samedi 11 septembre 2010

CONSPIRATIONNISTES, CROYANCES AUX ILLUMINATI ET AUTRES ZEITGEIST IGNORENT L'ESSENTIEL.


-On lira d'abord en cliquant ici avec intérêt cet article de Rue 89 qui résume les travaux sociologiques sur les théories du complot et explique leur force actuellement.

-Cette interview de Philippe Corcuff qu'on trouvera ici est remarquable du point de vue sociologique et philosophique pour rappeler que les individus d'une classe sociale ou d'un groupe ne contrêle jamais intégralement leurs actions (on trouvera ici d'autres articles plus fouillés de Corcuff sur le même thème) ;

- Cet autre article de Luc Tesson qu'on trouvera ici pointe l'horizon millénariste qui caractérise les théories du complot. Je remarque qu'à partir de notre premier article de référence, cet aspect millénariste n'est pas totalement déraisonnable puisque les conspirationnistes prolifèrent à des périodes de crise sociale, politique et économique auxquelles succèdent des périodes de transformations historiques.

Nous proposons ici non pas une analyse sociologique comme l'article de rue 89 et l'interview de Philippe Corcuff ou une analyse politique comme l'article de Luc Tesson. Nous essaierons de proposer une analyse précisant la nature de l'ignorance spirituelle concernant les crises de transformation de l'humanité qui, selon moi, nous touche forcément lorsqu'on défend peu ou prou un point de vue conspirationniste.

Entendons-nous bien sur un premier point : qui est l'auteur ultime de ce qui est ? Toute spiritualité digne de ce nom admettra que croire que l'ego est l'acteur est une illusion. Bien sûr, une tradition philosophique persistante rejoint volontiers le sens commun : nous avons un libre-arbitre. Nous faisons donc selon cette conception le bien et le mal consciemment. Quand nous sommes conspirationnistes nous devenons très manichéens. Lorsqu'on défend un tel point de vue, nous devons donc nous interroger sur notre sincérité : il suffit de s'observer un peu et on voit que l'on fait souvent le mal que l'on sait être mal et que l'on ne fait pas le bien que l'on sait être bien. Pascal essaie de nous montrer que cette incapacité à être vraiment capable de choisir le bien s'amenuise avec notre amour propre qui ne veut pas le reconnaître :
« La nature de l’amour propre et de ce moi humain est de n’aimer que soi et de ne considérer que soi. Mais que fera-t-il ? Il ne saurait empêcher que cet objet qu’il aime ne soit plein de défauts et de misère ; il veut être grand, et il se voit petit ; il veut être heureux, et il se voit misérable ; il veut être parfait, et il se voit plein d’imperfections ; il veut être l’objet de l’amour et de l’estime des hommes, et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris. Cet embarras où il se trouve produit en lui la plus injuste et la plus criminelle passion qu’il soit possible de s’imaginer ; car il conçoit une haine mortelle contre cette vérité qui le reprend, et qui le convainc de ses défauts. Il désirerait de l’anéantir, et, ne pouvant la détruire en elle-même, il la détruit, autant qu’il peut, dans sa connaissance et dans celle des autres et à soi-même, et qu’il ne peut souffrir qu’on les lui fasse voir ni qu’on les voie.
C’est sans doute un mal que d’être plein de défauts ; mais c’est encore un plus grand mal que d’en être plein et de ne les vouloir pas reconnaître, puisque c’est y ajouter encore celui d’une illusion volontaire. Nous ne voulons pas que les autres nous trompent ; et nous ne trouvons pas juste qu’ils veuillent être estimés de nous plus qu’ils ne méritent : il n’est donc pas juste aussi que nous les trompions et que nous voulions qu’ils nous estiment plus que nous ne méritons. » Pensées, L.978, S.743.
Notre marge de manœuvre n'est jamais celle que les théories du libre-arbitre prétendent. Regardons le schéma suivant que propose Douglas Harding : Notre action personnelle n'implique-t-elle pas une action du tout émergeant de rien ? Nos actes personnels sont donc les actes de la conscience JE SUIS universelle. Notre personnalité peut penser à l'encontre de ce JE SUIS : l'amour propre, la croyance à un libre-arbitre absolu le prouvent mais rien ne se fait en dehors de JE SUIS.

Ce premier point acquis, nous pouvons essayer de jauger ce que valent les théories du complot qui ne cessent de fleurir et auxquelles nous avons tendance à nous raccrocher en période de crise. Imaginons du point de vue spirituel qu'est le nôtre une tentative de complot. Elle émane alors d'un groupe qui pense contrôler l'histoire. Or le JE SUIS qui s'aperçoit lorsque ma petite personne n'ignore pas d'où elle surgit seul enfante le Devenir. Un tel groupe est dans l'illusion. Ses actes ne seront pas adéquats à ses projets : ils ne se feront pas avec le même impact que prévu par eux, ils rencontreront des interactions qu'ils ne maîtrisaient pas, leur égocentrisme et leur amour-propre nuira à l'harmonie de leur groupe, etc. Autrement dit un groupe de comploteur verrait son action déformées par des actes inconscients du point de vue de leur projet. Ils peuvent réussir sur certains points mais ils échoueront sur d'autres. Les théoriciens du complot comme d'éventuelles tentatives de complot omettent toujours la réalité profonde de l'inconscient.

Ce deuxième point est profondément solidaire du premier point. Le mystère du JE SUIS qui rend le libre-arbitre personnel obsolète débouche sur l'omniprésence de l'inconscient pour ceux qui vivent sur le seul plan des personnalités. A l'évidence l'inconscient collectif sera encore plus puissamment désaxé d'une intention collective que l'inconscient individuel dès lors que le JE SUIS sera ignoré culturellement. On nous dira que les religions ont un impact correcteur : cela dépend de quelle époque on parle. Avant l'époque moderne, l'expérience profonde de JE SUIS, du PRESQUE RIEN ou du TOUT IMMANENT se découvrait en leur sein d'où leur effet réformateur et leur impact historique. Elles sont aujourd'hui dans leur pratique pour la plupart en réalité en ignorance du JE SUIS au point de rejeter et de condamner de plus en plus systématiquement ceux qui en ont une expérience approfondie. A vrai dire de nombreux groupes religieux face à leur incompréhension et leur rejet du monde manifesté par JE SUIS aimeraient bien comploter et ils n'y parviennent guère. Le JE SUIS, le PRESQUE RIEN et le TOUT IMMANENT, cet UN qui les a fondé autrefois avec ses différents accents sur l'individualité, le non SOI ou le processus n'est plus la source profonde de leurs projets...
Les théoriciens du complot sont nombreux et influents. Pourquoi ? Nous ne sommes plus à l'époque de la recherche du complot satanique de la même façon que ce fût le cas avant l'ère moderne. Nos théoriciens du complot ne sont plus des religieux superstitieux qui essaient en vain de comprendre ainsi un monde qui leur échappe que ce soit par des maladies d'une violence incompréhensible, soit par l'avancée inéluctable de la modernité. Toutefois nous sommes certainement à la fin d'un cycle comme le furent ces religieux superstitieux pour qui les événements échappaient à leur représentation du monde. Ils parvenaient à la sauvegarder en découvrant sous la torture un complot satanique avoué par une sorcière, un mage, un philosophe, etc. Aujourd'hui, on veut que le chaos soit le fruit de l'intention d'un certains nombres de petits groupes. La finance et l'argent échappent de plus en plus au contrôle conscient des financiers et des banquiers animés par leur recherche du profit : alors on invente un groupe caché qui le contrôle vraiment consciemment tout cela et on fait des films qui montrent des images convaincantes. L'environnement semble menacer la possibilité d'une vie humaine digne de ce nom alors on invente un complot visant à l'extermination d'une partie de la population terrestre et bien sûr on trouve une réunion de milliardaires qui s'inquiètent effectivement de la surpopulation humaine sans eux-mêmes en comprendre le sens et on lui donnera ici une version relativement modérée et là une version nettement conspirationniste. On soupçonne ces milliardaires de vouloir tuer une partie de l'humanité. On oublie que l'environnement pollué et un climat perturbé peuvent avoir très bientôt des effets meurtriers de très grandes ampleurs. Autrement dit nos milliardaires n'ont qu'à laisser faire... Notre espèce, de toute manière, devra se réadapter à un nouvel environnement et il est clair que les pays pauvres et surpeuplés où la corruption est endémique vont connaître de terribles soubresauts. Par ailleurs, comme nous l'avons déjà évoqué, on sent bien que l'influence du religieux sur le destin de l'humanité va faiblir globalement face à ce qui est une crise évolutive de l'espèce humaine qu'aucune religion n'envisage réellement. Si les islamistes arrivaient au pouvoir au Pakistan, que feraient-ils face aux prochaines montées des eaux ? Globalement, même nos grands médias préfèrent fantasmer sur le pouvoir de groupuscules religieux que sur ce qui est en jeu. Bien entendu, le conspirationniste lui fantasmera sur un groupe religieux ou politique qui n'est même pas celui des groupes terroristes ou tyranniques qui défraient la chronique des grands médias et dont la menace serait encore plus terrible, ces derniers manipulant les groupes connus médiatiquement. Etc.

Si on admet le devenir suivant de l'humanité :

Alors on doit pourtant se demander si la grande extinction en cours n'implique pas ceci :

Les religieux, les financiers, les politiciens comme les théoriciens du complot n'envisagent pas cette possibilité d'un après l'homme. Si notre crise évolutive engendre d'une part un surhomme et d'autre part un suprahomme comme touts les sauts évolutifs précédents de la lignée humaine.

Si nous admettons que nous ne sommes pas les auteurs de notre devenir et que seul JE SUIS agit et que c'est à partir de lui qu'il y a évolution à une manifestation de conscience supérieure alors nous reconnaissons de plus en plus la formidable part d'inconscient à l'œuvre. Même nous qui pensons cette évolution de la conscience et qui nous tournons vers JE SUIS ne sommes pas totalement conscient de cette évolution de la conscience.

Si on considère la prégnance de l'inconscient sur nos actions, les questions posées par un documentaire comme The corporation sont plus pertinentes et justes que celles soulevées par le documentaire Zeitgeist. Les questions posées par The corporation pointent la part d'inconscient qui se sert de nous pour provoquer la crise évolutive. les questions posées par Zeitgeist relèvent pour l'essentiel des théories du complot et donc participent davantage de l'inconscience générale.

La partie III de Zeitgeist qui soupçonne un groupe de puissants de concevoir la monnaie à son profit empêche de voir le caractère inconscient de l'évolution économique en cours pour la plupart et les effets néfastes pour l'humanité qu'une telle évolution non consciente entraîne si elle demeure majoritairement telle.
L'effondrement du Wall Trade Center signifie avant tout l'impuissance de ce qui symbolise la puissance moderne avec ses technologies. Les moyens électroniques de surveillance ont fait faillite ; les radars, les satellites, les constructions à toutes épreuves, etc., tout cela a fait faillite. Le théoricien du complot préfère y voir un complot provenant de ceux qui ont le plus à disposition cette puissance. A vrai dire, là encore, on refuse de voir qu'il est question d'une crise évolutive qui révèle la limite profonde de tout ce que nous considérons comme la puissance due à notre conscience mentale. La partie II de Zeitgeist empêche une telle prise de conscience.


La partie I de Zeitgeist croit voir dans la religion chrétienne une supercherie du fait de la récupération de symboles et croyances égyptiennes. Les forces de conscience de JE SUIS que la religion égyptienne exprime à travers ses symboles et ses dieux n'est pas une totale inconscience de JE SUIS. Le christianisme s'il a réinvesti ces expressions n'est pas alors une totale inconscience de JE SUIS. D'ailleurs les plus grands penseurs des traditions juives et chrétiennes ont toujours reconnus une proximité avec les égyptiens. Jung estime même que les archétypes s'expriment avec autant de force dans différentes cultures qui n'ont pas forcément de liens entre elles : le déluge judéo-chrétien s'inspire peut-être de l'épopée de Gilgamesh mais la disparition de l'empire de Mû est un mythe qui a la même structure que les précédents et dont la filiation avec les précédents fait défaut. Le 25 décembre renvoie certainement à une conscience force ou un archétype de la conscience humaine spirituelle. D'où une date centrale pour le christianisme comme pour le bouddhisme... Aujourd'hui, la nouveauté est le passage d'une vie spirituelle exclusivement religieuse à une spiritualité en dehors des religions. Focalisé sur l'idée que le judéo-christianisme a des charlatans pour fondateur, les gens qui pensent avec Zeitgeist et les divers conspirationnistes passent à côté de cette radicale nouveauté. Les questions, que celle-ci pose, ne sont pas envisagées alors qu'elles sont les indices visibles d'une évolution en cours de la manifestation de l'absolu. Zeitgeist est bien une entreprise ignorante parmi tant d'autres du mystère évolutif de la manifestation de JE SUIS.

On pourrait affirmer que cette évolution vers plus de conscience n'aura pas lieu et que le nom de l'absolu n'est pas Je SUIS mais Presque Rien où notre humanité va finir par se résorber. Mais là encore ceci ne ferait que montrer le ridicule d'insister sur des complots humains alors que ce sont tous les phénomènes qui porteraient en leur sein l'éventualité de l'auto-abolition de ce qui les manifeste. Si spirituellement le monde est le lieu de manifestation de l'absolu alors il est le lieu d'action de l'absolu : celui qui en prend conscience et peut mener à bien ne peut être que l'absolu auto-créateur.

P.S :

Ici un groupe de liens vers des articles dénonçant diverses rumeurs de complot.

Ici dans cette même série d'article un article sur la rumeur des Illuminati.


jeudi 19 août 2010

SPIRITUALITE ET MECANIQUE QUANTIQUE.


Il y a un refrain chez de multiples chercheurs spirituels : la science et, plus particulièrement, la mécanique quantique nous permet de penser la spiritualité.

Mais les étrangetés de la mécanique quantique restent au bout de nos microscopes. Et l'esprit nous est seulement accessible du côté de celui qui regarde.


Identifier l'esprit et la matière de la part de ces chercheurs ou même expérimentateurs spirituels n'est que le fait de la pensée et aucunement le fait d'une réalité psycho-matérielle vécue. Si vraiment notre matérialité était immédiatement accessible à l'esprit qui se révèle en nous, alors nous assisterions à une action spirituelle au cœur même de la matière sans aucun intermédiaire.

Quand nous sommes nés à l'esprit alors la pensée ne nous embarque plus aussi facilement dans ses circonvolutions. Nous tenir en l'esprit purifie la pensée : sa mécanique ne nous emporte plus. Elle est transformée de plus en plus en un instrument de l'esprit qui l'éclaire de lumières plus hautes dont elle apprend à devenir l'expression.

Quand notre naissance à l'esprit gagne en clarté alors la mécanique des émotions, des désirs, de même, se purifie. Nos émotions deviennent l'expression des sentiments qui nous relient à l'esprit. Notre désir de devenir l'instrument de l'esprit l'emporte de plus en plus sur tous les désirs égocentriques. Les sympathies de l'esprit l'emportent de plus en plus sur nos préférences et nos répulsions.

Se gargariser de ce qui rapproche la science et la spiritualité peut certes renforcer la foi chancelante en l'esprit. Cependant que valent des interprétations des vulgarisations scientifiques pour valider l'esprit ? N'est-ce pas plutôt une démarche expérimentale de l'esprit qui est souhaitable pour vraiment y naître ? La foi spirituelle n'est-elle pas d'autant plus forte qu'elle se libère des convictions mentales pour reconnaître directement la lumière de l'esprit qui l'habite?

Et pour celui qui est né à l'esprit et se veut sincère en se soumettant de tout son être à l'esprit, ce discours conciliateur sonne encore plus faux. Dans l'évidence de l'esprit, que vaut un tel discours ? Pointe-il l'évidence de l'esprit qui se tient ici et maintenant ?

La science dans sa démarche même met entre parenthèse la naissance à l'esprit, elle agit sur la matière sans remettre son action pleinement entre les mains de l'esprit. c'est comme mettre en ordre des pensées en utilisant d'autres pensées ou, plus encore, en utilisant des pensées pour chercher à remettre en ordre nos émotions et nos désirs en ne remettant pas cette transformation entre les mains de l'esprit. La science appartient à nos changements et non à la transformation opérée par l'esprit.

Aucun mouvement perceptible de transformation à la croisée de l'esprit et de la matière n'a encore eu lieu pour la majorité de ceux qui sont déjà nés à l'esprit. La transformation mentale et vitale a certes un impact sur notre matérialité : notre corps se porte mieux quand la pensée, les émotions et les désirs sont transformés par l'esprit. Mais il ne s'agit pas encore d'une transformation consciente sur le plan matériel lui même. Notre transformation n'a pas franchi la barrière des pulsions organiques et des mécanismes cellulaires qui restent l'œuvre inconsciente de la Nature. Autrement dit notre transformation spirituelle n'a rien encore,  pour la presque totalité d'entre nous, d'une évolution biologique et matérielle consciente.
Ainsi ceux qui parlent d'une convergence de la science et de la spiritualité ignorent et rejettent inconsciemment pour la plupart une transformation d'un nouvel ordre au-delà de ce que la plupart des spiritualités envisage.
On trouvera ici un approfondissement de cette question à partir de Quantum questions de Ken Wilber. Et ici sur le même blog d'Eveil et philosophie une discussion qui montre que la science ne permet pas de trancher entre matérialisme et théisme spirituel.

On trouvera ici sur le blog de Mudita un propos de Sri Aurobindo sur les limites de la science.

vendredi 13 août 2010

IDENTITE NATIONALE ET EGO NATIONAL.

LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.

Ceci devrait rythmer notre identité nationale. Un tel idéal d'identité n'aboutit pas à une identité égocentrique et n'a rien à voir avec de l'égoïsme. Une telle identité n'a rien d'identitaire, elle définit une aventure collective ouverte à l'universel. Une identité basée sur un tel idéal se définit sur l'étrange alchimie d'une recherche d'harmonie entre l'individu et le collectif. Le collectif est au service de la liberté individuelle à condition qu'elle respecte l'égale dignité et l'individu libre participe à la formation d'une fraternité collective dont le terreau est l'égale dignité.

Le pivot entre liberté et fraternité est donc l'égalité. Chaque citoyen doit avoir le sentiment de son égale dignité avec les autres citoyens. Le crime contre la fraternité est de contrevenir au nom de la liberté égoïste à cette égale dignité. Mais si le collectif estime que le citoyen qui a contrevenu à l'égale dignité doit la perdre alors tout l'idéal s'effondre.

La perte de l'égale dignité que subirait un criminel ou un suspect contredit l'idéal de fraternité protecteur de la liberté individuelle dans les limites de l'égale dignité.

Tous les démagogues politiques qui nous gouvernent menacent la grandeur de notre identité. Ils sont en train de rabaisser le collectif français à un ego national étriqué, sans avenir centré sur les pulsions bestiales du pouvoir agressif, du sens indu de la propriété, du repli sur soi, etc. A eux la main mise sur le pouvoir et pour défendre l'injustice de leur mainmise il désigne des sous-français à la vindicte.
L'égale dignité suppose de vaincre nos tendances racistes, ces démagogues les exploitent à leur profit. Ils usurpent l'identité nationale à leurs fins pour tuer l'âme. Sont-ils conscients de ce qu'ils font ? Les mécanismes des egos sont rarement libres et conscients comme le révèle la démarche spirituelle : leur âme est inaudible sous le masque de leur ego, ils n'écoutent même pas la raison et ce sont les forces pulsionnelles qui les dirigent.

Où sont les humanistes authentiques qui grâce à leur raison ont un peu d'âme ? Où sont les défenseurs et les serviteurs de l'âme française et de son bon sens ? Où sont nos Victor Hugo, nos Zola ?

Les misérables journalistes du petit écran souhaitent demeurer objectifs. Ils présentent des faits au 20 heures sans proposer de les éclairer. Ils auront beau être noirs, jaunes ou verts, ces journalistes servent des égocentrismes privés à commencer par leur et des intérêts collectifs, ceux de leur entreprise qui veut des taux d'audience pour vendre des espaces publicitaires. Ils servent alors qu'ils le veuillent ou non l'égocentrisme national puisqu'il résulte des précédents qui nient la fraternité nationale. Pour préserver leur place et leur audience, ils peuvent se compromettre avec des politiques qui menacent l'égale dignité et trouvent leur légitimité en puisant dans un électorat raciste. Certains de nos journalistes télévisuels pensent œuvrer par leur différence de couleur de peau ou autre à lutter contre le racisme ou l'intolérance : ils s'empressent de ne pas vouloir regarder en face le raciste qui fait partie de ses téléspectateurs et qui supporte mieux telle couleur, telle différence que telle autre et qui se laisse prendre d'affection pour un des étrangers ou supporte de loin une différence qu'en général il abhorre. Ces journalistes télés sont qu'ils le veuillent ou non les complices des démagogues politiques. Leur pseudo-objectivité sert en fait la peur, le désir bestial des égos et nourrit donc cet ego national qui est en train de noyer notre âme française dans la confusion.

Notre idéal ne sera respecté que quand la justice sera au service de l'éducation à l'égale dignité et aux services des utopies de fraternité. Où en est notre sens national d'une spiritualité laïque (non religieuse) qui considère chaque être humain du point de vue de l'accomplissement de son âme ?

Il faut lutter contre les formulations de la justice qui dans le peuple vont à l'encontre de l'égale dignité et de la recherche de l'épanouissement de la liberté individuelle dans la fraternité. Voyons le peu de cas qui est fait de la réhabilitation, de la prévention contre la délinquance, d'une réflexion sur nos valeurs collectives qui pourraient nourrir le crime... Pourquoi s'en prendre à un mal en s'en prenant indéfiniment aux symptômes sans s'attaquer à ses sources ?


A la vérité, on stigmatise le crime banlieusard et on louvoie sur la corruption en costume cravate !!! N'est-ce pas les valeurs ploutocratiques (le fric roi) dominantes qui sont la cause de toutes ces criminalités des citoyens français n'ayant pas été intégrés socio-économiquement et plus encore de ceux qui se font les chantres de l'intégration ?

Parmi les délits divers dont le poids est énorme, il y a ceux qui concernent le cercle des familles. Que fait le collectif pour éduquer à éduquer ? N'est-ce pas l'égocentrisme individuel centré sur sa seule recherche du gain et du plaisir personnel qui est en jeu faisant fi de l'égale dignité des membres de la famille et du sens collectif de la société entière qui est en jeu ?

N.B : On pourra pousser ici un peu plus la réflexion sur le dépassement spirituel de l'ego et la politique.

mercredi 7 juillet 2010

PRENDRE CONSCIENCE DE LA PLOUTOCRATIE ET LUTTER CONTRE ELLE.

MAIN CREATRICE

MAINS PREDATRICES


Tout le monde s'émeut des scandales politico-financiers du moment. Mais personne ne prête plus attention aux orientations politiques c'est-à-dire à un idéal collectif. Quand on choisit de mettre au pouvoir des partis qui estiment qu'il faut protéger les soi-disant "créateurs de richesse " en leur offrant un bouclier fiscal et quand on vote pour un slogan du type travailler plus pour gagner plus, il ne sert à rien de se scandaliser que les plus riches soutiennent et récompensent de leurs deniers ceux qui mènent une telle politique. D'ailleurs s'il s'avère que toutes les transactions qui font scandale sont légales, n'est-ce pas encore plus frappant pour montrer que notre démocratie et donc qu'une majorité du peuple reste fascinée par les possédants et le désir de la possession de l'argent ?

La ploutocratie est le pouvoir des riches et non pas malheureusement de ceux qui expriment des forces créatrices car nos riches et nos désirs de richesses ressortent pour la plupart de la prédation et non de la création. Les riches ont par le passé créé des richesses même s'ils ont souvent exploité des gens pour y parvenir mais aujourd'hui ils nous privent des richesses auxquelles ont contribué pourtant de nombreux ouvriers et employés : ils ne contribuent plus à la solidarité national, ils délocalisent leurs productions dans des lieux où ils pourront plus facilement exploiter des employés et des ouvriers, les rares emplois qu'ils laissent ici ils les monnaient auprès de nos Etats qui ainsi endettés sacrifient les aides sociales, assurent de moins en moins des soins de qualité.
Nous restons ici en démocratie, personne jusqu'à présent ne m'empêche en France de m'exprimer. Notre ploutocratie s'appuie donc surtout et essentiellement sur le pouvoir de fascination qu'exerce l'idée de la possession de l'argent. Cette idée de possession de l'argent nous renvoie à la prédation animale que notre espèce n'a pas su encore dépasser. La loi de la jungle où la loi du plus fort et donc du plus adapté règne reste dominante dans notre vie économique. Les racailles de banlieue ont des raisonnements pauvres en vocabulaire et en concept mais finalement similaires aux chantres de l'ultralibéralisme qui nous promettent de nous débarrasser de la racaille sans voir qu'elle a la même provenance idéologique et psychologique.

Servir l'idée de possession de l'argent n'est donc même pas servir un authentique enrichissement. L'argent n'a guère de pouvoir pour préserver directement la vie et malheureusement la prédation financière contrairement à la prédation animale peut contribuer à rendre notre monde infertile et désertique en cherchant un profit au détriment de la vie :

Le monde animal ne s'enrichit pas car il ne peut pas changer en conscience son rapport au milieu matériel : son comportement est régulé par des instincts que seule l'évolution biologique peut modifier. L'idéologie de l'argent roi véhicule quelque chose d'animal sans que son comportement soit régulé : c'est précisément une cause de bestialité destructrice.

Qu'est-ce que s'enrichir vraiment ?
Tout ce que j'ai est impermanent, je l'ai eu, je le perdrai. Pour avoir, il me faut un corps, j'ai un corps et je le perdrai ainsi ce que ce corps avait permis de revendiquer comme étant mien.

Mais qui je suis vraiment vraiment ne peut pas m'être enlevé. Cette pauvreté qui consiste à être est la condition nécessaire de toute forme d'enrichissement.

Entre l'être et l'avoir, il y a l'acte créateur. Si un de mes textes disparaît, je peux moi ou quelqu'un d'autre retrouver la fibre créatrice qui l'a amené à se manifester. Ce qui est la source du créé peut le ressusciter, certes dans une nouvelle forme mais il pourra faire revenir quelque chose de la forme disparue dans une forme peut-être plus accomplie.

La source de l'acte créateur est donc la véritable source de l'enrichissement.

Au-delà des scandales qui scandalisent souvent ceux qui sont frustrés de ne pas avoir accès à la possibilité de gagner de l'argent sans créer et qui permettent à d'autres d'en tirer profit, il s'agit de se battre au niveau des valeurs pour asservir le pouvoir financier au service de l'acte créateur et de l'abandon à la simple conscience d'être d'où il surgit.


jeudi 1 juillet 2010

LE DEBUT DE L'AVENTURE DE LA CONSCIENCE.


Sri Aurobindo et Mère nous disent bien que ce dont ils parlent commence au-delà de ce que Ramana Maharishi a réalisé. Mais encore faut-il bien s'y éveiller et s'y réaliser !

Ramana Maharshi précise ce qu'il a réalisé : "L'écran d'un cinéma ne ressent rien, et a donc besoin d'un spectateur qui prenne conscience du spectacle. Mais l'écran du Soi est différent; il comprend le spectateur et le spectacle, ou plus exactement il est en soi plein de lumière. Sur l'écran, les images ne peuvent être perçues que si la salle est plongée dans l'obscurité. Ainsi le mental ne peut-il projeter ses idées et ses images que dans l'obscurité de son ignorance fondamentale (avidya). Le Soi est pure connaissance, pure lumière, dépourvue de toute dualité. La dualité implique l'ignorance. La connaissance véritable du Soi se tient au-delà de la connaissance-ignorance. De même, la lumière du Soi est au-delà de la lumière ordinaire et de l'ombre. Car le Soi est tout seul."

Ceci nous approche de ce que nous invite à constater Douglas Edison Harding :

En effet le monde tel que je le perçois et non tel que je le pense apparaît comme sur un écran au-dessus des épaules d'un corps manifestement sans tête. Cet écran comprend simultanément le spectateur et le spectacle. Le spectateur n'est pas localisé dans une tête ou où que ce soit puisqu'il s'étend partout bien loin du corps qu'il surplombe. Si perçois la conscience où tout apparaît, alors mon individualité devient juste une apparence mentale. Je ne peux plus m'identifier à cette apparence mentale en la dotant d'une tête, je ne peux plus la loger dans un corps à partir duquel je pourrais la différencier des autres apparences. Je suis l'écran où paraissent les apparences, je suis les apparences sans aucune hiérarchie possible ou valorisation d'un ensemble d'apparence par rapport à d'autres. Je suis la lumière transparente où surgissent les apparences colorées mais aussi qui les fait surgir. De même je suis le silence où surgissent les sons et qui les fait être. De même je suis l'absence de sensation où surgissent des sensations et qui les fait être. Etc. Je suis au-delà du mental d'où surgit les processus mentaux. Je ne suis plus ce processus mental qui me faisait penser être un individu séparé du monde et des autres.

Proche de Douglas Harding, il dit : " L' aspect des choses varie selon le point de vue de la personne. La vue émane de l'oeil. Et l'oeil doit se situer quelque part. Si vous voyez avec les yeux de la matière, le monde aura la même nature. Si vous regardez avec les yeux subtils (ceux de l'esprit), le monde apparaîtra subtil. Et si votre oeil devient le Soi, le Soi étant infini, l'oeil sera infini."

Cessant d'être identifié à un processus mental me donnant l'illusion de n'être qu'un individu, au lieu de désirer n'être que tel individu désirant tel et tel objet, je deviens avant tout le désir de ce que je suis vraiment qui se désire en tout ce qui apparaît : les désirs jusque là seulement individuels s'intègrent en l'unique désir d'être vraiment qui je suis au-delà du processus mental. Qui Je suis vraiment dès lors qu'il s'aperçoit lui-même est libre des désirs individuels même si ces désirs individuels (en tant que préférences individuelles) demeurent encore non parfaitement intégrés au désir de qui je suis vraiment. Ceci permet alors de comprendre cette affirmation de Ramana Maharshi : " Le cœur est l 'unique vérité. L'esprit n'est qu'une étape... " Dans le contexte de l'approche de Douglas Harding, voir l'absence de tête est l'étape de l'esprit, il faut que qui je suis vraiment désire se reconnaître en l'esprit pour que germe le coeur et l'amour qui en jaillit. Prendre au sérieux l'absence de tête comme étant l'esprit suppose alors cette réintégration des désirs individuels au désir sans objet de qui je suis vraiment.
Ce symbole de Jacob Boehme me parle bien de cette transformation subtile. L'esprit ici symbolisé par l'oeil libère le feu du coeur qui s'ancre dans le divin au-delà du connu et des voiles d'inconnaissance dont il s'entoure mais aussi qui lui permet de s'enraciner et donc de s'incarner plus intégralement.

Pour Sri Aurobindo et Mère, le quelqu'un qui réalise cela n'est pas personne, c'est l'âme, non pas la "petite personnalité frontale"avec qui on la confond souvent, mais l'être psychique authentique, "le fils du ciel par le corps de la terre" (Rig-Véda III.25.1)

Dans le langage chrétien de la tradition issue de Maître Eckhart, on parlerait de l'étincelle de l'âme qui est Dieu en nous, individualisation divine veillant à notre individualisation personnelle. Par elle, nous sommes unis à l'individualisation divine (Le Fils) autant qu'à sa transcendance (Le Père) et qu'à son immanence (Le saint Esprit). Ainsi là où l'individu égocentrique demeure séparé de la réalité divine, nous intégrons l'individualité comme l'oeuvre de l'évolution divine et non plus seulement d'une évolution de la nature.

Nous commençons dès lors à entrevoir que l'évolution divine et l'évolution de la nature sont liées l'une à l'autre et que la lumière des étincelles de nos âmes qui y communient occupent surement une position privilégiée dans ce processus de divinisation.

jeudi 24 juin 2010

LA FIN DE LA RELIGION EST LE DEBUT DE LA VRAIE AVENTURE DE LA CONSCIENCE.




Du point de vue d'une évolution consciente de la conscience divine, les religions sont mortes ou sont en cours d'extinction. Elles participèrent à notre évolution. Elles y font maintenant obstacle.

Car au fond tout ce qui à trait de loin ou de près à une religion finit par hiérarchiser dans son organisation les personnes entre celles qui ont une autorité et celles qui n'en ont pas. Une religion produit immanquablement ceux qui contestent le fondement de son système d'autorité même si souvent cette opposition se structure elle-même en une nouvelle religion.

Bien sûr outre cet antidémocratisme fondamental inhérent aux religions instituées, il y a une tendance à exclure, à rejeter des personnes : pour les unes ce sont les membres des autres religions, les sans religion quand ce ne sont pas les prostituées, les homosexuel(le)s, telles ou telles personnes impures, etc.

La nouvelle spiritualité qui se développe en dehors des religions doit faire face au principe d'autorité et le distinguer du pouvoir. Tout ce qui confond peu ou prou le pouvoir et l'autorité est par essence en train de nourrir une conscience religieuse certes en petit comité et dans l'intimité mais avec les mêmes défauts : exclusivisme en vue de renforcer l'autorité du message spirituel, hiérarchisation plus ou moins subtile des personnes en vue de renforcer l'autorité d'un ou de plusieurs maîtres spirituels.

Peut-on avoir confiance en une autorité spirituelle qui ne partage pas son pouvoir entre tous ? L'autorité spirituelle ne sera plus royale : si nous nous libérons de la religiosité, elle sera celle de multiples passeurs qui nous conduiront vers divers points de l'autre rive.
Cette autre rive commence avec la découverte de cette rive immatérielle transparente en face de la rive matérielle. Comme le suggère cette image c'est une évidence au-delà du sensible mais par qui tout est ressenti :

C'est de cette évidence insaisissable que tout surgit : nous n'avons donc pas à être sauvé du monde et de notre personnalité qui en surgit. En elle, il n'y a plus de hiérarchie ou d'exclusion, tout communie dans l'égalité. Seul cela en nous s'obstine à penser le contraire (et donc une majorité d'interprétations des religions qui posent des conditions sans fin à la rencontre du divin) devra renoncer à son goût du drame pour qu'enfin à partir de cette humble évidence insaisissable tout resplendisse.

N.B : Mais si ceci annonce la fin de la religion, ce ne sera pas non plus par l'exclusion et l'autoritarisme qu'une telle fin se produira. Ce sera par désaffection sans doute. Mais aussi par le dialogue : je tente, ici sur ce lien, d'esquisser des contours pour considérer comment on pourrait extraire toute la richesse spirituelle des religions en en surmontant les limitations.

mercredi 16 juin 2010

NON DUALITE, FUSION ET ALTERITE.

Certains chrétiens n'hésitent pas à rejeter les religions bouddhistes et hindouistes en affirmant que le dernier mot de leur croyance est la non dualité. Ils comprennent cette non dualité comme la fusion de l'individu dans le tout ou dans un seul esprit. Ainsi comprise la non dualité est une fusion avec l'absolu. Ces chrétiens excluent donc de comprendre les spiritualités religieuses orientales accusées de mettre en péril la relation personnelle à Dieu, un tout autre face à nous. Une spiritualité humanisante de l'altérité s'opposerait à des spiritualités déshumanisantes de la fusion.

Ken Wilber a précisé cette question de la fusion et de la non dualité avec sa pre/trans fallacy, la différence entre des spiritualités régressives et des spiritualités intégratives. (On trouvera notre compte rendu ainsi que nos critiques de cette approche en cliquant ici).

Mais sans entrer à un tel niveau de complexité, réfléchissons un peu à l'amour : ne s'agit-il pas d'une relation qui unit deux personnes ? L'amour, au sens le plus noble, n'implique-t-il pas le dépassement de la séparation entre deux personnes ? Cette séparation n'est-elle pas une dualité ? L'amour n'est-il pas en ce sens une non-dualité ?

Une non-dualité ne signifie pas forcément une fusion, une indifférenciation. Il y a une non-dualité de l'amour qui unit deux personnes. C'est ainsi que Jésus Christ affirme dans le droit fil d'une non dualité sans confusion : "Moi et mon Père sommes uns." Et il donne cette unité comme modèle.

Reste à trouver en nous ce qui peut nous relier à ce que nous souhaitons aimer. Ce n'est pas un objet du monde, même s'il s'agit de celui qui les crée. Faut-il se contenter de parler à un absent en ayant foi en son existence lointaine ?

Il faut retourner notre regard, il faut nous convertir, c'est en nous, à l'intérieur de nous, qu'il nous faut regarder. Tous les grands spirituels chrétien nous invitent à ce mouvement.

Inspiré par Douglas Harding, passons la porte du coeur et essayons de voir par quel chemin notre amour peut nous unir au divin qui embrasse le monde tout en nous embrassant.
Ce coeur vide est une bonne image : il faut faire la place au divin, il faut vider la coupe du coeur pour que le divin puisse la remplir lui l'au-delà de tout qui embrasse tout. Mais il faut entrer en ce vide, il faut le revêtir... Soyons attentif aux bords qui marquent ce coeur et à l'espace vide qu'il enserre lorsque nous approchons notre tête :
- ne voyons-nous pas que cette espace s'élargit à la grandeur de tout l'espace visible ?
- ne voyons-nous pas l'absence de limite de la conscience au-delà même de tout cet espace visible ?


L'oeil de la conscience, ce pur vide dans lequel évolue l'idée et le sentiment de moi, n'est-il pas le pont vers l'invisible qui entoure le visible, l'immatériel qui entoure le monde sensible ?

N'est-ce pas le Christ lui-même qui nous invite à porter notre attention à une lumière inhérente à l'oeil de la conscience ? Relisons l'Evangile de Saint Matthieu :

" Matthieu 6:22 L'oeil est la lampe du corps. Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé ;

Matthieu 6:23 mais si ton oeil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres ! "