jeudi 26 août 2021

L'INTERPRETATION DE L'EVEIL DANS LA NON DUALITE MAINSTREAM PEUT LIMITER L'AVENTURE DE LA CONSCIENCE.

Quand le sans chemin s'ouvre en un chemin...



L'interprétation est souvent une pellicule de mental qui demeure dans l'œil de la vérité. Certaines interprétations s'avèrent des murs de pensées qui empêchent de voir.

La mode dans la spiritualité se référant à la non dualité est d'affirmer que personne ne s'éveille.

Douglas Harding propose des expériences pour apprendre à distinguer notre conscience personnelle, notre subjectivité de notre champ de perception, l'intériorité (de soi et du monde).

Voici une expérience :


Dans la direction du doigt, voyez-vous quelqu'un ici au centre de vous-même ? Bien sûr là-bas sur le miroir, il y a mon visage, mais ici ?


Quand on tourne l'attention vers sa source, avec l'aide de ce doigt et de questions par exemple, nos pensées qui se promènent et font le simulacre de placer notre visage et notre identité ici, ne sont-elles pas non plus périphériques à cette ouverture ici ?

Cette ouverture non en-visagée peut prendre conscience d'elle-même. C'est comme un éveil après un rêve. C'est une vision sans tête qui s'ouvre, comme y insiste Douglas Harding.

Ainsi si on effectue cette expérience de perception avec sincérité et rigueur, on peut admettre qu'ici à zéro distance, il n'y a personne. Quand on dit qu'il n'y a personne, c'est au sens de "il n'y a aucun élément de notre personnalité permanent au fond du fond de cet ICI permanent". Une perception pure englobant tout le champ des perceptions peut donc s'éveiller à elle-même en même temps qu'on fait le constat qu'il n'y a personne ici.


Mais si on se cramponne à ce genre de formulation, est-on sincère ou aussi transparent qu'on le croit dans la lumière spirituelle ainsi découverte par une telle expérience ?

De ce point de vue (l'interprétation mainstream de l'éveil dans les spiritualités de la non dualité), s'il n'y a personne ici, nul peut être fier de son éveil et nul n'a à être humble.

Pour le plaisir et la joie de l'aventure spirituelle brisant les limitations mentales, voici une autre formulation :

si demeure des pailles de notre personnalité dans l'œil de Dieu ? On peut alors être à la fois humble et fier de cette lumière par essence parfaite...

A première vue, pour un esprit perspicace qui voit à partir de l'ouverture du champ de conscience, rien n'oppose ma première formulation à cette seconde.

Cependant, imageons les conséquences pratiques de cette seconde formulation :


La phrase citée ici est inspirée d'une formulation d'Augustin d'Hippone.


Celui qui préfèrera insister aussi sur ce second type de formulation le fera, car il sera aussi un dévot.

Pour lui, la non dualité est le point de vue divin. Lorsque ce point de vue non duel s'éveille en nous, si demeurent des éléments de caractères et de désirs personnels, un point de vue dualiste relatif demeure. La voie de la connaissance peut fort bien reconnaître ces faits. Prajnanpad ou Arnaud Desjardins ne diraient pas le contraire, par exemple.

La sincérité ou le constat humble d'un défaut de transparence n'est peut-être pas possible pour certains ou prendra du temps.

« Moi seulement, moi et les autres, les autres et moi, les autres seulement. », disait Prajnanpad pour aider à se repérer dans l'aventure de l'éveil spirituel. Mais qu'est-ce faire attention exclusivement aux autres ? Une consécration à la philanthropie est-elle le sommet du chemin spirituel ? Un travail de guru menant l'autre vers une libération est-il le modèle de relation qui advient par l'éveil ? S'oublier soi-même au profit de l'autre dans la lumière spirituelle est certainement une ouverture du cœur, mais cela suffit-il ?

Personnellement, je suis amoureux de ce qui cache dans les ténèbres lumineuses. Je ne nierais pas être un dévot de Cela, l'intelligence auto-créatrice de ce qui est.

Le dévot peut faire humblement avec son imperfection consciente et encore inconsciente, Cela qu'il aime est en non dualité avec elle et peut la transformer évolutivement.



J'ai symbolisé ici par du bleu entourant l'espace visible, ce qui nous permet de rencontrer ces ténèbres lumineuses autour de la conscience comme vacuité et ouverture. Mais en les rencontrant entourant la vacuité et prolongeant l'ouverture de la conscience, on voit aussi qu'elles imprègnent tout le champ de la perception.

Le mystère de l'autocréation matérielle qui est lié sans aucun doute à ces ténèbres lumineuses m'échappe. Mais parfois une lumière intuitive en sort ou une lumière qui transfigure l'apparente pauvreté de ces ténèbres en Or, en Joie.

Quant à moi, plongeant dans les ténèbres lumineuses, je n'entrevois pas là une inconscience de Cela, mais je ressens la limitation de la conscience humaine au fur et à mesure qu'elles se clarifient dans l'expérience que j'en fais.
Qu'est-ce qui me permettrait de conclure que les ténèbres sont l'essence inconsciente du divin ? Pourquoi ne pas admettre qu'elles sont liées à mon aveuglement moi qui commence à peine à sortir de mon ignorance du divin ? Pourquoi ne pas admettre qu'une supraconscience m'échappe, même si l'éveil de la lumière spirituelle est ici indéniable ?

Et puis, dans le cœur à la croisée du visible et de l'invisible en s'enfonçant dans un passage au sein de ces ténèbres lumineuses, le dévot s'est trouvé satellisé par une étincelle divine.



Ce n'était plus comme une personne séparée de son Dieu qui s'en rapproche, mais c'était comme un acte de conscience depuis toujours influencé par une étincelle lumineuse cachée là.



Il n'y avait plus d'ego dévotionnel, il n'y avait que la source réelle divine de mon individuation dévotionnelle elle-même.


J'aimais, mais mon amour véritable était l'amour divin lui-même. J'étais le fils de Dieu et non plus un ego désirant Dieu.

« Le dévot de Dieu veut manger du sucre et non pas devenir du sucre », disait Ramakrishna.

L'ego avait été détrôné du centre en découvrant la lumière divine de la conscience. La pratique des expériences de Douglas Harding avait fait son œuvre. Mais l'ego était là encore en périphérie et il obstruait bien souvent le cœur. Ou il faussait l'intelligence intuitive de Cela par exemple en croyant encore faussement être l'auteur de l'action.



Souvent les tâches manuelles permettent plus facilement de réaliser que Cela seul agit.

Le « désir » de l'ego pour Cela en descendant dans le cœur et par son effort pour agir davantage comme instrument de Cela avait fini par faciliter un renversement que des forces plus ou moins inaperçues dans les ténèbres lumineuses avaient aussi préparé. 
Dans ce renversement, plus trace d'ego, il y avait juste un masque, un tourbillon satellite ramenant à un un feu de joie calme et tranquille individuel, un nœud individuel dans le tissu impersonnel de la lumière spirituelle. L'agrégat d'ego dévotionnel n'était plus qu'un masque agissant subtil pour que la réelle individualité puisse jouer ce rôle d'amoureux du divin.

Oui, nous pouvons manger le sucre de la Joie et de l'Amour et ne pas impersonnellement devenir ce sucre. Car l'individualité réelle est une dimension de Cela...


Dans mon expérience de l'Être et du Devenir, l'éveil au Soi impersonnel ou au non Soi des ténèbres lumineuses ne s'oppose nullement à un éveil de l'individualité réelle de l'âme, des dieux et du divin absolu.

Voici le point de vue de Ramakrishna. Tout en affirmant une spiritualité de la non dualité, il considérait l'Être suprême comme à la fois personnel et impersonnel, actif et inactif:

« Quand je pense à l'Être Suprême comme inactif - ni créer, ni préserver, ni détruire - je l'appelle Brahman ou Purusha, le Dieu Impersonnel. Quand je pense à Lui comme actif - créant, préservant et détruisant - je l'appelle Sakti ou Maya ou Prakriti, le Dieu personnel. Mais la distinction entre eux ne signifie pas une différence. Le Personnel et l'Impersonnel sont la même chose, comme le lait et sa blancheur, le diamant et son éclat, le serpent et son mouvement de frétillement. Il est impossible de concevoir l'un sans l'autre. La Mère Divine et Brahman ne font qu'un.»

Eveil dans l'éveil, voici ce qui me vient à l'esprit pour évoquer la réalisation de cette dimension individuelle de Cela. Eveil dans l'éveil aussi car il y a une éclaircie considérable dans les ténèbres lumineuses même si elles demeurent. Certes, des agrégats d'ego persistent à ne pas venir se purifier dans la lumière de l'âme ; dans les hauteurs de l'esprit et les abysses du corps, les ténèbres dominent et cachent sans doute encore d'autres lumières divines. Mais cette réalisation de l'individuation divine que nous sommes reste un pas décisif pour que le processus de l'Être et du Devenir s'éclaire davantage.

Dans mon cas, la dévotion, alliée à la voie des œuvres, révèle de plus en plus continûment dans les ténèbres lumineuses de la conscience une individualité vraie non séparée de l'essence. Il y a une différence de nature considérable avec les agrégats de personne constituant encore (malgré cette découverte) une dualité relative. L'impression qui en ressort est d'avoir en surface de soi un agrégat de bêtises et d'inexactitudes agissant alors qu'au fond de son cœur grandit un enfant de Dieu.

Mais maintenant seulement, faire la volonté de Cela devient une aventure spirituelle envisageable. Autrement dit, l'abolition de tout désir personnel et par extension de tout agrégat d'ego subsistant devient autant un choix qu'une grâce possibles.

Un processus de purification inédit peut alors débuter. Il s'agit d'intégrer et de transformer les constituants du véhicule individuel autour de la véritable individuation. Cette dynamique ne fait qu'une avec le fait de vraiment participer à l'aventure évolutive de cette autocréation divine.

Le si peu de marge de manœuvre dont disposait l'ego me paraît rétrospectivement lié à l'influence Individuante et à la grâce cosmique de Cela. Certains diront que l'ego est complétement déterminé. Mais là encore, j'ai une préférence pratique pour insister aussi sur ma première formulation, car sinon comment pratiquer vraiment la voie des œuvres et la dévotion alors que s'est éveillée la lumière spirituelle au centre de soi ?

D'ailleurs, la grâce pour moi n'est pas qu'un concept, il y a toujours eu un jeu de forces descendantes et œuvrant en mon véhicule. C'est cette descente qui a ouvert peu à peu une conscience des centres que le yoga nomme chakras et a déclenché une montée énergétique que le yoga nomme Kundalini. Sans cette révélation comment aurai-je pu aller au fond du cœur dans cette grotte de ténèbres lumineuses et y découvrir ma vraie individualité ? Et la révélation de mon individualité divine confirmait que ces forces, ces grâces agissaient aussi derrière le champ de perception, dans ce qui avait paru jusque là une inconscience des ténèbres lumineuses.

L'individualité divine dans le fond du cœur est, elle, une véritable liberté créatrice en croissance. Elle agit en chacun de nous qu'on en soit conscient ou non. Elle agit toujours en harmonie avec l'Etre et le Devenir universel. Elle est ce qui participe continûment à l'évolution créatrice de la vie. 

Voici une vieille tentative de symbolisation de cette nouvelle aventure évolutive :



A l'époque, je m'appuyai sur une tentative de discrimination du Purusha et de Prakriti pour faire grandir la capacité de mon véhicule à servir la volonté évolutive divine au lieu de simplement perpétuer le monde humain et terrestre actuels par mes pensées et mes désirs. J'avais déjà ressenti que l'âme (que je nommai "moi spirituel") était une individuation de la Prakriti et du Purusha divin universel et/ou transcendant.

Je ne percevai pas alors à quel point une purification du véhicule était en jeu pour participer pleinement à l'évolution. Une réintégration/transformation des composantes humaines autour de l'âme allait de paire avec la venue d'une nouvelle conscience éclaircissant les ténèbres lumineuses spirituellement et  matériellement. 

A suivre.

jeudi 22 juillet 2021

PRIÈRE POUR UN EVEIL SANS EGO-CENTRISME

Tableau de Niranjan Guha Roy


Ce n'est pas l'éveil qui apparaît et disparaît, ce sont mes tendances ego-centriques.


En d'autres mots, ce n'est pas la lumière de Dieu qui apparaît ou disparaît, c'est mon ego qui l'oublie et lui tourne le dos ou qui consent par sa grâce la plus discrète à s'y soumettre.




Et moi qui peut voir Ta lumière dès que j'y songe,
comment puis-je vivre encore une seule seconde en me détournant de Toi ?


Oui !Toi seul est mon Être, la paix et l'égalité vraie en moi.


Mais, je T'en prie, donne-moi de me fondre tout entier en mon âme, cette flamme sans fumée tout au fond de la caverne du cœur, par quoi ma volonté ne sera plus qu'une avec Ton Devenir.




2019 - JUIN 2020 - JUILLET 2021



vendredi 16 juillet 2021

EFFORTS ET NON EFFORT dans une spiritualité de l'évolution consciente de la conscience.


TANT QUE LE DESIR DEMEURE, L'EFFORT PERSONNEL EST NECESSAIRE POUR TROUVER LA JUSTE HARMONIE DE L'ÊTRE ET DU DEVENIR.

Si le point d'achèvement de la recherche spirituelle est la réalisation de la vacuité, celle-ci prendra place sans effort de notre personne. Il est là, Le Soi véritable, notre essence, sans effort, présent en tout point de la conscience.

Mais à la lumière du Soi, lui-même, tant qu'il y aura désir, rétrécissement de notre attention à un individu désirant, un effort demeurera nécessaire pour revenir à ce que nous sommes. 

La fin de la recherche spirituelle n'est pas la fin de l'aventure spirituelle. La découverte du Soi n'est pas la fin de l'évolution auto-créatrice de ce Soi.

Un effort est juste un désir personnel allant à l'encontre d'autres désirs.

En quel sens revenir au Soi auto-créateur sera alors l'objet d'un effort ? C'est toujours un désir ou une flamme d'aspiration personnels qui nous feront remonter un courant en sens contraire du désir qui ne faisait que nous extérioriser et ne plus participer pleinement à la vie créatrice. 

Mais l'effort personnel de l'amour du divin, c'est se remettre disponible à une joie sans objet au lieu de s'enchaîner à un effort pour obtenir un plaisir fugitif ou une frustration. L'effort personnel d'apprendre à aimer, à reconnaître le chemin de l'amour du divin qui s'aime à travers nous mène à la dimension créatrice de l'amour et nous libère de ses perversions consommatrices.

Pour l'ascète, la solution est de ne plus agir : l'ascète ne veut rien que le Soi éternel et ne plus rien désirer sauf le silence et l'immobilité du Soi. 

Ici, il ne s'agit pas d'éradiquer le désir et son énergie vitale. Si le Soi a produit le monde et le désir, si le Soi est le monde et s'exprime au travers du désir, nous aspirons à devenir plus conscient de notre participation à l'autocréation du soi. Nous aspirons à soumettre nos désirs à une évolution créatrice. Il ne s'agit plus d'agir seulement pour la satisfaction de cet individu que nous sommes, y compris en désirant l'ascétisme, mais il s'agit vraiment dans la liberté d'être de participer de plus en plus fluidement et intégralement à l'action du Devenir.

Si, dans l'Être, nous sommes le Soi universel et dans le Devenir, nous sommes une âme, une individuation du Soi sans mélange, qui aspire, il y aura de moins en moins d'effort personnel. Car alors c'est la force vraie et fondamentale du Devenir, l'intelligence évolutive qui agira dans sa continuité intrinsèque avec cette flamme d'aspiration de l'âme.


jeudi 15 juillet 2021

QUAND NOUS DÉCOUVRONS L'ÂME par Satprem

L'âme libérée de sa prison par Amita Guha Roy


La naissance psychique selon Satprem dans Sri Aurobindo ou l'aventure de la conscience.


Les premières manifestations du psychique sont la joie et l’amour. Une joie qui peut être prodigieusement intense et puissante, mais sans exaltation — tranquille, profonde comme la mer — et sans objet. La joie psychique n’a besoin de rien pour être, elle est ; même au fond d’une prison elle ne peut s’empêcher d’être, car c’est un état, non un sentiment, comme la rivière qui coule et qui est joyeuse partout où elle passe, sur la boue ou les rochers, dans les plaines ou les montagnes. Un amour qui n’est pas le contraire de la haine et qui n’a besoin de rien non plus pour être, il est ; il brûle tranquille en tout ce qu’il rencontre, tout ce qu’il voit, tout ce qu’il touche, parce qu’il ne peut s’empêcher d’aimer, c’est son état ; rien n’est bas pour lui, ni haut, ni pur, ni impur ; sa flamme ne peut être ternie ni sa joie. D’autres signes encore le révèlent : il est léger, rien ne lui pèse, comme si le monde était son jeu ; il est invulnérable, rien ne le touche, comme s’il était à jamais au-delà des tragédies, déjà sauvé de tous les accidents ; il est le mage, il voit ; il est tranquille, tranquille, comme un petit souffle au fond de l’être ; vaste comme s’il était la mer pour des millions d’années. Car il est éternel. Et il est libre, rien ne peut l’attraper ; ni la vie, ni les hommes, ni les idées, ni les doctrines, ni les pays — il est par-delà, toujours par-delà, et pourtant innombrablement au cœur de toute chose, comme s’il était un avec tout. Car Il est Dieu en nous.



Gardien du feu par Harald Datis

A lire en écho avec :





mercredi 30 juin 2021

L'ÂME EST UNE REALISATION NON DUELLE


 L'âme n'est pas l'ego, c'est une individuation du Soi, c'est un nœud individuel de l'unique lumière, une perle de joie pure et sans objet qui grandit en un feu tout au fond du cœur tout en arrière. 

C'est l'Eros de Socrate, c'est l'étincelle divine de Maître Eckhart, c'est la flamme grande comme un pouce de la Katha Upanishad (2.I.12-13) ou le feu du cœur chez les stoïciens

L'âme n'est pas l'ego, notre vraie personne n'est pas un tas de masques derrière lesquelles des forces universelles inconscientes mènent leur jeu.

Il n'y a que Cela, ceci n'empêche pas que Cela est transcendance (une réalité en dehors de tout), Cela est tout et Cela est processus d'individuation. 

S'éveiller à la vie sans forme est le constat d'une vacuité, d'une lumière intérieure. Mais dans cette illumination, on peut rester aveugle à l'âme

C'est quand cette illumination illumine le fond du cœur là où présence personnelle et présence impersonnelle ne sont qu'un que l'âme peut prendre sens. 

Autrement dit, c'est une grâce et la croissance de l'âme à travers nos dimensions mentales, émotionnelles et pulsionnelles qui amènent cette prise de conscience. C'est la grâce du devenir du tout qui dévoile dans notre personne une dimension individuelle de la lumière divine. Ce devenir du tout, en Inde, c'est la Mère divine, la mahashakti, la prakriti supérieure. Cette dimension individuelle de la lumière divine est ce que l'Inde appelle le Purusha. 

Purusha (sanskrit IAST : puruṣa ; devanāgarī : पुरुष) signifie « mâle, homme, personne, héros | fonctionnaire, serviteur | principe vital, esprit | âme de l'univers » selon le Dictionnaire Stchoupak Sanskrit-français.

Notre personne doit se transformer dans le creuset du cœur pour que l'âme émerge de plus en plus... 

Quand l'âme émerge, elle a ses propres initiatives. Même si demeurent des éléments non intégrés qui font un extérieur alors qu'elle est l'intérieur, son action d'intégration peut se déployer plus librement que lorsque nous n'étions pas conscience d'elle. 

Et on peut donc ne pas être conscience d'elle, même si le Soi est réalisé comme espace vide d'accueil. Par contre, l'âme ne saurait être pleinement réalisée sans la réalisation de cette lumière spirituelle du Soi dont elle est une dimension subtile.

J'avoue que c'est comme un éveil dans l'éveil. Et beaucoup au nom de l'éveil au Soi diront que ces histoires sont illusoires. J'aimerais qu'ils se souviennent de leur temps d'ignorance du Soi, l'ignorance de l'âme est du même ordre, on l'ignore alors qu'elle est là en arrière-plan dans le cœur, cachée dans les ténèbres lumineuses du Soi.

La Katha Upanishad situe ce Purusha dont l'âme est l'émanation au fin fond du Soi (L'Atman, traduit ailleurs comme Le moi) (2-III-7-9 et 2-III-17) :

Au-dessus des sens, se trouve le mental ; au-dessus du mental, se trouve la pure lumière; au-dessus de la pure lumière le majestueux Atman ; au-dessus du majestueux Atman, se trouve le Non-manifesté.

Au-dessus du Non-manifesté, se trouve le Purusha, omnipénétrant, sans signe emblématique. Celui qui le connait est libéré et parvient à l'immortalité.

[...]

Le Purusha, de la taille d'un pouce, siège en tant que l'Atman Intérieur dans le cœur des créatures. 

 

Ainsi au début avant de croître et d'émerger en avant, l'âme peut s'apercevoir tout derrière le centre du cœur, elle est un centre lumineux pas plus grand qu'un pouce, une flamme qui ne brûle pas (Katha Upanishad, 2- I - 12-13 et 2 - III -17) . Et déjà, cet aperçu donnera au cœur toute sa capacité d'ouverture, il le connectera à la Joie et à une égalité fondée sur la douceur.

Quand, à la lumière du Soi, l'âme émergera vraiment en avant, elle procédera à une purification impitoyable de tous les attachements de notre ancienne vie animale. Le désir perdra son sens, seule la soumission à l'action divine importera.

La participation de plus consciente à un devenir évolutif ne sera plus seulement liée à une compréhension mentale et à une foi dans le devenir. Elle ne sera plus liée seulement à des expériences passagères d'une force descendante. 

Nous deviendrons des fils/filles de Dieu en devenant psychisés, transformés par notre âme et sa secrète complicité avec la dynamique évolutive de la nature, le devenir du tout, la Mère universelle.

Nous deviendrons de plus en plus conscient de tout l'arbre de Vie dont les racines sont divines et attachés aux cieux et dont le feuillage est l'univers matériel en devenir.



mardi 22 juin 2021

L'EGALITE D'ÂME SELON NIRANJAN GUHA ROY

La Reine - Tableau de Niranjan Guha Roy

On trouvera l'article original ici :  https://www.motherland-guharoy.net/l-egalite-d-ame-2/

L’égalité d’âme

Il y a seulement un chemin pour sortir des agitations causées par le mental. Tel que le monde est, il est très difficile de dire ce qui est vrai, ce qui est faux. Nous avons tant d’attachements, de préférences, d’idées préconçues, sans mentionner nos réactions personnelles. C’est seulement quand nous aurons acquis un détachement parfait, une égalité dans le cœur et le mental qu’il y aura la possibilité de voir les mouvements tels qu’ils sont réellement.


On peut développer une indifférence qui ne se soucie de rien ou bien un détachement total mais cela nous emmène graduellement très loin de la vie. Mais si nous devons vivre dans le monde au milieu des batailles et des luttes incessantes, de ses espoirs et déceptions, de ses mille forces en conflit permanent, on doit d’abord développer la force du guerrier basée sur l’égalité et puis suivre les commandes de l’âme.


Dès que nous devenons conscients de l’âme, on s’éveille aussi à un autre état de conscience, différent du mental et du cœur ordinaire et notre recherche nous apporte la révélation progressive du mystère divin. Alors tout en restant dans le monde, et pourtant au dessus de tout conflit, non affecté par aucun évènement, nous faisons la volonté divine dans le monde, et progressons vers une nouvelle vie de plus en plus spirituelle.


Mais l’âme secrète dans le cœur doit être trouvée


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N.Guha Roy 1986

dimanche 13 juin 2021

L'ÂME DU DESIR SELON NIRANJAN GUHA ROY




L’Âme du désir
L’animal redoutable, rusé, puissant, inlassable court dans les artères, les veines, les nerfs, dans tous les organes de notre corps. Toutes nos sensations, émotions, pensées, en somme toute notre conscience et par conséquent toutes nos actions et notre relation avec le monde tout est ouvertement ou subtilement teinté, perverti par cet animal qu’on peut appeler l’âme de désir. Elle a tissé sa toile épaisse et dure autour de l’âme véritable, l’être psychique. Si nous voulons nous libérer de son emprise maléfique, fatale, il faut éliminer tous les désirs mondains et aspirer uniquement à la lumière et à la paix, à l’harmonie divine, aux trésors inépuisables de l’Esprit éternel. Chaque désir apporterait dans son cortège luttes, violence, drames épuisants, fatigue et déception cruelle. Laissons au Divin tous les soucis, toutes nos aspirations, enfin l’accomplissement de notre vie. Dans sa sagesse infaillible, Il nous mènera, à travers toutes les difficultés, tous les dangers, les erreurs et les écueils, lentement mais sûrement vers la Lumière, la Connaissance, la Joie, la certitude, la Présence souriante du Divin. Le don de soi n’est pas facile à notre nature égoïste et ignorante, mais la grâce qui répond à notre moindre appel accomplira ce miracle. Au fur et à mesure que notre don de soi progresse, nous devenons conscients de la Suprême Shakti comme la Mère divine qui entreprend la transformation de la nature obscure, aveugle, humaine en une nature progressivement divine. Le don de soi est le seul moyen d’émerger du cauchemar de cette vie dans la paix et l’harmonie de la vie de plus en plus divine.


 
Om namo bhagavate
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Niranjan Guha Roy - 2000


D'autres articles de Niranjann Guha Roy ici :