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lundi 18 mai 2026

Préparation au yoga de Sri Aurobindo et Mère selon Niranjan Guha Roy

Préparation au yoga de Sri Aurobindo


Lettre à un ami
Une sincérité absolue est la ligne de départ pour une ascension longue et épuisante jusqu’à la maison de la Mère éternelle. Comme nous vivons dans un monde d’action humaine et de relations humaines il y a une question fondamentale que le chercheur doit se demander constamment – cette action m’amènera-t-elle plus près de la Mère Divine ? Si on est vraiment sincère, on obtiendra une indication lumineuse. Cette question ouvrira les portes pour la route longue et difficile qui nous attend. Si on est sincère, on entendra la Voix dans le silence du cœur paisible. Au début, l’être vital inquiet, émotif, sentimental ne permettra pas au chercheur d’entendre la Voix, mais le dissimulera avec ses cris passionnés et ses demandes. On doit être paisible et écouter le conseil de l’Instructeur divin, si on est vraiment sérieux dans sa recherche du Divin.
Pour se préparer d’une façon positive pour la vraie vie spirituelle,

1 - Une prière qui définit notre aspiration.

2 - Lire  la Mère de Sri Aurobindo,   Prières et Méditations de Mère et d’autres livres par la Mère et Sri Aurobindo régulièrement.

3 - Faire tout le travail comme une offrande à la Mère.

4 - Faire l’exercice physique avec une musique inspirante au moins pendant une demi-heure quotidiennement. Ce sera la prière du corps. Jouez de la musique, travaillez, faites de la peinture, du jardinage, chantez et dansez soyez heureux.

5 - Ce qui m’aidera le plus à venir tout près de Vous, O Mère Divine, doit être le point d’interrogation permanent dans notre vie.

6 – Fouillez votre maison de vie avec des torches fortes et expulsez les habitants importuns d’obscurité. N’ayez pas peur. Nettoyez-vous et nettoyez chaque coin et recoin. Invitez les anges de paix, harmonie, beauté et joie ineffable dans la maison rutilante.

7 – vivez et travaillez seulement pour la Mère et pour Elle seule jusqu’au jour où vous deviendrez conscient de sa présence douce propice à l’intérieur, à l’extérieur, partout, en tout, notre merveilleuse Mère Éternelle. Elle vous prendra à Son service.

8 - Soyons reconnaissant pour toutes les bénédictions qu’Elle déverse sur notre vie.
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Niranjan Guha Roy

dimanche 12 octobre 2025

Sri Aurobindo et l'héritage socratique.

 

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La montagne de la sagesse socratique et la vie divine selon Sri Aurobindo. 

Socrate a eu des disciples qui ont développé des approches fort différentes de l'amour de la sagesse. Sa démarche était de faire prédominer la sincérité, le goût du vrai, par rapport aux croyances irréfléchies. Il se présentait comme un accoucheur d'âme. Sa mère était sage-femme praticienne experte en maïeutique, art de l'accouchement. Socrate est le sage-homme, le pratiquant de la maïeutique de l'âme. 

Les doctrines philosophiques sont engendrées par des types d'âme. Il y a plusieurs philosophies parce qu'il y a plusieurs types d'âme.

Chaque type d'âme a son chemin vers la vertu, la croissance du pouvoir spirituel en elle et vers le bonheur.

Au sommet, l'âme réalisera le bonheur comme source de la vertu ou la vertu comme pouvoir divin produisant le bonheur.


Face nord, l'ascétisme des stoïciens et ses excès, mais aussi le Oui à ce qui est, faire la volonté divine. 


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Face sud, l'hédonisme d'Aristippe puis d'Epicure et leurs excès, mais aussi l'attention, libérée de la dramatisation et de l'excitation, la jouissance d'être en vie.

 

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Face centrale, la voie platonicienne, que Sri Aurobindo reprendra et dépassera, l'aspiration psychique (de l'âme), l'amour du beau (de la perfection et de la lumière spirituelle). 

Toutes ces voies passent par la paix, l'ataraxie, un état de conscience où on est calme, tranquille, serein en toutes circonstances. 


Sri Aurobindo insiste, lui, sur la vertu d'égalité qui est une intégration individuelle de la paix et du silence inhérent à l'esprit, ce rien qui est tout, dit-il en référant aussi au taoïsme.




L'âme est une individuation du Divin chez les platoniciens comme chez Sri Aurobindo. L'ego est un complexe de personnalités, dont beaucoup résultent de la socialisation, de la soumission aux désirs charnels d'appropriation, de perpétuation, de reconnaissance et aux forces sentimentalo-sexuelles. 

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Ainsi l'âme vraie n'est pas l'ego. Sri Aurobindo nous invite à distinguer âme vraie, être central, d'une part, et âme de désir, d'autre part.



L'être central est ressenti dans une dimension parallèle à celle du corps physique et du corps subtil comprenant les chakras.


Pour les hédonistes, l'âme est liberté, le bonheur est liberté par rapport au désir, simple plaisir d’exister. Dans les philosophies tantriques proches de l'hédonisme philosophique occidental, on insistera sur le fait que l'accomplissement du désir, sa pleine satisfaction est libération du désir. Le sage n'est peut-être pas sans désir mais il est libre du désir.

Pour les platoniciens comme pour Sri Aurobindo plus tard, ceci n'est pas le sommet de la sagesse. Selon eux, nous pouvons aller plus loin si on distingue le désir de l'âme vraie et les désirs charnels vitaux. L'amour du beau, du vrai, du juste, etc. est un type de désir propre à l'âme vraie. 

Pour les stoïciens et les platoniciens, l'âme vraie est de substance divine, elle est liée à l'intelligence du Divin. Par ce lien, selon les stoïciens, l'âme est en harmonie avec l'univers, le corps du divin. 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir - le feu de l'hêgemonikon est le feu divin


Par ce lien substantiel, selon les platoniciens, l'âme est connectée à l'Un, au Suprême, source du multiple et pas seulement à la Déesse, l'âme du monde qui met en mouvement l'univers. 

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L'âme vraie, qui individue le Divin, ne peut donc pas avoir un sentiment de séparation.

En tant qu'enfant du Divin, rayon du Divin,  l'âme vraie aspire au Divin, elle aspire à la volonté Divine, à l'intelligence Divine au-delà du raisonnement humain le plus sage. L'âme aspire au monde des idées-forces, ces visions matérialisatrices, ces matrices de l'univers. L'âme vraie s'élève au-delà du mental rationnel vers l'intuitif suprarationnel. 



Ce n'est pas seulement la raison qui est éclairée par le suprarationnel mais aussi notre amour du beau, l'intelligence émotionnelle de l'âme. Sur cette voie, celle-ci se distinguera et se purifiera des émotions passionnelles qui résultent des désirs vitaux charnels.

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Pour Sri Aurobindo comme pour les platoniciens, l'intelligence intuitive résulte d'une élévation de l'âme à l'intelligence divine. Cependant, l'âme vraie peut atteindre une sphère de conscience divine supérieure. Plotin parle d'extases d'union directe avec l'Un, ses plus hautes élévations, au-delà de l'intelligence divine surmentale. Il admet une inconscience dans ces rares élévations au-delà de cette sphère. Pour Sri Aurobindo, cette élévation au-delà du surmental peut se faire sans inconscience, l'âme sort alors complètement de la sphère de conscience humaine. Elle évolue à un niveau de conscience surhumain. Ce nouveau niveau de conscience a des effets matériels. La chair n'est plus dévolue aux seuls désirs-appétits vitaux. Il y a une divinisation de la chair rendue possible. Cette supra-intelligence au-dessus ouvre à une nouvelle manifestation du Divin dans la matière, à une nouvelle création.

L'homme semblait au sommet de la création mentale, c'est un être de transition pour la nouvelle création supramentale.






Les pensées antiques ignoraient le processus évolutif de la vie biologique et l'histoire évolutive de l'univers. Du point de vue des sciences de la matière, une évolution de la conscience au-delà de la conscience mentale n'est pas plus choquante que l'a été un saut évolutif d'une conscience animale prémentale voire juste vitale vers une conscience mentale. Etc.

Les platoniciens estimaient que le mal résulte du fait que la lumière divine se perd et devient discontinue comme le scintillement des étoiles, des soleils vus de tellement loin que leur lumière s'éteind et se rallume pour l'observateur lointain.

Les platoniciens regardaient donc le monde terrestre charnel comme lieu d'une inévitable perdition spirituelle, lieu du mal. 

La lumière supramentale révèle que cette discontinuité spirituelle sur terre est due à la sphère mentale et à sa déformation de la lumière divine. Les ténèbres lumineuses de la lumière spirituelle sont dues à notre enfermement dans la bulle mentale.

La matière, la chair, dans cette lumière supramentale, que Sri Aurobindo nous a découverte, se libèrent inévitablement peu à peu de toutes les formes du mal que nous connaissons encore aujourd'hui. L'ignorance inhérente à la sphère mentale qui semblait former une déficience métaphysique propre au Divin sera dépassée.

Dans cette nouvelle lumière pour les âmes, ce sera peu à peu la fin du règne du mal moral qui cycliquement détruit les sociétés et civilisation. Ce sera au final un dépassement des limites physiques et des diverses formes du mal physique que sont maladie, accident et mort.

Aurore supramentale de Niranjan Guha Roy


mercredi 8 octobre 2025

Le grand artiste par Niranjan Guha Roy

 



Le Grand Artiste


Il me semble que nous passons presque tout notre temps à nous occuper des choses extérieures de la vie, et le reste du temps, dans les meilleurs cas nous le consacrons à étudier notre nature inférieure et à contrôler, perfectionner notre nature humaine. Peut-être qu’avec la présence de la Mahashakti supramentale ici sur terre, dans son atmosphère subtile, il y a une nouvelle possibilité directe pour mener une vie spirituelle.


L’homme mental vit enfermé dans l’univers matériel comme dans une prison petite ou large. Quelquefois il a une vague impression des autres mondes au-delà de cet univers matériel. Mais rarement il exerce son imagination. Dans la tradition spirituelle ancienne de l’Inde, l’étude de l’astronomie faisait partie de l’éducation spirituelle. Ce n’est pas un hasard que dans le monde moderne, presque tout le monde s’intéresse à la Nature. On remonte à l’origine de la vie, on plonge au cœur de l’atome, on s’élance dans l’infini du temps et de l’espace. Le mental de l’homme cherche à percer tous les mystères de notre existence. Partout il constate une organisation merveilleuse, une précision incroyable dans le microcosme aussi bien que dans cet univers matériel immensurable. Il est ravi de découvrir le processus secret de la Nature et l’applique où c’est possible.


Mais rarement ou presque jamais, il ne pose la question – Qui est l’auteur, le Magicien de ce miracle de la manifestation immensurable, mirifique qui se déroule devant nos yeux ! Nous vivons entourés des mystères, mais nous ne cherchons pas le Magicien, le Grand Artiste incomparable qui dessine sans repos sur l’écran mobile l’histoire du monde. Il y a eu des myriades et des myriades de terres, de soleils, de nébuleuses, d’êtres vivants et il y aurait encore des terres et des manifestations incalculables, des gloires et des splendeurs inimaginables. 

Où se cache l’Auteur, le Seigneur de l’arène, dans quelle grotte mystique, quel lotus fermé ?!!


Niranjan Guha Roy


© 2024-2025 Motherland, tous droits ré





Où était l'homme?



 Où était l’homme

Quand Dieu fit surgir les soleils du sein du Néant,

Lança les galaxies lumineuses dans les courants sans fin de l’espace

Et conçu le chemin de notre destinée cosmique?


Où était l’homme

Quand les montagnes furent sculptées, les volcans creusés

Les océans remplis d’eau et d’espoir

Pour devenir la nurserie d’une vie remplie merveilles.


Où était l’homme

Quand Dieu joua avec l’idée des formes

Donna à chacune un temps de vie et de joie

Et avec une patience infinie arriva à l’homo sapiens,


En signe de gratitude pour ce long labeur du Divin

L’homme renie son sculpteur et l’appelle un imposteur.

Minuscule étincelle dans le temps, morte avant de naître

Il se sent comme un roi – le diamant de la création


A chaque pas il combat son créateur

Qui le guide vers une incroyable transmutation

Il oppose son ignorance colossale au dessin de Dieu

Et se précipite vers sa propre ruine.


Pourtant le Divin tolère l’arrogance de l’homme.

Cette création éphémère est une ébauche non achevée de l’Un infini,

Une image crue formée des sept métaux et des sept nuances de la félicite

Il est petit et faible dans le corps mais transcendant dans son esprit


L’orgueil de l’homme vient d’une connaissance cachée

Son amour propre a sa source dans le Moi divin

Son aveuglement trouve sa force dans un puits lumineux et profond

Son affirmation de soi est soutenue par le droit inné d’exister.


Il provoque son destin secrètement supporté par une omnipuissance,

Il tue d’autres hommes et ne recule pas devant la mort,

Il jette le travail d’une vie dans un moment de caprice

Soutenu par l’ opulence immortelle de l’Esprit sans corps.


Chaque homme, chaque femme, chaque être humain, faible ou fort

Esclave ou maître, heureux ou malheureux, méchant ou bon

Est pour un instant éphémère une incarnation mystique

Nous ne sommes rien d’autre que notre Père, notre Mère, le Seigneur, l’Un


Surgis O homme, fais tomber les barrières du temps

Élargis toi dans la vastitude de la vision de l’âme

Surgis, casse la chrysalide d’or de l’envoûtement

Tout est miraculeusement le même.

Sois une partie consciente de Lui dans le temps.


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Niranjan Guha Roy - 1956



© 2024-2025 Motherland, tous droits réservés.




samedi 20 septembre 2025

SUIVRE SON ÂME selon Niranjan Guha Roy.



Suivre son âme


Parfois il arrive que nous passions par un grand réajustement dans la conscience, quelque chose émerge en nous qui est naturellement en contradiction avec tout ce qu’on a été et avec ce qu’est encore notre être physique avec son mental, vital et corps de ce moment. Cette transition est très pénible et difficile parce que tels que nous sommes faits, notre mental et sa logique n’accepteront pas la lumière intérieure. Le vital refusera obstinément tout changement, toute diminution de ses désirs, le corps est d’habitude trop inerte pour suivre un changement.
Nous ne pouvons espérer atteindre une soumission complète en un jour ou deux. Il faut parfois toute une vie pour être entièrement sous l’influence du Divin. Mais ce qu’on peut achever rapidement est l’acceptation du fait que l’attitude de soumission est le premier principe et la base de la vie spirituelle. La soumission peut commencer en réalité quand nous devenons conscients de l’élément divin en nous. Cet être divin est toujours en état de soumission et d’aspiration pour une lumière et une conscience plus grandes. Toutes nos pensées, idées et spéculations, tous nos sentiments, passions, sensations, et activités du corps doivent être exposés à la lumière de l’âme. Cela doit devenir une habitude constante et en même temps on doit accepter de plus en plus la guidance et l’illumination de l’âme.
Il y a quelque chose d’important. Du moment où nous avons décidé de suivre notre âme, de nous donner au Divin, une force divine très dynamique, Shakti, la Force Mère, devient directement opérationnelle dans notre vie. Nous pouvons devenir conscients de cette force, ce pouvoir, cette lumière comme la Mère divine, Elle-même d’une manière très spéciale et personnelle. Une fois que ce contact intérieur est établi alors nous sommes en chemin. Le progrès est constant et le temps devient un facteur relatif. Nous devons avoir foi dans notre destinée spirituelle. Il faut aspirer et prier la Mère pour son aide et soutien. Le mantra, répétition du Nom avec amour et concentration a un effet bénéfique sur les cellules du corps, sur la forme matérielle de notre existence. On peut même le répéter cinq cent à mille fois. Quand nous sommes en difficulté répétons le mantra, n’importe quel nom qui nous vienne à l’esprit naturellement, cela établira et renforcera le contact. Ce sera notre communication intime entre nous et le Divin.
Vivre dans la présence de la Mère Divine, vivre dans la conscience de la Mère Divine, vivre dans l’être de la Mère Divine est le but et la réalisation.
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Niranjan Guha Roy


L’âme doit être notre guide

samedi 24 août 2024

La Présence Divine dans l'obscurité épaisse du vide selon Niranjan Guha Roy.


Illustration de Niranjan Guha Roy


 La Présence Divine


Qui ne Te discerne pas, ne sent pas Ta présence compacte

Dans l’obscurité épaisse du Vide, dans le Néant, dans le Zéro est encore aveugle,

Cherche l’eau au milieu de l’océan.


Quel jeu merveilleux ! Le pot cherche le secret du Potier !

Un petit jouet mécanique tente de saisir l’essence sublime de la musique !

Pourtant le petit jouet n’est pas impertinent,

Ton omnipuissance, en cachette, soutient son élan admirable.

Un jour l’écran épais entre la création et le Créateur disparaîtra

Dans l’union passionnante du Chanteur avec sa voix.


Quand tout devient ardent, brillant, multicolore et chaud,

Alors tout est une conflagration sans borne en dehors de toute contestation :

Une seule vibration : le Divin

Alors toutes les divisions artificielles douloureuses sont brûlées,

Notre conscience myope et arrogante, trop sure d’elle même est guérie.

Alors la Présence Divine indivisible se manifeste en millions de foyers.


Quand elle grandit dans l’âme, il n’y a plus d’ombre, nulle part de ténèbres,

Tout est clair dans un éblouissement. On la voit partout.

On reconnaît en tous ce “Quelque chose” qui ne peut se définir

Mais qui remplit les yeux de larmes,

Qui serre la gorge, qui crée une émeute dans le cœur.


Ainsi le monde retrouve sa félicité sereine, sans mélange.



Niranjan Guha Roy



Migration - Tableau de Niranjan Guha Roy 


dimanche 28 juillet 2024

Méditation selon Niranjan Guha Roy

Abondance - Œuvre de Niranjan Guha Roy


Méditation

Méditation

Il y a un Être, une existence, un mouvement, une volonté.
L’Être dans sa totalité est la Conscience absolue, Force et Félicité.
L’univers matériel est le même Être intériorisé, oublieux de soi, absorbé en lui même.
Le voyage est de l’Être absorbé en lui même dans l’existence matérielle à l’Être de conscience absolue par une manifestation de conscience graduelle et progressive.
Nous allons de l’ignorance de notre identité à la conscience absolue.
Nous allons de la conscience infinitésimale à la conscience infinie indivisible.
Nous allons de la conscience limitée, divisée, séparée à la conscience infinie, éternelle, une et unique.
Toute limitation est souffrance, mensonge, mort et déni de la Félicité inaltérable.
L’homme en tant qu'espèce est le plus haut point atteint dans le temps par l’univers matériel en termes de conscience qui est l’Esprit universel ou l’Absolu caché dans la matière.  La matière aussi est une forme ascendante de l’inconscience ou le Soi absolu absorbé et intériorisé. Mais l’homme vit dans le mental qui est une conscience limitée, oublieux de son identité originelle avec sa source et les autres.  L’homme tant qu’il demeure homme dans la conscience mentale ne peut pas être libre de mensonge, mort, souffrance, incertitude, conflit et division.
Quand l’homme découvre son identité avec le Transcendant et l’Absolu, il découvre en même temps la seule existence, la volonté unique, le seul mouvement.   Il découvre son identité avec l’univers et avec tous les autres êtres. Il découvre qu’à chaque instant l’Être universel et la transformation totale marche vers une plus grande lumière, conscience, pouvoir et joie.   Rien ni personne ne peut intervenir ou faire dévier l’Être universel de son voyage prescrit.
A chaque instant pour chaque élément dans l’univers quelque soit son apparence, c’est le meilleur qui arrive, individuellement, collectivement, d’une manière globale.
L’univers en tant que tout progresse des ténèbres vers la lumière absolue, de la souffrance et la mort à la félicité immortelle de l’existence.
Dans ce mouvement universel, il n’y a pas d’action de la chance, pas d’erreur, pas de déviation dans le sens absolu.
Le Divin Lui-même devient conscient dans quelques êtres humains qui formeront le nucleus de la race divine qui habitera la terre.
L’aspiration est la présence du Divin qui émerge.
La soumission est le chemin et le voyage.
La perfection de la soumission est le yoga de la Mère et de Sri Aurobindo.
Voir, savoir, sentir et accepter que tout ce que le Divin fait pour nous et le monde est le meilleur sous les circonstances universelles du moment, est le cœur de la soumission. Une âme et un être soumis est l’instrument le plus puissant pour la manifestation du Divin sur terre.
Une soumission confiante et toujours plus grande à Mahashakti, la Force du transcendant est la clef, le passeport, le voyage magnifique et la consommation suprême du yoga.
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Niranjan Guha Roy

L'âme au pied de Mère - Œuvre de Amita et Niranjan Guha Roy


mardi 23 juillet 2024

Lumières sur un éveil évolutif : la Joie Divine d'Amour abolit le désir en transmutant ses énergies.

Le témoin heureux - Niranjan Guha Roy


 Moi, ego, personnalité de surface, je suis le champ de bataille du Divin avec lui-même dans son jeu d'amour autocréateur. Moi, ego, je ne suis que le terrain de jeu entre individuation du Divin et individualisation des forces vitales d'appropriation, de libido et de reconnaissance sociale. L'amour du Divin réorganisera-t-il suffisamment l'énergie vitale à son usage pour que s'incarne un enfant du Divin, un fils-fille de Dieu ou l'amour du Divin devra-t-il rester mélangé avec toutes ces pulsions dont l'égo même spiritualisé reste par essence le jouet inconscient ?


Nous sommes animés par deux types de désir, amour du Divin (amour de perfection, beauté, vérité, justice, amour de l'Amour absolu) et désirs-appétits. 


Comment pourrait-il y avoir pur Amour Divin s'il y a désir relativement à un ego ?


La venue consciente de la lumière spirituelle, que certains nomment l'éveil du Soi, n'est pas la fin de notre aventure spirituelle, car sa survenue ne change pas fondamentalement ce champ de bataille qui a lieu en elle. Mais la découverte de cette lumière n'est pas uniquement un détachement du chaos du Devenir, qui laisserait nos espérances d'une victoire de l'amour en plan au niveau des relations de conscience, au niveau des équilibres entre vivants et même au niveau de ce qui semblent des lois matérielles. Dans cette lumière spirituelle, en effet, la sincérité et l'authenticité sont possiblement facilitées et sans ces vertus d'aspiration, un progrès de l'amour Divin serait-il possible en nous ?


 Cette lumière peut contribuer à mieux distinguer notre aspiration au Divin toujours déjà là qui œuvre discrètement dans le Devenir. Elle peut faire la place aux forces transformatrices du Devenir Divin : silence et élargissement creusement du vide ouvrent aux forces de conscience évolutives. Ces forces de conscience évolutives sont irréductibles à des variations, des changements au final non évolutifs dans le cercle usuel mental, vital, physique. D'ailleurs même une amélioration positive qui résultent de changements n'est pas à strictement parler une évolution, une nouvelle forme de vie et de conscience. 

La lumière spirituelle apaise l'individualité. Elle peut aussi, s'il y a une aspiration, la faire croître en clarté, donc en sagesse. S'il y a une aspiration qui traduit l'influence du Devenir divin en l'individu, cette lumière se clarifiant, se désenténébrant, peut aussi ouvrir à une joie de vie, inconditionnelle débordante. Cette joie d'Être et de Devenir qui surabonde au fond de nous-même, en amont de notre mental, de notre vital et de notre physique peut s'investir de plus en plus en relation avec tout ce qui est de l'ordre du manifesté. Elle est alors la révélation croissante de l'amour divin. 

Soyons honnête, ne confondons pas nos plaisirs et la Joie divine créatrice. Nos désirs tendent aux plaisirs ; notre aspiration spirituelle, notre soif de vrai, notre amour du beau appellent et ouvrent des canaux à la Joie créatrice divine. Plus nous verrons l'aspiration au Divin croître, plus elle sera clairement distincte des désirs appétits. Plus l'enfant Divin croîtra en nous et pourra émerger indubitablement, plus, en sublimant notre énergie vitale, l'Amour Divin croîtra. Et moins, il y aura de désir d'un ego. 


L'amour Divin ne peut se suffire d'être libre du désir, il veut notre soumission totale, il veut son enfant Divin et non des masques de personnalité reliés par la fiction d'un ego. Pour que son Amour qui l'unit substantiellement à ses enfants s'incarne, cela suppose l'abolition du désir-appétit et à l'occasion l'instrumentation totale de l'individualisation mentale, vitale et physique. 


Par le processus de transformation spirituelle et évolutive, l'énergie vitale pulsionnelle aura de moins en moins d'espace pour former des désirs personnels s'affirmant comme ceux d'un ego centré sur son intérêt. Il n'y a là aucun regard moral, il n'y a là aucun perfectionnisme d'un ego spirituel, ce qui serait une ruse des appétits pour régner encore. Un désir d'ascétisme reste un désir. Ma volonté égoïque d'abolir le désir ne peut être qu'un désir, mais laisser transmuter le désir en énergie vitale disponible pour l'individuation divine authentique de l'amour pur est possible. Ce n'est pas une affaire de claquement de doigts. Ce sont peut-être des dizaines d'années de sadhana (cheminement dans l'aventure spirituelle). Ce sont peut-être même des évolutions souterraines de l'enfant Divin durant d'autres vies animales et humaines qui maintenant se mettent à l'œuvre ou non à travers nos frêles velléités spirituelles. 


Ce qu'on appelle l'ego est un agrégat dont la structure est en partie subconsciente. Des aspects y dorment jusqu'à se faire réveiller par des forces de conscience extérieurement opposées à l'amour du Divin. Autrefois, on jugeait qu'il s'agissait de véritables entités antidivines. On parlait du Prince de ce monde, du Seigneur du mensonge et de leurs acolytes. Tel mouvement de colère, tel mouvement inconsidéré et mécanique s'empare comme une réponse qui n'est qu'une réaction du vieil homme qui assoupi ne semblait plus régner en nous. Ce mouvement part d'un abandon à une force de conscience contraire à l'amour divin. A la lumière du Soi, toutes les forces de conscience, tous les flux phénoménaux ont la même source. Tout est divin d'origine. Alors on peut croire que l'instrumentation de notre individualité à la lumière spirituelle est réalisée bien qu'il n'en soit rien. Elle n'est que partielle, imparfaite, à défaire, à reprendre pour y intégrer sans cesse des pièces ignorées, en sommeil mais bien là. La vision de l'Être doit s'affiner avec la vision du Devenir Divin, la vision de son autocréation. Supposons que la vision de l'Être et du Devenir soit l'amour Divin, la Joie Divine, la prise de conscience originaire du Divin lui-même. Supposons, comme en témoignent les rishis indiens, que le divin soit Sat-Chit-Ananda, existence, conscience et félicité avant même qu'il ne s'individue en dieux, entités, animaux, humains, etc., avant donc qu'il ne se manifeste cosmiquement et temporellement. Soyons sincère, notre lumière spirituelle aussi imperturbable soit-elle en arrière-plan de notre individualisation humaine n'en est pas moins ténébreuse du point de vue de la sagesse et de l'amour. Elle est loin d'être la prise de conscience du divin lui-même dans son infinité. Elle est un modeste rayonnement du divin, un toucher du divin mais non son entière conscience.


La bestialité du désir peut sembler domptée mais nos vertus sont aussi des désirs, des désirs sociaux intériorisés. Tout doit être transmuté dans le Devenir Divin, non pas seulement dompté ou maîtrisé. La vertu authentique est un pouvoir psychique du Devenir divin à travers son individuation en nous.


J'ajouterai qu'à un certain stade, les circonstances se liguent avec le processus intérieur de transformation. Il n'y a plus de doute sur la nature cruciale des choix qui se répètent encore et encore à chaque pas, il s'agit de se soumettre ou non sur tel aspect, de se donner à l'Amour Divin ou non sur tel point. Je n'ai pas à me parfaire moi-même par moi-même pour que le Divin m'investisse. J'ai à lui soumettre mes aspects dysfonctionnels, mes points défaillants, mes ombres. Lui seul œuvre, perfectionne, transforme, recrée, transmute. Mais des choix individuels existent, si l'on est sincère, ils sont notre coopération à l'œuvre divine. La vision de leur importance et de leur nombre peut s'amplifier à la lumière du Soi, lorsqu'elle n'est plus ignorée comme ténèbres pouvant se dévoiler.   

D'ailleurs, à un certain stade, lorsqu'on échoue, retombe puis qu'au final, la grâce agissant, cela redevient de façon prédominante le serviteur de l'enfant Divin, il y a l'étonnement d'avoir préféré un agrément excitant à la Joie divine. Cet agrément a beau être si étroitement engrainé à ses revers de souffrance, nous l'avons encore préféré à une Joie pure, inconditionnelle, sans contraire possible, une Joie sans borne, une extase de félicité concentrée si infiniment. 

Et l'évidence apparaît, notre mental, notre vital et notre physique ne sont pas immédiatement aptes à la présence de cette Joie d'Amour Divin. Ce qui semble antidivin, à première vue, a aussi son rôle. Si la Joie d'Amour Divin déferlait sans un perfectionnement du mental, du vital et du physique, l'individualisation humaine nécessaire à l'individuation Divine serait brisée et gaspillée. Au-delà, ce serait même la manifestation matérielle qui serait en danger. Ainsi reconsidérons ces forces "antidivines" au lieu de nous laisser aller à un mental de gnostique chrétien ou de manichéen. Découvrant pleinement la réalité de ces forces, ne concluons pas précipitamment que le monde terrestre leur appartient et que notre âme d'individuation divine doit attendre un paradis immatériel pour voir l'amour divin, la joie divine en plénitude. Certes ces forces peuvent faire des dégâts pour résister à la venue de l'amour Divin. Ce sont toutefois nos jugements manipulés par ces forces au sujet de ces forces qui nous font volontiers associer l'apocalypse, la révélation du Divin, et la fin du monde, la destruction de la vie terrestre. Mais ce sont elles, malgré elles, qui garantissent précisément la valeur des réceptacles terrestres de l'amour Divin. Ce sont elles qui testent la vérité, l'authenticité des vases individuels par lesquels l'amour Divin va s'écouler en ce monde avec la compassion, la miséricorde nécessaire pour le transformer sans le briser et rien en mépriser. Certaines forces sont des vieilles forces, directement utiles à l'autocréation divine autrefois, mais aujourd'hui nuisibles par leur persistance ; quand leur nuisance n'aura plus aucune utilité y compris indirecte, certainement elles seront totalement rendues sans effet, leurs actions et donc leur entité seront abolies. Par ailleurs, Il se peut aussi déjà que certaines forces entités d'apparence antidivine, pour nous, soient converties, soient devenues des instruments totalement au service de la vérité et de l'authenticité. 

Ce sont elles qui donnent à notre énergie vitale des formes pulsionnelles, qui s'immiscent en nous par nos portails subtils au lieu que l'énergie vitale cosmique viennent répondre au besoin de l'enfant divin en nous. Ce sont elles qui suggèrent à nos pulsions telles formes de désirs qui peuvent être catastrophiques au final. Mais auparavant, ce sont de telles forces qui cherchent à favoriser l'atmosphère mentale où ma liberté est de faire ce que je désire, mon bonheur est de satisfaire au maximum mes pulsions. Ou plus subtil, il y a les bonnes et les mauvaises pulsions, les bons et les mauvais désirs : dès lors mentalement hypnotisé, je suis le jouet des bonnes pulsions et des bons désirs, et, de temps en temps, je ne comprends pas pourquoi, il y a des mauvaises pulsions qui entrent, des mauvais désirs qui me tentent... Bilan, ma vie s'écoule à ignorer la joie, l'influence divine, l'aspiration spirituelle sont des élans vite repris dans les vagues de l'océan mental et vital ainsi prédominant. 

Mais le cercle est bouclé, rien ne va plus, les jeux sont faits, cela devient insupportable ce chaos mental, vital et physique. Partout, tout autour de nous, et dans nos vies, cela s'emballe, cela déraille, cela grince. Pour beaucoup d'entre nous, l'aspiration à la paix, à la lumière spirituelle du Soi émerge et l'emporte. Ces forces d'apparences antidivines auront fait faire, malgré elles ou grâce à elles, un premier pas. Et établi dans le Soi, la lumière spirituelle, un deuxième pas devient possible. L'aspiration n'est pas morte avec le succès de ce premier pas, l'aspiration à la sagesse et à l'amour peut se révéler grandissante. Elle nous faire descendre dans le cœur à la rencontre de l'individuation divine que nous sommes plus intimement que l'individualisation égoïque que nous pensions être. La libération du Soi n'était pas encore la libération de notre divinité individuelle ; une divinité ne saurait se soumettre à quoi que ce soit provenant inconsciemment de l'extérieur, à commencer par les pulsions, les désirs et les pensées.


Commencé le 27/02/2024


The soul The leader - Niranjan Guha Roy


lundi 12 février 2024

Deux méthodes pour arriver à la Réalisation par Niranjan Guha Roy

 

RETOUR AUX SOURCES -Tableau de Niranjan Guha Roy


Deux méthodes pour arriver à la Réalisation


Toute la signification de l’effort spirituel est de devenir conscient de la Présence, de l’Existence Suprême. Au cours des âges il y a eu différentes méthodes pour arriver à cette réalisation. En Inde il y a deux systèmes très puissants.


L’un est le chemin élimination “Neti-Neti” “ pas cela, pas cela” On regarde la matière avec un mental tranquille, puis on perçoit que cette matière n’est pas la substance finale qu’elle dépend pour son existence d’une substance plus subtile. On perçoit alors le vital, l’énergie de vie comme le principe dominant , universel dans son aspect, plus libre, plus subtil et plastique, plus une énergie en action. Comme notre perception de cette énergie en action s’approfondit, on devient conscient qu’elle n’est pas la substance ultime, qu’il y a une énergie plus grande, plus raffinée, moins limitée dans son action, avec une plus grande liberté de mouvement, cette énergie est l’énergie mentale. Comme nous examinons cette substance mentale, on va se rendre compte clairement de sa nature créative. On sentira le mental comme la source d’où provient la création. Au fur et à mesure que notre   perception  de la substance mentale va s’approfondir, devenir plus claire, notre mental lui même va devenir plus paisible, tranquille, serein et quand les activités d’un mental ordinaire cesseront et que notre mental deviendra pratiquement silencieux, on va commencer à sentir la présence de la conscience spirituelle, une force, une félicité, une existence infinie, éternelle, à jamais libre, indépendante de toute manifestation, ne dépendant de rien d’autre pour son existence mais qui est la substance, l’énergie, la vie de toute manifestation, ne nécessitant rien d’autre pour sa félicité d’existence ; peu à peu, le mental, la vie, la matière vont sembler être les propres formulations temporaires, progressives de l’Esprit dans l’existence. En rejetant et éliminant tous les noms et formes de la matière, de la vie et du mental, nous émergeons dans la vérité de la réalité spirituelle, dans l’Être suprême. On est sorti de l’ignorance dans la réalité spirituelle de notre être, du plus bas hémisphère dans le plus haut lumineux hémisphère. Par une méditation constante, rejet et élimination, on peut devenir conscient de l’Esprit.


L’autre procédé est connu comme” Iti-Iti ” ” C’est cela, c’est cela”. Ce procédé est accessible à une très vaste catégorie de mental. On regarde les noms, les formes et on dit  “Cela est la Réalité”. Ça n’a jamais existé avant, ça existe comme voulu par la Réalité Suprême, ça restera en existence autant que le voudra  la félicité  du Suprême. Toutes formes de la matière sont cette Réalité. Tous les mouvements sont l’expression d’un seul Esprit. Toutes les pensées sont les pensées de l’Éternel. Dans ce procédé, nous reconnaissons  la Présence de l’Être Éternel. Avec foi, reconnaissons Sa Présence. Il n’y a pas d’obscurité, tout est une manifestation de l’Esprit . Le Suprême a pris ces milliards de formes pour la félicité d’expérimenter l’existence dans ces formes. Toutes les expériences sont ses propres expériences. Il n’y a rien d’autre que l’Esprit. Cette approche est la discipline la plus libératrice du yoga. Nous sommes alors dans la vision et la présence de l’Être Suprême dans chaque nom, forme, mouvement. Nous sommes entourés par l’Éternel, Nous voyons le Divin, entendons le Divin, touchons le Divin, sentons le Divin, mangeons, buvons le Divin, rencontrons le Divin dans la lutte, la colère, la violence, l’amour, l’adoration dans chaque contact. C’est le procédé le plus radical du yoga. Nous sommes réalisés quand nous disons simplement, sincèrement "Tout ceci est en vérité la suprême Réalité". Notre mental a alors subi la plus merveilleuse transformation et est devenu un mental lumineux. Le Divin pourra alors agir à travers nous. Nous vivrons en Lui, par Lui, pour Lui. Ceci sera la début de la plus merveilleuse ascension vers une transformation de plus en plus grande.


Niranjan Guha Roy


Œuvre d'Amita et Niranjan Guha Roy


lundi 5 février 2024

Au sujet de la Paix par Niranjan Guha Roy

œuvre de Niranjan et Amita Guha Roy



 Au sujet de la paix

La chose la plus recherchée dans le monde et en même temps la plus rejetée par les hommes est la paix. Quand elle est là, les hommes et les femmes s’ennuient. Quand elle est absente ils se plaignent. Mais la paix est toujours là, comme l’air que nous respirons. Elle est toujours accessible et peut devenir permanente dans notre conscience, dans notre être. Elle est la présence du Divin, de l’Esprit, un aspect tangible du Créateur suprême. Elle est accessible, présente dans le corps, dans le domaine vital de la vie, dans le mental et dans l’âme. Les arbres et les plantes, les pierres, la mer ou la matière juste vitalisée émanent une grande paix. C’est pourquoi ceux qui recherchent la paix se retirent souvent dans des endroits déserts. Les explorateurs qui ont été au pôle nord, ou au sommets des montagnes, les marins perdus dans l’immensité de l’océan, les voyageurs se reposant la nuit dans les déserts, même les cosmonautes loin de ce monde, sans pour autant être des êtres spirituels, ont souvent senti une grande paix, une paix vivante qui les pénètre et leur apporte un bonheur ineffable. On peut trouver une paix vivante dans la foret, spécialement dans des arbres géants, on peut sentir la paix dans leur sève même. 

C’est avec l’éveil progressif de la vie que commence le tourment. L’éveil de la vie est en même temps celui du désir, du feu qui peut être apaiser juste pour un moment. Avec les animaux les plus évolués nous voyons une alternance entre paix et perturbation. Un lion qui chasse n’est pas paisible, un tigre qui se bat pour une femelle est la violence incarnée. Un lion bien repu est une image de paix. Les animaux ont la capacité naturelle d’être vraiment paisibles quand leur besoins primordiaux sont satisfaits. Même les hommes des tribus primitives ont une entrée dans une profonde paix. Chez eux, le mental, le tyran suprême, le tourmenteur est à peine né encore. 

La réelle torture de l’homme commence avec l’éveil de l’être mental quand il mangea “la pomme de la connaissance”.

Avec l’éveil des idées de ce qui est bien ou mal, vrai ou pas vrai, de ce qu’il doit avoir, de ses droits, ses besoins et demandes, ses caprices, ces espoirs et aspirations, il est exilé du paradis. La paix est partie. La vraie raison ? Il est victime de ses propres pensées, de sa propre vision du monde. Il est lui même le lieu d’une immense contradiction incessante et à chaque pas, il est en contradiction avec le monde qui l’entoure. Sa recherche de la paix a commencé il y a bien des âges. 

Les sages nous ont révélé comment l’obtenir. Le Bouddha nous a montré que pas l’abolition des désirs, on peut arriver à une paix absolue. Bien avant lui, il y a eu des sages qui recommandaient la pratique du détachement. Nous devons essayer de percevoir les choses à travers le témoin qui existe réellement en nous. Pour beaucoup de choses nous sommes vraiment des témoins mais pour ce qui nous touche personnellement, il est difficile d’être paisible, un témoin inébranlable. C’est le premier pas. On doit pratiquer la discipline de devenir un témoin. C’est la clé de la spiritualité indienne. 


Puis graduellement, on découvrira que le témoin a le pouvoir d’apaiser, de calmer même les plus violents assauts des impulsions vitales et peut même apaiser les souffrances physiques. Le témoin peut calmer le mental assez facilement. C’est pourquoi les intellectuels désintéressés sentent une paix en eux. Mais il y a des degrés, des intensités, même des différentes substances de la paix. En résumé. L’abolition des désirs, au moins un contrôle lumineux des désirs, un détachement progressif et la découverte du témoin en nous sont des moyens à notre disposition.


Mais il y a un autre moyen tout puissant, souverain, infaillible qui est la prière.

 Si nous pouvons nous abandonner dans les mains du Seigneur, de la Mère Divine, du Créateur divin, du Mystère de cette invisible Personnalité dans un mouvement d’humilité, de supplication, avec quelques mots spontanés d’un enfant "Aide moi, soutien moi, protège moi, donne moi la paix" alors le miracle se fait. Le grand mystère ne refuse jamais ses bénédictions et amour même à l’être le plus faible, misérable, déshérité du monde. Il nous enveloppe de sa paix qui est un bonheur indescriptible. Prier comme un enfant, ouvrir son cœur, exprimer ses tourments, souffrances, simplement, s’approcher de lui avec la confiance du chien fidèle. Alors il prend soin de son enfant qui ne se sentira plus jamais seul. La paix sera avec lui. La paix lui apportera une grande compréhension. La paix contient la lumière en elle. Dans la paix on comprend infiniment mieux. La paix apporte un repos bénéfique. En même temps, la paix nous libérera de ce que la spiritualité indienne appelle le recul, la peur, la honte, la haine, etc. Elle abolira intérieurement, psychologiquement le sens de séparation des autres. Nous sentirons profondément à l’intérieur de nous une unité avec tous les êtres, toute la création, comme si tout devient soi-même, tout est une paix infinie.


Si nous devenons plus vaste, si nous pouvons prier pour la paix, pour toute la terre, si nous pouvons être impersonnels, nous serons capables de sentir la paix partout, dans chaque chose, la seule réalité, la base de l’existence.

 Que la paix apaise les désirs aveugles et la violence et soulage les souffrances. Paix pour chacun et pour toute la terre. Dans cette paix nous pouvons sentir l’Être suprême, le bonheur durable au dessus de tout conflit et contradiction. La paix immuable.


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Niranjan Guha Roy 1977


Peace par Amita et Niranjan Guha Roy