lundi 25 juin 2012

GRANDES ET PETITES FLAMMES SPIRITUELLES ET EVEIL A L'EXPERIENCE SPIRITUELLE.


Dans le monde spirituel, il y a assurément des grandes figures qui se dégagent. Elles semblent rencontrer plus d'unanimité, il semble qu'elles fassent mieux transparaître que d'autres la présence du divin dans l'humain. Sans même raconter quelque chose, transmettre un enseignement, en leur présence, il y a des expériences d'ouverture spirituelle.

Mais qu'on le veuille ou non, certains qui ont une réelle expérience spirituelle semblent passer à côté de ces grandes flammes spirituelles qui brillent à travers ces êtres. Bien sûr, on peut s'empresser de dire que ces personnes sont fausses et ne sont pas véritablement spirituelles. Selon moi, c'est une chance. Car avec ces grandes figures spirituelles, il y a un grand risque d'adorer le divin dans cette personne, de rester focaliser sur des expériences faites en présence de cette personne sans avoir en soi une ressource personnelle de divinisation devenue claire. Un défenseur de la non-dualité insistera sur le fait qu'il n'y a qu'une seule conscience et que cette "grande figure spirituelle" apparaît dans cette seule conscience qui se déploie à l'intérieur de notre personne. Confondre cette réalité qu'est la seule conscience présente ici et maintenant et dont nous devons prendre conscience avec la présence divine dans cette figure spirituelle reste une erreur. Toute grande figure spirituelle peut s'accompagner certes d'une force de conscience qui par définition est en résonance de par sa nature avec l'unité de la seule conscience en présence englobant notre personne. L'erreur est d'associer cette force de conscience à cette grande figure spirituelle que nous croisons alors au lieu de découvrir cette résonance qui pointe la seigneurie de la seule conscience, notre véritable intériorité.

Alors en un sens si les grandes figures spirituelles rendent pour beaucoup la spiritualité tangible. L'expérience d'ouverture que leur influence induit n'est que fort rarement vue comme résultant de la seigneurie de la seule conscience qui soit englobant notre personne, le monde et toutes les consciences forces qui y sont à l’œuvre. 


Des figures spirituelles moindres dans le sens où elles semblent moins impliquer une conscience force peuvent nous donner un enseignement pour découvrir en nous l'unique conscience et nous apprendre à nous y maintenir. L'enseignant ne serait qu'un transmetteur patient de son enseignement appelé à devenir nôtre. On ne serait plus dans l'illusion que tout se résume à une grande figure spirituelle dont nous ne serons jamais à la hauteur. On ne croirait plus qu'il faut coller à cette figure comme des mouches à l'odeur pour recevoir la pitance. Une petite flamme spirituelle serait plus à même d'éveiller en nous le feu endormi mais qui couve là intact dès qu'on se tourne vers lui. 

Évidemment, certaines grandes figures spirituelles se montrent capables d'adapter leur grande flamme pour rallumer en l'autre le feu qui couve. Elles communiquent ce feu faisant autour d'elles de nombreuses petites flammes.


Dans tous les cas, c'est un même feu, une même lumière. Celui qui s'est éveillé a rarement dès le départ une grande flamme qui transparaît à travers lui. L'éveillé intérieurement ressent la Présence comme immense, le décalage est infini entre la présence et l'absence de ce feu intérieur dans la vie de sa personne, mais celui qui vient de s'éveiller a le plus souvent une individualité qui est loin d'être imprégnée de cette Présence,  d'être suffisamment transparente pour que la Présence agisse directement sur autrui. Car la flamme qui apparaît en l'autre à l'occasion de telle rencontre n'est pas forcément non plus celle qui est ressentie par cette personne rencontrée. 

La grande flamme révèle une lumière subtile mais découvrir la conscience ou la vacuité revient à devenir sensible à la lumière de fond de la lumière subtile qui est tout autant celle de la lumière de la perception (et pas seulement la lumière de la lumière solaire) et celle de la lumière intellectuelle.

On peut adapter le vocabulaire pour intégrer la perspective des bouddhistes évitant de spécifier Cela sous la forme d'un champ unifié et unique et aussi considérer la discontinuité et l'impermanence de quoi que ce soit. Le multiple se fait alors interdépendance mais sans unité, sans clôture, sans limite ; ce multiple brisant vraiment le champ de représentation de la conscience. Voir un libéré vivant n'est donc pas voir sa vraie nature. La perfection de l'éveil d'un autre ne change rien à la problématique essentiel de notre propre éveil à ce qui relativisera notre identité personnelle.

Le feu de l'éveil s'immiscera dans la personnalité mais la personnalité qui par certains aspects s'est bâtie comme un pare-feu peut retarder l'irréversibilité de l'embrasement. Elle peut même l'interrompre et le réinterpréter comme une illusion, une grande illusion. Ce processus qui accompagne le retour à la source et qui peut l'interrompre comme le faciliter et l'installer au cœur même de "l'individualité" met certainement en jeu ce qui est remarquable dans les grandes figures spirituelles.


A ce niveau, il ne faudrait pas confondre la nécessaire valorisation de la transmission de la flamme sur toutes les questions de qualité de résonance de la flamme spirituelle avec la question d'un processus de transformation de l'individualité qui saute aux yeux dans les cas des grandes figures spirituelles. Certains manqueront la transmission spirituelle en ne considérant que le processus de transformation extraordinaire qui caractérise les grandes figures spirituelles et d'autres manqueront l'importance du processus de transformation se satisfaisant de la libération à laquelle mène la transmission.

Une qualité nette des grandes figures spirituelles est la joie débordante qui émane y compris silencieusement sous la forme d'un amour inconditionnel et non préférentiel qui s'adresse à tous ceux rencontrées. Il y a une descente dans le cœur, une découverte de la lumière psychique de l'âme, d'une lumière bodhisattvique, etc. qui seule assure l'embrasement de la personnalité.

Ce schéma est de Douglas Harding parlant du triple ou quadruple sentier.

Ceux qui invoquent la libération, amoindrissent souvent le quadruple sentier qui commence en fait seulement vraiment à partir du moment de cette découverte. L'individu sans effort est dans cette présence quand la transmission la lui a découverte. Mais, tant que ses désirs et craintes subsistent, il s'y maintiendra par un effort : il lui faut une foi dans l'action de cette présence si pauvre et discrète qui enrichira sa compréhension et dont la compréhension fera croître l'intensité et l'aspiration, il lui faut un amour de cette présence et compter sur des élans est insuffisant ; il lui faut en cerner la beauté dont le rayonnement est sans cesse variable pour être un amant toujours sur les traces de son amour, il lui faut un sens de l'action dans la lumière du non agir agissant de la présence.

C'est dans cette perspective et le prolongement de ce sentier infini que s'inscrirait le supramental de Sri Aurobindo que la non dualité moque souvent comme une figure de changement alors qu'une fois la lumière de toutes lumières connue tout est parfait selon elle. Pour vraiment préciser l'enjeu pratique dont il est question, lisons Niranjan Guha Roy sur ce sujet :

 Différence entre la conscience mentale et supramentale
Niranjan Guha Roy – France- 2002
Différence entre la conscience mentale et supramentale
Il faut bien noter la différence fondamentale entre la spiritualité la plus haute traditionnelle et la conscience supramentale. La plus haute conscience mentale spirituelle, ce que Sri Aurobindo appelle “ over-mind ” appartient à l’hémisphère inférieur et la conscience supramentale appartient à l’hémisphère supérieur. L’over-mind peut apporter une grande paix dans le mental, vital et le corps dans un état de méditation, de concentration profonde et surtout dans l’immobilité et l’inaction. L’over-mind ne transforme pas, par exemple, les instincts et les passions de l’animal dans l’homme, mais agit comme une drogue puissante, un tranquillisant efficace aucunement nuisible au corps. L’over-mind ne transforme ni l’obscurité du mental totalement ni les désirs, les instincts et les passions du vital, ni les appétits naturels animaux du corps. Tout est tranquillisé mais pas transformé.
La Conscience Supramentale au contraire transforme radicalement tout ce qui est faux, obscur, non divin dans l’être. Quand cette conscience de vérité agit en pleine puissance, elle est trop forte pour la conscience et le corps faibles et limités de l’homme. C’est pour cette raison que la transformation divine est longue, dangereuse et difficile à l’extrême, car même si l’âme aspire à la transformation divine, il y a beaucoup d’éléments dans l’homme qui refusent obstinément toute transformation. La Conscience Supramentale doit doser sa puissance pour ne pas griller l’instrument. Elle agit doucement, avec patience et précaution. C’est pour cette raison que la transformation divine est très longue, difficile. A moins que l’être psychique ne soit bien développé, le voyage est prématuré. Mais ce yoga n’est pas une longue suite d’épreuves mais plutôt à chaque pas cette ascension vers la vérité devient une aventure, un défi exaltant. A chaque pas, la force pour progresser augmente, la vision devient plus claire, la Présence divine plus constante et l’aide divine grandissante. Cela devient comme une conquête, une victoire merveilleuse. L’impossible est réalisé à chaque pas.

Les grandes figures spirituelles elles-mêmes brillent certainement de l'imperfection humaine. Ainsi certains chercheurs spirituels authentiques ont-ils certainement été sensibles à ces défauts que tant de lumière ne parvenait guère à amoindrir alors que,  pour eux, ces défauts étaient un obstacle rédhibitoire à cette lumière. Le supramental esquisse la possibilité que notre humanité par son enracinement dans l'inconscient animal et matériel soit seulement une étape dans l'évolution de la manifestation de l'individualisation divine. La plupart des individus ayant une expérience spirituelle voire des réalisations indéniables n'entendent pas cette différence. Certaines traditions estiment que c'est le corps animal et matériel qui fait problème, ils affirment que c'est une pure illusion ou qu'un corps de lumière est nécessaire pour échapper à leurs défauts : ils développent leur sens intérieur des réalités intelligibles ou imaginales. D'autres ignorant la décrépitude, confiant la douleur aux médecins et envoyant balader toutes les finitudes devant leur vacuité continuent de vivre comme si de rien n'était tout en célébrant et partageant leur libération sans se demander vraiment si la conscience ne pourrait pas être plus consciente en chacun de ses phénomènes. La transformation supramentale est l'éventuelle émergence d'une conscience au cœur même de notre animalité et matérialité physique, d'une conscience plus consciente de son évolution matérielle et biologique : ceci n'a jamais été réalisé encore. Si cette hypothèse est juste : les biotechnologies et les nanotechnologies d'une réalité augmentée transhumaniste ou la constitution d'un corps de lumière intelligible, d'une alchimie recherchant une formule d'immortalité de l'ordre de l'intelligible sont des fuites en avant.

Pour nous, qui n'avons même pas opéré parfaitement la descente dans le cœur, qui avons une pratique guère consciente du triple ou quadruple sentier, cette aspiration supramentale peut sembler farfelue, mais elle a le mérite de nous faire admettre que connaître la lumière (l'Être) ne signifie pas connaître le chemin de transformation (le Devenir de l'Être). 

Hiérarchiser les figures spirituelles ne sert à rien : c'est à nous de faire le chemin et à nous seuls, chaque Devenir de l'Être a ses caractères incomparables, sa singularité et cela même s'il touche toute l'humanité par sa familiarité. Nos aînés et nos prédécesseurs sur le chemin ont certainement des réponses et peuvent nous éclairer sur certains points. Mais certains nœuds intérieurs dans le processus sont éminemment personnels avant d'être, dénoués, une facilitation universelle.

Celui qui vient boire à la source est la plupart du temps un pêcheur qui peut encore vendre son maître intérieur pour quelques deniers de plaisirs... cependant l'eau est si bonne... le maître si doux...

mardi 5 juin 2012

LA FENÊTRE DE L'ÂME D'APRES NIRANJAN GUHA ROY.

La fenêtre de l’âme

Une interprétation de la fenêtre de l'âme comme œil de l'univers inspirée de Douglas Harding.
Niranjan Guha Roy – Sri Aurobindo Ashram- 1981
C’est devenu pour moi une expérience poétique constante de voir et sentir une seule conscience infinie, un seul Être pénétrant tout en existence dans les domaines physiques et subtiles. Chaque individu est comme une fenêtre ouverte à travers laquelle l’Être regarde ses propres formations infinies. A travers chaque fenêtre, chaque âme, l’Être découvre, perçoit et expérimente un nouvel univers. Il n’y a pas deux fenêtres qui soient similaires. Votre univers est unique et différent de mon univers. L’Être se regarde Lui-même à travers des myriades d’yeux. Nous vivons et mourons aussi longtemps que nous regardons au dehors par nos fenêtres individuelles. Mais le moment où nous prenons du recul et nous nous réalisons en tant que l’Être, nous atteignons l’Esprit éternel. Tant que nous regardons à extérieur nous sommes vraiment morts, au moins éphémère.Quand nous regardons à l’intérieur nous sommes un avec l’Éternel.
Quand la vision en première personne devient fenêtre de l'âme...
 

lundi 21 mai 2012

GUIDE ALMORA DE LA SPIRITUALITE de David Dubois et Serge Durand.

"On ne veut rien laisser tomber du passé et on est de plus en plus courbé sous le poids d'une accumulation inutile.
Vous avez un guide sur un morceau de chemin, mais quand vous avez passé ce morceau de chemin, laissez le chemin, et le guide, et allez plus loin ! C'est une chose que l'humanité fait avec difficulté. Quand les hommes attrapent quelque chose qui les aide, ils s'accrochent, et puis ils ne veulent plus bouger. Ceux qui ont fait un progrès avec le Christianisme, ne veulent pas le laisser et ils le portent sur leurs épaules ; ceux qui ont fait un progrès avec le Bouddhisme, ne veulent pas le laisser et le portent sur leurs épaules ; et alors, cela alourdit la marche et cela vous retarde indéfiniment.
Une fois que vous avez passé l'étape, laissez-la tomber, qu'elle s'en aille ! Allez plus loin.", Entretiens de La Mère [de l'ashram de Sri Aurobindo] du 2 octobre 1957.
Cette citation précise ce qu'est la différence entre spiritualité et religion. La religion veut enfermer la spiritualité en son sein limitant par là son action. Il s'agit peut-être d'envisager à côté et par delà les religions une spiritualité authentique passant par une aventure à travers certaines spiritualités existantes sans jamais s'arrêter sur le chemin dans une posture qui deviendrait religieuse.

Un livre qui décrirait au mieux l'offre spirituelle serait alors utile pour reconnaître ce dont on a besoin.

Voici le Guide Almora de la spiritualité auquel j'ai collaboré avec David Dubois et qui peut contribuer à une aventure spirituelle de ce type. On trouvera le Guide Almora de la spiritualité en librairie et sur les sites internet (Amazon, fnac.com, Gibert, etc.) :


On observe en France un renouveau spirituel considérable et il est de plus en plus nécessaire de faire preuve de discrimination pour reconnaître les mouvements sérieux et authentiques. 
Le Guide Almora de la spiritualité présente les grandes traditions spirituelles (hindouisme, yoga, bouddhisme, taoïsme, christianisme, islam, judaïsme, chamanisme…) mais aussi les principaux mouvements contemporains (sagesse philosophique, non-dualité, néo-advaita, mouvement intégral…). 
Un ensemble de fiches et d’adresses donnent des appréciations et des informations utiles sur les enseignants, les centres, afin de découvrir la pratique spirituelle qui nous convient au plus près de chez soi.

Voici le sommaire:

 Introduction...............................................7
Bouddhisme.............................................13
Spiritualités hindoues...............................95
Yogas psychocorporels issus des 

spiritualités hindoues..............................121
Tantra yoga.............................................. 162
Traditions spirituelles chinoises.............179
Spiritualités juives................................... 199
Spiritualités chrétiennes......................... 205
Soufismes................................................ 275
Chamanisme et sagesses 

des peuples premiers........................... 285
Ésotérismes et nouvelles révélations...302
Spiritualités laïques................................329
Non-dualité............................................. 339
Mouvement intégral............................... 367
Philosophie, sciences et spiritualité... 381
Arts et spiritualité.................................. 395
Libraires, revues et maisons 

d’édition................................................ 411
Organisations agissant contre les 

dérives sectaires ou défendant les 
libertés des minorités spirituelles..... 425
Lieux et associations organisateurs 

de rencontres et de stages 
spirituels.............................................. 431
Nos critères de discernement 

pour reconnaître une spiritualité 
authentique......................................... 439
Index des noms.................................. 457
Bibliographie...................................... 463
Glossaire............................................ 467



José Le Roy sur son Blog Eveil et Philosophie (cliquez ici)  a mis quelques extraits.

  

mercredi 16 mai 2012

POURQUOI S'ENTÊTER DANS UNE FORTERESSE MENTALE ?



"Je vous le dis : il n'y a pas de Bouddha, il n'y a pas de Loi ; pas de pratiques à cultiver, pas de fruits à éprouver. Que voulez-vous donc tant chercher auprès d'autrui ? Aveugles qui vous mettez une tête sur la tête ! Qu'est ce qui vous manque ?", Lin-ji.

 

mardi 8 mai 2012

SIGNIFICATION EVOLUTIVE DE LA FIN DES MATIERES PREMIERES

  
En France, nous sommes dirigés par des politiques modernes. 
ER-ORANGE : l'horizon Starbuck

ORANGE sait que le monde n'est physiquement pas plat, il sait aussi que la Terre est en mouvement autour du centre de la galaxie et que la voie lactée elle-même n'est qu'une pièce de l'amas de la Vierge. Et pourtant, une fois BLEU dépassé, ER continue de se représenter le monde sur un planisphère, car il a l'impression que TOUT se gère. Le temps lui-même « est de l'argent » et peut être raccourci.

En effet, ER a découvert la fonction exponentielle : il en use (et en abuse) et la régression linéaire (y = ax + b), la première fonction mathématique établissant une relation de cause à effet, lui paraît assurément inefficace.

ER a aussi découvert la répartition statistique et pense pouvoir s'affranchir lui-même de la règle générale, être le 1/100 000 000 000e qui sort de l'échantillon « moyen ». La description faite dans La Stratégie du Dauphin de Dudley Lynch est à ce titre tout à fait éloquente : ER s'imagine en dauphin, nageant au-dessus des carpes (BLEU), des requins (ER[-Orange] malsains), des carpes pseudo-éclairées (FS[-Vert]), alors qu'il n'est en définitive au mieux qu'un requin-baleine (c'est-à-dire un requin pseudo-éclairé, animal dont il nie lui-même l'existence).
Dans son essai Une brève Histoire de l'avenir, l'économiste Jacques Attali décrit le déplacement progressif du centre du monde, du bassin méditerranéen à l'Europe du Nord, puis au continent nord-américain. Pour Friedman, le centre s'est déplacé en Asie avec une Chine et une Inde hyperagressives. Quant au Professeur Aldo Levy, spécialiste de l'analyse de la valeur, il décrit un monde où les « hubs » centres informatiques et décisionnels des multinationales sont les nouveaux donjons du pouvoir économique. Hors du hub, point de salut !

Le paradoxe de ER[-Orange] semble être le suivant : le progrès scientifique a été si rapide que l'individu dominé par ER[-Orange] n'a pas été en mesure d'assimiler les conséquences induites pas toutes les connaissances qu'il a lui-même générées ! Il en est resté à la découverte majeure de la Renaissance qui a permis l'éviction de DQ[-Bleu] : la Terre tourne, elle n'est pas fixe dans le ciel. Le centre du monde ER[-Orange] se déplace, et il vaut mieux savoir en suivre le mouvement si on veut faire partie des « gagnants ».

Les politiciens modernes ne pensent qu'à travers la croissance économique : c'est l'approche moderne.

On veut même bloquer le prix à la pompe pendant quelques mois pour redonner des pouvoirs d'achat mais regardons cette courbe sur la production des hydrocarbures :

La partie colorée de la courbe s'arrête avant 2010 ; nous sommes en 2012. La consommation mondiale augmentant, la production baissant inéluctablement ; alors il est urgent d'envisager un monde économique qui fonctionne sans le besoin du pétrole.


Mais l'erreur des modernes dans les circonstances présentes va beaucoup plus loin, si on considère l'avenir des ressources suivantes :

A l'horizon 2040, plus de zinc, plus d'étain, de plomb et de cuivre !!! 26 éléments du tableau périodique ne seront plus accessibles par extraction minière d'ici 350 ans et pour les premières d'ici une dizaine d'années. Ces différents métaux ne seront plus accessibles à la production que par l'intermédiaire du recyclage. On voit l'impact de cet épuisement sur nos technologies.

Arrivons-en à ce qui fait la gloire des modernes français : le nucléaire.

Voici deux schémas présentant des projections sur l'extraction de l'uranium :




Dans les deux cas entre 2020 et 2030 il faudra envisager un autre type d'énergie puisque l'uranium ne pourra plus représenter une issue au problème énergétique. Or ceci vaut pour dans à peine moins d'une quinzaine d'années.

Faut-il désespérer à partir de là de l'avenir de l'humanité ? Devons-nous aller chercher dans les astéroïdes ou les planètes les ressources qui nous manquent ?

On peut envisager une industrie où chaque produit ferait partie d'un ensemble parfaitement recyclable comme tout élément qui intervient dans un écosystème. Mais cette vision du berceau au berceau, Cradle to Cradle représente forcément une approche de l'économie qui ne soit plus basée sur l'obsolescence programmée, la productivité et le consumérisme.

La décroissance vu comme recul du productivisme et du consumérisme qui s'annonce pourrait non pas frustrer l'homme moderne mais marquer son dépassement dans une nouvelle perspective évolutive.

Écoutons Pierre Rabhi :


Pierre Rabhi : [...] La Terre n’est pas extensible. Il y a donc incompatibilité entre le système et les idées que l’on veut lui appliquer. Les gens ont mal compris la décroissance et pensaient qu’il s’agissait d’un retour en arrière. Pas du tout ! Mais pour présenter l’idée sous un angle plus optimiste, j’ai pensé à la notion de « sobriété heureuse ».

AG - En quoi consiste-t-elle ?
Pierre Rabhi : Regardez autour de vous : les gens ne sont pas heureux, car ils veulent avoir toujours plus. C’est le système actuel qui créé cet état permanent de manque. Je pars du principe qu’avec la surabondance, nous ne sommes pas heureux. Aujourd'hui, il y a une performance à réaliser : satisfaire à nos besoins par les moyens les plus simples et les plus sains.

AG - Comment est-ce possible dans une société où nous sommes assaillis par la publicité ?
Pierre Rabhi : Il faut être convaincu que dans la sobriété, on trouve la libération. La sobriété est une délivrance par rapport au toujours plus. Il faut que chacun comprenne par soi-même qu’on ne peut pas atteindre la satisfaction permanente puisqu’il est fait en sorte que l’on ne soit jamais satisfait. [...] J’ai été musulman et chrétien, mais aujourd'hui, je ne me sens pas relié à une religion particulière. La dimension spirituelle de ma réflexion s’est profondément élargie avec l’écologie car elle m’amène à admirer la nature et la vie, et donc, l’œuvre divine. Je me suis aperçu que la sobriété heureuse pour moi, relève résolument du domaine mystique et spirituel. Celui-ci par le dépouillement intérieur qu’il induit, devient un espace de liberté, affranchi des tourments dont nous accable la pesanteur de notre mode d’existence.
Mais une telle spiritualité ne risque-t-elle pas un peu de sonner comme un renoncement à l'aventure humaine pour un retour à la Mère nature ? La modernité par sa force technologique avait convaincu que le savoir rationnel était préférable à des croyances ininterrogées. Son progrès avait représenté une lutte contre l'ignorance. Comment pourrions continuer la lutte contre l'ignorance en explorant une spiritualité liée à la sobriété ?


Relisons Satprem dans La Genèse du surhomme ; il nous montre qu'il y a une exploration évolutive qui n'est pas prisonnière de la technologie moderne :
« Il n’y a pas, jamais de "problèmes matériels", il y a seulement des problèmes intérieurs. Et si la Vérité n’y est pas, même les millions pourriront sur place. C’est une fabuleuse expérience de toutes les minutes, une mise à l’épreuve de la Vérité, et, plus merveilleusement encore, une mise à l’épreuve du pouvoir de la Vérité. Il apprend pas à pas à découvrir l’efficacité de la Vérité, la suprême efficacité d’une petite seconde claire - il entre dans un monde de petites merveilles continues. Il apprend à avoir confiance en la Vérité, comme si tous ces coups, ces ratages, ces querelles, cette confusion, le conduisaient savamment, patiemment, mais impitoyablement, à prendre l’attitude juste, découvrir le vrai ressort, le regard vrai, le cri de vérité qui renverse les murs et fait éclater tous les possibles dans l’impossible chaos. C’est une transmutation accélérée et comme multipliée par les résistances de chacun autant que par ses bonnes volontés - comme si, en vérité, et les résistances et les bonnes volontés, le bien autant que le mal, devaient se changer en autre chose, une autre volonté, une volonté-vision de Vérité qui à chaque instant décide du geste et du fait. C’est la seule loi de la Cité de l’Avenir, son seul gouvernement : une vision claire qui s’accorde à l’harmonie totale et qui traduit spontanément en actes la Vérité perçue. Les faussaires sont automatiquement éliminés, par la pression même de la Force de Vérité, refoulés, comme le poisson, par excès d’oxygène. [...] Ce qui se décide là-bas avec des mitrailleuses, des guérillas ou des hauts-faits, se décide ici avec de sordides détails et une invisible guérilla du mensonge. Mais une seule victoire sur un petit égoïsme humain est plus lourde de conséquences pour la terre que le remaniement de toutes les frontières de l’Asie, car cette frontière-là et cet égoïsme-là sont le barbelé originel qui divise le monde.
Aussi bien, l’apprenti surhomme pourra-t-il commencer sa bataille très tôt, non seulement en lui-même mais dans ses enfants, et non seulement à la naissance de l’enfant mais dès sa conception. [...]

L’enfant de cette Cité naîtra avec une flamme, il naîtra consciemment, volontairement, sans avoir à défaire des millénaires d’animalité ou des abîmes de préjugés ; on ne lui dira pas à chaque instant qu’il doit gagner sa vie, parce que personne ne gagnera sa vie dans la Cité de l’Avenir, personne n’aura d’argent : on la vivra au service de la Vérité, chacun selon ses capacités et son art, et on n’y gagnera que de la joie ; on ne lui répétera pas sur tous les tons qu’il faut ou ne faut pas : on lui montrera seulement la tristesse instantanée de ne pas écouter la petite note juste ; on ne le harcèlera pas avec l’idée du métier à découvrir, de la réussite à faire, de la victoire sur autrui, du premier de classe et du dernier de classe, parce que personne ne réussit ni n’échoue dans la Cité de l’Avenir, personne ne fait un métier, personne ne triomphe des autres : on fait le seul métier d’une petite note claire qui éclaircit tout, fait tout pour nous, dirige tout pour nous, réunit tout dans son harmonie tranquille, et réussit la seule réussite d’être en accord avec soi-même et avec tout ; on ne lui apprendra pas à dépendre d’un maître, dépendre d’un livre, dépendre d’une machine, mais à se fier à cette petite flamme dedans, cette petite coulée joyeuse qui guide les pas, amène la découverte, fait trébucher par hasard sur l’expérience et vous livre la connaissance comme en se jouant, et il apprendra à cultiver les pouvoirs de son corps comme d’autres aujourd’hui cultivent le pouvoir des boutons de machine ; on n’enfermera pas ses facultés dans un moule de vision et de compréhension tout fait : on encouragera sa vision qui n’est pas des yeux, sa compréhension qui n’est pas des livres, ses rêves des autres mondes qui préparent celui de demain, ses communications directes et ses intuitions immédiates, ses sens subtils ; et si l’on se sert encore de machines dans la Cité de l’Avenir, on lui dira que ce sont des béquilles provisoires en attendant de trouver dans notre propre cœur la source du Pouvoir pur qui transmuera un jour cette matière comme nous transmuons la feuille blanche, d’un coup de crayon, en une jolie prairie. On lui apprendra le Regard, le vrai regard qui peut, le regard qui crée, le regard qui change tout - on lui apprendra à pouvoir par lui-même et à croire en son propre pouvoir de vérité, et que plus on est pur et clair, en harmonie avec la Loi, plus la matière obéit à la Vérité. Et au lieu d’entrer dans une prison, l’enfant entrera dans un monde ouvert où tout est possible -et où tout est effectivement possible, car il n’est d’impossibilité que celle que nous croyons. Et finalement, l’enfant grandira dans une atmosphère d’unité naturelle où il n’y aura pas de "toi", "moi", il "tien", "mien", où on ne lui aura pas appris à chaque instant à mettre des écrans et des barrières mentales, mais à être consciemment ce qu’il est inconsciemment depuis toujours : à se prolonger dans tout ce qui est, dans tout ce qui vit, à sentir dans tout ce qui sent, comprendre par une même respiration profonde, par un silence qui porte tout, à reconnaître partout la même petite flamme, à aimer partout la même petite coulée claire, et à être moi partout sous un millier de visages et dans un millier de musiques qui sont une seule musique. »

jeudi 26 avril 2012

QUAND LA SPIRITUALITE DIT SON MOT A LA RELIGION.


« Personne n’a le droit de s’imposer aux autres et contre leur volonté comme un guide religieux ou spirituel. Vous n’avez aucun droit de dicter à X et Y leur vie intérieure ou extérieure. Encore une fois, la confusion et l’incohérence de votre état d’esprit actuel vous empêchent de reconnaître ces simples faits.
De plus, vous dites que vous voulez seulement la Vérité, et pourtant vous parlez comme un fanatique étroit et ignorant qui refuse de croire à autre chose que la religion dans laquelle il est né. Tout fanatisme est une fausseté parce qu’il contredit la nature même de Dieu et de la Vérité. La Vérité ne peut pas s’enfermer dans un seul livre, que ce soit la Bible, le Véda ou le Coran, ni dans une seule religion. L’Être Divin est éternel et universel et infini, et il ne peut être la seule propriété des seules religions musulmanes ou sémites et de ceux qui se trouvent descendre de la lignée biblique avec des prophètes juifs ou arabes comme fondateurs. Les hindous, les confucéens et les taoïstes, et tous les autres, ont autant le droit d’entrer en relation avec Dieu et de trouver la Vérité à leur manière. Toutes les religions contiennent quelque vérité, mais aucune n’a la vérité totale; toutes sont des créations du temps et finalement déclinent et périssent. Mahomet lui-même n’a jamais prétendu que le Coran fût le dernier message de Dieu et qu’il n’y en aurait pas d’autre. Dieu et la Vérité durent plus longtemps que ces religions et se manifestent nouvellement selon la forme et la manière que la Sagesse Divine choisit. Vous ne pouvez pas enfermer Dieu dans les limites de votre étroit cerveau ni dicter au Pouvoir Divin et à la Conscience Divine comment ils se manifesteront et où et par qui; vous ne pouvez pas dresser vos barrières de nain contre la Toute-Puissance divine. Là aussi, ce sont de simples vérités, que l’on est en train de reconnaître partout dans le monde; seules les esprits enfantins et ceux qui végètent dans les formules du passé peuvent le nier.
Vous avez insisté pour que je vous écrive et vous avez demandé la Vérité, et j’ai répondu. Mais si vous voulez être musulman, personne ne vous en empêche. Si la Vérité que j’apporte est trop grande pour que vous la compreniez ou la supportiez, vous êtes libre d’aller vivre dans la semi-vérité ou dans votre propre ignorance. Je ne suis pas ici pour convertir qui que ce soit; je ne prêche pas au monde pour qu’il vienne à moi et je n’appelle personne. Je suis ici pour établir la vie divine et la conscience divine en ceux qui, d’eux-mêmes, sentent l’appel pour venir à moi et qui restent fidèles à l’appel, et en personne d’autre. Je ne vous demande pas, ni Mère non plus, de nous accepter. Vous pouvez partir quand vous voulez et vivre la vie du monde ou une vie religieuse selon votre préférence. Mais puisque vous êtes libre, les autres aussi le sont de rester ici et de suivre leur propre chemin...»

23 octobre 1929
Sri Aurobindo
On Himself, XXVI.482

mercredi 25 avril 2012

TRANSFORMATION RADICALE DE CONSCIENCE ET CULTURE AUTHENTIQUE DE L'ÂME.



Extrait de la lettre d’Emile Zola, L'Aurore du 13 janvier 1898.

Quant aux gens que j'accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n'ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l'acte que j'accomplis ici n'est qu'un moyen révolutionnaire pour hâter l'explosion de la vérité et de la justice.
Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme. Qu'on ose donc me traduire en cour d'assises et que l'enquête ait lieu au grand jour !




Transformation radicale de conscience

En cette période chaotique de fin d'humanité, où nous sommes les témoins impuissants de l'effondrement de tous les systèmes et de nos pays, qu'allons-nous faire ? Continuer à écouter les propositions désastreuses de nos dirigeants et sombrer avec eux, ou retrouver notre pouvoir véritable et l'exercer ? Nous avons le choix et le moment est venu de prendre une décision.

La plus grande crise évolutive de tous les temps est amorcée. Elle nous conduit tout droit à l'anéantissement de nos habitudes, nos désirs et nos croyances illusoires pour qu'émerge l'être véritable qui sommeille en nous. La seule autorité est à l'intérieur de l'individu conscient de son identité. C'est à une révolution de conscience que nous sommes invités. C'est un rendez-vous ! (dernières nouvelles sur personacratia)


Je trouve cette citation intéressante. En fait je suis d'accord avec le fait que nous devons être notre propre autorité et que donc "la seule autorité est à l'intérieure de l'individu". Mais reste à savoir de quelle identité nous sommes conscient. Tant que l'âme n'a pas émergée, il y a peu de chances que cette autorité intérieure soit fiable.

Personnellement, je ne trouve pas que Personocratia très convaincante sur ce dernier point. 

Dans le Guide Almora de la spiritualité, j'ai critiqué des points assez fantaisistes aux yeux de ceux qui utilisent leur raison sceptique et respecte la science et l'histoire (voir cet article qui contrevient à tout ce que la science et la raison critique nous apprennent). Mais après tout ceci requiert un savoir extérieur pointu et une relativisation sceptique demanderait beaucoup d'efforts. 

Je veux ici considérer un point spirituel touchant à la réalisation de l'âme à laquelle Personocratia se réfère en me plaçant au sein d'une perspective intégrale (côté Sri Aurobindo, Mère, Satprem). Et ce point de vue amplifiera ce qu'il y a de positif dans son approche le libérant de ce qui semble un peu l'engluer dans les demies-vérités (mais moi-même n'en suis-je pas encore là lorsque j'accepte d'être mis en lumière !?).

Prenons un exemple parmi des tas d'autres : Personocratia défend la théorie du centième singe. Cette théorie a le vent en poupe dans le New age voir dans le mouvement intégral mais elle n'est guère rigoureuse et défendable scientifiquement dans son idée de masse critique. Selon moi, elle l'est encore moins si l'on part d'une réalité psychique en arrière plan de toutes les formes vivantes et qui au fond évolue à travers l'évolution de ces formes. 

Le saut à une nouvelle espèce ne se fait que si des âmes en ont le besoin. Ce n'est pas alors une question de nombre ou de masse critique. Le travail isolé d'une seule grande âme peut réaliser un pont vers une nouvelle manière physique d'exister. Au niveau de l'évolution culturelle (qui n'est pas physique) nous en avons de nombreux exemples. Enfin l'évolution du vivant ne passe pas par la mutation graduel d'un grand groupe : il semble qu'une grande partie de notre espèce n'ait eu à un moment que quelques femmes à son origine voir une seule pour sa globalité



Sri Aurobindo dans La Vie divine écrit p.882 chapitre 23 dans la traduction de Mère :
Si une création supérieure est prévue, ce n'est certainement pas à partir de l'homme que le degré, le type ou le modèle nouveau pourra se développer, car, dans ce cas, il existerait une race, une espèce ou une catégorie d'êtres humains qui posséderait déjà les premiers éléments du surhomme, tout comme l'être animal particulier qui s'est transformé en homme possédait déjà, ou contenait en puissance, les éléments essentiels de la nature humaine. Or, il n'existe pas de race, de genre ou de type semblables; tout au plus existe-t-il certains êtres mentaux spiritualisés qui cherchent à s'échapper de la création terrestre. Si par une loi occulte de la Nature une telle transformation de l'être humain en un être supramental était prévue, elle ne pourrait être accomplie que par un petit nombre d'individus qui se détacheraient de l'espèce pour former le premier fondement de ce nouveau type d'êtres. Rien ne laisse supposer que l'espèce tout entière parviendrait à cette perfection ; cette possibilité ne pourrait s'étendre à toutes les créatures humaines.
Il se peut que Mère, Sri Aurobindo et Satprem à eux trois aient effectivement réussi à poser le pont occulte vers une nouvelle espèce pour les âmes qui en éprouveront le besoin et qui ayant fait le tour de l'espèce humaine y seront prêtes [Chacun d'entre eux décrit son avancée à partir de ce qu'a réalisé son prédécesseur et ce n'est pas leur seul point de vue, Kireet Joshi ou Niranjan Guha Roy en témoignent à leur façon.]. 

Toutefois ceci restant une question d'expériences et de réalisation que nous n'avons pas, revenons à une vision mentale où ceci ne reste qu'une possibilité. Restons-en au cas de celui qui peut entrevoir en lui les lumières psychiques :


C'est parce qu'il sera à partir de son développement psychique à l'unisson de la volonté de la nature qu'il accomplira complétement le tour du cycle humain car c'est le niveau de développement psychique qui implique le niveau de développement possible pour un être humain :


Du point de vue de l'âme, les différentes mentalités qu'ont pu repérer les développementalistes sociaux (Grave, Beck et Cowan ou encore Ken Wilber par exemple) permettent juste de trouver son expression la plus satisfaisante en fonction de sa capacité à entrer en harmonie au travers de l'individualité avec la volonté de la nature :
[Il] se révèle que l'effet fondamental du Mental dans l'homme n'a pas été de le rendre plus intelligent (intelligent par rapport à quoi ? la souris dans son trou a aussi la parfaite intelligence de son propre terrain) mais de l'individualiser au sein de sa propre espèce et de lui donner le pouvoir de varier [...] et finalement de le rendre capable de jeter un regard sur ce qui dépasse son propre état.
Car au fond les développementalistes sociaux se trompent s'ils voient là d'abord une forme de progrès dans l'évolution de la conscience.

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En effet comme l'écrit Sri Aurobindo un peu plus loin dans le même chapitre 23 p.883 dans La Vie divine :
[L]'idée même de progrès humain est très probablement une illusion, car rien n'indique qu'après avoir émergé du stade animal, l'homme, en tant que race, ait radicalement progressé au cours de son histoire. Tout au plus a-t-il avancé dans sa connaissance du monde physique, dans les sciences, dans ses rapports avec son milieu, dans son utilisation purement extérieure et utilitaire des lois secrètes de la Nature. Mais par ailleurs, il est resté ce qu'il a toujours été depuis l'aube de la civilisation ; il manifeste les mêmes capacités, les mêmes qualités, les mêmes défauts, il fait les mêmes efforts, commet les mêmes erreurs, parvient aux mêmes accomplissements, enregistre les mêmes échecs.
Si progrès, il y a eu, c'est un progrès à l'intérieur d'un cercle — un cercle qui va peut-être s'élargissant, mais rien de plus.
L'homme d'aujourd'hui n'est pas plus sage que les voyants, les sages et les penseurs d'autrefois ; il n'est pas plus spirituel que les grands chercheurs de jadis, les premiers et puissants mystiques ; il n'est pas supérieur, dans les arts et métiers, aux artistes et artisans de l'antiquité. Les vieilles races disparues firent preuve d'une originalité et d'une invention innées, d'une aptitude naturelle à faire face aux problèmes de la vie, et si l'homme moderne est allé un peu plus loin dans ce domaine, ce n'est pas parce qu'il a accompli un progrès essentiel, mais parce que ses capacités se sont développées, élargies, enrichies, et qu'il a hérité des accomplissements de ses prédécesseurs.  [...] Mais si son mental est capable de s'ouvrir à ce qui le dépasse, alors il n'y a aucune raison que l'homme lui-même ne puisse atteindre au supramental et à la surhumanité, ou, tout au moins, ne prête son mental, sa vie et son corps à l'évolution de ce terme plus grand de l'Esprit et à sa manifestation dans la Nature.
Par ailleurs sans mettre en cause ce qui vient d'être dit, on peut aussi considérer que cet élargissement a déplacé le centre problématique de l'humanité entière. C'est l'âme de tous qui dans l'expérience est obligée de s'affronter à des limites civilisationnelles sans cesse déplacées mais chaque fois non résolues.
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Autrement dit, si des âmes doivent effectuer consciemment le passage du mental au supramental c'est-à-dire vers une conscience au-delà du mental humain, il nous faut susciter une culture permettant de nous individualiser psychiquement physiquement, vitalement, mentalement et spirituellement tout en élargissant notre conscience de plus en plus universellement (mentalement, vitalement et physiquement) pour mettre notre réalité psychique en harmonie avec la volonté de la nature.

Une solide et rigoureuse vision intégrale mentale et plus largement une culture intégrale comprenant aussi les plans émotionnels et corporels est donc nécessaire pour que le psychique prenne plus facilement (et moins douloureusement voire moins cruellement) conscience de soi et de la volonté de la nature en l'homme.