mardi 30 novembre 2010

LUNULE DE PENSEE DANS LE SOLEIL DE LA PERCEPTION.


Etonnement de celui qui constate que jamais il n'a été celui qui perçoit. La couleur est vue, le son entendu, l'odeur sentie, le goût goûté, le contact ressenti sans que moi sujet de la pensée n'y soit pour rien. Le moi sujet de la pensée ne fait que des commentaires sur la réalité première de la perception (d'un seul geste perçue et percevante). Etonnement approfondi : le sens de la pensée y compris celle de moi sujet d'une telle constatation prend sens dans la réalité première de la perception sans que moi sujet n'y soit pour rien.

Faut-il en conclure que moi sujet de la pensée qui jusqu'à présent se croyait substantiel n'est rien qu'une illusion ? Faut-il conclure que c'est une erreur de se prendre pour quelqu'un ?

Dans la lumière de la perception pure, une lunule de pensée où se déploie moi sujet de la pensée persiste...

Etrangeté du rappel de Soi, perception pure, à partir de la lunule de pensée sentiment de moi : d'un côté, il y a le désir du moi de retour à la proche périphérie de la conscience pure et de l'autre, l'évidence que la conscience pure brillait déjà dans la lumière de ce désir du moi avant de se réaliser lumière consciente de toute lumière.

Emergeant dans la lumière de la perception pure, la lunule de pensée, où se déploie moi sujet de la pensée, réverbère toute la globalité de la lumière de la perception pure. Cette lunule de pensée qui n'était qu'un rayon inconscient du soleil de la perception pure est transformée involontairement par le fait de refléter de plus en plus complétement toute la lumière de ce soleil de la perception pure. Comme la lune dans le ciel cherchant la lumière du soleil pour se percevoir en pleine lumière finit par la réverbérer sur toute la terre au point qu'on y voit comme en plein jour sans pourtant apercevoir le soleil.

On peut dès lors imaginer que celui qui rencontre en l'autre une lunule de pensée ainsi réverbérée verra à travers cet autre un soleil qu'il ne sait pas bien voir en lui. Et s'il sait entrapercevoir en lui cette lumière du soleil unique, face à cet autre la réverbérant aussi intensément, il se sait non encore transformé. Il voit pointé en lui ce qui prend du temps pour laisser s'incarner au cœur de sa propre individualité cette lumière en une plus grande constance et intensité.


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