vendredi 13 septembre 2013

GUIDE ALMORA DE LA SPIRITUALITE, DEUXIEME EDITION EN POCHE.



Ces jours paraît une deuxième édition en poche du Guide Almora de la spiritualité que j'ai co-écrit avec David Dubois.

Dans cette seconde édition, à côté de multiples corrections concernant tels ou tels points, c'est la dimension "ésotérique" qui a été considérablement approfondie. 

Je reproduis ci-dessous le dos de la couverture :

Un outil indispensable pour tous les chercheurs de sagesse. 
2e édition mise à jour et augmentée 

 Le Guide Almora de la spiritualité présente les grandes traditions spirituelles (hindouisme, yoga, bouddhisme, taoïsme, christianisme, islam, judaïsme, chamanisme…) mais aussi les principaux mouvements contemporains (sagesse philosophique, non-dualité, néo-advaita, mouvement intégral…). 
Un ensemble de fiches et d’adresses donnent des appréciations et des informations utiles sur les enseignants, les centres, afin de découvrir la pratique spirituelle qui nous convient au plus près de chez soi. Le Guide Almora de la spiritualité est le plus complet jamais publié. David Dubois est docteur en philosophie comparée. Sanskritiste, spécialiste d'Abhinavagupta, il se consacre à la traduction de textes du shivaïsme cachemirien après plusieurs longs séjours en Inde. Il est chargé de cours au Collège international de Philosophie. Serge Durand est professeur de philosophie. Il s’intéresse depuis très longtemps aux mouvements spirituels contemporains. 

« Avec ce Guide de la spiritualité, les éditions Almora viennent de combler un manque lourd de conséquence dans un monde où les intégrismes et les mouvements sectaires contribuent à falsifier largement la spiritualité et à dénigrer l’importance d’une libre recherche spirituelle. Les auteurs David Dubois et Serge Durand étaient en France les plus aptes à rédiger un guide aussi complet, offrant aux chercheurs de sagesse un panorama très précis. » 3e millénaire

dimanche 8 septembre 2013

L'ENFANCE ENTRE NON-DUALITE ET EVOLUTION DE LA CONSCIENCE.

 
L'approche non-duelle suggère que l'enfant n'a qu'un ego balbutiant qui reste longtemps relatif à la conscience nue. Un chercheur spirituel mettra souvent de nombreuses années pour que se réalise éventuellement la présence de la conscience nue et que son ego retrouve une place relative à cette réalisation.

La question qui revient souvent touche alors au pourquoi du comment la conscience nue peut s'oublier dans une illusion égocentrique source de tant de souffrances psychologiques.

Cependant soyons sincère : si l'égo-centrisme de la conscience se dissout dans une conscience nue une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part, l'ego comme sens de l'individualité disparaît-il ?

L'éveil ou le réveil à la conscience nue, nous semble-t-il, ne fait pas disparaître dans la plupart des expériences non-duelles une structure individuelle de désirs mentalisés.

L'enfant que nous avons été, l'enfant en général, est d'abord un être individuel de désir avant de se mentaliser. Nous vivions alors peut-être sur fond de conscience nue non duelle mais nos désirs nous laissaient rarement en paix fondus dans la conscience nue. Humains, nous n'avions aucun instinct pour réguler ces désirs qui nous animaient. D'ailleurs, ces quelques expériences où la conscience nue prédominait et qui nous restent en mémoire n'étaient pas monnaie courante. Un enfant n'a pas la plupart du temps la représentation des conséquences d'un désir : il peut se mettre en danger, il n'a aucune idée des conséquences sociales de ses actes, etc. Ainsi le réel et la société le confrontent à des frustrations incessantes et peu compréhensibles. La conscience nue ne semblait pas en mesure de faire face en nous au désir sinon en admettant la croissance d'un ego mental par l'entremise d'une éducation. Un ego mental d'enfant en grandissant accepte ou rejette les désirs suivant des représentations acquises ou intériorisées par les influences mentales diverses et l'éducation qu'il reçoit. Puis peu à peu il use de représentations développées par lui-même.

L'adulte qui s'éveille se réveille à la conscience nue qui peut-être opérait déjà des percées régulières dans son enfance mais le passage par l'ego mental place la conscience non duelle dans une autre position. Désormais elle dispose d'un instrument mental individualisé qui peut être libre du désir aveugle.

L'enfant par exemple laissait sa frustration s'exprimer violemment. En grandissant, il a appris à la refouler quitte à produire des émotions et des sentiments plus pernicieux en apparence. Mais si l'adulte (voire le jeune adulte) se réveille à la conscience non duelle, la frustration pourra s'exprimer complétement intérieurement jusqu'à être transmutée en tranquillité et sérénité.

Il y a une évolution de la conscience appréciable en ce qui concerne la dimension individuelle concernée : ce n'est pas un simple retour à l'état enfantin, ce nouvel état peut produire une libération de l'infantilisme. L'ego mental est quoi qu'on en dise un instrument positif dans une évolution de la conscience même si sa construction peut être excessivement égocentrique au point que la conscience non duelle, pure et nue ne puisse s'y réaliser ni même y faire une quelconque percée.

Cessons d'être anthropocentrique, combien de poissons sont morts pour qu'un reptile marche sur la terre ferme ?
Les balbutiements de l'être humain consciemment au service de l'individualisation et de l'évolution divine commencent à peine...

vendredi 23 août 2013

L'EVEIL INELUCTABLE. Rien n'est contre (Episode 3).



L’éveil inéluctable
Que nous devenions de plus en plus conscients de Ton gouvernement souverain de ce monde qui n’est qu’un champ immense de Ta propre manifestation.

Il y a encore un léger voile dans la conscience qui parfois me fait oublier la vérité fondamentale que Tu es tout, chaque chose, chaque être, que Tu es partout, que Tu vois tout, connais tout et que Tu mènes tout vers l’accomplissement divin, chacun selon son développement évolutif. La Force de Vérité en action exposera tout le mensonge où qu’il soit et l’éliminera sans indulgence. Le monde entier subit la pression écrasante de Ta force transformatrice. Il se transformera en sa réalité divine ou il disparaîtra englouti dans le passé, oublié. Ton aide est présente avec tous ceux qui aspirent à une vie d’unité, de paix, d’harmonie, qui sont libres de toute rapacité, de toute passion, cruauté, violence, égoïsme aveugle et effréné. Toutes les barrières érigées par la vision étroite humaine, les religions exclusives, les systèmes politiques despotiques, basés sur la division et le bien-être uniquement matérialiste, dominés par le nombre d'adhérents, la quantité et non la qualité morale et éthique universelle, le nationalisme militant, en somme tous les éléments qui divisent les hommes au lieu de les unir dans une diversité multicolore seront progressivement éliminés par un éveil de la Réalité spirituelle qui est identique chez tous les hommes, dans tout ce qui existe. Naturellement cet éveil inéluctable est progressif suivant l’état de conscience actuel de l’individu. Ceux qui émergeront dans cette Réalité divine deviendront spontanément les agents lumineux de la Mère Divine. Ils n’agiront pas de la manière humaine mais en silence, invisiblement, un peu comme les éléments naturels qui sont hors du contrôle des hommes, mais ils apporteront le bonheur la paix, l’harmonie et la joie aux êtres assoiffés de conscience divine.

Niranjan Guha Roy -2000

mardi 20 août 2013

DE "TOUT EST NEUTRE" A "RIEN N'EST CONTRE" DU POINT DE VUE INTERIEUR. Rien n'est contre (Episode 2).


http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2011/11/16/22694250.html
Selon nous, la vérité de la non-dualité n'est pas dans l'affirmation métaphysique que "tout est neutre". Ce serait prendre le risque d'enfermer ce qui outrepasse le mental dans une formulation mentale discutable. La vérité de la non-dualité a plus exactement à voir avec l'affirmation pratique et métaphysique que "tout est égal". Autrement dit la non-dualité vécue dans sa profondeur la plus radicale est l'effacement des préférences personnelles y compris dans leur dimension culturelle et non leur simple relativisation. Un enjeu pratique éminent d'un approfondissement de la non-dualité au cœur du vécu personnel est donc la perfection de l'équanimité.

Si on admet cet enjeu pratique de perfection de la non-dualité incarnée au niveau personnel sous la forme de la vertu d'équanimité, on ne doit pas retomber non plus dans une forme de volontarisme spirituel. L'idéalisme qu'implique la recherche d'une perfection entraîne bien souvent un volontarisme qui remet l'ego au centre alors que le geste premier est de le relativiser dans la lumière non-duelle avant même d’espérer de voir s'abolir ses préférences. Mais d'autre part il y a des renoncements un peu rapide à tout idéal de perfection au nom d'un tout est parfait qui fait trop rapidement la part belle aux préférences égocentriques, même si on affirme volontiers qu'elles sont relativisées sans effort par la vue de notre véritable nature non-duelle. 

Accepter l'imperfection de notre réalisation non-duelle malgré un éveil flagrant à cette vérité et à sa lumière peut simplement signifier une humilité à l'encontre du volontarisme idéaliste et d'un laisser-aller des forces égocentriques. L'humilité véritable n'est ni humiliation de soi, ni posture subtile de l'ego : elle consiste simplement à percevoir ce qui fait tâche dans notre soi-disant équanimité rêvée. C'est un humour envers soi, un amour lucide de soi et non une forme perverse d'amour propre comme l'est l'auto-humiliation. L'humilité est une façon de se relier à la conscience non-duelle. L'humilité est d'abord ce qui fait de nous un cœur ouvert à une transformation dont nous sommes incapables volontairement. La conscience non-duelle, elle seule, a la vitesse requise pour attraper en flagrant délit les formes les mécanismes mentaux dans leur "plaisir de moudre et de moudre" et elle-seule a encore plus la vitesse de métamorphoser au vol les émotions et les pulsions. L'humilité est donc un renoncement à soi ego comme acteur de la vie spirituelle pour laisser vraiment la grâce de la conscience non-duelle opérer. Mais ce renoncement à soi n'est pas un mouvement sacrificiel doloriste. Il est don de soi à la lumière non-duelle : acte d'offrande de notre incarnation défaillante à l’œuvre divine. 
 

Tant qu'une partie de nous refuse de se voir transformer, l'offrande de soi demeure défaillante, l'humilité affichée reste illusoire. L'offrande de soi est un geste qui se joue instant après instant. Elle est foi dans la dimension évolutive de la conscience non-duelle, elle est aspiration à la grâce transformante de cette conscience. L'humilité dont il question est la joie de se fondre dans l’œil témoin de la conscience non-duelle et de voir que "Rien n'est contre", qu'il y a un chemin de perfectionnement de la présence de cette lumière au cœur même de la Vie matérielle. L'équanimité qui s'approche de sa propre perfection d’œil pur témoin atemporel révèle forcément la volonté divine transformatrice de toute chose que la tradition hindoue appelle La Mère. L'Être divin immuable qui se dévoile comme égalité par la vertu d'équanimité est inséparable d'un Devenir qui se dévoile comme volonté divine par la vertu d'humilité. Une dimension de ce Devenir absolu de l'Être est un principe d'individualisation authentique de l'ego et par-delà l'ego.

La transformation spirituelle de l'ego à la lumière de la conscience non-duelle peut éventuellement conduire à une prise de conscience d'un principe d'individualisation conjoint au Devenir animant la vie cosmique. En terme plus clair et moins conceptuel, l'accomplissement de la vertu d'équanimité et d'humilité par un approfondissement de la conscience non-duelle peut nous conduire à une prise de conscience en nous d'un monde de l'âme étroitement uni à La Mère. Notre ego n'est d'abord qu'un relai potentiel de ce monde de l'âme avant de s'élargir et de s'accomplir dans la venue en avant de ce monde.

"Rien n'est contre" la transformation psychique (lié au monde de l'âme) de l'ego à la lumière de la conscience non-duelle. La tradition spirituelle du platonisme perse que Henry Corbin ou Ostad Elahi nous ont découverte offre clairement un chemin en ce sens. L'accomplissement de cette transformation serait ce qu'on appelle la transformation spirituelle. Mais faut-il voir dans la mise en avant de l'âme par l'accomplissement des vertus le tout de la vie ? Le Devenir et donc ce qu'on appelle plus simplement la volonté divine s'arrête-t-il là ?

Qui nous dit que quelque chose est contre une divinisation du monde matériel ? La venue en avant pendant cette vie terrestre de certaines âmes, c'est-à-dire la disparition de tout égocentrisme personnel ne nous mettrait-il pas face à l'imperfection de nos corps animaux ? Ici le chemin de Mère et Sri Aurobindo est le seul (selon nos informations) qui répond que "Rien n'est contre".


vendredi 16 août 2013

DE 'TOUT EST NEUTRE" A "RIEN N'EST CONTRE" AU PLAN SOCIAL ET POLITIQUE. Rien n'est contre (Episode 1).

Du point de vue de mon ego, il y a des préférences et donc des rejets. Mais mes préférences et donc mes rejets ne coïncident pas avec ceux d'autres égos. Plus simplement mes préférences et mes rejets me mettent loin de toute neutralité par rapport aux faits.

Il s'agit de ma conscience ordinaire égocentrique. On conviendra cependant qu'elle ne peut guère engendrer une paix intérieure durable : dès que les faits contredisent mes préférences et mes rejets, je suis frustré, attristé d'une façon ou l'autre qui peut conduire à l'amertume, à la haine, à la dénégation, etc. Dans tous les cas je suis fort loin de toute paix intérieure caractérisant la sagesse. En outre, ces préférences et rejets m'opposant aux préférences et rejets des autres, on s'éloigne fatalement de la paix politique et sociale. 


Si je rejette telle croyance, telle religion que j'estime en partie contraire au pluralisme et à la liberté, par exemple, mais que d'autres l'embrassent dans mon entourage, je me positionnerais de manière tendue vis-à-vis de ces personnes.

A vrai dire dans nos sociétés pluralistes, nous aurons par définition affaire à des personnes qui rejettent ce qui en fait le fondement. Il y a ceux qui agissent à l'encontre du respect même des droits et des lois garantissant le pluralisme : ils sont un danger à écarter. Mais il y a ceux qui le rejettent par les idées, espérant vaincre le pluralisme par un mouvement quantitativement imposant mais qui veillent à rester dans le cadre des droits et des lois : ces derniers doivent être tolérés sinon la défense de la liberté contre les ennemis du pluralisme se retournerait contre elle-même.

Même si ceux qui rejettent le pluralisme sont à l'évidence forcément loin de vivre la neutralité qui conduit à la paix intérieure et à la sagesse dans une société constituée de manière pluraliste, quelqu'un qui préfère le pluralisme aura affaire à des préférences qui le contrarie dans ce que lui valorise. Celui qui basculerait dans la neutralité où la paix intérieure devient inébranlable ne peut pas avoir des propos condamnant une identité culturelle quelconque de manière unilatérale.

Celui qui touche à une perfection de la neutralité sait qu'à un niveau absolu "tout est parfait". L'obscurantisme d'un autre ne lui fera plus perdre sa paix intérieure. Derrière le visage grimaçant et agressif de l'autre, il voit la même réalité qu'en lui. La question n'est pas de condamner unilatéralement les préférences et rejets de l'autre mais de s'appuyer sur ce qui dans son identification illusoire pourrait lui aussi le mener à plus de liberté. L'amour inconditionnel et non préférentiel ne peut pas stigmatiser telle culture ou telle religion car il est fondamentalement plus doux qu'une colombe et rusé qu'un serpent. Un tel amour dépasse le calcul intéressé mais sait intégrer l'esprit calculateur. Combattre les tendances identitaires d'un autre pour l'aider à retrouver sa vraie nature où nous communions déjà avec lui ne passe pas par l'impression que du point de vue de nos préférences nous rejetons unilatéralement ce qui compose son identité culturelle et religieuse. Si son identité est fondée sur un rejet du pluralisme et qu'il sent de notre part un rejet de son identité comment pourrait-il envisager que le pluralisme que nous revendiquons en soit vraiment un ? La neutralité qui tend à la paix intérieure pourrait certainement incarner une spiritualité laïque libérée des carcans identitaires religieux mais à jouer la laïcité contre telle identité, nous allons à l'évidence à l'envers de cet idéal.

Poursuivre la perfection de la neutralité est une condition nécessaire de la sagesse mais ce leitmotiv semble à l'évidence insuffisant du point de vue du conflit persistant entre visions prémodernes d'un ordre hiérarchisé autour de lois et de mœurs communes et vision moderne pluraliste. D'ailleurs, cette neutralité a été prônée par des sages s'inscrivant complétement dans une société prémoderne sans remettre en cause ses fondements religieux exclusivistes ou la rigidité de la hiérarchie sociale. Ainsi bien que des sages modernes furent précurseurs dans la défense d'un certain pluralisme, la sagesse caractérisée par la neutralité ne permet pas de trancher entre ces deux approches. Une neutralité au niveau absolu peut susciter des individus en conflit culturel et religieux au niveau relatif.

Pour ma part, je rejoindrai dès lors les intuitions du mouvement intégral. "Rien n'est contre" me paraît beaucoup plus souple et pertinent que "Tout est neutre". "Tout est neutre" s’accommode fort bien du mental catastrophiste. Tout peut retourner à l'Être indifférencié, cela ne fait de toute façon aucune différence puisque la délivrance consiste à réaliser que tout est Cela. "Tout est neutre" peut justifier la relativisation de l'identité individuelle de l'autre sans aider l'autre à s'en délivrer puisque tout retournera inéluctablement par la catastrophe à Cela. "Rien n'est contre" exclut ce chemin de la catastrophe ; il y a un chemin de perfection qu'il s'agit de voir. "Rien n'est contre" nous parle d'une divinisation de la manifestation plurielle du divin.

Dès lors que "Rien n'est contre", nos préférences et nos rejets n'ont aucune valeur devant la seule valeur infinie du chemin de divinisation de la pluralité qui se cherche ici et maintenant. Chaque "ici et maintenant" offre les conditions nécessaires pour que ce chemin se réalise. L'acceptation neutre de ce qui est ici et maintenant si elle est nécessaire pour la paix reste insuffisante. Laisser se reconnaître à travers nous au-delà de notre identité relativisée l'unique Être de Cela n'est qu'une étape. la conscience maintenue de "Je ne suis pas cette pensée" ne résout pas le conflit entre des visions culturelles et religieuses diverses. La découverte que "Rien n'est contre" va bien au-delà car il s'agit de découvrir comment être co-créateurs en tant qu'authentiques disciples du sens.

Je n'ai rien à imposer de mes vues aux autres. Cela est inutile. Une argumentation aussi forte soit-elle ne renverse jamais  la vision de l'autre, si celle-ci n'est pas déjà un peu fissurée de l'intérieur ou si derrière celle-ci une soif de vérité l'emporte sur le désir de s'identifier. Puisque "Rien n'est contre", mon propos a d'abord pour ambition de contribuer à provoquer une ouverture intérieure dont le feu ne demandait que quelques nourritures extérieures adéquates pour s'alimenter et briser la forteresse mentale où il était en train de s'étouffer malgré son aspiration à respirer un autre air plus vrai, plus divin.
Mais puisque "Rien n'est contre", il y a certainement une intégration harmonieuse possible entre différents niveaux de mentalités d'une culture donnée et différentes identités culturelles.

On notera que l'identité culturelle devient moins crispée sur elle-même dès qu'on atteint une conscience mondocentrique.

lundi 1 juillet 2013

MOUVEMENT INTEGRAL ET REVENU MINIMUM D'EXISTENCE POUR DEPASSER TRIBALISME ET ETHNOCENTRISME.

Dans une perspective intégrale d'une évolution consciente de la conscience, quand on réfléchit au sujet d'un revenu minimum de citoyenneté, il faut aussi considérer qu'il s'agit de dépasser le "struggle for life" dont le "je dois gagner ma vie" est la continuation par d'autres moyens.

Dans le même sens, il faut aussi considérer que cela permettrait au cœur de la vie économique de vraiment de parler de contrat de travail où le postulant et l'employeur, l'auto-entrepreneur et son commanditaire sont vraiment à égalité.

Quand on réfléchit à ce revenu de base inconditionnel, il faut rapprocher cela de l'héritage qui est un revenu inconditionnel transmis par la famille, ce revenu de base inconditionnel de citoyenneté étant transmis par la nation. Fonder un revenu de base inconditionnel de citoyenneté impliquerait certainement économiquement de ne plus permettre les transferts de revenus inconditionnels par héritages familiaux.

En terme de mentalité les réflexes sur l'héritage familial ne sont-ils pas un reste de tribalisme ? L'héritage postmortem n'a pas le même sens que l'investissement économique pour soutenir l'éducation de ses enfants ou leur projet créatif. Il paraît légitime que les enfants recueille la mémoire de leurs parents, qu'ils gardent (quand l'héritage le permet) la possibilité de retrouver les lieux de cette mémoire. Mais quand il s'agit de centaines d'hectares, de maisons, d'immeubles, de millions d'euros, etc. ? Le libéralisme est-il cohérent quand se crée une aristocratie de possédants ? On peut assumer son tribalisme. Convenons que la démocratie représentative s'est constituée contre l'inégale dignité politique. Le projet libéral n'achoppe-t-il pas sur une inégalité économique par héritage patrimonial générant une aristocratie de possédant ? Défendre son droit au tribalisme n'est-il pas en l'occurrence une défense de l'inégalité ?

Par ailleurs appartenir à une tribu et y demeurer attaché pour raison économique induit une inégalité au sein de cette tribu elle-même. Les parents qui détiennent la bourse peuvent facilement instaurer des formes de tyrannie subtiles vis-à-vis de leurs enfants.
Un tel revenu minimum de citoyenneté libérerait de cette mentalité tribale quand elle est emprise sur les individus. L'héritage socio-culturel est très déterminant socialement, peut-être plus encore que l'héritage économique pour réussir : les enfants des classes supérieurs sans avoir déjà hérité économiquement sont souvent ceux qui réussissent le mieux par la méritocratie scolaire, la diminution de leur héritage économique ne conduirait pas à leur déclassement social. Cependant même si l'héritage socioculturel est correct, parfois le contexte psychologique de la famille (tribu) est intenable : un tel revenu offrirait davantage les moyens de s'émanciper de certaines cultures familiales. En général le tribalisme nourrit des attitudes allant à l'encontre de la libre pensée rationnelle or la citoyenneté pour ne pas verser dans l'antimodernisme a besoin qu'on puisse s'émanciper de ces tribalismes nocifs. Aujourd'hui le retour en force de l'ethnocentrisme sous quelque forme religieuse ou politique qu'il prenne ne se nourrit-il pas du retour au tribalisme qu'impose la réalité économique ? Concrètement, combien de jeunes gens dépendent économiquement de leurs parents ?
Ce revenu minimum de citoyenneté donnerait une consistance économique au fait d'être citoyen d'une république. La mère patrie serait une expression qui aurait un sens noble.

Voici des sites visant à recueillir plus d'un million de signatures pour qu'au niveau européen l'idée soit considérée politiquement :
http://www.revenudexistence.info/WD140AWP/WD140Awp.exe/CONNECT/revenudexistence
 http://basicincome2013.eu/

jeudi 27 juin 2013

L'ENONCE "JE NE SUIS PAS CETTE PENSEE" BIEN COMPRIS MENE VERS LA RELATIVISATION DU MENTAL.

Stephen Jourdain (1931-2009)

Considérons un instant l'énoncé suivant en essayant de lui donner le sens qui lui convient :

JE NE SUIS PAS CETTE PENSÉE.

Plusieurs mésinterprétations :

1 - Confondre cet énoncé avec JE NE SUIS PLUS CETTE PENSÉE. 

Dans JE NE SUIS PAS CETTE PENSÉE, il y a un présent. C'est maintenant en pensant quoi que ce soit que je pourrai éventuellement constater que je ne suis pas ce que je pense. Si je suis libre de penser alors au moment où je pose un acte de penser, il ne me caractérise pas substantiellement au moment même où je le pose. Mais ce n'est pas le pouvoir de penser autrement dans l'instant qui suit qui me garantit toute ma liberté mais le pouvoir de poser un acte de pensée, de totalement m'y engager sans pour autant m'y confondre.

2 - croire qu'il y a dans cet énoncé un non sens entre le fait de penser et d'affirmer ne pas penser alors qu'on pense. En effet l'énoncé JE NE SUIS PAS CETTE PENSÉE n'est pas l'énoncé JE NE PENSE PAS CETTE PENSÉE qui, lui, met en jeu effectivement une contradiction performative. 

L'énoncé JE NE SUIS PAS CETTE PENSÉE ne fait pas auto-référence à moins qu'on confonde JE SUIS avec la substance intérieure où s'étire l'énoncé. Si on croit qu'on est le substrat où se prononce les mots, comment et d'où les mots prennent-ils sens ? L'acte de penser englobe-t-il forcément le JE. Quand il s'entend penser la pensée qu'il lit, est-il cette pensée ? Par extension toute pensée n'est-elle pas comme lue, comme jouée ? Ce qui la rend signifiante habite discrètement sa signification mais ne lui appartient pas.
Suis-je cette pensée ?

 Ce "je ne suis pas cette pensée" peut s'accoler à toutes nos pensées. Pour vraiment le maintenir face à toute pensée et ne pas se laisser prendre par son jeu auto-référentiel, il faudrait distinguer la conscience de la substance pensante que certains nomment le mental.


Ce dessin pointe une double direction : celle d'un mental qui est tourné vers la conscience ou du moins qui ne l'ignore pas dans sa prééminence de lecteur de toute chose, mais ce mental peut continuer à être tourné vers le monde et ne perd pas les bénéfices de son développement pour participer au devenir du monde et des individus.

La conscience pour exister consciemment se "symbolise" dans le mental. Autrement dit elle se réfléchit dans un acte de conscience pensant mais elle peut ne pas s'y enfermer et se retrouver en tant qu'acte de conscience précédant l'acte de conscience pensante, c'est en ce sens qu'elle se "symbolise".

Il faut pratiquer cette attention à double direction pour maintenir comme une correction incessante du mental afin de l'empêcher de retomber dans son illusion. auto-référentielle qui consiste à se croire dans l'état que stipule telle pensée, à implicitement se croire la substance pensante.

Nous ne sommes pas un morceau de la substance pensante séparé du reste des idées et du monde. En profondeur, nous sommes enfants de la conscience infinie qui transcende la substance pensante (le mental) avant même que s'y dessine un territoire avec ses frontières abusivement absolutisées.

C'est l'acte de conscience qui donne sens à la substance pensante qu'il faut corriger en maintenant une attention capable d'une double direction si l'on veut se détacher de toute pensée quelle qu'elle soit et donc par là de toute identification mentale à des émotions (nos émotions dès lors) ou à une forme physique individuelle (notre corps dès lors).

L'acte pur de conscience infinie est l'intérieur de l'intériorité.