lundi 18 mai 2026
dimanche 26 avril 2026
Le scandale de l'évolution et la spiritualité
Le plus gros scandale de l'évolution du vivant n'est pas que nous ayons un ancêtre commun avec chacun des êtres vivants quelle que soit son espèce.
Le scandale véritable de l'évolution est que l'humain n'en soit pas un aboutissement final mais juste un chaînon vers des espèces autres. "L'homme doit se dépasser ; il est un pont, pas une fin", disait Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra. De fait, le scandale sera bien plus grand si l’évolution tend à des espèces bien plus conscientes que la nôtre.
Nos animaux de compagnie ont des perceptions sensorielles plus fines sur certains plans que les nôtres. Mais leur niveau de perception mentale ne leur donne aucune idée par exemple d'une évolution. Bientôt nous pourrions être devant un être issu de notre propre espèce dont la conscience et l'action échappent à nos meilleurs filets conceptuels mentaux. Cet être doté d'une conscience au-delà de toute l'intelligence mentale même étendue électroniquement ne peut s'expliquer mentalement même si nous pouvons l'envisager. Nous serions comme nos animaux de compagnie face à un être doté d'une conscience surplombant la nôtre. Descartes distinguait concevoir et comprendre à propos de notre rapport à l'infini. Comprendre la chose, c'est vivre la chose. Concevoir la chose, se la représenter, c'est s'en faire une idée mentale, ce n'est pas la vivre. Notre conscience mentale peut concevoir l'infini, mais elle ne peut le vivre. Au-delà de la saisie simultanée de 5-6 objets, notre saisie mentale devient floue, sujette à erreur.
Que nous ayons des ancêtres communs avec d'autres espèces ne heurtent que des religieux qui refusent que le Divin fasse autrement que ceci est raconté dans leurs textes sacrés.
Pour le mental humain arrogant, un être qui mettrait fin au règne de la conscience mentale sur terre peut sembler de prime abord une menace intolérable.
Mais pour une conscience mentale simplement consciente qu'il n'y a aucune solution possible sur son plan de conscience à la crise évolutive observable factuellement, cela peut être une espérance.
Lors des grandes extinctions de masse précédentes, la vie a surmonté la crise. De nouvelles espèces incarnant des niveaux de conscience plus amples sont apparus dans des mouvements coévolutifs avec une adaptation des espèces précédentes. Les déséquilibres des écosystèmes par ces coévolutions se sont rétablis sur des niveaux de conscience chaque fois plus larges, plus profonds, donnant aux individus plus de champ d'action, incluant plus de liberté, plus de créativité, plus de sensibilité, plus d'Amour.
Ainsi, sur un plan plus prosaïque, nos ancêtres primates sont apparus avec les insectes pollinisateurs, les plantes à fleurs et à fruits nécessaires à un volume cérébral croissant.
Dans la traversée de notre crise évolutive en cours, ces découvertes sur notre passé forment un motif d'espérer.
Mais en est-on vraiment arrivé à l'impasse évolutive de notre conscience mentale humaine ? L'apogée de la conscience mentale humaine est-elle derrière nous ? Examinons les données factuelles. Qui a le plus de pouvoir sur le plan de conscience propre au mental ? La plupart des riches et des puissants ne font que précipiter la crise évolutive en cours. Ils ne sont ni mieux ni pires que les autres, ils ont plus de marge d'action. Seuls quelques uns perçoivent cette crise évolutive en train de rendre leur puissance d'action pourtant forte sur le plan humain, impuissante sur le plan évolutif de la terre. Sur le plan humain, l'agitation des uns et des autres se neutralise en accélérant la crise évolutive. L'agitation humaine précipite l'impuissance mentale à surmonter les problèmes multiples que cette crise génère. Sur le plan concret, l'apogée de la sphère de conscience mentale fut celle d'une technosphère, matérialisant économiquement notre maîtrise scientifique de la matière. Cette apogée est derrière nous, au début du 20ème siècle. Les soi-disant progrès des multimédias et des IA de ces dernières années produisent paradoxalement une démentalisation des humains qui les consomment. Le niveau de conscience mentale requis pour entretenir la technosphère recule. Ce système technologique va lui-même simplement ralentir voire rétrécir pour des questions de matières premières dont les énergies fossiles et les terres rares qu'il surconsomme. Et ceux qui convoitent égoïstement ces dernières grandes réserves ne font qu’accélérer le processus. La tragédie des guerres précipiterait cet effondrement inéluctable de cultures mentales surconsommatrices des ressources naturelles.
Les mensonges, les injustices et les coups de force de certains riches et politiques puissants sont les symptômes d'un règne de la conscience humaine mentale à l'agonie. Les empires qu'ils entendent former sont désormais des statues géantes aux pieds d'argile.
Toutes les décisions prises pour endiguer le phénomène de fragilisation semblent le précipiter.
Mais si comme fait indéniable, la crise évolutive est actée, si une espérance n'est pas impossible, pourrait-on participer de plus en plus consciemment à l'évolution de la vie en cours ? Pourrions-nous au moins coévoluer sur le plan humain avec cette évolution globale en cours vers un un au-delà de la conscience humaine ?
Si nous avons une expérience de la paix ou plutôt si la conscience s'éprouve l'inconditionné de l'expérience spatio-temporelle, la profondeur de la vie comme élan de la nature, comme élan de manifestation évolutive peut se dévoiler. La réalisation de plus en plus approfondie de ce que la non dualité appelle le Soi est certainement un pré-requis.
Une évolution consciente se passe au niveau d'une conscience directe et immédiate de notre chair. Nos idées, nos émotions, nos désirs, nos pulsions d'appropriation, de reconnaissance ou de libido sont des voiles. Pour cet élan évolutif, peu importe ce qu'on en pense, ce qu'on en éprouve, ce qu'on en attend ! Il se vit même si nous n'en sommes pas pleinement conscient.
La réalisation du Soi nous prédispose à une évolution consciente en nous donnant une liberté bien plus profonde avec nos pensées, nos émotions, nos désirs, nos sensations, etc.
Notre ego est un complexe de voiles plus ou moins inconscients. Du point de vue spirituel, il est une aide et un obstacle ; un obstacle par lequel certes le Soi s'ignore, mais une aide avec laquelle il peut aussi se réaliser en embrassant la conscience mentale dans sa lumière. Du point de vue d'un Soi en évolution, l'ego est un avant poste évolutif, il ne doit pas faire obstacle à l'avancée évolutive en se prétendant un aboutissement ultime. Son individualisation mentale, le processus par lequel il s'est constitué n'est qu'un moment de l'individuation évolutive. Comme nous le dit Sri Aurobindo dans ses Pensées et aphorismes, l'ego est une aide, mais il est aussi l'entrave à notre évolution psychocorporelle.
Pour nous, à un certain stade évolutif, la moindre trace d'ego, la moindre trace de désir ancrera et limitera notre expérience du Soi à la sphère mentale de la conscience. Comment pourrions-nous quitter cette sphère mentale pour une nouvelle conscience matérielle sans aspiration à autre chose que la vie humaine et ses désirs ?
Comme Ken Wilber, reconnaissons que notre Soi, bien que transcendant à notre individualité, se vit à travers des filtres mentaux, religieux, métaphysiques, moraux, politiques. Des valeurs, des principes, ce sont presque toujours des désirs. Ils ne sont pas toujours égoïstes mais ce sont des désirs bien humains, bien animaux, que le Devenir, d'ailleurs, n'avalise pas toujours. Certes lors de mouvement de redécouverte du Soi par Soi, on serait tenté de qualifier le vécu propre au Soi de Non mental. Mais, soyons sincère, nos discours de non dualité sont divers. D'aucuns diront d'ailleurs ce discours étranger à la non dualité, la non dualité serait d'abord atemporelle, et donc le Soi réalisé authentiquement, il n'y aurait qu'unité des vécus du Soi. Mais déjà un tel discours critique tend à rejeter notre discours évolutionniste comme une illusion, les lignes de faits scientifiques ne sont pas intégrées, la crise évolutive en cours est niée, elle la ramène à une crise spirituelle de l'humanité, manquant sa portée matérielle. Certains expérimentateurs du Soi rejettent de la non dualité ainsi tout Devenir conscient. Par ces rejets, selon nous, une dualité de l'Être et du Devenir s'installe, une dualité de la Matière et de l'Esprit s'opère. Pour eux, l'inconscience du Devenir serait même la source du Soi. Pour eux, le non mental du Soi n'est qu'un inconscient. Autrement dit, pour eux, l'absolu est un inconscient ! Pour nous, il y a un vécu de non dualité entre l'Être et le Devenir. Il y a un au-delà de la conscience mentale la plus éthérée, un au-delà du surmental qui ne voit qu'inconscient au-delà son vécu. Il y a un au-delà de ce surmental qu'on prend dans notre vécu du Soi pour un non mental. Pour nous, l'infini de la conscience, n'est pas qu'une vacuité de ténèbres lumineuses sans borne. L'infini de la conscience peut se vivre comme regard innombrable.
Les religions passées et certaines présentes lorsqu'elles disent les personnes divines engendrées éternellement par l'unique fond divin ou les unes par les autres, et non pas créés dans l'espace temps cosmologique, exposent des pans d'intuitions d'une telle non dualité de l'Être et du Devenir. Pour impensable qu'elle soit, la notion d'engendrement éternel de personnes divines rend crédible la grande non dualité de l'Être et du Devenir. Le jeu de l'Être et du Devenir est le jeu du Seigneur, le Suprême et de la Mère, la Mahashakti. Et tous les dieux, tous les êtres, toutes les forces éternelles en découlent, engendrés non pas créés.
Pour nous, c'est un ensemble de voilements, ce sont les ténèbres lumineuses surmentales du Soi qui nous voilent dans son vécu des domaines au-delà du mental. Entrer consciemment dans le processus d'évolution, c'est commencer à s'ouvrir et à aspirer à ce dévoilement en cours.
Ces discussions esquissent en arrière-plan une théorie évolutive du vécu du Soi réalisé. Le même Soi pourrait être vécu sur différents plans de conscience, de façons plus ou moins ténébreuses, plus ou moins illuminées donc, plus ou moins inclusives, plus ou moins ouvertes, plus ou moins tolérantes, etc.
Admettons une réalisation de Soi au-delà de l'ego qui entre en évolution. Ainsi être Soi ne se limiterait plus à un détachement enténèbré des phénomènes, qui laisse le cours de la conscience humaine avec ses désirs, ses représentations inévitablement ignorantes et faussées. Admettons un Soi qui ne laisse pas un ego en périphérie l'ancrer malgré lui dans les limitations de la conscience humaine. Admettons que la réalisation du Soi n'aboutisse pas à un nouvel enfermement dans la conscience mentale ou surmentale. Restent des questions. Psychocorporellement, qui évolue ? L'espèce, L’ADN, la perception, etc. Quel est le rapport entre une évolution du Soi au-delà du psychocorporel et une évolution corporelle autant que psychologique ?
Le tout évolue, rien n'évolue isolément, il y a une coévolution, et cependant c'est par un individu que se manifeste la nouvelle conscience.
Quel est cet individu qui n'est pas réductible à un ego de conscience mentale ?
De nouveau, j'en reviens à ce Soi avec une âme. Le seul Soi est un témoin détaché des plans de conscience. L'ego n'est plus égocentrique quand le Soi se dévoile au centre de la conscience. Au-delà de l'individualité égoïque mentale, il y a le Soi avec une âme, c'est une union d'essence avec le Devenir. Le fond du Soi avec une âme est le jeu du Seigneur Purusha et de sa Shakti dont il est l'enfant divin.
Le Soi avec une âme est d'abord au sein du Soi une expérience épisodique, ponctuelle, variable. Sa condition d'enfant divin peut être pressentie, pas encore vécue, comme inhérente à l'engendrement de son étincelle éternelle. Quand vraiment l'ego et les désirs fondent à la lumière de l'aspiration et des forces évolutives, le Soi avec une âme se dévoilant davantage commence à s'emparer de la puissance d'action des centres subtils que le yoga appelle chakras. Les pensées se font de plus en plus plastiques. La perception d'intuitions suprarationnelles n'est pas confondue avec des mélanges infrarationnels. Au-dessus de la tête, le Soi avec une âme devient un jîvâtman, une monade inclusive, un individu tout, impersonnel et personnel. Peu à peu, le vital est transfiguré. Le voici un centre de Joie et d'aspiration, l'exigence des appétits s'étiole. Le corps subtil avec ses nadis et ses chakras est là la structure par laquelle la purification s'effectue. Les efforts d'un ego pour modérer ses désirs, pour s'imposer des comportements vertueux semblent de pâles bricoles. Cette purification, dont il est question, est une transformation, une autre façon d'être du mental, du vital jusque dans son subconscient. Les cellules du corps elles-mêmes deviennent conscientes du processus. Le corps subtil du Soi avec une âme qui a suffisamment refondé mental et vital devient la structure sur laquelle la substance de la nouvelle espèce s'insinue dans les cellules animales.
dimanche 21 décembre 2025
Tout est le Divin. Encore faut-il le réaliser !
Tout est le Divin. Encore faut-il le réaliser !
La paix est le lit du fleuve de la vie. Réaliser la paix, c'est un grand pas vers le Divin. Mais ce n'est pas réaliser que tout est le divin.
Il y a toutes ces eaux du Devenir et c'est aussi cela le Divin.
Le grand fleuve de la vie nous émane, que nous y consentions ou non, que nous soyons conscient ou non. Tout est le Divin. Encore faut-il en réaliser le Devenir !
Car plusieurs courants forment ce grand fleuve. Le long des berges, il y a les marécages, où le marasme de la vie prédomine. Et il y a les courants tourbillonnants, on se croirait vivant mais on n'avance plus guère.
Et même si le Divin, ce grand fleuve de la vie, dévale sans fin, est-ce une poussée aveugle ? Un désir ou une surabondance de Joie ? Pour s'unir à Lui en son Être et son Devenir, encore faut-il découvrir Sa Vibration Originelle dont tout est l'écho.
Tout est le Divin. Encore faut-il que sa Vibration Suprême nous en livre concrètement la teneur ultime !
Aspirant sincère, relève le défi de la paix et au-delà du désir, tu trouveras la joie Divine, sa surabondance, l'Amour vrai.
Tout est le Divin, réalise-le en devenant l'heureux esclave de Cela qui Aime.
Tout est le Divin, réalise-Toi Reflet Multiple de Ta Vibration Suprême, Autocréation Surabondante de Toi-même.
Tout est le Divin, réalise-Toi humble Amour qui apprend à servir le véritablement Autre, la Nouvelle Création, qu'Il ne cesse de susciter en Lui-même, réalise-Toi humble Amour en Te faisant l'instrument de Ta Vibration Suprême.
dimanche 14 décembre 2025
L'heure divine de notre âme.
Quand Jésus-Christ dit "comprenne qui pourra", il s'adresse à notre âme vraie enfouie tout au fond derrière notre ego en surface.
Quand c'est l'heure de l'émergence de l'âme, c'est l'heure. Mère, cette dimension personnelle du flux autocréateur, crée les circonstances.
Ce qu'on en pense, ce qu'on croit en surface, n'a alors pas beaucoup d'importance. Son émergence nous fera mieux penser, mieux voir au fil de sa croissance concentrée. Libre de tout le fatras de nos croyances de surface, une foi nue peut en être l'avant-garde. Ce sera un élan qui n'a aucune autre assise que lui-même vers un au-delà de tout notre monde d'humain actuel, vers au-delà de toutes nos compréhensions actuelles. Ce sera peut-être aussi comme un pressentiment de l'inespéré, d'une beauté inconnue qui nous est encore cachée.
Par ici, rien qu'on puisse limiter, rien qui pourrait se réduire à nos conceptions les plus affûtées, à nos imaginations les plus belles.
Notre lumière spirituelle, l'ouvert de la conscience, si nous en avons une expérience, sera ressentie comme des ténèbres lumineuses, le lieu du mystère, le lieu d'aventure et de manifestation de la vérité de ce que nous sommes et de ce que nous allons devenir.
Reconnaissons que notre œil intérieur se désenténèbre peu à peu. Notre sincérité, la lente harmonisation de que nous sommes, autour de ce que nous avons de plus vrai demande du temps. Car y compris ce qui nous semble le plus vrai demande à être clarifié, purifié. Que valent les enseignements de celui qui prétend voir parfaitement l'absolu, et qui en reste à un Soi impersonnel, et qui va-et-vient entre les désirs de son ego et son refuge de vacuité, sans soif d'être cohérent, en persistant en une tragi-comédie de visages encore imparfaits ?
Des Lumières inconnues de notre essence se dévoileront, nous révélant à nous-mêmes, notre âme vraie simple et immortelle.
Faire la volonté du Divin seule n'est pas alors un projet vain ! Servir le divin en tout, devenir son instrument, en se désenténèbrant devient si prégnant. Ce n'est pas un perfectionnisme délirant. L'attrait de la petite flambée du plaisir qui parachève le désir satisfait décroît sur le chemin quand la Joie éternelle infinie condensée en un point se met à briller dans le feu de l'âme vraie.
Quand prenant racine en cette heure de Dieu, la spirale vertueuse de la spiritualité nous ascensionne de Joie en Joie, les ténèbres reculent en nous. Il devient si naturel d'aspirer à n'être qu'un heureux esclave de Dieu !
Oui, quand ce sera l'heure, ce qui rend difficile et discontinu ce mouvement de transformation sera surmonté, nous irons de plus en plus de beauté en beauté plus vaste et inattendue, de félicité en félicité plus profonde et plus intense.
Nous passerons du temps de l'adversité à surmonter au temps des délicats ajustements de la réceptivité.
Om Sri Aurobindo Om douce Mère
| L'heureux esclave de Dieu par Niranjan Guha Roy |
samedi 15 novembre 2025
La grande Non dualité des enfants du Divin
Ceux qui ont entendu l'appel de la grande Non dualité ont commencé par ressentir que la distinction de la vacuité et de ses formes n'était pas une opposition. Ils ont bien compris que parler d'absolu et de relatif sonnait faux. Il y a en effet ces non dualistes qui avaient ânonné la sagesse du Rien et l'amour du tout, mais malgré eux, ils en revenaient sans cesse au Rien, ils faisaient du rien de conscience, un inconscient absolu. Malgré eux (ou non), cela sonnait ainsi comme si le Rien était l'absolu, et l'Amour le relatif !
La prise de Conscience absolue est un acte pur intemporel qui est Amour à l'infini. Dès lors, si l'absolu est un acte d'émergence à Soi, l'absolu n'est ni un néant, ni seulement une conscience immuable sans Devenir, le devenir étant alors poussée aveugle ou une illusion. Comment l'Amour aurait-il du sens en cas de devenir illusoire ? Toute relation étant une illusion ! Comment aurait-il du sens en cas de poussée aveugle hors d'un néant ?
La prise de Conscience absolue, par l'Amour atemporel qu'elle est, est aussi l'acte pur révélant un Tout possible au cœur du Rien. A chacun d'être sa propre autorité quant à l'Amour ! Oui, dans notre "expérience", le Divin est pressenti inséparablement Éternellement, Rien, Amour et Autocréation ! Pressentant Cela, nous réalisons que nos illuminations sont des ténèbres lumineuses qui demandent encore bien de la mise à jour.
Ma foi devant ces ténèbres est pressentiment de l'Amour absolu autocréateur. Et cette foi amène le vécu, non une simple croyance. Le vécu de l'Amour en Devenir renforce la foi et l'aspiration à être Cela.
Une Autocréation ne saurait être une poussée aveugle menant à l'existence si elle est avant tout Conscience d'Amour absolu. L'Amour vrai loin d'être aveugle est un joueur d'échec aussi bien qu'un poète. Il voit des millions, des milliards, une infinité de coups à l'avance, jouant un jeu de stratégie que le poète en lui réinvente sans cesse, Éternellement.
Oui,
Ishwara, le Seigneur Suprême, la Paix et MahaShakti, Mère Divine, la Joie ne font qu'Un, inséparablement, une seule Conscience, un seul Être, Indissolublement Paix et Joie - Sat-Chit-Ananda, notre véritable nature.
Et le fruit de leur jeu d'Amour, c'est en nous, l'enfant divin, que nous sommes, en chaque monade-univers manifestée de leur.s Moi-s d'Amour. Cet enfant divin caché dans les ténèbres lumineuses de notre cœur sait sans le savoir le Divin Amour Autocréateur. Car en cet enfant divin, d'abord caché dans le tréfonds du cœur, il y a une goutte de Suprême entourée inséparablement d'un feu d'aspiration individué grandissant, feu de la substance même de notre Mère divine.
Et l'aventure de conscience de chacune de ces âmes-enfants est l'expression d'un Moi éternel, Un et multiple, que Ishwara et MahaShakti ont engendré. Ce Moi embrasse chacun des microcosmes associés au devenir d'une âme, enfant divin. Ce Moi Éternel d'une âme, relié à tous les Moi.s, est la clé de la communion de toutes les âmes. Chaque devenir microcosmique d'un enfant divin enveloppe secrètement le macrocosme de tout l'Amour. Nous avons là des possibles expériences spirituelles, qui ont à voir avec ce que Leibniz appelle des monades, soudain tout est en nous, le décret ici est inséparable de ce qui se passa là-bas.
Selon Leibniz, l’univers est composé d’unités fondamentales appelées monades, qui sont des substances immatérielles et indivisibles. Contrairement à la matière, qui est souvent perçue comme la base de l’existence, les monades sont des entités spirituelles qui ne peuvent être ni créées ni détruites. Les monades, selon Leibniz, sont des miroirs de l’univers, chacune reflétant l’ensemble du cosmos à sa manière. Cette idée suggère que chaque monade possède une perspective unique et individuelle et que cela ne contredit pas un Devenir harmonieux, cela suggère que tout est libre et déjà prédestiné à devenir au mieux.
Si le Soi se réalise avec une âme d'enfant divin, alors l'Amour Divin, de Paix et de Joie, devient indubitablement la clé du mystère à la croisée de l'Être et du Devenir. La Conscience de Vérité est bien au-delà du mental humain, l'Amour Divin exige une transformation de la conscience corporelle, et par là de la matière, elle-même, pour se manifester sans tout abolir de ce monde qui nous entoure, nous ses enfants divins.
C'est donc dans le mystère de ce Rien et Tout, dans les ténèbres lumineuses de l'illumination spirituelle qu'il faut s'enfoncer pour découvrir dans notre cœur notre véritable âme d'enfant divin. C'est en s'enfonçant dans ce mystère du Soi avec une âme que notre Mère Divine se révélera à nous de plus en plus, qu'elle nous fera grandir et nous transformera de plus en plus. C'est dans l'aventure de la conscience qui se joue là que Mère nous apportera aux pieds du Suprême et qu'ils commenceront à incarner à travers nous le corps et la matière de leur Amour vrai.
Soi avec une âme d'enfants divin, nous approcherons du Moi secret de notre monade. Le jeu d'Amour cosmique devient de plus en plus conscient.
Dans ce que nous appelons ici bien maladroitement la grande Non-dualité, Seule la Conscience de Vérité de l'Amour créateur est sagesse.
Nous sommes ultimement cela : l'Un, la vibration d'amour qui engendre éternellement le Suprême et la Mère du Devenir.
Plotin et d'autres, conscient de leur Soi avec une âme d'enfants divin, ont pressenti cet Un. Mais leurs visions du jeu d'Amour défaillaient.
Le jeu d'amour de notre Suprême Seigneur et de notre Mère sera de plus en plus conscient. Notre âme, leur enfant, y aspire qu'on le sache ou non. Elle est faite de leurs deux substances. Par sa nature, elle peut traverser les ténèbres lumineuses de son Soi jusqu'à se pressentir Un en tout.
Il faudra que la transformation du corps avance pour que notre âme puisse se vivre Innombrablement Un. Notre corps humain est un filtre trop opaque tant qu'il est au service de pulsions dont notre conscience n'a pas la clé.
Comprenne qui pourra.
Et dans un premier élan de prise de conscience du Soi avec une âme, nous pourrions dire ensemble :
Que la grâce du Seigneur soit sur nous et que notre Mère divine veille sur nous, pour que nous nous rappelions que nous sommes, avant tout, leurs enfants, une de leurs individuations !
lundi 3 novembre 2025
EFFONDREMENT DE L'HUMANITE OU CRISE EVOLUTIVE FAISANT EMERGER UNE SURHUMANITE ?
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| Œuvre de Niranjan Guha Roy |
Il y a déjà dans nos questions des sensibilités à l'œuvre.
En voici une première, tristement commune :
L'homme est il programmé pour détruire la terre ?
Une des premières catastrophes évolutives fut une forme de vie rejetant de l'oxygène et provoquant un refroidissement sans précédent de l'atmosphère. La vie a alors produit une forme de vie absorbant l'oxygène et émettant du CO2. Si cela n'est pas un miracle du hasard, qu'est-ce que cela dit de l'évolution de la vie ?
Nous sommes dans une crise évolutive similaire.
Seul un après l'homme sauvera l'humanité de l'impasse collective systémique qu'elle produit.
C'est une autre manière d'être qu'il faut chercher et non des solutions mentales qui on le voit sont noyées dans le bouillonnement obscur de l'humanité actuelle...
L'homme est un pont, nous disait déjà Nietzsche. L'univers est une machine à faire des dieux, nous écrivait Bergson. Nous évoluons avec l'horizon d'un point Omega selon Pierre Teilhard de Chardin. L'homme est un être de transition, disait Sri Aurobindo avant Bergson et Teilhard.
Satprem, qui a vécu l'impasse de l'humanité à Buchenwald, écrit La Genèse du surhomme ; il y décrit un processus psycho-physique d'évolution. Est-ce un délire ? Une évolution consciente de notre manière d'être physique est-elle impossible ? Ou au contraire, est-ce ce à quoi la crise évolutive actuelle pourrait mener positivement ? On ne sait pas ce que peut un corps, disait Spinoza déjà, il y a quelques siècles, avant que le fait évolutif ne soit matériellement connu.
Notre dogmatisme religieux et notre arrogance mentale technoscientifique nous ont empêché de voir venir cette crise et ceux qui veulent continuer à perpétuer ce monde humain l'accélèrent...
Dès lors voici une autre sensibilité et son genre de questionnement :
Un curieux dogmatisme matérialiste fixiste au niveau des possibilités de conscience pourrait-il nous faire manquer un fait évolutif en cours ?
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| Les nouveaux êtres selon Niranjan Guha Roy |
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| Œuvre de Niranjan Guha Roy |
18 juillet 2023 - 3 novembre 2025












