mercredi 24 octobre 2012

QUELS CRITERES DE DISCERNEMENT SPIRITUEL CONCERNANT NDE, CHANNELING, PROPHETIES, ETC. ?


En réponse à ceux qui estiment que nous rejetons toute forme d’intérêt spirituel pour le channeling et des expériences avec des esprits ou des forces de conscience immatériels.
Madame, Monsieur,

Je comprends que vous soyez quelque peu déçus par nos jugements.  Mais je tiens à vous assurer qu’il ne s’agit pas de dogmatisme, d’exclusion, de chasse aux sorcières, etc. Nous ne préconisons pas l’interdiction d’activité de ceux que nous critiquons y compris à l’égard de ceux à qui nous avons été sans souligner aucun aspect positif et auxquels nous avons attribué notre symbole négatif. Nous estimons qu’au final c’est à chacun d’être capable de retirer le meilleur de ceux que nous évoquons en mal et/ou en bien.
En science, il est commun de critiquer un collègue qui en retire profit pour rendre ses travaux plus rigoureux sans qu’il soit question de jugement, d’intolérance, etc. Pourquoi ne pourrions-nous pas chaleureusement échanger nos vues contradictoires en ce qui concerne le domaine d’expérimentation spirituel ?

Vous évoquez notre fermeture d’esprit, notre rationalisme français, etc. Il est dommage que vous ne nous ayez pas bien lu les pages 303 et suivantes. Tout ce que vous nous reprochez d’ignorer est présenté comme des voies spirituelles possibles : NDE (EMI), Channeling(s), prophétie(s), etc. Notre guide n’est pas de l’ordre du témoignage personnel mais en ce qui concerne ces domaines nous avons comme dans les autres tenté et vécu un certains nombres d’expériences et nous ne nous sommes pas contentés de lire une grosse quantité de données pour et contre.

Par ailleurs, quand vous citez les passages qui vous indisposent p.340, vous omettez de signaler qu’au même endroit nous soulignons la valeur de certains médiums et channelings comme L’Ange de Gitta Mallasz, les témoignages de Marianne Dubois. Et si vous vouliez ne pas ignorer le pourquoi de cette préférence, vous comprendriez peut-être l’exigence spirituelle qui nous anime dans ces domaines.
Une manière plus simple et plus claire de dire nos réticences à l’égard de la plupart des médiums, chamans, channelings, etc. tient à la question d’une offrande sincère et entière de soi au divin et à ce qu’elle exige. Ne vaut-il pas toujours mieux parfois se connecter au divin plutôt qu’à ses anges, ceci n’excluant pas qu’un ange puisse être un bon marchepied vers le divin ? Et quand nous disons « divin » ici nous trahissons déjà en quelque sorte ce qui ne peut s’enfermer dans aucune définition, désignation, conceptualisation, etc. Dans notre expérience, cette perfection absolue est forme et sans forme, elle est personnelle et impersonnelle. Nous mettre à l’écoute de la dimension personnelle de cette perfection absolue est essentiel : cette écoute inclut inspiration, intuition, channeling, prophétie, etc. jusqu’à n’être plus un médium mais un instrument d’action. Mais pour être sûr d’être fidèle à cette réalité absolue, nous ne devons pas ignorer sa dimension sans forme et impersonnelle (ou transpersonnelle). Cette dimension rend vraiment capable d’accueillir ce qui se manifeste sans barrière et de relativiser tout jugement, toute interprétation (sans les abolir tant que c’est utile), elle garantit une pauvreté intérieure, une clarté et une liberté vis-à-vis de nous-mêmes.
Gitta Mallasz ou Marianne Dubois (et d’autres bien sûr) témoignent à l'évidence d’un tel parcours.
Au final la double dimension personnelle et impersonnelle qui fait « l’unité du réel et son intelligence » nous semble malheureusement ignorée par beaucoup d’acteurs prétendument spirituels dans ces domaines qui dès lors risquent même parfois de servir outre leur imagination des entités et des forces de conscience immatérielles dotées de personnalité et qui portent une certaine lumière pour mieux égarer en exploitant la moindre trace d’insincérité en eux et pire encore autour d’eux. Beaucoup de grandes figures de la spiritualité nous ont mis en garde contre les merveilles intérieures (sans en nier l'existence) et ont insisté sur la nécessité de la pauvreté intérieure, la vacuité, etc. Pour eux s’appuyer sur cette réalité aussi impersonnelle (c'est-à-dire qui ne met pas en jeu une relation avec notre personnalité) permet d’échapper à ces entités que les traditions bibliques appellent Lucifériennes, les traditions hindoues asuriques, que le bouddhisme associe à Mara, que certains chamanes invitent à éviter en s’unissant aux bons alliés… 

Nous ne sommes pas meilleurs que d’autres spirituellement : nous ne sommes guère mieux capables de servir à la perfection cette unité et cette intelligence du réel. Mais nous pouvons au nom d’un certain idéal évoquer cette réalisation spirituelle souhaitable à ceux qui peuvent l’entendre.

Bien à vous,
Serge Durand, co-auteur du Guide Almora de la spiritualité.

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