Objecteur - Tu n'as que Mère à la bouche. Douce Mère par là, Mère divine par ci ! Ta déesse Mère se substitue à Dieu, ce mot éculé et patriarcal. Mais c'est encore, semble-t-il, de la religion qui t'habite, une croyance religieuse, un récit, une histoire pour vivre plus rassuré les événements chaotiques de ces temps.
Pourquoi tu as besoin de ce galimatias, dans mon expérience, la Réalisation de la Conscience suffit. En cet Ouvert, tout surgit sans besoin de récit pour espérer, sans besoin fondamental de quoi que soit d'autre que cette liberté et de cet accueil. Pourquoi surajouter du sens religieux à l'Ouvert ?
L'Ouvert, ce n'est personne, ni un Dieu le père, ni une déesse Mère. Être Ouvert, ce n'est ni prier, ni espérer, c'est laisser Être. Même pas trace de lâcher prise. Qui lâcherait quoi que ce soit ? L'Ouvert s'ouvre sur un espace de conscience s'autocréant dans ses apparences. La liberté de l'Ouvert est sans histoire. Des histoires, des mémoires surgissent mais accueillies dans un détachement sans histoire.
Réponse du cœur à mon objecteur - Mère, c'est le flux principal du Devenir. Et si quelque autre semble aller autrement, ce ne sont que des courants contraires momentanés qui sont toujours des effets du courant principal. Mère, ce n'est pas une croyance, c'est une expérience spirituelle et un ensemble de réalisations, de manifestations qui, pour se dévoiler, vont avec des progrès individuels, collectifs et cosmiques. La spiritualité ne se résume pas à la réalisation d'un Être en dehors du Devenir qui apaisera toutes nos angoisses au sujet du Devenir !
Aimer la Mère, aimer le Devenir, Oui. Adorer la Mère et ne pas s'offrir au Devenir ? Non.
Avoir confiance en Mère, la dimension personnelle du Devenir, c'est d'abord ressentir une foi en la vie, sans dogme mental, sans sentimentalisme ou enthousiasme vital déplacé mais aussi sans volontarisme artificiel. Le cynisme, le nihilisme, ou toute mise en scène égoïstique pour s'emparer, rivaliser, détruire, etc. sont la foi pervertie, ce sont des perversions du cœur. Beaucoup de phénomènes religieux s'inscrivent là-dedans. Et là encore, si tu suis ma vision, cela se ramène à des flux du Devenir éloignés en apparence du flux principal mais qui comme toutes les eaux du fleuve du Devenir parties des sources divines reviendront magnifiées à Son océan Divin.
L'Amour de la vie, cela peut donc être un Amour profond vraiment impersonnel du Devenir. Mère en Inde est la Shakti. La Shakti a autant une dimension impersonnelle qu'une dimension personnelle. Dans l'expérience, par exemple, sa présence impersonnelle est décrite par ceux qui en témoigne comme une lumière blanche intérieure qui dirige consciemment les forces d'action. Il y a tant de conscience que cela, immanquablement, se manifeste aussi sous des formes personnelles diverses.
Ceux qui parlent d'expérience de mort imminente ont aussi ce type de vécus diverses entre lumière consciente de conscience force et personnalités divines diverses.
Moi aussi, je suis d'abord parti d'une expérience spirituelle de l'Ouvert plutôt impersonnelle. Mais il y avait des expériences avec plus de conscience qui se produisaient. Cet éveil de l'Ouvert voilait du subconscient qui me déterminait soutairennement et du supraconscient qui disait des degrés de liberté potentiellement plus vastes. J'en concluais que mon expérience de l'Ouvert se situait dans des ténèbres lumineuses qui pouvaient être illuminées.
Si tu as une aspiration, toi aussi, pour explorer d'autres possibilités de conscience, tu peux lire ce qui suit.
Réponse philosophique d'ordre phénoménologique -
Dans l'ouverture de l'Ouvert, il y a Être atemporel, mais ce qui s'ouvre en l'Ouvert déjà comme Ouvert est Devenir. L'autocréation n'est pas en avant de l'Ouvert, L'Ouvert lui-même s'autocrée, c'est un "il y a". Dans l'acte pur d'"il y a", plus vif et impensable que le déploiement total d'une infinité, n'y a-t-il pas coïncidence de l'immuable et du muable, du Devenir et de l'Eternité ? L'autocréation n'est pas un "au sein de l'Ouvert", l'autocréation est la substance première purement relationnelle de l'Ouvert qui s'ouvre multiplement. La conscience ne se limite pas à un espace temps dans l'Ouvert, l'Ouvert est l'acte pur de la Prise de Conscience originaire, l'acte pur d'une Prise de Conscience autocréatrice avant tout temps et tout espace.
L'Ouvert est Prise de Conscience automanifestée du Divin lui-même par les filtres de nos individualités. En effet, il s'agit quelque part d'une Prise de conscience impersonnelle, d'un il y a de pures perceptions, d'énergies, de forces, etc. En même temps, il s'agit aussi à l'évidence d'une Prise de conscience individuée, unique Première Personne d'une multitude de personnalités et unique spectatrice accueillant les impressions des choses.
Dans quelle mesure ces filtres mentaux, vitaux et physiques suscitent-ils les ténèbres masquant le supraconscient et le subconscient qui épisodiquement montrent leur présence en l'Ouvert ? L'impression de percevoir l'Ouvert par delà la sphère mentale paraît bien faussée si, par définition, on en privilégie telle interprétation contre telle autre au motif qu'on n'en a pas l'expérience ou qu'elle nous semble impossible. Bien sûr, il ne s'agit pas de concepts, il s'agit d'une intuition perceptive. L'animal, lui aussi, a, à l'évidence, un vécu de l'Ouvert. Le poète Rilke a certainement raison contre le philosophe Heidegger, qui, lui, le nie au nom d'une association d'une conscience de l'Ouvert à celle de notre finitude humaine, dont le point saillant est notre conscience de la mort. En fait, la conscience de l'Ouvert en son caractère atemporel, d'une part, et le rythme de sa simple présence instantanée, d'autre part, ne suppose pas forcément une conscience de la mort. Admettre ce point est paradoxalement reconnaître des degrés de conscience divers et une intuition commune de l'Ouvert propre à la vie des vivants.
Pour réaliser cette Prise de Conscience qui transcende personnel et impersonnel, Être et Devenir, ou en avoir une expérience, il faut déjà que notre voilement de ténèbres lumineuses se retire assez ou devienne assez transparent, il faut que l’œil de conscience propre à notre vécu de l'Ouvert devienne plus pénétrant.
Ici même, si l'on prend l'idée de la grande Non dualité que "Tout est CELA" au sérieux, en le premier vécu de l'Ouvert où il y a encore un englobant et un englobé, se dévoilera en un Devenir que Tout est le Divin, par le Divin, à travers le Divin en train de se dévoiler Divin. L'évolution de la conscience de l'Ouvert sera un dévoilement du Divin toujours déjà involué.
Comment dès lors se contenter de mettre d'un côté, un immuable et de l'autre un immuable ? Ou encore de croire séparer un Rien et le Tout ? Réduire le Tout au Rien, oublier tout Rien du Tout : ce sont deux façons de manquer de pénétrer le mystère de "Je suis Cela" à la croisée du Rien de Conscience et de la Conscience cosmique. Or la pénétration de ce mystère de "Je suis Cela" à la croisée de l'Être et du Devenir approfondira notre Conscience cosmique qui, pour nous, demeure subconsciente matériellement et supraconsciente spirituellement surtout du point de vue de son autocréation.
Associer l'Ouverture de l'Ouvert à l'immuable et le muable à ce qui s'ouvre en l'Ouvert revient déjà à relativiser le Devenir par rapport à l'Être. Ceci revient à affirmer comme les platoniciens que ce qui se manifeste est une perte d'Être, un moindre Être. Le Devenir serait réduit à une perte d'Être. Ce n'est plus, aujourd'hui, mon expérience vécue fondamentale de l'Ouvert. Ceci formait mon expérience vécue tant que mon égo mental subsistait assez dans l'Ouvert avec ses désirs propres et ses pulsions propres, pour ressentir d'un côté un monde de devenir spatio-temporel et de l'autre une réalité atemporelle. Pour l'égo, par nature condamné à s'effacer, soit par la mort, soit par le service du Divin, cela semble réel : le devenir personnel est alors une perte d'être seulement surmontable en son annihilation en l'Être véritable. Et certes, la perte d'Être se poursuit inéluctablement tant que notre vie humaine se focalise sur nos désirs humains et, en amont, accepte de se soumettre à nos appétits animaux, à nos circonvolutions du mental physique.
Mais, par ailleurs, les platoniciens eux-mêmes parlent d'un amour du vrai, du juste et du beau, d'une aspiration à la perfection qui n'est pas le besoin pulsionnel ou le désir matérialiste. Cette aspiration à plus de perfection, cet Amour du Divin est le fond vrai de notre individualité, ce qui fait de quelqu'un ou d'une personne qu'elle a une âme. Notre réalité psychologique se déploie sur un fond réellement psychique et un complexe égoïque d'une foule amorphe de personnalités, de volontés divisées, de désirs incohérents, etc. Ce mouvement psychique surmonte la déficience d'être de l'ego, du désir et des pulsions mais pas forcément en se détournant du Devenir, y compris chez les grecs de l'antiquité eux-mêmes. Dans l'univers de la sagesse grecque, la psychè, l'âme, l'être psychique est liée à Eros, à la fois le Divin originaire, la Source et le besoin d'Être, la soif du Devenir DIvin à la Ressource intarissable. Mon vécu d'une aspiration psychique s'est peu à peu distinguée de mes désirs ou des pulsion, elle m'a découvert en sa racine une âme, une individuation vraie de l'Ouvert.
Mais cette individuation est dans mon expérience liée à un processus d'incarnation et non du côté d'une aspiration à une vie spirituelle désincarnée. Si mon action participe de plus en plus consciemment au Devenir le plus profond, elle se réalise de plus en plus participant par essence d'une autocréation consciente, le "il y a, ouverture de l'Ouvert"
Dans ma vie vécue en l'Ouvert, la Mère Divine est une manière de nommer une dimension de la Prise de Conscience personnelle du Devenir inhérent à l'Ouvert, une réalité personnelle divine de "Il y a ouverture de l'Ouvert". Ce que j'appelle Mère divine est, pour moi, une expérience concrète récurrente d'une Âme de toutes les âmes, la Réalisation d'une source avec une dimension personnelle du flux de toute individuation vraie à l’œuvre dans l'Ouvert.
A un extrême, il y a le temps mental, une construction avec des ordres de grandeur comme une seconde, deux ans, mille ans, etc. Cette construction, je ne la confonds pas avec le Devenir de l'Ouvert en tant que telle. Une âme, c'est à la croisée du Devenir et de l'Être, c'est une expérience d'une réalité tempiternelle. Tu demandes ce que j'entends par tempiternité. L'aspect de cette expérience tempiternelle la plus immédiate est, selon moi, celle de la famille de la madeleine de Marcel Proust dans A la Recherche du temps perdu. Soudain une sensation nous fait faire un revécu vivant et présent de ce qui avait eu lieu dans le passé, un morceau de vie en Devenir surnageait donc dans l’Éternité. Ce n'est pas qu'une mémoire vive, c'est une réminiscence, il y a un accès à des vécus éternisés de notre vie individuelle.
Notre individuation vraie est le fruit d'évènements inscrits en éternité, à la croisée de l'Être et du Devenir, du non temps et du temps.
Le "Tu es Cela" des Oupanishads ne peut pas plus valoriser soit l'Être soit le Devenir.
Si tu relavises l'Être, un pur multiple décrit un devenir inconscient de lui-même, rien ne s'unit absolument. Toutes les configurations deviennent toutefois possibles ! Si tu relativises L'Être, certes Tout devient masque, paraître. L'imagination créatrice cependant n'aura aucune limite. Si tu relativises l'Être, ton vécu de l'Ouvert se limite à une perspective parmi d'autres, l'ouvert de l'un ne peut pas comprendre l'ouvert de l'autre. Des muets parlent à des sourds. De vagues secousses d'épidermes font un commun. L'harmonie devient ici un fantasme. Agitation, stress, absurde triomphent. Bien que détachées des chaînes de l'immuable, les imaginations et les possibles se focalisent sur le drame. La vie n'est pas belle, seules les images de la vie le sont, dirait Schopenhauer. Tu ne paraît pas dogmatique mais tu bâtis une religion nihiliste !
Si, au contraire, tu relativises le Devenir, tu cherches à te relaxer du Devenir qui te traverse et qui s'étend dans l'Être immuable de l'Ouvert. Tu apprécies la paix et tu déprécies la vie. Là tu dogmatises. Tu adores un édifice, une tradition, et tu rejettes toute évolution, toute création. Tu nourris un traditionalisme religieux.
A vrai dire, dans ces diverses relativisations au dépend d'une vérité au-dessus des contradictions et mettant toute chose à sa place, il y toujours notre vie de sujet qui fait comme une ombre dans l'Ouvert qui ne te permet pas de voir vraiment le Devenir à sa source.
Voici l'invitation : il s'agit de mieux voir en l'Ouvert, là où en Cela, encore Un, rien ne distingue Être et Devenir, là où Cela ne montre aucune préséance de l'Être sur le Devenir ou du Devenir sur l'Être.
Comment mieux voir en l'Ouvert et mieux voir l'articulation de L'Être et du Devenir ?
Parmi les sentiers spirituels, on distingue usuellement la voie de la connaissance, la voie de la dévotion et la voie des œuvre.
La voie de la connaissance est celle que ma phénoménologie spiritualiste a emprunté dans un dialogue critique avec la tienne. En évoquant la dimension personnelle du Devenir comme la Mère de mon individuation vraie, je suggère bien sûr la nécessité de compléter la connaissance par une voie de dévotion. Celle-ci révèlera par le ressenti des réalités et expériences d'Union avec le Divin. L'Amour de la Sagesse est un sens de la démarche philosophique fort souvent oublié. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point, dit Pascal. Cette citation bien comprise suggère que le cœur, lieu d'intuition, transcende intelligence émotionnelle, finesse de ressentis autant que solides raisonnements ou esprit de géométrie. C'est au fond du cœur que notre Amour fera l'expérience de l'union au Divin. Un lien substantiel nous relie là au Divin, notre dévotion peut nous faire réaliser être une individuation divine engendrée dans la substance même du Divin.
Et par ailleurs, s'il s'agit de mieux voir à la croisée de l'ouverture et de ce qui s'ouvre, notre besoin est de mieux discerner à la croisée du voir et de l'action, de la contemplation et de l'activité. Une voie de la connaissance pragmatique s'impose. Et donc s'il s'agit mieux voir à la croisée de la contemplation et du contemplé en Être et en Ðevenir, le sentier de la voie des œuvres devra être exploré ardemment.
Voir le non effort inhérent à l'Ouvert revient à privilégier l'ouverture toujours déjà là L'Être et déjà cela risque encore de relativiser le Devenir. La voie de la connaissance dogmatique efface la profondeur pragmatique de l'action !
Pour moi, c'est dans l'effort de l'action que je découvre non seulement un non effort mais que je découvre aussi que l'effort qui se maintient n'est pas mon œuvre personnelle, mais des courants de forces conscientes de l'œuvre divine en perfectionnement de sa propre autocréation. Sur la voie des œuvres, il n'y a pas essentiellement découverte d'une illusion de l'effort mais d'illusions sur l'auteur et l'intérêt de l'effort. Certes il y a un non effort de la Conscience, une ouverture sans effort à ce qui se manifeste. Mais ce non effort n'abolit pas le fait de courants de conscience énergétiques parcourant sa vacuité. L'effort ici à mieux vivre, à mieux dévoiler n'est pas uniquement celui d'un individu empêchant la dispersion de sa concentration. La révélation essentielle en jeu concernant l'effort sera celle d'une force de Conscience, d'un courant du Devenir modifiant en moi les filtres et manières d'être imparfaits de mon mental, vital et physique, modifiant les courants ordinaires de mon humanité. Les courants ordinaires du devenir suivent le cours des pulsions, des désirs : les activités servant la persistance de la nature nous laissent loin d'une Prise de Conscience du Devenir. A partir d'activités servant uniquement la perpétuation de la nature, l'essence du Devenir reste bien enténèbrée. Les intérêts qui m'amènent à vouloir agir sont souvent illusoires et trompeurs même si en arrière-plan tout se colore d'un non-agir impersonnel en la conscience de l'Ouvert. Le désintéressement nous rapproche davantage du flux principal du Devenir et de son mystère à sa croisée de l'Être, quoique mes impressions d'être l'auteur, même désintéressé, sont aussi une ignorance à dépasser.
Une nouvelle connaissance surgit en l'Ouvert au-delà des savoirs, elle n'est plus réductible à une phénoménologie de l'Être. Cette nouvelle connaissance émerge en dissipant ou en dépassant les ténèbres lumineuses de l'Ouvert grâce à des luminosités jusque là inconnues. Elle s'apparente davantage à une phénoménologie pragmatique à la croisée de l'Être et du Devenir qu'à une phénoménologie axée sur la fixité de l'Être. Ce sont des actions pratiques qui facilitent l'émergence en l'Ouvert de nouvelles formes de connaissance.
L'intuition de l'Ouvert la plus immédiate nécessite l'intuition la plus instinctive. Rilke a certainement eu la connaissance de sa présence intuitive pour l'animal. Nos savoirs mentaux nous permettent une représentation mais son vécu intuitif demeure premier. Et l'animal muet rencontré en cet Ouvert commun est notre frère.
Notre célébration mentale de l'Ouvert ne nous éloigne pas tant que cela de la conscience animale de l'Ouvert. Mais dans une pratique pragmatique, il y a évolution consciente de notre conscience. Au niveau mental déjà, la capacité mentale d'estimer des quantités et des rapports peut connaître des sauts qualitatifs de la petite enfance à la préadolescence. La plasticité mentale elle-même évolue en fonction de nos mentalités. Les travaux de Ken Wilber rendent compte de cela. Pour nous, l'évolution consciente de la conscience peut aller plus loin encore grâce à des pratiques de spiritualisation concentrée. Sri Aurobindo a décrit des plans de connaissance surmentaux et supramentaux. Décrire ces plans sur un plan inférieur présente peu d'intérêt. Par contre, détailler les pratiques de spiritualisation qui permettent d'y accéder revient à fournir une cartographie permettant d'explorer réellement ce qui relevait du mystère. Le dévoilement du domaine intuitif et la levée des ténèbres lumineuses limitant notre perception de l'Ouvert (à partir de l'Ouvert et de l'essence de l'Ouvert).
Le sentier des oeuvres ne culmine pas seulement dans une nouvelle luminosité connaissante au-delà des savoirs. Reste encore une étape vers la Prise de conscience de l'auteur Divin du Devenir, celle de s'offrir et de se consacrer à cette Conscience force directrice de tous les devenirs, y compris donc des flux de perpétuation.
En sanskrit la Shakti désigne les flux principaux du Devenir, prakriti les flux de perpétuation de la Nature manifestée. Cette étape de dévotion à l'action de la Shakti vise à dépasser toute illusion d'être l'auteur d'une action quelconque y compris celle de s'offrir et de se consacrer.
Cette dévotion d'offrande et de consécration devra s'initier depuis notre âme vraie, notre individuation du Divin pour révèler par la suite les dimensions personnelles du Devenir.
Alors deux dimensions personnelles originaires à la croisée de l'Être et du Devenir se révèleront : la Mère Divine, la MahaShakti et aussi l'Âme de la manifestation, qu'en sanskrit la Bhagavad Gîta nomme Purusha suprême ou Uttama Purusha ou encore Purushottama.
Tout Purusha est ce détachement permettant la maîtrise, notre individuation vraie en est un, le Suprême est le détachement du Devenir qui en a la totale maîtrise. Mère est l'amoureuse du Purusha, sa volonté exécutrice, son pouvoir d'exécution.
Au-delà des savoirs, sur la voie des œuvres, à la confluence de la voie de la connaissance et de la dévotion, il y aura la reconnaissance intime de la relation première d'Amour créateur où s'embrassent Être et Devenir, la Mère et le Suprême.
Ce seront peut-être d'abord des expériences mais comme au départ de notre cheminement la présence de l'Ouvert s'expérimente discontinument, le jeu de dévoilement et voilement dure avant que des réalisations se cristallisent.
Une nouvelle fois ces rythmes suggèrent le mystère à la croisée de l'Être et du Devenir que je t'invite à explorer.