jeudi 22 juillet 2021

PRIÈRE POUR UN EVEIL SANS EGO-CENTRISME

Tableau de Niranjan Guha Roy


Ce n'est pas l'éveil qui apparaît et disparaît, ce sont mes tendances ego-centriques.


En d'autres mots, ce n'est pas la lumière de Dieu qui apparaît ou disparaît, c'est mon ego qui l'oublie et lui tourne le dos ou qui consent par sa grâce la plus discrète à s'y soumettre.




Et moi qui peut voir Ta lumière dès que j'y songe,
comment puis-je vivre encore une seule seconde en me détournant de Toi ?


Oui !Toi seul est mon Être, la paix et l'égalité vraie en moi.


Mais, je T'en prie, donne-moi de me fondre tout entier en mon âme, cette flamme sans fumée tout au fond de la caverne du cœur, par quoi ma volonté ne sera plus qu'une avec Ton Devenir.




2019 - JUIN 2020 - JUILLET 2021



vendredi 16 juillet 2021

EFFORTS ET NON EFFORT dans une spiritualité de l'évolution consciente de la conscience.


TANT QUE LE DESIR DEMEURE, L'EFFORT PERSONNEL EST NECESSAIRE POUR TROUVER LA JUSTE HARMONIE DE L'ÊTRE ET DU DEVENIR.

Si le point d'achèvement de la recherche spirituelle est la réalisation de la vacuité, celle-ci prendra place sans effort de notre personne. Il est là, Le Soi véritable, notre essence, sans effort, présent en tout point de la conscience.

Mais à la lumière du Soi, lui-même, tant qu'il y aura désir, rétrécissement de notre attention à un individu désirant, un effort demeurera nécessaire pour revenir à ce que nous sommes. 

La fin de la recherche spirituelle n'est pas la fin de l'aventure spirituelle. La découverte du Soi n'est pas la fin de l'évolution auto-créatrice de ce Soi.

Un effort est juste un désir personnel allant à l'encontre d'autres désirs.

En quel sens revenir au Soi auto-créateur sera alors l'objet d'un effort ? C'est toujours un désir ou une flamme d'aspiration personnels qui nous feront remonter un courant en sens contraire du désir qui ne faisait que nous extérioriser et ne plus participer pleinement à la vie créatrice. 

Mais l'effort personnel de l'amour du divin, c'est se remettre disponible à une joie sans objet au lieu de s'enchaîner à un effort pour obtenir un plaisir fugitif ou une frustration. L'effort personnel d'apprendre à aimer, à reconnaître le chemin de l'amour du divin qui s'aime à travers nous mène à la dimension créatrice de l'amour et nous libère de ses perversions consommatrices.

Pour l'ascète, la solution est de ne plus agir : l'ascète ne veut rien que le Soi éternel et ne plus rien désirer sauf le silence et l'immobilité du Soi. 

Ici, il ne s'agit pas d'éradiquer le désir et son énergie vitale. Si le Soi a produit le monde et le désir, si le Soi est le monde et s'exprime au travers du désir, nous aspirons à devenir plus conscient de notre participation à l'autocréation du soi. Nous aspirons à soumettre nos désirs à une évolution créatrice. Il ne s'agit plus d'agir seulement pour la satisfaction de cet individu que nous sommes, y compris en désirant l'ascétisme, mais il s'agit vraiment dans la liberté d'être de participer de plus en plus fluidement et intégralement à l'action du Devenir.

Si, dans l'Être, nous sommes le Soi universel et dans le Devenir, nous sommes une âme, une individuation du Soi sans mélange, qui aspire, il y aura de moins en moins d'effort personnel. Car alors c'est la force vraie et fondamentale du Devenir, l'intelligence évolutive qui agira dans sa continuité intrinsèque avec cette flamme d'aspiration de l'âme.


jeudi 15 juillet 2021

QUAND NOUS DÉCOUVRONS L'ÂME par Satprem

L'âme libérée de sa prison par Amita Guha Roy


La naissance psychique selon Satprem dans Sri Aurobindo ou l'aventure de la conscience.


Les premières manifestations du psychique sont la joie et l’amour. Une joie qui peut être prodigieusement intense et puissante, mais sans exaltation — tranquille, profonde comme la mer — et sans objet. La joie psychique n’a besoin de rien pour être, elle est ; même au fond d’une prison elle ne peut s’empêcher d’être, car c’est un état, non un sentiment, comme la rivière qui coule et qui est joyeuse partout où elle passe, sur la boue ou les rochers, dans les plaines ou les montagnes. Un amour qui n’est pas le contraire de la haine et qui n’a besoin de rien non plus pour être, il est ; il brûle tranquille en tout ce qu’il rencontre, tout ce qu’il voit, tout ce qu’il touche, parce qu’il ne peut s’empêcher d’aimer, c’est son état ; rien n’est bas pour lui, ni haut, ni pur, ni impur ; sa flamme ne peut être ternie ni sa joie. D’autres signes encore le révèlent : il est léger, rien ne lui pèse, comme si le monde était son jeu ; il est invulnérable, rien ne le touche, comme s’il était à jamais au-delà des tragédies, déjà sauvé de tous les accidents ; il est le mage, il voit ; il est tranquille, tranquille, comme un petit souffle au fond de l’être ; vaste comme s’il était la mer pour des millions d’années. Car il est éternel. Et il est libre, rien ne peut l’attraper ; ni la vie, ni les hommes, ni les idées, ni les doctrines, ni les pays — il est par-delà, toujours par-delà, et pourtant innombrablement au cœur de toute chose, comme s’il était un avec tout. Car Il est Dieu en nous.



Gardien du feu par Harald Datis

A lire en écho avec :





mercredi 30 juin 2021

L'ÂME EST UNE REALISATION NON DUELLE


 L'âme n'est pas l'ego, c'est une individuation du Soi, c'est un nœud individuel de l'unique lumière, une perle de joie pure et sans objet qui grandit en un feu tout au fond du cœur tout en arrière. 

C'est l'Eros de Socrate, c'est l'étincelle divine de Maître Eckhart, c'est la flamme grande comme un pouce de la Katha Upanishad (2.I.12-13) ou le feu du cœur chez les stoïciens

L'âme n'est pas l'ego, notre vraie personne n'est pas un tas de masques derrière lesquelles des forces universelles inconscientes mènent leur jeu.

Il n'y a que Cela, ceci n'empêche pas que Cela est transcendance (une réalité en dehors de tout), Cela est tout et Cela est processus d'individuation. 

S'éveiller à la vie sans forme est le constat d'une vacuité, d'une lumière intérieure. Mais dans cette illumination, on peut rester aveugle à l'âme

C'est quand cette illumination illumine le fond du cœur là où présence personnelle et présence impersonnelle ne font qu'un que l'âme peut prendre sens. 

Autrement dit, c'est une grâce et la croissance de l'âme à travers nos dimensions mentales, émotionnelles et pulsionnelles qui amènent cette prise de conscience. C'est la grâce du devenir du tout qui dévoile dans notre personne une dimension individuelle de la lumière divine. Ce devenir du tout, en Inde, c'est la Mère divine, la mahashakti, la prakriti supérieure. Cette dimension individuelle de la lumière divine est ce que l'Inde appelle le Purusha. 

Purusha (sanskrit IAST : puruṣa ; devanāgarī : पुरुष) signifie « mâle, homme, personne, héros | fonctionnaire, serviteur | principe vital, esprit | âme de l'univers » selon le Dictionnaire Stchoupak Sanskrit-français.

Notre personne doit se transformer dans le creuset du cœur pour que l'âme émerge de plus en plus... 

Quand l'âme émerge, elle a ses propres initiatives. Même si demeurent des éléments non intégrés qui font un extérieur alors qu'elle est l'intérieur, son action d'intégration peut se déployer plus librement que lorsque nous n'étions pas consciente d'elle. 

Et on peut donc ne pas être consciente d'elle, même si le Soi est réalisé comme espace vide d'accueil. Par contre, l'âme ne saurait être réalisée sans la réalisation de cette lumière spirituelle du Soi dont elle est une dimension subtile.

J'avoue que c'est comme un éveil dans l'éveil. Et beaucoup au nom de l'éveil au Soi diront que ces histoires sont illusoires. J'aimerais qu'ils se souviennent de leur temps d'ignorance du Soi, l'ignorance de l'âme est du même ordre, on l'ignore alors qu'elle est là en arrière-plan dans le cœur, cachée dans les ténèbres lumineuses du Soi.

La Katha Upanishad situe ce Purusha dont l'âme est l'émanation au fin fond du Soi (L'Atman, traduit ailleurs comme Le moi) (2-III-7-9 et 2-III-17) :

Au-dessus des sens, se trouve le mental ; au-dessus du mental, se trouve la pure lumière; au-dessus de la pure lumière le majestueux Atman ; au-dessus du majestueux Atman, se trouve le Non-manifesté.

Au-dessus du Non-manifesté, se trouve le Purusha, omnipénétrant, sans signe emblématique. Celui qui le connait est libéré et parvient à l'immortalité.

[...]

Le Purusha, de la taille d'un pouce, siège en tant que l'Atman Intérieur dans le cœur des créatures. 

 

Ainsi au début avant de croître et d'émerger en avant, l'âme peut s'apercevoir tout derrière le centre du cœur, elle est un centre lumineux pas plus grand qu'un pouce, une flamme qui ne brûle pas (Katha Upanishad, 2- I - 12-13 et 2 - III -17) . Et déjà, cet aperçu donnera au cœur toute sa capacité d'ouverture, il le connectera à la Joie et à une égalité fondée sur la douceur.

Quand, à la lumière du Soi, l'âme émergera vraiment en avant, elle procédera à une purification impitoyable de tous les attachements de notre ancienne vie animale. Le désir perdra son sens, seule la soumission à l'action divine importera.

La participation de plus consciente à un devenir évolutif ne sera plus seulement liée à une compréhension mentale et à une foi dans le devenir. Elle ne sera plus liée seulement à des expériences passagères d'une force descendante. 

Nous deviendrons des fils/filles de Dieu en devenant psychisés, transformés par notre âme et sa secrète complicité avec la dynamique évolutive de la nature, le devenir du tout, la Mère universelle.

Nous deviendrons de plus en plus conscient de tout l'arbre de Vie dont les racines sont divines et attachés aux cieux et dont le feuillage est l'univers matériel en devenir.



mardi 22 juin 2021

L'EGALITE D'ÂME SELON NIRANJAN GUHA ROY

La Reine - Tableau de Niranjan Guha Roy

On trouvera l'article original ici :  https://www.motherland-guharoy.net/l-egalite-d-ame-2/

L’égalité d’âme

Il y a seulement un chemin pour sortir des agitations causées par le mental. Tel que le monde est, il est très difficile de dire ce qui est vrai, ce qui est faux. Nous avons tant d’attachements, de préférences, d’idées préconçues, sans mentionner nos réactions personnelles. C’est seulement quand nous aurons acquis un détachement parfait, une égalité dans le cœur et le mental qu’il y aura la possibilité de voir les mouvements tels qu’ils sont réellement.


On peut développer une indifférence qui ne se soucie de rien ou bien un détachement total mais cela nous emmène graduellement très loin de la vie. Mais si nous devons vivre dans le monde au milieu des batailles et des luttes incessantes, de ses espoirs et déceptions, de ses mille forces en conflit permanent, on doit d’abord développer la force du guerrier basée sur l’égalité et puis suivre les commandes de l’âme.


Dès que nous devenons conscients de l’âme, on s’éveille aussi à un autre état de conscience, différent du mental et du cœur ordinaire et notre recherche nous apporte la révélation progressive du mystère divin. Alors tout en restant dans le monde, et pourtant au dessus de tout conflit, non affecté par aucun évènement, nous faisons la volonté divine dans le monde, et progressons vers une nouvelle vie de plus en plus spirituelle.


Mais l’âme secrète dans le cœur doit être trouvée


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N.Guha Roy 1986

dimanche 13 juin 2021

L'ÂME DU DESIR SELON NIRANJAN GUHA ROY




L’Âme du désir
L’animal redoutable, rusé, puissant, inlassable court dans les artères, les veines, les nerfs, dans tous les organes de notre corps. Toutes nos sensations, émotions, pensées, en somme toute notre conscience et par conséquent toutes nos actions et notre relation avec le monde tout est ouvertement ou subtilement teinté, perverti par cet animal qu’on peut appeler l’âme de désir. Elle a tissé sa toile épaisse et dure autour de l’âme véritable, l’être psychique. Si nous voulons nous libérer de son emprise maléfique, fatale, il faut éliminer tous les désirs mondains et aspirer uniquement à la lumière et à la paix, à l’harmonie divine, aux trésors inépuisables de l’Esprit éternel. Chaque désir apporterait dans son cortège luttes, violence, drames épuisants, fatigue et déception cruelle. Laissons au Divin tous les soucis, toutes nos aspirations, enfin l’accomplissement de notre vie. Dans sa sagesse infaillible, Il nous mènera, à travers toutes les difficultés, tous les dangers, les erreurs et les écueils, lentement mais sûrement vers la Lumière, la Connaissance, la Joie, la certitude, la Présence souriante du Divin. Le don de soi n’est pas facile à notre nature égoïste et ignorante, mais la grâce qui répond à notre moindre appel accomplira ce miracle. Au fur et à mesure que notre don de soi progresse, nous devenons conscients de la Suprême Shakti comme la Mère divine qui entreprend la transformation de la nature obscure, aveugle, humaine en une nature progressivement divine. Le don de soi est le seul moyen d’émerger du cauchemar de cette vie dans la paix et l’harmonie de la vie de plus en plus divine.


 
Om namo bhagavate
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Niranjan Guha Roy - 2000


D'autres articles de Niranjann Guha Roy ici :


mercredi 2 décembre 2020

LA PASSION DU BIEN, DU BEAU ET DU VRAI PEUT DEVENIR NON DUELLE



Certaines expressions de la non dualité à travers ceux et celles qui s'en réclament m'étonnent. 

Ainsi, un(e) représentant(e) du néo advaïta va défendre habilement la passion sexuelle sans y voir la moindre dualité. 

Et après, il va vous expliquer que votre passion de la justice a des parfums de dualité ! 

Il est vrai que le sexe peut être impersonnel alors que la justice absolutise une certaine notion de personne.

En ce qui me concerne, dans l'ouverture de la conscience,  le vide et la forme ne font qu'un. Le vide impersonnel et les personnes ne font qu'un : multiples visages d'un "je suis" sans visage.

Tant qu'il y a une distance entre ma vraie nature et les traits de nos personnes, l'ego séparateur demeure. 

Parfois, ceci m'est difficile à reconnaître : bien que je me suis déjà désillusionné de la conscience égocentrique, bien que l'ego n'occupe plus le centre, il reste à voir qu'il y a encore de la distance ou une subtile séparation. Ne nous voyant plus au centre, on se dit sans ego mais en périphérie il est là, bien là et se maintient volontiers avec ses ombres loin de cette lumière qui se tient désormais au centre. 

Tant qu'il y a cette distance entre la présence de notre vraie nature et des traits de mon ego, alors j'ignore la flamme du cœur qui fait naître le sens de la vraie personne et broie vraiment les désirs de l'ego.

S'approcher du cœur n'est pas une partie de plaisirs.

Cependant, il y a là une joie qui brûle d'être quoiqu'il se passe. 

Seule cette joie au fond du cœur rend concret le sens profond d'un amour absolu en lequel l'autre en sa vraie personne est aimé comme soi-même. 

Ce genre de proposition spirituelle occidentale prend ainsi son sens dans un espace non duel et, au fond, les limites morales du néo-advaïta ne doivent pas nous faire négliger sa pédagogie pour que  puisse se réaliser l'espace de conscience non duel. 

Mon cœur m'individue et se passionne pour l'individuation des autres, car il n'y a qu'un seul cœur, qu'un seul et même amour. C'est lui seul qui se découvre ouvert dans les replis de l'espace non duel. 

Ma passion du juste, du beau, du bien ressort transfigurée. La passion du juste, du beau et du bien d'un ego n'est le plus souvent qu'une posture pour opposer sa volonté à celle du divin amour qui, lui, tolère ce qui le déforme, l'outrage ou lui résiste. Il fait bien plus que tolérer : il se donne à être sous la forme de ce visage grimaçant de haine, il est aussi sous cette forme impermanente balayée par la vie et dont le souvenir n'existe pour personne.

L'amour n'est pas de ce monde, mais il lui donne vie et, en secret, il en est le ferment qui le fait grandir et évoluer. Ma vraie personne ne peut que le servir en laissant parfaire tout ce qui la compose. 

Cela n'a rien d'une perfection calculée et pensée, cela n'a rien d'un volontarisme ou d'un idéalisme, c'est simplement se laisser entrer de tout cœur dans le courant évolutif.