignité, une égalité de droit,  une liberté, une sécurité sociale et un droit à la propriété, principes essentiels des droits de l'homme souvent ânonnés formellement. 

vendredi 22 avril 2011

LE REVENU MINIMUM D'EXISTENCE ET LA PROSTITUTION.

Jean Luc Godard dans son film DEUX OU TROIS CHOSES QUE JE SAIS D'ELLE, 1966, affirme que la prostitution est inhérente à notre société :
Au départ de mon film, il y a une enquête parue dans le Nouvel Observateur. Or cette enquête rejoignait l’une de mes idées les plus enracinées. L’idée que pour vivre dans la société parisienne d’aujourd’hui, on est forcé, à quel que niveau que ce soit, à quel que échelon que ce soit, de se prostituer d’une manière ou d’une autre…
Et en effet même si on ne vend pas sa sexualité, on vend souvent dans nos sociétés son corps (on le contraint à des tâches dont il ne pourra se remettre) ou son âme pour survivre...  Pour beaucoup la prostitution est moins dégradante que la mendicité même auprès des institutions de l'Etat. Ce constat fait par Godard en 1966 est malheureusement encore plus vrai aujourd'hui en 2011.
Il y a une grande hypocrisie à criminaliser la prostitution sexuelle si on ne se donne pas les moyens de mettre fin économiquement à la prostitution de nos âmes. En fait on va pousser des personnes dans l'illégalité et les criminaliser pour le fait de survivre en vendant leur sexualité... 
Un Revenu Minimum d'Existence ferait barrage au moins à toutes les formes de la prostitution pour survivre.

MERE ET LE REVENU MINIMUM D'EXISTENCE.

« Dans ce lieu idéal, l'argent ne serait plus le souverain seigneur; la valeur individuelle aurait une importance très supérieure à celle des richesses matérielles et de la position sociale. Le travail n'y serait pas le moyen de gagner sa vie, mais le moyen de s'exprimer et de développer ses capacités et ses possibilités, tout en rendant service à l'ensemble du groupe qui, de son côté, pourvoirait aux besoins de l'existence et au cadre d'action de chacun »

jeudi 21 avril 2011

LA PEUR DES POLITIQUES DU REVENU MINIMUM D'EXISTENCE.


Un des effets majeurs d'un revenu minimum d'existence serait de mettre fin aux politiques centrées sur des intérêts particuliers. A vrai dire ce choix mettrait fin au clientélisme social de nos politiques.

Les éléphants socialistes accouchent régulièrement d'une souris programmatique car ils se contentent de satisfaire des intérêts liés à telle catégorie qu'il faut séduire électoralement. Ainsi ils promettent une forme d'allocation pour les jeunes qui n'ont ni accès aux jeunes aux bourses ni aux RSA ou RMI. Les dinosaures de l'UMP ne sont pas en reste en cherchant à porter leur attention sur la dépendance des personnes âgées. Il est évident qu'un tel revenu citoyen mettrait fin à toutes ces activités qui nourrissent les politiciens d'où sans doute le peu de succès que rencontre une telle orientation dans le monde politique.

REVENU D'EXISTENCE ET ABOLITION DE L'HERITAGE. SUITE.

C'est perpétuer la loi de la jungle et la loi du plus fort que de concevoir encore une société où l'on doit gagner sa vie. Imaginons que nous devenions individuellement immortel, ceci n'aurait plus de sens. Gagner sa vie fait partie d'une vision prisonnière de la survie. La dignité humaine nous commande de dépasser une vision fondée sur la survie.

Les aides telles que les bourses, la CAF, le RSA, les allocations chômage, les indemnités de la sécurité sociales, les allocations adulte handicapé, etc. aujourd'hui sont un premier pas vers ce dépassement de la survie mais elles restent toujours à quémander. La société vous culpabilise quand vous n'êtes pas capable d'assurer votre survie. On vous soumet à des dédales administratifs pour s'assurer que vous ne flouez pas l'Etat et donc la solidarité nationale. Cette humiliation vous ramène inéluctablement à l'idée qu'il est préférable de gagner sa vie. Qu'au fond pour gagner sa vie, il faut même être prêt à flouer l'Etat...
Un revenu minimum d'existence mettrait fin à un système d'exception : tous les citoyens seraient logés à la même enseigne en terme de droit à un revenu comme en terme de devoir  contribuer à la solidarité nationale.

Ce revenu ne serait pas fondé sur des richesses que nous ne possédons pas. il est normal aussi que ceux qui travaillent ne soit pas réduit à ne plus vivre à cause de ce revenu de solidarité à financer.  A vrai dire si nous voulons  aussi fonder un tel revenu sans recourir à des richesses que nous ne possédons pas l'Etat devra rembourser sa dette. Il est évident que l'abolition de l'héritage au sens ancien est nécessaire.L'héritage est un moyen d'assurer la survie de sa tribu dans la société moderne. Ne serait-il pas logique que l'héritage évolue au service d'une politique dépassant la survie égocentrique des individus et des familles ?

Investir l'héritage entièrement dans la solidarité nationale semble nécessaire.Et en retour chacun hériterait du fait de ne plus avoir à gagner sa vie.


Bien sûr l'égocentrisme en poussera un bon nombre à vouloir échapper à ce qu'ils estimeront une spoliation. Ne sera citoyen et n'aura accès qu'au service de l'Etat que celui qui ne triche pas par le biais des frontières dans la participation à la solidarité nationale.

jeudi 23 septembre 2010

ABOLIR L'HERITAGE ? QUELQUES PISTES THEORIQUES.






















Le mouvement intégral avec Ken Wilber partant des travaux de Clare Graves et ses disciples ou Sri Aurobindo dans L'idéal de l'unité humaine repère des transformations de notre culture selon notre appartenance plus ou moins consciente à telle ou telle organisation.

Nous proposons ci-dessus un schéma qui en donne une idée de leur analyse et de ce qu'on peut en retirer. Il est clair que la qualité d'être qui implique le dépassement incessant de l'ego influe sur la culture et entre en conflit avec elle.

Le judéo-christianisme dans son texte de référence La Bible offre dans son Premier Testament un dépassement de la mentalité clanique vers une mentalité ethnique puis pointe une réalité supraethnique que le Deuxième testament approfondit autour de l'enseignement et de la vie de Jésus-Christ. Le bouddhisme représente aussi un tel mouvement pour l'hindouisme. Au contact du christianisme des colons, l'hindouisme connaîtra à partir du XIXe siècle une forme d'universalisation dont Ramakhrishna, Vivékananda et aussi Sri Aurobindo sont l'incarnation spirituelle.

Nous voudrions appliquer ce schéma du dépassement de l'ego à la question de l'appropriation.
Ceci reste une ébauche qu'il nous faudra préciser mais voici une première approche :
























Quand l'enfant acquiert une conscience réfléchie, il parvient rapidement à un sens du Tien et du Mien. L'identification égocentrique à son propre corps définit l'arrière plan de son sens de l'appropriation que nous distinguerons du sens de la propriété. L'enfant s'appropriant son corps rencontre d'ailleurs des difficultés psychologiques. Il n'aime pas par exemple qu'on coupe ses ongles ou ses cheveux, il peut s'inquiéter de perdre ses fèces. Des liens étroits ont été reconnus par la psychanalyse entre le rapport à l'appropriation et les perturbations des selles.

Le rapport à la propriété est donc viscéralement lié à la conscience séparative de la conscience égocentrique.

Il nous semble que de nombreux enseignements spirituels négligent ce fait et qu'on peut légitimement questionner la profondeur du dépassement de l'ego qu'ils proposent.
Aujourd'hui la tribu, la famille ont bonne presse et à vrai dire il s'agit d'un espace de solidarité et de redistribution essentiel. Cependant on notera que le pouvoir et l'autorité sont concentrés dans les mains des parents. La tribu n'est pas un espace d'individualisation parfaitement libre tant qu'on est pas affranchi économiquement d'elle. Toutefois c'est un espace de don où le Tien et le Mien sont aussi échangés dans une relative confiance. Cet esprit peut exister entre amis, au sein d'une bande, etc. Dans nos sociétés postmodernes, cette fascination pour le clan, son sens du partage participe de la ploutocratie comme les sociologues Pinçon-Charlot l'ont bien vu (ici on trouvera une interview éloquente). Mais on ne doit pas se focaliser sur les plus riches, il existe des systèmes claniques qui sont mis en place au sein des grandes écoles qui forment nos cadres supérieurs, nos ingénieurs... Partout dans nos sociétés ploutocratiques postmodernes se pratiquent des "pistons".


L'héritage proprement dit qui est la forme d'appropriation que nous voulons interroger apparaît avec des visions du monde ethnique. dans ces visions du monde, le clan est relativisé. C'est l'organisation ethnique qui prime face à des concurrences ethniques, liés à de nouveaux modes de production centré sur l'agriculture. Le fondement de la puissance économique est l'appropriation des terres cultivables. Une caste aristocratique va s'emparer des terres et faire admettre à tous que l'appropriation des terres cultivables s'hérite. La propriété au sens propre suppose une reconnaissance sociale. L'héritage est un système de propriété lié au système de castes inhérent au stade ethnique où au fond des clans entrent au sein d'une alliance ethnique en rapport hiérarchique avec les autres. A l'échelle du clan, le don et l'échange ne comprennent pas une telle conception. L'héritage est donc le nerf des sociétés de caste. On hérite des fonctions, des droits et des devoirs inhérents à la caste mais aussi des biens et des pouvoirs économiques qui sont les siens.

Le capitalisme d'Etat (qui comme le montre Immanuel Wallerstein fut aussi le fait des régimes communistes) et la modernité vont ébranler les système de caste mais il ne va guère questionner l'héritage. L'héritage est un résidu de l'égocentrisme clanique au sein de l'organisation clanique qui a contribué à l'injustice des castes mais qui dans le capitalisme d'Etat produit des classes sociales d'apparatchiks, une classe bourgeoisie plus ou moins grande, etc.

Le sociolibéralisme taxe plus ou moins les héritages pour le redistribuer en biens communs comme l'éducation, la santé, etc. car il a en vue un développement économique harmonieux. Il met en valeur une égale dignité qui n'est pas formelle dès lors qu'elle s'appuie sur une égalité des chances. Mais on notera qu'il est profondément en crise surtout depuis que le monde se modernise. Les dernières hautes castes féodales qui choisissent de chercher un pouvoir à travers la modernité forment des oligarchies ploutocratiques maquillées parfois derrière des paravents religieux fondamentalistes. Les élites occidentales s'allient ses nouveaux venus à la modernité et en postmoderne admettent souvent les différences de valeurs sans les interroger. On parie sur la modernisation des esprits pour que ces pays en voie de modernisation accepte les visions sociolibérales. On estime que le sociolibéralisme est un ensemble de valeurs qu'il ne convient pas d'imposer.


















L'humanisme postmoderne et sociolibéral compte essentiellement sur la modernisation économique pour vaincre la pauvreté. On compte sur la croissance pour diminuer le chômage, on compte sur la croissance pour redistribuer davantage les biens. La globalisation a obtenu de bons résultats mais on notera qu'une pauvreté de masse est réapparue dans le monde occidental postmoderne et que toutes les tentatives sociolibérales pour l'endiguer ont échoué face aux mécanismes perturbateurs de la mondialisation économique telle qu'elle est menée maintenant. Par ailleurs la croissance économique sociolibéral découvre que la terre n'a que des matières premières limitées. Certains pensent que la pauvreté sera vaincue seulement si on restreint la population terrestre. S'il y avait moins d'un milliard d'habitants voire 500 million nous pourrions continuer de vivre sur la même dynamique économique d'abondance.



































Où est l'erreur et l'impasse sociolibérale ? Ce sont des gens qui acceptent que gagner de l'argent est déconnecté de la qualité d'être et du fait de créer durablement. Leur défense agressive et irréfléchie de l'héritage et du droit à la propriété prouve leur rejet de la spiritualité. Il montre que l'ego est resté accroché aux vielles mentalités. Leur sens mondocentrique refuse le moyeu d'une approche systémique authentique qu'est la valorisation de la conscience d'être et de l'intuition créatrice car il reste tourné vers les niveaux inférieurs d'élargissement de l'ego. Pour eux, gagner sa vie est un devoir alors que les dominants par le jeu de l'héritage ont visiblement moins d'efforts à faire en ce sens. Ils ne parviennent pas à dissocier le travail et le fait de gagner sa vie. Certes la valorisation du travail est saine du point de vue d'une spiritualité qui valorise le développement de la conscience force créatrice. Mais pourquoi celui qui ne travaille pas devrait-il être condamné à ne pas gagner sa vie ?

Accéder pleinement à une conscience anthropocentrique suppose que l'enrichissement économique puisse être accessible au plus grand nombre. A vrai dire si tout le monde n'avait pas à gagner sa vie, il faudrait immédiatement repenser l'usage des biens relatifs à la terre. Il faudrait interdire toute spéculation financière sur la nourriture pour que ce droit d'exister concrétiser par un revenu d'existence ou de maintenance soit réel. Il faudrait créer des choses durables et recyclables et non produire de plus en plus de choses écologiquement dommageables qui amènent à un épuisement et une dépense inutile des ressources en vue d'un plus grand profit financier. Etc. La conscience systémique et authentiquement anthropocentrique qui seule peut allier de manière harmonieuse l'individu et le collectif n'est pas mondocentrique dans la mesure où elle intègre une écologie au service de la préservation de la vie humaine et du respect de chacune des individualités humaines.

Le dernier cercle met en jeu une évolution au-delà de l'homme qui suppose vraiment de se focaliser sur le devenir cosmique au-delà de l'ego mental qui caractérise les limites de la conscience humaine. La surhumanité mettra certainement fin à l'argent et à la propriété individuelle en dépassant définitivement le point de vue de l'ego. Mais cette disparition ne sera pas imposée politiquement. Elle aura lieu localement au sein du système économique systémique où chacun aura son revenu d'existence assuré et l'égoïsme de l'héritage déraciné. L'Avoir deviendra de plus en plus spontanément une expression de l'Être. Mais si ceci prend place n'est-ce pas une nouvelle manière d'être du cosmos qui se manifestera ? Ne faudra-t-il pas dépasser la surhumanité cosmocentrique dans une suprahumanité ayant accès comme à une nouvelle manière d'être cosmique ? C'est en tout cas ce que suggère Satprem quand il essaie de rendre compte de l'expérience de Mère...

jeudi 29 janvier 2009

UN HOMME DOIT-IL GAGNER SA VIE ?


On voit aujourd'hui la précarité s'installer de plus en plus dans nos sociétés qui ont le PNB le plus grand par habitant. On voit aujourd'hui les logiques de gain financier étouffer les véritables producteurs de biens matériels et l'investissement de nombreux créateurs. On peut se demander en quoi notre économie est dans ses principes fondateurs viciée.

L'un des principes économiques qu'il nous faut reconsidérer comme la cause de la précarité de notre pouvoir créateur est l'idée que nous devons travailler pour gagner notre vie.

Gagner sa vie, est-ce digne de notre humanité ? Un animal doit lutter pour vivre. Au fond sa lutte pour la vie est sa contribution évolutive. Mais l'être humain s'il est capable d'une évolution consciente de la conscience doit-il céder à sa part d'animalité qui lui intime de lutter pour vivre ?

A quel prix, gagne-t-on sa vie ? N'est-ce pas toujours au détriment d'un autre ? Dans la jungle, on gagne sa vie au détriment des moins adaptés, est-ce cela que nous voulons ? Dans le cas de l'être humain, gagner sa vie revient à ronger peu à peu ce qui permet à l'humanité de vivre. Car lutter pour la vie conduit à la bestialité qui ignore la nécessité de servir le cycle évolutif de la vie.

La précarité du travail des uns crée les conditions de la dégradation du travail des autres, mais pas seulement en terme de gain mais aussi en terme de qualité de travail, en terme de renonciation à toute créativité.

Il est temps que politiquement nous exigions de ne plus avoir l'obligation de gagner notre vie. L'humanité avec son niveau technologique et sa créativité pourrait dépasser ce stade.

Ainsi tout être humain recevrait de quoi se maintenir socialement parce qu'il est humain et que son devoir n'est pas de gagner sa vie mais de créer et de participer à une évolution consciente de la conscience.

Et les paresseux ? Ne seraient-ils pas si nombreux que le système s'effondrerait et qu'à la fin notre civilisation serait encore plus misérable ? A vrai dire tout ceux qui ont été dressés pour travailler et gagner malgré qu'on leur attribuera cette maintenance en vie continueront leur folle course au profit. Et ceux qui aspirent à créer (les authentiques travailleurs) et ceux qui aspirent à contempler (les authentiques paresseux), c'est-à-dire ceux qui sont aujourd'hui frustrés auront tout l'espace devant eux (et en eux).

Dans le domaine éducatif, tous les profs et les élèves aigris laisseront tomber et ne restera en course que ceux qui vraiment sont professeurs et élèves. Ainsi au final la société verra une montée de ceux qui vraiment veulent créer en faisant évoluer ainsi consciemment leur conscience.





Sur un tel type de pensée on peut écouter ces politiques :
- Sur le site http://sebmusset.blogspot.com;