mardi 26 mars 2019

KARMA YOGA AVEC SRI AUROBINDO



Inclure la conscience extérieure dans la transformation est d’une importance capitale dans notre yoga ; la méditation ne peut pas le faire. La méditation ne peut agir que sur l’être intérieur. Le travail est donc d’une importance primordiale, mais il doit être accompli dans l’attitude juste et dans la conscience juste. Il est alors aussi fructueux que n’importe quelle méditation.

L’une des grandes utilités du travail est de mettre la nature à l’épreuve et de placer le sâdhak face à ses imperfections de son être extérieur qui autrement auraient pu lui échapper. Garder un travail aide à conserver l’équilibre entre l’expérience intérieure et le développement extérieur. Sinon, on risque de trop pencher d’un coté, de manquer de mesure et de pondération. De plus, il est nécessaire de poursuivre la sâdhanâ du travail pour le divin, parce que finalement elle permet au sâdhâk de faire passer dans la nature et dans la vie extérieures le progrès réalisé intérieurement et elle contribue à l’intégralité de la sâdhanâ.

Il peut être nécessaire pour un individu de se plonger dans la méditation pendant un certain temps et par là-même d’interrompre son travail ou de lui donner une importance secondaire ; mais ce ne peut être que dans certains cas individuels et pour une retraite temporaire. Une cessation complète du travail et le retrait total en soi-même sont rarement à conseiller ; ceci peut encourager un état trop excessif et visionnaire où l’on vit dans une sorte de monde intermédiaire d’expériences purement subjectives sans avoir de prise solide sur la réalité extérieure ni sur la Réalité suprême, et sans utiliser correctement l’expérience subjective pour créer un lien solide, puis l’unification, entre la Réalité suprême et la réalisation extérieure dans la vie.

On peut faire n’importe quel travail en le considérant comme un domaine d’application pour pratiquer l’esprit de la Guîtâ.

Par « travail » je ne veux pas dire l’action faite dans l’ego et dans l’ignorance, pour la satisfaction de l’ego sous la poussée du désir radjasique. Il ne peut pas y avoir de karma yoga sans la volonté de se débarrasser de l’ego, du radjas et du désir, qui sont les sceaux de l’ignorance. Je ne veux pas parler non plus de philanthropie ni de service à l’humanité ni de tous les autres buts moraux ou idéalistes que le mental humain substitue à la vérité profonde des œuvres.

Par « travail » j’entends l’action faite pour le divin - pour le Divin seul et rien d’autre. Naturellement, ce n’est pas facile au début, pas plus que ne le sont la méditation profonde et la connaissance lumineuse, ni même l’amour et la vraie bhakti. Mais comme le reste, le travail doit être entrepris dans l’esprit et l’attitude véritables, avec la volonté juste en soi, et toutes les autres choses viendront d’elles-mêmes.

En général les individus travaillent et vaquent à leurs affaires sous l’impulsion des mobiles ordinaires de l’être vital : nécessité, désir de la richesse, de la réussite, d’une situation en vue, du pouvoir ou de la renommée, ou encore besoin d’agir et plaisir de manifester ses capacités ; ils réussissent ou échouent selon leurs possibilités, leur puissance de travail et la fortune bonne ou mauvaise qui est la conséquence de leur nature et de leur karma. Quand on entreprend le yoga et que l’on désire consacrer sa vie au Divin, ces mobiles ordinaires de l'être vital ne peuvent plus avoir leur pleine liberté d’action ; ils doivent être remplacés par un autre mobile, principalement psychique et spirituel, qui permettra au sâdhâk de travailler avec autant de force qu’auparavant non plus pour lui-même, mais pour le Divin.

Tout devrait être fait tranquillement du dedans : travailler, parler, lire, écrire, comme faisant partie de la vraie conscience, non dans un mouvement dispersé et agité de la conscience ordinaire.
L’idée de grandeur ou de petitesse est tout à fait étrangère à la vérité spirituelle. Spirituellement rien n’est grand ni petit. Ces conceptions rappellent celles des hommes de lettres qui pensent qu’écrire un poème est un travail élevé et fabriquer des chaussures ou faire la cuisine est un travail petit et bas. Mais tout est égal au regard de l’Esprit et seul importe l’attitude intérieure dans lequel le travail est fait.

Il est exagéré de dire que l’on peut entrer dans le courant de la sâdhanâ que par le travail. On peut y entrer aussi par la méditation et par la bhakti, mais le travail est nécessaire pour entrer dans le fort du courant et de ne pas dériver vers la berge où l’on tournerait en rond.


samedi 23 mars 2019

PARLER D'ÂME






Parler d'âme est rare dans la non dualité. Mais il y a des spiritualités non duelles qui évoquent l'âme qui n'est pas à confondre avec l'ego. Dans la tradition néoplatonicienne il y a un principe d'individuation qui est une dimension de l'UN sans second, une émanation... Si le cœur est au cœur de nos spiritualités il y a un principe de communion de ce qui s'individue, et c'est ce principe d'individuation qu'il serait dommage de négliger. Ce principe d'individuation, ce "Je suis", ce Christ dirait un chrétien, a un chemin d'individuation pour chacun d'entre nous, une sagesse qui s'incarne dans l'évolution de notre personne. La sagesse c'est peut-être un éveil qui a du cœur et qui a une âme... L'éveil peut être pointé scientifiquement, universellement, impersonnellement, l'âme c'est une question de musique et de poésie. Il serait dommage de se priver d'une dimension du réel... A côté du transcendant de l'éveil, de l'individuation de l'âme, il y a aussi imbriqué le sens de l'évolution cosmique du vivant à laquelle participe notre corporéité... Le meilleur de l'ésotérisme chrétien qui interprète la Trinité sous un tel angle n'est pas sans intérêt spirituel à condition comme toujours de ne pas s'y enfermer... La non dualité en tout cas ne s'arrête pas pour moi à un certain néo advaita impersonnel de la transparence nue. Mais pour trouver notre âme, notre cœur véritable, notre amour le plus vrai pour le beau, le bien et l'être, il nous faut explorer et vivre en cette transparence nue. Pas d'âme sans cette présence à notre présence, sans la dimension essentielle de la transcendance transpersonnelle, un fond au-delà de tout, qui est aussi l'arrière plan de liberté de toute (la) personne, la liberté même de l'âme donc.



- Mais alors qu'est-ce que cette âme de l'éveil ?


C'est ton besoin d'être, c'est cette plénitude assoiffée dans ton cœur qui ne se contente pas d'une libération mentale et émotionnelle, c'est le fond de ton amour de Cela qui bascule dans Cela, c'est ce goût de l'aventure intérieure qui ne saurait ignorer un coin inexploré d'inconscient dans les ténèbres divines...


C'est le cœur de ton cœur sans plus aucun désir égocentrique,


C'est un pouce lumineux de silence poignant dans l'immensité silencieuse...



C'est le serviteur de la déesse dont la robe est l'univers.






mercredi 20 mars 2019

COMMENT SE RELIER À L'ÊTRE ?


C'est l'Être qui se rétrécit en une conscience centrée  sur mon ego ou qui l'élargit au-delà dans son immensité. Dans ce mouvement de l'Être ma volonté peut participer. Il y a des milliers de trucs pour participer à l'expansion de l'Être dans la conscience. Voici quelques uns que je pratique... 
1- J'aime retourner mon regard et voir qu'au dessus de mes épaules il y a une ouverture, que cette source du regard n'est pas le fait de ma personne. Et soudain ma petite personne s'élargit et se découvre le Soi de cette ouverture consciente. 
2- J'aime constater que le monde et le corps sont dans la conscience immense que Je Suis et non comme le croyait mon ego que nous sommes enfermés dans un corps temporaire perdu dans l'univers. 
3- J'aime constater que l'autre regarde cette ouverture en moi  qui l'accueille tel quel tandis que mon ego a tendance à toujours trouver l'autre trop ou pas assez. Moi-même je suis souvent comme un autre dans cette ouverture. Et je m'y sens accueilli et accepté tel quel. 
4- J'aime constater l'immensité de l'espace en passant à travers toutes les frontières mentales et en ne restreignant à aucune émotion, à aucun désir, etc. 
5- J'aime aussi laisser jaillir dans le silence les sons qui se font à l'intérieur des oreilles, un pss avec des iii... Parfois ils deviennent très intenses et sont sur fond du silence de l'Être, ce sont les sons qui lui sont peut-être le plus intimes. 6- J'aime m'ancrer dans la présence de l'Être en répétant un mantra ou une prière pour rester en sa présence. Et le mantra devient le rythme de la présence de l'Être. Je ne suis plus l'auteur de ce mantra. C'est le mouvement d'expansion de l'Être en moi. 
7- J'aime lui envoyer mes émotions non pas en pensée mais comme une énergie que j'offrirai à sa présence immense qui veille sur toute chose. Je lui envoie tout l'amour que je peux quand je suis conscient de sa présence ou dans son mouvement même d'expansion au delà de mon ego. Et de plus en plus souvent le petit moi disparaît dans la joie d'Être, car cet amour vers l'ouverture facilite une extase où le moi s'efface dans le cœur, sa transparence laisse place comme à un tunnel et au fond un petit soleil de lumière de joie qui exprime ici l'immensité de l'Être. 
Et puis 8- 9- et ainsi de suite. 
Car l'Être est immuable et il est toujours ouvert mais moi je ne suis pas toujours d'abord tourné vers lui... C'est bien dans le monde du temps que sa présence est perdue de vue... Vivre des expansions de l'Être toujours plus profondes dans la pensée, l'émotion, le désir et même le corps c'est vivre de moins en moins de temps oublieux de l'Être. Un amoureux aimé inconditionnellement n'a pas d'effort à faire pour mériter de l'amour mais rien ne l'empêche de mettre toujours davantage de sa personne dans son amour.


jeudi 20 décembre 2018

LE SAUT EVOLUTIF DE L'INTELLIGENCE COLLECTIVE RESTE A PARFAIRE.

La pensée systémique ouverte est entrée récemment dans l'histoire. Spinoza et Hegel sont certainement les deux premiers penseurs à saisir le monde dans une puissante saisie mentale interdisciplinaire ainsi que dans une certaine lumière intérieure. Ils produisent des systèmes de pensée. Hegel va plus loin que Spinoza en considérant une logique des systèmes de pensée avec une réinterprétation l'histoire culturelle, religieuse et philosophique.

Mais ce sont aussi peut-être parmi les derniers penseurs à posséder la connaissance intégrale des connaissances de leur époque.

Aujourd'hui cette connaissance encyclopédique est devenue impossible. On peut avoir une forte connaissance interdisciplinaire mais on est devenu incapable de tout embrasser. 

Dans ce monde de fractionnement des connaissances nous avons donc des experts. Mais leurs expertises est toujours limitées et ignore les objections de bon sens d'un bon connaisseur de champs de connaissances limitrophes.

Il semble donc urgent d'atteindre une intelligence collective capable de créer des interconnexions entre les savoirs.



Des méthodes nouvelles de communication renforce l'intelligence collective.




Pour aller plus loin il y a en fait deux directions : la justesse de l'expression qui permet l'individualisation de la créativité de chacun et la prise en compte de l'autre point de vue ; il y a la justesse de l'ouverture intérieur où soi et l'autre sommes l'expression d'un seul et unique champ de conscience.

mardi 9 octobre 2018

MATIÈRE ET ESPRIT DEUX DIMENSIONS D'UNE SEULE RÉALITÉ ?


Le problème corps/esprit a suscité de multiples réponses.

Partons de l’expérience phénoménologique proposée par Douglas Harding. Les sensations de bras ou du corps ne nous y enferment pas. Les yeux fermés nous sentons bien que ces sensations corporelles sont dans un espace de conscience clair et transparent qui contient aussi les sons, les odeurs, etc. Si on ouvre les yeux, les sensations visuelles s’y inscrivent aussi. 


Comment interpréter cet espace de perception où apparaissent aussi les pensées ? Est-ce un esprit séparé du corps ou est-ce une dimension du corps où émerge une prise de conscience ? Cette lumière intérieure peut s’interpréter comme de la chair invisible dans laquelle on peut distinguer des sensations en y portant attention : c'est l'option matérialiste incluant une intériorité. Elle peut s’interpréter aussi comme un esprit immatériel qui engendre toute chose…

Ce débat est intéressant mais il ne faudrait pas s'y enfermer avant de remarquer que cet espace de claire lumière est d'abord une formidable capacité de s'identifier sans s'identifier à ce qui y apparaît. Prendre conscience de Cela, c'est se libérer de toutes les identifications qui nous attachent à la pensée, à l'émotion, aux sensations même si l'attachement conduit à la souffrance. 

Cette liberté spécifique qui n'est pas de l'ordre d'un choix ou d'une préférence peut nous libérer de la souffrance, elle peut nous libérer d'un vécu ordinaire de la conscience qui se ramène toujours à un ego vécu au centre. Elle peut nous libérer de l'ego-centrisme... Elle nous affranchit de la séparation entre nous, les autres et le monde, puisque tout ce qui apparaît est en nous ; tout ce qui apparaît est ce que nous sommes sans que nous y soyons réduits.
Il y a une dimension de la spiritualité proposée par Douglas Harding qui rejoint le stoïcisme sur la notion de corps de l’univers. le sage reconnaît en sa raison comme l’intelligence de l’univers, consciente d’elle-même, dans un corps individuel, il se sait et se découvre une individualisation de l’univers lui-même. Cette interprétation permet aussi de ne plus identifier l’esprit et l’âme ou l’ego. Le principe directeur (l’âme, l'ego) propre  à ce corps n’est pas à confondre avec la conscience de l’univers qui peut se révéler par cette individualisation de l’univers. La sagesse stoïcienne est de trouver l’harmonie entre la volonté de l’âme et la « volonté » (ou « mouvement de vie » si l'on veut éviter un anthropomorphisme) universelle… Harding met au centre de sa démarche une telle transformation de la volonté propre en "volonté universelle".














Dans la lumière intérieure, se trouvent des intuitions qui éclairent ma réflexion discursive : j'ai l'impression qu'il y a de la supraconscience par rapport à ma conscience ordinaire. Pour moi, ceci est une liberté supraconsciente venue du domaine de l'esprit. L'option matérialiste voit là du hasard émergent, mais comment rendre compte d'un élargissement de la conscience ?
Mais se découvrent aussi des mécanismes subconscients, des pulsions jusque-là inaperçues, des sensations enfouies dans les ténèbres de cette lumière... il y a aussi une conquête du subconscient matériel. Un certain spiritualisme s'en détourne en affirmant "je ne suis pas ce corps". Doit-on abandonner le corps à son destin inconscient ? Certes il meurt à la fin, mais en tant que support de notre individuation, en tant présence au monde, ne mérite-il pas notre attention ? et si demain la science en prolongeait la durée de vie, faudrait-il le refuser ?

Dans cette double conquête du supraconscient et du subconscient, il y a des phénomènes qui soulignent l'identité de ce qui au-dessus de la conscience ordinaire et en-deçà.


La kundalini est une énergie qui se déploie en réponse à un appel surconscient intuitif au-delà de la pensée discursive d'un ego. Cette énergie est enfouie dans notre subconscient, elle se déploie dans le corps, comme à travers la colonne vertébrale, et sa pulsation relie subconscient et supraconscient... Matière et esprit semblent reliés dans une seule réalité... Mais ce lien peut prendre racine pus bas dans le subconscient et s'enfoncer plus haut dans le supraconscient.

Ainsi au lieu d'en rester à un débat matière-esprit d'ordre intellectuel, il semble que la démarche spirituelle d'union évolutive avec le Soi la plus équilibrée devrait peut-être s'apparenter à ceci :


mercredi 22 février 2017

PISTES COSMOPOLITIQUES POUR UNE FRATERNITÉ LAÏQUE (SUR)MODERNE.

 Cet article prolonge et recoupe sur Carnet philosophique, Pistes vers une laïcité 3.0 

  1. - On a affaire aujourd’hui à une nouvelle équation du problème républicain moderne et postmoderne. Le postmoderne n'est plus un scientiste. Il ne croit plus que le progrès technoscientifique est la clé ultime de tous nos conflits d'idées et qu'il entraîne obligatoirement la résorption des obscurantismes et superstitions prémoderne. Les catastrophes totalitaires sont étroitement liées qu'on le veuille ou non à des ambitions modernes soit de gérer scientifiquement le cours de l'histoire et la vie sociale (plutôt les communismes marxistes), soit le cours même de l'évolution de l'espèce (plutôt le nazisme). Ces totalitarismes extrêmes se sont exercés au travers des pires massacres, crimes et génocides sans compter tous les mixtes fascistes plus ou moins radicaux qui sévissent encore. 
Un postmoderne admet qu'il y a des ressources spirituelles prémodernes dont nous aurions tort de nous défaire en nous défaisant d'un bloc de nos héritages religieux prémodernes. L’impérialisme et le colonialisme qui ont nourri les totalitarismes ont souvent été fortement ethnocentriques et ont malheureusement méprisé des ressources spirituelles et psychologiques dont heureusement nous trouvons l'intérêt maintenant. Certains couplets modernes semblent encore avoir bien du mal à reconnaître l’ambiguïté de ce qui s'est présenté comme progrès à des cultures qui contre leur volonté ont dû l'intégrer. 
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2.    – Le relativisme postmoderne face aux cultures cesse quand le postmoderne comprend que la dimension spirituelle authentique des religions ainsi que les spiritualités philosophiques semblent converger vers une seule et même réalité. Cette convergence tend à découvrir une unité transcendante de toute expérience spirituelle facilitatrice et surtout productrice de fraternité par delà les différences culturelles, religieuses, etc. Si notre laïcité vise à la fraternité, elle doit explorer cette possible unité dans la différence et se nourrir de cette unité spirituelle dans la différence.

3.    – Toutefois cette analyse postmoderne antitotalitaire qui perçoit le rôle des spiritualités pour produire et nourrir la fraternité doit s'interroger sur le fait qu'une certaine ouverture spirituelle existe au sein de mentalités somme toute assez fermées. 
Cette analyse postmoderne manque de clarté vis-à-vis des penseurs du fascisme qui ont toujours revendiqué leur filiation avec la recherche d'un âge d'or SPIRITUEL prémoderne où on vivait dans une hiérarchie ou un ordre du monde plus proche de l’Être ou de l'absolu. En France, le cas Heidegger embarrasse en ce sens les philosophes postmodernes. L'unité transcendante des religions a été défendue par des penseurs proches du fascisme comme Julius Evola, Mircea Eliade (dans sa jeunesse), etc. dans une posture promouvant le retour des castes et la pureté des élites. La pensée de la laïcité postmoderne est souvent la pensée idyllique d'un métissage culturel et donc spirituel. Il y a des dialogues interreligieux qui nourrissent la fraternité républicaine certes. Mais il y a le risque de communautarismes qui malgré leurs ressources spirituelles indéniables restent incapables de s'arracher à leur clôture mentale et donc incapables de produire une authentique fraternité républicaine.  

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Une fraternité laïque républicaine SURMODERNE met en jeu non un conservatisme culturel identitaire mais la capacité à créer et à renouveler une culture interculturelle et universaliste par delà les cultures communautaires. 

4. – Une approche surmoderne n'est pas seulement dialogue mais aussi arrachement à l’identité, aux représentations mentales formant forteresse. Les ressources spirituelles des religions sont extraites et purifiées par la raison critique et les exigences fraternelles. Elles deviennent des processus de développement et de libération psychocorporels que les secteurs de la santé et de l'éducation vont de plus en plus intégrer. La surmodernité républicaine aura pour cœur la formation d'une culture spirituelle cosmopolite. La fraternité laïque française spiritualisée peut être un ferment d'un nouvel élan cosmopolite, d'une fraternité universelle.

Qu'on y songe, il y a un curieux dosage culturel, philosophique et religieux français qui fait écho au dosage des cultures du monde. Si vraiment nous produisons cette fraternité républicaine spiritualisée, nous assumerions une fois de plus notre vocation française universaliste pour l'humanité. 

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dimanche 22 janvier 2017

LIMITATIONS DU MENTAL selon Niranjan Guha Roy.





Limitations du mental



Opposition à l’émergence de l’être spirituel

Récemment, j’ai vu très clairement quelle était la plus forte opposition à l’émergence de l’être spirituel dans l’homme et l’humanité.
Tout ce que nous avons achevé jusqu’à maintenant, le meilleur, le plus noble et le plus sublime dans l’art et la culture, le commerce, la science et technologie, éthique et religions même en spiritualité est l’accomplissement du mental, de l’homme mental ou fondamental. Ce mental a une foi ultime en lui-même, ses pouvoirs et capacités et ses nombreuses possibilités latentes. En même temps, il a une arrogance sans bornes et un refus absolu de reconnaître et admettre même la plus petite possibilité qu’il puisse y avoir des états de conscience supérieurs, inconnus ou peu connus avec une dimension dynamique complètement différente. Même s’il y a une certaine acceptation restreinte d’une telle impossible possibilité, c’est-à-dire de l’existence d’une autre conscience bien au-delà de sa vision et portée, même ainsi quand l’homme mental reçoit des intimations de cette source supérieure, il la nie ensuite et refuse absolument d’appliquer ou d’utiliser cette intuition. Il ne lui donne pas une place supérieure,  mais il la met en doute et même si elle se prouve avérée des centaines de fois, il la rejette comme non digne de confiance et comme une connaissance ou information qui ne peut être appliquée. 

Il y a un autre aspect de l’homme mental sans doute plus dangereux encore dans son attitude vers tout ce qui prétend lui être supérieur, il adopte alors une agressivité sans faille et criminelle. L’homme mental non seulement discrédite la possibilité lointaine qu’il existe un état de conscience et une puissance supérieure, mais il lui est hostile, hostile aussi aux représentants de cette conscience supérieure et souvent d’une manière la plus extrême. On peut dire que jusqu’à présent les avatars ont été rejetés par l’homme, exilés, bannis, torturés, tués et tout ce qui est resté de leur passage est un éclat mental chantant la gloire de l’homme mental , sa grandeur et suprématie éternelles.

Mais cette fois ci « Quelque chose » est arrivé. La Conscience suprême n’est pas venue sur terre pour mendier l’indulgence du condescendant roi de la terre, l’homme mental. Les avatars sont venus et ont proposé à l’homme ou bien de s’élever jusqu’à la conscience de vérité dans un don de soi brûlant en se soumettant à l’action du feu de transformation, à la transmutation par la conscience divine ou bien d’être voués à une extinction complète, une immobilité paralysante et impotente s’il refuse de se soumettre à la loi la plus haute de vérité et lumière. C’est le début d’une terrible bataille entre les forces extrêmement puissantes et toujours victorieuses de la conscience divine et les seigneurs du mental aveugles, arrogants, surs de soi, cruels, brutaux et sardoniques.

C’est vraiment une bataille entre des torches enflammées et le foin, la phalène et la mèche brûlante. Pourtant si notre attitude est celle de soumission, don de soi, collaboration et accueil de l’immense brasier de la Vérité alors graduellement il descendra dans le réceptacle humain, le transmuera, en fera sa maison pour son action lumineuse et affirmera d’une manière visible sa venue triomphante dans l’existence terrestre.
Bien sûr, cette suprême conscience active n’a pas l’intention de détruire la race. Etant sure de sa suprématie absolue elle transformera graduellement tous les éléments qui voudront, même dans un degré minime, accepter son action transformatrice. Les éléments qui ne peuvent tolérer son action disparaîtront peu à peu car la pression entre les forces de lumière et les forces d’ignorance grandira toujours. Tout ce qui résiste sera sous une tension de plus en plus forte au fur et à mesure que la lumière pénétrera. A un point critique, chaque élément ou bien permettra d’être transformé ou sera éliminé. Ceci n’est pas une théorie ni une imagination. Il n’est pas même de question de justification, ou de morale ou éthique. C’est juste un simple fait physique très matériel dans son action.

Ce processus s’étalera sur des siècles et des siècles et l’émergence d’une nouvelle race divine pourrait prendre quelques milliers d’années. Mais pour ceux qui ont un aperçu de cette Vérité, qui y aspirent et travaillent consciemment pour l’incarner, l’histoire est fascinante - pour eux, l’évolution spirituelle sera un procédé révolutionnaire d’une vitesse vertigineuse.



 Ces êtres, si leur collaboration est pleine de bonne volonté, quelque soient leurs défauts, incapacités et limitations seront pris par la Force, modelés et transformés par ses ouragans et ses tempêtes, sa lave brûlante et destructrice, ces courants féroces, sa douceur, sa joie exaltante de transmutation et sa conscience infinie libératrice. Ces êtres serviront de fers de lance à cette Force conquérante. Il y a une seule condition : une soumission et un don de soi absolus à la Shakti divine, une obéissance absolue au divin Maître, une aspiration absolue d’abandonner tout ce qui est humain, sombre, limité, ignorant en soi même et dans le monde. On doit être prêt à immoler son ego complètement, effectivement et à jamais. Vivre en Dieu, pour Dieu et par Dieu et être totalement conscient de l’âme.

Le signe que le Divin a entendu notre appel et l’a pris au sérieux est une entrée dans une conscience où tout est Divin. Si tout l’univers était effacé le Divin serait encore là, concrètement, absolument. Toute la manifestation est la manifestation du Moi du Divin. Il n’y a rien d’autre que le Divin. Dans le domaine physique, les centres ou chakras seront entièrement ouverts et on sentira alors le pouvoir, la lumière, joie et conscience coulant à travers la couronne de la tête dans le centre du cœur et dans le corps tout entier, dans tous les centres. Cela veut dire que le contact avec le supraconscient a été établi d’une façon permanente. La transformation graduelle du mental, vital et corps sera inévitable, irréversible, le procédé s’étalant sur une vie entière ou beaucoup de vies.

Mais tout ceci est juste un commencement très rudimentaire et élémentaire quoique un commencement formidable et lumineux. Ce nouveau pouvoir est comme un nouveau né, il doit croître dans l’enfance, la jeunesse et la maturité. De par sa naissance même, il est un enfant royal. Mais tout reste à découvrir et manifester. On nous dit que les premiers mammifères étaient de la taille d’un rat quand les dinosaures gigantesques dominaient la terre. La même histoire se répète. Le nouveau pouvoir avec de nouvelles possibilités, les conquérants et habitants futurs de la terre ont une existence très humble, presque invisible, encore presque complètement cachée, éclipsée par l’homme tout puissant, l’homme fondamental et ses réalisations magnifiques.

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Niranjan Guha Roy

On trouvera ici d'autres articles de Niranjan Guha Roy : https://www.motherland-guharoy.net/