jeudi 3 décembre 2015

LA LAÏCITE DE 1905 N'EST PAS SEULEMENT NEUTRE VIS-A-VIS DES RELIGIONS.

 

Présenter la laïcité de 1905 comme neutre et bienveillante vis-à-vis des options métaphysiques et religieuses est l'interprétation type Pena-Ruiz. 

Avec Jaurès, je pense que la laïcité 1905 met en avant la spiritualité en tant qu'expérimentation intérieure tout comme la science au-delà des religions et des métaphysiques matérialistes athées anti-spiritualistes.

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L'enseignement de philosophie à la plupart des élèves français, enseignement qui n'exclut pas Plotin, Platon, stoïciens, augustiniens, cartésiens et autres spiritualistes suggèrent cette non neutralité d'ordre argumentative, rationnelle, phénoménologique et expérimentale. D'autre part, L'enseignement laïque prend lui en compte la nécessité du point de vue athée, d'ailleurs souvent lui-même porteur d'une spiritualité anti-religieuse comme chez Spinoza, Schopenhauer, etc. Ainsi une laïcité promouvant la philosophie n'a rien de neutre spirituellement. On demande d'être capable de ne pas être enfermé dans la vérité d'une croyance indubitable et dogmatique : ceci est un acte spirituel capital pour que l'amour tolérant soit toujours au-delà de tout attachement dogmatique. La religion est particulière, la spiritualité a une dimension universelle testable et expérimentale. Bon nombre de rituels culturels dont ceux proposés par les religions n'auraient plus lieu d'être dès lors que l'horizon spirituel d'un au-delà des religions aujourd'hui nécessaire pour la paix civile se manifesterait politiquement.

Sur ce point avec d'autres, je me reconnais d'autant plus dans la laïcité 1905 que je pense que les spiritualités doivent se libérer des religions pour mieux s'intégrer et s'universaliser dans une science de l'intériorité. Celle-ci commence à s'imposer en sciences avec la neurophénoménologie, une science du cerveau et de la conscience qui a émergé dans les années 1990 avec Francisco Varela. Plus récemment celle-ci devient inévitable avec les thérapies cognitivistes et comportementalistes de 3ème génération comprenant la médiation laïque de pleine conscience ou encore avec les travaux comportementaux sur le bonheur. Les religions proposent d'adorer et de perpétuer des traditions, les spiritualités ont toujours été des innovations. La plupart ont essayé longtemps de se fondre dans le moule religieux. Parfois cela a coûté persécutions (Saint Jean de La Croix, Mme de Guyon, etc.). Mais depuis le fin du XVIIIème, les nouveautés spirituelles les plus importantes se sont développées en dehors des cadres religieux sans ré-instituer une nouvelle religion : les mouvements francs-maçons, Ramakrishna et Vivekananda qui ont témoigné de l'unité fondamentales de l'expérience du divin au-delà des religions, tout le courant néo-advaïta (Papaji, Atmananda Krishnamenon, Prajnanpad, etc.), le courant de non dualité (Douglas Harding, Eckhart Tolle, J. Krishnamurti, etc.), le mouvement laïque de la méditation de pleine conscience qui s'impose aujourd'hui de plus en plus dans les milieux des thérapies psychologiques en France et aussi déjà dans les milieux scolaires de divers pays occidentaux, et enfin le mouvement intégraliste (Bergson, Sri Aurobindo, Mira Alfassa, Satprem, Ken Wilber, etc.) qui conçoit un art d'évoluer consciemment et nous permet de mieux prendre d'un développement de conscience inégal que le postmodernisme ignore en ayant une vision discutable de l'égale dignité des personnes et des cultures. 

Une enquête sociologique récente montre la montée significative (Barbier-Bouvet, Les nouveaux aventuriers de la spiritualité, Médiaspaul) d'un courant spirituel qui partage des références (Frédéric Lenoir, Arnaud Desjardins, Eckhart Tolle, etc.) et qui héritant de la tradition judéo-chrétienne ne se reconnaît plus avant tout membre d'une Église mais aventurier spirituel parmi d'autres capable de puiser aussi dans le bouddhisme ou l'hindouisme. Ce n'est pas ce que certains sociologues chrétiens appelle le new-age ou une nébuleuse ésotérico-mystique. La laïcité de 1905 non neutre est le contexte politique qui seul peut permettre d'accomplir selon moi un saut spirituel de notre nation mais en dehors de toute appartenance religieuse. Seule elle peut offrir un contexte idéal pour former une fraternité humaine nationale l'emportant sur toute appartenance religieuse et culturelle. Ceci est une position jauressienne, héritière de Buisson ou plus avant de Pierre Leroux (inspirateur de la devise républicaine Liberté, égalité, Fraternité).
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jeudi 26 novembre 2015

DEFENDRE LA LAÏCITE REVIENT A NE PLUS FAIRE DE CRECHE DANS LES MAIRIES ET LES ECOLES.


Faut-il renoncer aux crèches de noël dans les mairies ou dans les écoles publiques ? 
Qu'on le veuille ou non une crèche reste une forme de prosélytisme. Un sapin de noël décoré avec des boules et des guirlandes et un père noël n'ont eux rien d'une propagande métaphysique et religieuse. Les musulmans d'ailleurs après Mohamed pensent que Jésus né de la vierge Marie à la fin des temps viendra juger les vivants et les morts. Le fils de dieu incarné reste l'objet d'une croyance religieuse et n'est jamais simplement une décoration, une imagerie locale.

L'argument culturel ne tient guère si on s'en tient à l'histoire républicaine. Il est temps d'accepter qu'en 1905 on a retiré les crucifix des écoles et donc les symboles d'adhésion de l’État au christianisme. La spiritualité centrale de la république consiste en la philosophie et en la science. 

Aujourd'hui la science prouve l'importance de la méditation de pleine conscience, la philosophie commence à réactualiser des sagesses expérimentales et si le divin a un sens il sera une expérience et non une croyance. Face au retour des intégrismes musulmans et des évangélistes dans les banlieues, il n'est pas lucide de jouer la carte de l'anodin culturel villageois de la crèche catholique. Soit dès lors on est multiculturaliste à l'anglo-saxonne et toutes les tendances religieuses sont bienvenues dans l'espace publique, soit on défend une laïcité qui exige de déposer les convictions, les accoutrements communautaires à l'entrée pour des arguments et des expériences partageables (y compris spirituelles) et bien sûr discutables. 

Dès lors je préfère qu'on discute dans l'espace publique sérieusement de l'expérience de l'infini, de Descartes et Pascal ou encore de certains arguments, à mon avis, convaincants d'Augustin plutôt qu'on fasse de la publicité même innocemment pour une quelconque identité religieuse. D'ailleurs dès lors il faut à la même hauteur évoquer Ib'n Arabi, Mohamed Iqbal ou Sankara, Abhinavagupta, le Bouddha et Lao Tseu. 

Et entendons-nous bien un franc-maçon ne dirait pas le contraire car il n'ignorerait peut-être pas ces noms de la plus haute spiritualité de toutes les civilisations à moins que sa démarche ne soit enfermée elle-aussi dans une forteresse mentale étroite à l'image du croyant religieux ordinaire.

Dernier point je pense qu'il est possible de défendre tout comme Jaurès une spiritualité laïque dont l'objet est précisément de s'arracher à toutes les identifications particulières non pour trouver une identité universelle qui serait vide mais le mouvement même d'une liberté créatrice à l’œuvre détachée de toute limitation identitaire. Jaurès militait d'ailleurs pour que le meilleur de la spiritualité chrétienne ne dorme pas dans le giron du catholicisme. 
La question de Jésus unique fils de Dieu et donc de la crèche est religieuse mais l'idée qu'aimer son prochain comme soi-même est semblable à aimer le divin (l'absolu) de tout son cœur est universelle et donc spirituellement laïque peut se montrer philosophiquement (cf. Louis Lavelle) et se démontrer scientifiquement (cf. les études sur l'empathie, les neurones miroirs, etc.). 

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mercredi 25 novembre 2015

VIVRE EN PAIX selon Niranjan Guha Roy.

Article du site http://www.motherland-guharoy.net

Motherland – Prières d'harmonie

Vivre en paix




La vie sur terre est très tourmentée. Il n’y a nulle part même une semblance lointaine d’harmonie. La tension est à son comble, les gens courent dans tous les sens pour trouver un peu de répit dans ce tourbillon infernal. Mais on ne peut pas trouver une solution paisible, une harmonie satisfaisante par les moyens extérieurs. On change les lois, les institutions les systèmes politiques, économiques, religieux, sociaux, mais on reste au point zéro. 

Le mental de l’homme vit dans la division et ne voit pas l’unité fondamentale de toute existence, le Divin immanent, éternel, invariable, l’esprit infini. Le vital de l’homme vit mu par les désirs, les passions, les impulsions incontrôlables et ainsi l’homme vit dans un état de lutte, de conflits permanents. Pourtant il porte en lui-même, dans ses profondeurs, loin derrière le cœur l’âme immortelle, son vrai Moi éternel, habité par la Divinité suprême. Mais tant que l’homme accepte de vivre une vie ignorante, douloureuse, la question du changement de la conscience ne se posera pas.

Chez une minorité l’âme intérieure, l’être psychique psyché est bien formé, bien cristallisé, ceux là ne peuvent pas accepter cette vie de folie et sont à la recherche d’une solution valable, durable, d’une paix inébranlable en toute circonstance, d’une harmonie spontanée même au sein d’un chaos effroyable, d’un bonheur qui ne s’évanouit pas comme la rosée du matin. Mais la découverte de l’âme n’est pas une action facile,  le chemin est long, dur et demande une aspiration constante et concentrée. La Divinité dans l’âme mène le chercheur pas à pas hors de cette vie chaotique angoissée vers la conscience spirituelle bien au-delà de la pensée la plus brillante et dont la substance même est la paix, l’harmonie, la félicité divines, profondes, invariables à l’abri de tous les mouvements inconscients et violents de l’homme. On peut vivre en paix parmi les hommes.

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Niranjan Guha Roy

LA LOGIQUE DU PROFIT NE PEUT PAS IMMUNISER NOS SOCIETES CONTRE LES LOGIQUES TOTALITAIRES des terroristes et des fascistes.




A vrai dire à partir de 1997, j'ai souscrit à la thèse que nous vivons non pas une simple crise mais une crise évolutive majeure. Et mes avancées spirituelles n'ont pas ébranlé cette thèse...

Une crise morale peut engendrer de nouvelles valeurs.
Une crise économique peut engendrer de nouveaux équilibres.
Une crise sociale peut engendrer une révolution.
Une crise écologique peut entraîner une extinction d'espèce.
etc.

Mais quand une crise concentre à ce point toutes les formes de crise, c'est l'impasse d'une manière d'être biologique.

Quel est le mode d'être biologique qui a besoin d'être dépassé ?

Jusqu'à présent le vivant a vécu dans la peur et la crainte de perdre sa vie, de ne pas la gagner, de ne pas avoir de travail, etc. La concurrence économique joue sur des facteurs malthusiens : le pétrole, les matières premières précieuses, la consommation de produits rares. Les religions sont encore en train d'estimer majoritairement que l'abondance matérielle se trouvera au paradis et que ce monde est une vallée de larmes pour les exclus de l'économie (ce discours est le fer de lance d'une bonne part de l'intégrisme religieux qui a repris dans le monde le flambeau des communismes évanescents). L'égoïsme nationaliste prolonge volontiers ces logiques malthusiennes.

Mais les biologistes eux-mêmes commencent à relativiser le malthusianisme darwinien. Le vivant fournit au vivant le moyen de sa propre évolution. Il y a des crises évolutives liées à des bouleversements climatiques majeurs. Mais à chaque fois dans la biodiversité, une catégorie de survivants a offert une nouvelle exploration des potentialités du vivant qui a redynamisé toute la toile du vivant. J'observe que cette exploration accompagne une exploration de modes de conscience d'être où l'individualité semble s'explorer autant que des formes d'être-ensemble.

Les premières bactéries à consommer du Co2 ont failli mener à la faillite du vivant en produisant de l'o2 qui a refroidi dramatiquement le climat : c'était la première extinction massive. Une forme de vie est apparue qui a consommé de l'O2 et produit du co2. Nous sommes à l'heure de la 7ème extinction où l'animal humain pourrait spirituellement devenir plus conscient de sa participation à l'évolution de l'environnement, du vivant et de sa conscience.



Sur ce schéma, manque la première extinction liée au manque d'équilibre Oxygène/Co2


Il ne s'agit ni de gagner sa vie, ni de gagner les élections, ni de gagner de nouveaux coreligionnaires, etc. il s'agit de participer plus consciemment à une évolution créatrice.

Cette tâche spirituelle me paraît beaucoup plus aisée aujourd'hui en France qu'ailleurs. Car notre projet fondamental moderne de liberté, d'égalité et de fraternité est inachevé.

Au moyen-âge régnaient les intégrismes religieux monothéistes. A l'époque dite des Lumières, l'obscurantisme, la superstition et le goût de la hiérarchie dominaient le monde malgré quelques frémissements de tolérance religieuse. Enfin aujourd'hui le règne du profit nourrit l'inculture (l'élimination du latin et du grec comme disciplines me semble caractéristique), promet l'intégration économique par l'école tout en nourrissant l'inutilité sociale de masse et à la fin s'étonne de retours à l'obscurantisme. Cependant ces forces psychiques visant au profit me semblent moins effrayantes que le règne des castes guerrières ou religieuses car le profit croit de moins en moins qu'il a besoin de restreindre les libertés d'expression vus que les médias vivent des profits de l'audimat, qu'une information pour être combattue doit juste être noyée dans la désinformation ou l'inculture... Dès lors ce qui viendra dépasser cette conscience mesquine surgira silencieusement (du point de vue médiatique), n'aura besoin aucunement de violence pour s'imposer comme une nouvelle forme de vie collective à incarner. Car la république démocratique dont nos politiques représentants de commerce se targuent n'est qu'un projet inachevé que, par leurs intérêts, ils ne pourront jamais sincèrement servir. Mais comme Rousseau y insiste nous ne pouvons pas être citoyen juste en laissant glisser un bulletin de vote dans une urne pour donner notre pouvoir de décision à un représentant qui ne tient pas ses promesses mais poursuit des intérêts ploutocratiques.

La force du profit qui tient en la croyance qu'il faut gagner sa vie, que la sécurité tient à la possession de la denrée malthusienne qu'est l'argent, etc. tombera... Les damnés de la terre qui rêvent encore de paradis religieux ou d'arrières-mondes s'ils constatent qu'on peut leur permettre d'échapper à la malédiction de devoir gagner sa vie laisseront tomber leurs guerres saintes... Toutes ces défaillances spirituelles sont la traînée des unes des autres.

Quand le tyrannosaure est encore en haut de la chaîne du vivant, on a un monde bien étranger à la compassion, à l'empathie, etc. Un docufiction sur cette manière d'être vivant vivant le montre aisément.

Dans le système global des représentations mentales et donc des mentalités, n'oublions donc pas que le haut de la chaîne est lié aujourd'hui à la valeur de profit. Certes à la marge nous avons des mentalités guerrières et religieuses dont nous avons sentis fort récemment la force de nuisance. Mais n'oublions pas que leur armement est une production industrielle commercialisée achetée grâce à la commercialisation de coton, de pétrole, de drogues, etc. N'oublions pas que le recrutement insiste sur des conditions de vie matérielle enviables. N'oublions pas que ces descendants d'immigrés mal intégrés, capables de haine contre leur pays nourricier occidental, n'ont pas été éduqués ou rééduqués faute de moyens alloués à l'éducation, à la justice comme instance de sanction, à la justice comme instance de réhabilitation, à la médecine psychiatrique et à la psychologie. Et quand les moyens existent encore : on favorise en psychiatrie le médicament au lieu d'un travail de libération de l'esprit, on réduit l'école à des techniques mentales en vue de produire de bons petits soldats du profit et on regarde avec condescendance les disciplines axées sur le développement du sens critique. L'individualisme du profit met à mal toute solidarité nationale en ne payant pas l'impôt, en exploitant l'immigration au travail au lieu d'intégrer les chômeurs dans la vie active, etc.    

Ainsi avec mes enfants, je regarde parfois des docufictions sur les dinosaures et je prends conscience de la patience de la nature pour créer des individus de plus en plus conscients et solidaires dans l'unité de la conscience. Dans le monde des dinosaures à l'apogée, le tyrannosaure est caractéristique. Il y a un début d'attention à ses progénitures mais elles peuvent s'entretuer ou s'exclure, pas d'intervention parentale, et la mère peut à l'occasion en manger une si la chasse n'est pas bonne.. Ces docufictions sont peut-être bâtis avec le préjugé darwinien d'un struggle for life. Mais en tout cas, les bestioles inoffensives de l'époque n'étaient que des proies. 

Aujourd'hui, se joue un nouveau tournant évolutif. Une part de nous veut un monde où le haut de la chaîne du vivant ne soit plus dominé par un pur prédateur, mais dans cette tâche nous devons apprendre à trouver la confiance dans ce monde à venir en voyant qu'il surgit de notre intériorité, qui, elle, vit déjà dans l'unité, la paix et se réjouit dans l'amour inconditionnel et non préférentiel qui s'incarne dans le monde... 

La désespérance est l'ennemi de cette cause...

Il y a alors une hiérarchie évidente de valeurs humaines qui s'imposent à l'esprit. Cette profondeur doit mettre au pas le profit sous la forme d'un enrichissement matériel durable justement partagé et la force économique enfin soumise à la justice mettra naturellement au pas ces guerriers égarés, voire les psychopathes ou sociopathes instrumentalisés. Ne sont-ils pas engendrés au sein d'une société pour qui la rentabilité économique est trop souvent au-dessus du souci de l'humain ? En effet ces guerriers ne sont rien sans des agriculteurs qui les nourrissent, des industriels qui, en fermant les yeux, acceptent qu'on leur vende leurs armes ou qu'on leur fournisse des moyens de télécommunication et enfin des financiers qui fricotent avec d'autres financiers qui eux par idéologie investissent. 


Mais pour installer ce bon ordre, une radicalisation démocratique de l'égalité, de la liberté et de la fraternité est nécessaire. Par exemple, il paraît évident que, si la fraternité se matérialise, tout citoyen soit muni d'un revenu inconditionnel d'existence du fait d'être respectueux des fondamentaux de sa citoyenneté. Chacun sentirait matériellement sa mère patrie n'ayant pas à lui quémander son allocation logement, son assurance chômage, son assurance maladie, ses bourses, son allocation handicapée, l'avancée de son dossier pour toucher la retraite, etc. Enfin nous aurions par ailleurs des contrats de travail démocratiques puisque l'employé ne serait pas soumis au bon vouloir de l'employeur. On travaillerait clairement pour créer un surplus de richesse et non plus pour gagner sa vie. On travaillerait pour le luxe, pour la création, etc. Et certains auraient enfin les moyens de développer une spiritualité sans dépendre de la solidarité d'une église, d'une secte, du financement de ceux à qui ils sont sensés enseigner l'autarcie du sage. Quant au chercheur spirituel, s'il devient clair que le profit n'a rien de justifiable spirituellement, il ne se laisserait plus aller à accepter les compromis des enseignants spirituels auto-proclamés. Une économie du partage en dehors de l'argent serait alors rendue possible... Le souci de l'humain et la fraternité ne seraient plus un vain mot. La spiritualité ne peut plus se réduire à une émancipation de nos illusions psychologiques et identitaires, elle doit être une participation de plus en plus consciente au mouvement de manifestation du réel qui émane de notre essence. 

Il faut que nos spiritualités aient après la découverte de l'Esprit, une Âme pour enfin prendre Corps dans le monde. 

lundi 16 novembre 2015

ELEMENTS D'UNE POLITIQUE POUR LUTTER CONTRE LES RADICALISATIONS RELIGIEUSES.


Bien sûr, pendant des siècles, il n'y a presque pas eu de spiritualité en dehors des religions. Mais la spiritualité n'est pas le sommet d'une religion, sinon elle ne serait qu'une lumière emmurée pour donner à l'édifice religieux sa dernière touche.
Et les grandes avancées spirituelles jusqu'aux Lumières n'ont été que de grandes crises religieuses voire de nouvelles religions. On attendait le retour du Christ, on a eu des Églises. On espérait l'unité des croyants musulmans, on a eu une guerre de califes. Les religions promettent la paix et pour cela menacent d'enfer ou mettent des bombes.

Il n'y a peut-être que les spiritualités philosophiques qui n'ont pas été prisonnières et alourdies par des dogmatiques religieuses se prétendant intangibles... Un philosophe argumente, un religieux anathématise. Un philosophe élargit ses connaissances, un religieux se limite à ses textes sacrés. Un philosophe crée et évolue, un religieux convoite l'apocalypse et contribue souvent dès lors à la fin du monde au cas où il pourrait voir sa religion se confirmer en ce bas-monde.
 
Ainsi dans toute croyance religieuse, il y a un facteur de radicalisation car tout croyant religieux croit posséder la vérité toute entière.
Et si avec condescendance, un croyant tolère les autres religions, il pense que sa forteresse mentale est la bonne pour lui, même s'il ne peut le prouver et le faire expérimenter à personne.
Le croyant réclame le droit de s'enfermer dans des limitations mentales et vitales.
Le religieux bon tain n'usera pas de la force mais espérera toujours convertir à sa religion. Son adhésion au pluralisme n'est rien que superficielle car si tout le monde se convertissait, ses lois bientôt créeraient des restrictions de droits.
Ainsi le radicalisme violent perdurera-t-il en dernier recours au-delà du radicalisme dogmatique courant.  

Je ne crois plus à l'idée de religion de l'amour, je suis sûr d'une philosophie de l'amour prisonnière d'aucune philosophie.
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Pour aider à sortir de la religion,
il va de soi qu'il ne faut pas partir en croisade (même athée). 
Il faut juste impérativement pointer et sanctionner les seules personnes religieuses qui commettent l'injustice,
puisque sinon les pouvoirs religieux multiformes y gagneraient en prestige.
Pour aider à sortir de la religion,
il ne faut pas en stigmatiser l'une plus que l'autre,
puisqu'elles sont par essence galvanisées par les persécutions
de martyrs innocents.
Pour aider à sortir de la religion,
il faut mettre la tolérance et l'amour du prochain (le visage devant) au-delà de toutes les religions, il y faut défendre toujours plus de laïcité et désarmer ceux qui la refusent.
Pour aider à sortir de la religion,
il faut valoriser la dimension spirituelle de chacune qui peut bien sûr valoir pour tout humain sans qu'il ait à y adhérer exclusivement.
Pour aider à sortir de la religion,
il faut lutter contre les logiques identitaires exclusives et valoriser le détachement de l'identité comme liberté radicale, comme ouverture compréhensive toujours prête à évoluer.

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mardi 22 septembre 2015

DECOUVRIR LA SAINTETE ET ASPIRER A LA PERFECTION. POUR UNE SPIRITUALITE DE L'EVOLUTION DE LA CONSCIENCE.

Le perfectionnisme de l'ego est une erreur indéniable. Mais il y a un préjugé répandu dans le monde spirituel de la non dualité contre une voie de perfectionnement au cœur de l'éveil lui-même.

Celui qui voit sa vraie nature de conscience infinie vit dans la sainteté. Mais voir sa vraie nature et baigner dans la sainteté n'est nullement une garantie d'une voie de perfection sincère. 

La sainteté est notre être. La sainteté nous plonge dans notre dimension éternelle sans devenir. Il suffit ainsi d'une prise de conscience de notre être pour vivre la sainteté.
Mais la sainteté est souvent confondue trop vite avec la perfection qui doit condamner tout perfectionnisme. Les refrains du "il n'y a rien à faire" ou celui du "tout est parfait" sonnent souvent creux quand ils ne résonnent pas comme un déni. L'ego fait ses petites affaires et dès qu'on lui cherche querelle ou qu'on lui demande des comptes, soudain il revient prendre refuge dans la lumière. Il y a soudain avantage à dire sa dissipation pour ne pas entendre l'imperfection qui demeure et qui obscurcit la lumière de la sainteté pourtant indéniablement réalisée...

Il y a une perfection de la sainteté. Ne pas ressentir la perfection qu'il y a dans la sainteté de notre être essentiel signifie que cet être essentiel ne s'est pas réalisé au centre de notre individualité. La sainteté véritable voit la perfection de ce qui est, ici et maintenant. Mais si la sainteté n'aspire pas à davantage de perfection, elle manque l'aspiration à la participation la plus parfaite possible au devenir de ce qui est ici et maintenant.

Autrement dit, la sainteté voit la perfection du tout surgissant du rien ici et maintenant, car ce qui jaillit est dans sa totalité manifestation de l'être. Et en même temps qu'est vue la perfection du tout et l'éclat de l'être, l'aspiration à la perfection voit de plus en plus nettement les détails insatisfaisants même si le tout est parfait. Sans cette reconnaissance de l'imperfection dans le détail, il y a une libération spirituelle sans aucune compassion. La compassion reconnaît la souffrance et la douleur comme des imperfections manifestées à dépasser. Cette aspiration à la perfection qui implique la compassion met à l'écoute de la créativité intérieure du divin qui seule peut reprendre à travers nous le tableau qui se présente et le porter par sa grâce à plus de perfection.

 
Premièrement, cette grâce créatrice qui répond à l'aspiration sainte à la perfection ne se réduit pas à un chemin moral, à un idéal politique, etc. car c'est un procédé qui ne se réduit pas à des conceptions mentales à réaliser. Ici l'intuition créatrice est plus ou moins raffinée, élevée, illuminée, etc. L'artiste qui ne cherche pas centralement une solution mentale comme le scientifique sait qu'il y a plusieurs niveaux de qualité intuitive. Sa qualité d'aspiration détermine la qualité de la grâce créatrice qu'il pourra incarner.

Deuxièmement, aucun détail ne peut être amélioré en ignorant la perfection du tout et l'éclat de l'être qui manifeste le devenir. La grâce créatrice qui répond à l'aspiration à la création a besoin d'une expérience de la sainteté. Cette intuition de la perfection du tout et du presque rien dans lequel et par lequel il se manifeste est la base spirituelle de toute intuition créatrice de perfectionnement du détail.


 

En écho un texte de Quelques réponses de Mère, la compagne de Sri Aurobindo :

On garde ses défauts, parce qu'on s'y cramponne comme à quelque chose de précieux ; on tient à ses vices comme on tient à une partie de son corps, et arracher une mauvaise habitude fait aussi mal que de s'arracher une dent. Voilà pourquoi on ne progresse pas.

Tandis que si on fait généreusement l'offrande de son défaut, de son vice ou de la mauvaise habitude, alors on a la joie de faire une offrande et, en échange, on reçoit la force de remplacer ce qui a été donné, par une vibration meilleure et plus vraie.

Le 13 juin 1960

mercredi 24 juin 2015

SE BAIGNER DANS L'IMMENSE AVEC JOIE ET SERENITE.


 

Quelques réponses de la Mère, p.184 :

Il ne faut pas se laisser écraser par le sens de l'immense ; il faut s'y baigner, au contraire, avec joie et sérénité. Si l'on était inévitablement enfermé entre les quatre murs de sa conscience personnelle, c'est alors que ce serait triste et écrasant... Mais l'infini nous est ouvert, nous n'avons qu'à nous plonger en lui.


29 mars 1937, Ashram de Sri Aurobindo