dimanche 27 mars 2011

QU'EST-CE QUE LA SPIRITUALITE INTEGRALE ?

Quand nous avons trouvé l'intangible, soudain il n'y a plus que Cela. Nous savons comment être détaché de tous les phénomènes. Les émotions et les idées et donc "ma" personnalité sont des phénomènes de la transparence consciente qui caractérise Cela.

Mais  libéré en Cela, comment sauver les phénomènes ? Car la crise morale, sociale, économique, politique, et écologique pose cette question avec force. Les spiritualités non intégrales voient dans cette question une trahison de Cela... Souvent les prêcheurs de la non dualité estiment qu'il suffit de s'abandonner  à la transparence consciente de Cela et tout ira pour le mieux. Quand on leur parle de sauver les phénomènes ils voient un retour à la petite personne qu'ils prétendent abolir alors que pourtant on la voit bien prospérer à la périphérie de leur expérience de Cela. 

Une spiritualité intégrale authentique se démarquera d'une telle posture car elle estimera qu'il y a de l'ignorance dans l'abandon des phénomènes à eux-mêmes. Une spiritualité authentiquement intégrale estimera qu'une spiritualité qui abandonne les phénomènes à eux-mêmes est une demi-vérité peut-être aussi nuisible sinon plus que l'ignorance de la personnalité ordinaire.

On ne sortira pas de l'ignorance avec une demie-vérité. Pouvons-nous trouver au cœur de notre expérience de Cela un courant dynamique qui suscite le renouvellement des phénomènes pour surmonter la crise criante qu'ils manifestent ?

Ken Wilber ou Hans Jonas parlent d'Eros. Andrew Cohen évoque un Soi authentique. Teilhard de Chardin décrit une convergence vers un point Oméga. Bergson nous découvre un Elan vital à la source de nos durées et qui renouvelle le vivant par son intuition créatrice. Sri Aurobindo et Mère font de la Shakti hindoue la source de la manifestation des phénomènes.

A vrai dire le détachement obtenu par la réalisation de la transparence consciente de Cela qui n'a jamais été autrement que Cela malgré toutes nos histoires personnelles est le point de départ d'une aventure spirituelle. Car notre individualisation va vraiment au-delà de l'égo dans la lumière de Cela  lorsqu'elle se découvre l'individualisation du courant dynamique du monde phénoménal. Après avoir réalisé que notre vraie nature est la transparence consciente de Cela nous commençons à réaliser par ailleurs qu'en tant que phénomène nous sommes un tourbillon du courant dynamique de Cela qui traverse et vivifie tous les phénomènes.

Grâce au détachement de Cela  peu à peu son mental personnel d'abord au service de ses désirs et de ses valeurs commencera à fondre dans une intelligence universelle encore impalpable mais qui seule est créatrice.

Dans une spiritualité intégrale authentique, le petit moi essentiellement consommateur et reproducteur par ses désirs est appelé dans la Lumière de Cela à s'élargir jusqu'à sa dissolution pour laisser place à un instrument individualisé de la source d'énergies créatrices.  La réalisation de Cela n'est donc que le début authentique de l'aventure spirituelle intégrale. 

lundi 14 février 2011

QUAND LE MOI VEUT S'APPROPRIER L'ACTION. REMARQUES SUR LE KARMA YOGA.

 
Si j'admets qu'Ici au centre il n'y a rien de ma personnalité qui perçoit. J'admets aussi que Cela seul au centre en chaque point de la perception est aussi la source même de toute action.
 La lunule de pensée personnelle est une fiction subjective engendrée par Cela. Dans la lumière de Cela cette fiction subjective personnelle n'est plus égocentrique mais en elle exprime des mécanismes et des habitudes qui peuvent demeurer égocentriques.

Cette lunule subjective de pensées, sentiments est ce que Douglas Harding nomme "le petit". Celui-ci ne disparaît pas pour toujours quand on s'éveille à la présence éternelle du Grand, de Cela. Bien souvent même la vue de Cela par Cela n'empêche pas le petit oublieux de Cela de reprendre le dessus. 

Parfois le petit est suspendu dans l'auto-contemplation de Cela mais il revient dès que l'action dont il le vecteur est exigée. Le petit revient et son désir de Cela est bien négligeable devant ses désirs égocentriques.
Le karma yoga consiste à ce que le petit reconnaisse l'évidence que seul Cela agit et qu'il devienne l'instrument volontaire de Cela. Le karma yoga vise donc aussi au sacrifice de tout désir personnel.

J'admets que je ne fais pas la vaisselle mais que Cela fait la vaisselle à l'aide de mon corps qui en émerge.


Mais n'est-ce pas moi qui avais le désir de faire la vaisselle ? 

A vrai dire la situation exigeait de faire la vaisselle : le tout manifesté de Cela sous la forme du tas de vaisselle suscitait l'obligeance de  Cela à travers un moi. Le moi, obligé de Cela, surmontant ses désirs de faire autre chose pour le désir de Cela a répondu favorablement à la situation. Où se formulait cette pensée de consentement dans l'expérience du moi conscient en Cela sinon en Cela ?


Mais un aspect du moi oublieux de Cela reste souvent à surmonter quand le travail auquel  le moi est appelé au consentement est plus complexe ou soi-disant plus gratifiant. Ayant consenti à l'obligation de Cela, le moi s'inquiète de la réussite de sa tâche. Il confond le fait de devoir être un instrument au service de la tâche avec le fait de se l'approprier. Il se met à désirer la réussite de l'action comme un de ses autres désirs égocentriques. Il trahit alors l'unique travailleur, l'unique auteur, etc. : Cela.


NB : Ceci serait pour moi un premier éclaircissement du passage programmatique cité ici de Sri Aurobindo sur le karma yoga.

mercredi 19 janvier 2011

LES ABERRATIONS DU REGNE DE LA QUANTITE.

Sur LCI et un tas d'autres médias on nous dit que :
"La révolte populaire qui a provoqué vendredi la chute du régime tunisien du président Ben Ali et les violences postérieures ont causé 3 milliards de dinars (1,6 milliard d'euros)". Les agences de notation ont décidé de dégrader la note économique de la Tunisie.

On pourrait se demander combien a coûté la révolution française et surtout l'abolition de l'esclavage...

Cherchant sur internet l'origine de l'information sur le coût supposé de cette révolte, j'apprends qu'elle vient de Ahmed Friaa, ministre de l'Intérieur de Tunisie et donc proche de Ben Ali... Sur LCI  et d'autres médias, on a oublié de mentionner la source. Les agences de notation qui ont dégradé la note économique avant même que la situation politique se clarifie un peu plus montre le respect qu'elles ont pour la liberté...

On peut soupçonner à l'occasion une crainte diffuse d'un certains nombres de personnes de voir une révolte en France contre notre propre ploutocratie et la volonté de l'enrayer. Souvent on nous a menacé d'une dégradation de la notation des agences financières comme si la politique devait se soumettre à la finance. A vrai dire la réaction De Michèle Alliot-Marie proposant : "C'est la raison pour laquelle nous proposons effectivement aux deux pays [l'Algérie et la Tunisie] de permettre dans le cadre de nos coopérations d'agir pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité." ne pourrait-elle pas traduire une telle conception ? Ces politiques semblent plus respecter leurs amis milliardaires quelle que soit l'origine de leur fortune que la liberté, l'égalité et surtout la fraternité.

A vrai dire il y a surement plus d'inconscience que de conscience dans tout cela. Nous voyons bien en tout cas le principe fondamental LIBERTE EGALITE FRATERNITE devenir relatif aux seuls intérêts économiques. Tous les politiciens de l'échiquier modéré ne parviennent pas à libérer politiquement le principe fondamental de l'avoir économique, de logiques de la quantité... 
Comment ne pas voir là le choc spirituel contre l'esprit de notre République ? Pierre Leroux qui a participé à mettre en avant cette devise n'ignorait pas l'existence d'une dimension spirituelle en politique bien qu'il soit socialiste (car les socialistes ont souvent été matérialistes et donc peu enclin à parler en termes favorables du spirituel).

En retrouvant un projet collectif en politique qui soit vraiment spirituel, notre âme collective française retrouvera sa flamme.

mardi 30 novembre 2010

LUNULE DE PENSEE DANS LE SOLEIL DE LA PERCEPTION.


Etonnement de celui qui constate que jamais il n'a été celui qui perçoit. La couleur est vue, le son entendu, l'odeur sentie, le goût goûté, le contact ressenti sans que moi sujet de la pensée n'y soit pour rien. Le moi sujet de la pensée ne fait que des commentaires sur la réalité première de la perception (d'un seul geste perçue et percevante). Etonnement approfondi : le sens de la pensée y compris celle de moi sujet d'une telle constatation prend sens dans la réalité première de la perception sans que moi sujet n'y soit pour rien.

Faut-il en conclure que moi sujet de la pensée qui jusqu'à présent se croyait substantiel n'est rien qu'une illusion ? Faut-il conclure que c'est une erreur de se prendre pour quelqu'un ?

Dans la lumière de la perception pure, une lunule de pensée où se déploie moi sujet de la pensée persiste...

Etrangeté du rappel de Soi, perception pure, à partir de la lunule de pensée sentiment de moi : d'un côté, il y a le désir du moi de retour à la proche périphérie de la conscience pure et de l'autre, l'évidence que la conscience pure brillait déjà dans la lumière de ce désir du moi avant de se réaliser lumière consciente de toute lumière.


Emergeant dans la lumière de la perception pure, la lunule de pensée, où se déploie moi sujet de la pensée, réverbère toute la globalité de la lumière de la perception pure. Cette lunule de pensée qui n'était qu'un rayon inconscient du soleil de la perception pure est transformée involontairement par le fait de refléter de plus en plus complétement toute la lumière de ce soleil de la perception pure. Comme la lune dans le ciel cherchant la lumière du soleil pour se percevoir en pleine lumière finit par la réverbérer sur toute la terre au point qu'on y voit comme en plein jour sans pourtant apercevoir le soleil.

On peut dès lors imaginer que celui qui rencontre en l'autre une lunule de pensée ainsi réverbérée verra à travers cet autre un soleil qu'il ne sait pas bien voir en lui. Et s'il sait entrapercevoir en lui cette lumière du soleil unique, face à cet autre la réverbérant aussi intensément, il se sait non encore transformé. Il voit pointé en lui ce qui prend du temps pour laisser s'incarner au cœur de sa propre individualité cette lumière en une plus grande constance et intensité.



mercredi 3 novembre 2010

TOUTE PENSEE N'EST-ELLE QU'INVOCATION ?

Toute pensée n'est au fond qu'une fiction. Cette fiction a cependant un pouvoir certain d'invocation. Malheureusement, je me prends en flagrant délit de croire à sa puissance et de la croire à ma disposition, si je sais bien la manipuler. Je la crois alors plus réelle que la Conscience qui lui confère sens. Je me crois réel comme pensée de moi-même distincte de la pensée du monde et d'autrui. Je ne retiens de conscience qui ce qui tombe sous ce sens que j'invoque pour moi seul face au monde et à autrui. Je confonds distinctions de sens fécondes dans l'unité de la Conscience et significations de différences séparatrices oublieuses de leur condition de possibilité.

De la prière à la science, il s'agit toujours et encore d'une invocations de nos actions : la science n'est peut-être qu'une forme d'invocation plus partageable et plus efficace objectivement que la prière. Le simple d'esprit tel un enfant ne craint pas de recourir à la prière quand sa science, son sens de l'invocation efficace du point de vue de sa reproductibilité fait défaut. Comme il a foi en ce qui est, le simple d'esprit veut sereinement tout ce qui surgit de la Conscience : il juge que ce qui est vaut mieux que ce que sa prière espérait de mieux. L'efficacité de la prière relève plus de la qualité subjective de l'invocation que de l'efficacité objective de par sa reproductibilité.

Si comme simple d'esprit, on admet que le monde dans sa matérialité se transforme aussi en fonction de nos invocations, cette transformation elle-même n'en est que plus miraculeuse. C'est une réponse sur un plan qui échappe à la pensée qui pourtant l’invoquait. Ce qui est s'autocrée matériellement miraculeusement pour celui qui ne peut qu'invoquer. La pensée qui surgit est une autocréation qui peut surgir et disparaître harmonieusement dans le mouvement global d'autocréation de ce qui est. Faire la volonté de la Conscience (divine, faut-il le préciser ?) plutôt que la sienne n'est peut-être pas un délire de celui qui veut être un simple d'esprit. Ce savoir faire là n'est certainement pas un savoir mental mais n'est certainement pas non plus une ignorance. Ce savoir-faire n'est-il plus ou moins intense quand on est éveillé à la Conscience ? Qu'est-ce qui en jeu dans cet affinement de celui qui reconnaissant l'éveil se laisse devenir en lui ? Est-ce une finesse du coeur qui se dévoilera ? Est-ce une qualité de soumission et d'abandon de la volonté individuelle qui s'intensifiera ? Est-ce une inspiration plus éclairante de la juste invocation qui se révélera ? Est-ce une sensibilité à la beauté qui se manifestera ?

jeudi 30 septembre 2010

VOIR LA LUMIERE DE L'ESPRIT REND TRES OPTIMISTE.

Si la lumière de l'Esprit s'est vue malgré nous, alors nous savons que tout ce qui apparaît est de sa substance et que ce rien qui voit est de sa substance. Désormais dès que nous nous soumettons à sa vision ou qu'elle nous la donne de nouveau, nous expérimentons concrètement que notre sentiment de soi est de sa substance. Cette expérience qui voit se dissoudre le sentiment de soi en toute la substance de la lumière de l'Esprit s'approfondit sans forcément abolir le sentiment de soi. Tout ce qui est soi, les autres et le monde est de sa substance ainsi que le rien où ils surgissent. l'Etre de ce qui est en train d'être et n'est pas est donc la lumière de l'Esprit.

Tournant notre personne vers la lumière de l'Esprit, surgit la joie et l'accueil inconditionnel de tout ce apparaît en elle.

Nous commençons à comprendre qu'elle est à l'œuvre en tout. Nos changements sont dans l'ignorance de son œuvre. Tous nos discours sont dans l'ignorance de son œuvre. Le monde entier est le fruit de son œuvre. Et nous-même sommes son œuvre. S'apercevant malgré nous, elle redresse le détournement qu'elle s'est donnée d'elle-même à travers nous. Nous découvrons son œuvre auto-créatrice, son œuvre de transformation et d'amour. La lumière de l'Esprit découvre sa puissance d'action phénoménale.


Comment dès lors être pessimiste sur l'avenir de ce qui se manifeste ? Bien entendu, il n'est pas exclu que ce qui se manifeste voit la disparition de certaines manifestations comme autrefois telles espèce qui dominait la terre a disparu mais comment penser que la lumière de l'Esprit ne puisse pas engendrer une manifestation de plus en plus harmonieuse et à l'image de son amour pour nous à qui il s'impose malgré nous ?

samedi 25 septembre 2010

LA LUMIERE DE L'ESPRIT. CITATION DE SRI AUROBINDO.


« Je n'ai rien voulu apporter d'autre aux hommes qu'un chemin et une possibilité de se détourner du moi-je, de l'ego, de l'individu, pour se tourner vers ce que nous sommes vraiment : la Lumière de l'Esprit, la Toute-Lumière de l'Esprit. », Sri Aurobindo cité ici par Ma suryananda Lakshmi.

Commentaire :

Où voir la lumière de l'Esprit ? Regardons ce dessin de Ernst Mach :


Il y a une lumière extérieure qui entre par la fenêtre au fond, mais ce n'est pas la lumière de l'Esprit. Quand il y a moins de lumière solaire dans la pièce, la lumière de l'Esprit, où cette baisse de lumière du monde, se perçoit reste constante :

Reste une confusion : le sentiment de soi croit que cette lumière intérieure qui lui permet de voir est de son fait et qu'elle est de peu d'intérêt mais le sentiment égocentrique de soi, quoiqu'il produise, peut apprendre à se soumettre au fait que ses commentaires n'existent que dans cette lumière intérieure.

La lumière de l'Esprit est une chose bien pauvre au premier abord. La pensée et l'émotion ou la sensation semblent bien plus vivantes, mais ce n'est pas voir que la lumière de l'Esprit est leur condition de possibilité. Si notre sentiment de soi se tourne vers cette lumière intérieure, se met dans cette lumière intérieure et la reconnaît comme son principe alors il entrera dans un processus de transformation. Si le sentiment de soi séparé se soumet de plus en plus au fait que la lumière de l'Esprit l'enveloppe lui, autrui et le monde alors sa conscience sera de moins en moins égocentrique, il ne croira plus égocentriquement que cette lumière,  par laquelle il perçoit, est sa propriété, son fait. Il n'y a de conscience que dans cette lumière de l'Esprit : la conscience égocentrique est une illusion.

Lorsqu'on lui parlait de cette lumière, le sentiment de soi égocentrique n'en voyait pas l'intérêt, la trouvant pauvre et peu agissante. S'il se libère des croyances qui l'empêche de voir que la source de l'être se dévoile dans cette lumière, alors cette lumière de l'Esprit indiquera de plus en plus clairement ce qui doit être fait ; elle impulsera même des actes dans un corps esprit d'où momentanément au moins il n'y a plus de conscience de soi individuelle séparée.