La naissance psychique selon Satprem dans Sri Aurobindo ou l'aventure de la conscience.
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| Gardien du feu par Harald Datis |
Feu de conscience nourri par Sri Aurobindo, Mère et la Vision Sans Tête de Douglas Harding. Comment faire de ce feu de la foudre évolutive ?
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| Gardien du feu par Harald Datis |
L'âme n'est pas l'ego, c'est une individuation du Soi, c'est un nœud individuel de l'unique lumière, une perle de joie pure et sans objet qui grandit en un feu tout au fond du cœur tout en arrière.
C'est l'Eros de Socrate, c'est l'étincelle divine de Maître Eckhart, c'est la flamme grande comme un pouce de la Katha Upanishad (2.I.12-13) ou le feu du cœur chez les stoïciens.
L'âme n'est pas l'ego, notre vraie personne n'est pas un tas de masques derrière lesquelles des forces universelles inconscientes mènent leur jeu.
Il n'y a que Cela, ceci n'empêche pas que Cela est transcendance (une réalité en dehors de tout), Cela est tout et Cela est processus d'individuation.
C'est quand cette illumination illumine le fond du cœur là où présence personnelle et présence impersonnelle ne sont qu'un que l'âme peut prendre sens.
Autrement dit, c'est une grâce et la croissance de l'âme à travers nos dimensions mentales, émotionnelles et pulsionnelles qui amènent cette prise de conscience. C'est la grâce du devenir du tout qui dévoile dans notre personne une dimension individuelle de la lumière divine. Ce devenir du tout, en Inde, c'est la Mère divine, la mahashakti, la prakriti supérieure. Cette dimension individuelle de la lumière divine est ce que l'Inde appelle le Purusha.
Purusha (sanskrit IAST : puruṣa ; devanāgarī : पुरुष) signifie « mâle, homme, personne, héros | fonctionnaire, serviteur | principe vital, esprit | âme de l'univers » selon le Dictionnaire Stchoupak Sanskrit-français.
Notre personne doit se transformer dans le creuset du cœur pour que l'âme émerge de plus en plus...
Quand l'âme émerge, elle a ses propres initiatives. Même si demeurent des éléments non intégrés qui font un extérieur alors qu'elle est l'intérieur, son action d'intégration peut se déployer plus librement que lorsque nous n'étions pas conscience d'elle.
Et on peut donc ne pas être conscience d'elle, même si le Soi est réalisé comme espace vide d'accueil. Par contre, l'âme ne saurait être pleinement réalisée sans la réalisation de cette lumière spirituelle du Soi dont elle est une dimension subtile.
J'avoue que c'est comme un éveil dans l'éveil. Et beaucoup au nom de l'éveil au Soi diront que ces histoires sont illusoires. J'aimerais qu'ils se souviennent de leur temps d'ignorance du Soi, l'ignorance de l'âme est du même ordre, on l'ignore alors qu'elle est là en arrière-plan dans le cœur, cachée dans les ténèbres lumineuses du Soi.
La Katha Upanishad situe ce Purusha dont l'âme est l'émanation au fin fond du Soi (L'Atman, traduit ailleurs comme Le moi) (2-III-7-9 et 2-III-17) :
Au-dessus des sens, se trouve le mental ; au-dessus du mental, se trouve la pure lumière; au-dessus de la pure lumière le majestueux Atman ; au-dessus du majestueux Atman, se trouve le Non-manifesté.
Au-dessus du Non-manifesté, se trouve le Purusha, omnipénétrant, sans signe emblématique. Celui qui le connait est libéré et parvient à l'immortalité.
[...]
Le Purusha, de la taille d'un pouce, siège en tant que l'Atman Intérieur dans le cœur des créatures.
Ainsi au début avant de croître et d'émerger en avant, l'âme peut s'apercevoir tout derrière le centre du cœur, elle est un centre lumineux pas plus grand qu'un pouce, une flamme qui ne brûle pas (Katha Upanishad, 2- I - 12-13 et 2 - III -17) . Et déjà, cet aperçu donnera au cœur toute sa capacité d'ouverture, il le connectera à la Joie et à une égalité fondée sur la douceur.
Quand, à la lumière du Soi, l'âme émergera vraiment en avant, elle procédera à une purification impitoyable de tous les attachements de notre ancienne vie animale. Le désir perdra son sens, seule la soumission à l'action divine importera.
La participation de plus consciente à un devenir évolutif ne sera plus seulement liée à une compréhension mentale et à une foi dans le devenir. Elle ne sera plus liée seulement à des expériences passagères d'une force descendante.
Nous deviendrons des fils/filles de Dieu en devenant psychisés, transformés par notre âme et sa secrète complicité avec la dynamique évolutive de la nature, le devenir du tout, la Mère universelle.
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| La Reine - Tableau de Niranjan Guha Roy |
On trouvera l'article original ici : https://www.motherland-guharoy.net/l-egalite-d-ame-2/
L’égalité d’âme
Il y a seulement un chemin pour sortir des agitations causées par le mental. Tel que le monde est, il est très difficile de dire ce qui est vrai, ce qui est faux. Nous avons tant d’attachements, de préférences, d’idées préconçues, sans mentionner nos réactions personnelles. C’est seulement quand nous aurons acquis un détachement parfait, une égalité dans le cœur et le mental qu’il y aura la possibilité de voir les mouvements tels qu’ils sont réellement.
On peut développer une indifférence qui ne se soucie de rien ou bien un détachement total mais cela nous emmène graduellement très loin de la vie. Mais si nous devons vivre dans le monde au milieu des batailles et des luttes incessantes, de ses espoirs et déceptions, de ses mille forces en conflit permanent, on doit d’abord développer la force du guerrier basée sur l’égalité et puis suivre les commandes de l’âme.
Dès que nous devenons conscients de l’âme, on s’éveille aussi à un autre état de conscience, différent du mental et du cœur ordinaire et notre recherche nous apporte la révélation progressive du mystère divin. Alors tout en restant dans le monde, et pourtant au dessus de tout conflit, non affecté par aucun évènement, nous faisons la volonté divine dans le monde, et progressons vers une nouvelle vie de plus en plus spirituelle.
Mais l’âme secrète dans le cœur doit être trouvée
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N.Guha Roy 1986
Certaines expressions de la non dualité à travers ceux et celles qui s'en réclament m'étonnent.
Ainsi, un(e) représentant(e) du néo advaïta va défendre habilement la passion sexuelle sans y voir la moindre dualité.
Et après, il va vous expliquer que votre passion de la justice a des parfums de dualité !
Il est vrai que le sexe peut être impersonnel alors que la justice absolutise une certaine notion de personne.
En ce qui me concerne, dans l'ouverture de la conscience, le vide et la forme ne font qu'un. Le vide impersonnel et les personnes ne font qu'un : multiples visages d'un "je suis" sans visage.
Tant qu'il y a une distance entre ma vraie nature et les traits de nos personnes, l'ego séparateur demeure.
Parfois, ceci m'est difficile à reconnaître : bien que je me suis déjà désillusionné de la conscience égocentrique, bien que l'ego n'occupe plus le centre, il reste à voir qu'il y a encore de la distance ou une subtile séparation. Ne nous voyant plus au centre, on se dit sans ego mais en périphérie il est là, bien là et se maintient volontiers avec ses ombres loin de cette lumière qui se tient désormais au centre.
Tant qu'il y a cette distance entre la présence de notre vraie nature et des traits de mon ego, alors j'ignore la flamme du cœur qui fait naître le sens de la vraie personne et broie vraiment les désirs de l'ego.
S'approcher du cœur n'est pas une partie de plaisirs.
Cependant, il y a là une joie qui brûle d'être quoiqu'il se passe.
Seule cette joie au fond du cœur rend concret le sens profond d'un amour absolu en lequel l'autre en sa vraie personne est aimé comme soi-même.
Ce genre de proposition spirituelle occidentale prend ainsi son sens dans un espace non duel et, au fond, les limites morales du néo-advaïta ne doivent pas nous faire négliger sa pédagogie pour que puisse se réaliser l'espace de conscience non duel.
Mon cœur m'individue et se passionne pour l'individuation des autres, car il n'y a qu'un seul cœur, qu'un seul et même amour. C'est lui seul qui se découvre ouvert dans les replis de l'espace non duel.
Ma passion du juste, du beau, du bien ressort transfigurée. La passion du juste, du beau et du bien d'un ego n'est le plus souvent qu'une posture pour opposer sa volonté à celle du divin amour qui, lui, tolère ce qui le déforme, l'outrage ou lui résiste. Il fait bien plus que tolérer : il se donne à être sous la forme de ce visage grimaçant de haine, il est aussi sous cette forme impermanente balayée par la vie et dont le souvenir n'existe pour personne.
L'amour n'est pas de ce monde, mais il lui donne vie et, en secret, il en est le ferment qui le fait grandir et évoluer. Ma vraie personne ne peut que le servir en laissant parfaire tout ce qui la compose.
Cela n'a rien d'une perfection calculée et pensée, cela n'a rien d'un volontarisme ou d'un idéalisme, c'est simplement se laisser entrer de tout cœur dans le courant évolutif.
Faits et interprétations...