vendredi 3 août 2012

SUR ETERNITE ET IMMORTALITE. Episode 1.

Le soleil que je vois dans le ciel est le soleil d'il y a 8 à 9 minutes puisqu'il faut pour la lumière qui va à environ 300000km par seconde ce temps pour aller du soleil à la terre.

Et ceci vaut plus encore pour ce que nous voyons au loin dans l'univers :

Mais il est plus troublant d'admettre que cela vaut au plus près.

Ce que nous voyons est toujours du passé car il faut aussi compter le temps que le cerveau mette en place une image. L'observateur extérieur (sans prendre en compte le décalage de son propre cerveau analysant la situation) voit qu'il me faut un temps cérébral d'analyse des données extérieures pour que j'en sois conscient. 

Parfois le corps réagit avant que je sois bien conscient de ce qui se passe. Ces mécanismes entraîneraient par exemple une impression de déjà vu. Mon corps aurait vu ce que je suis en train de voir. 

Logiquement le présent qui n'est pas une image du passé ne se tient donc qu'à zéro centimètre de moi et n'est rien de ce qui apparaît comme externe à l'intérieur de notre esprit.

Cependant cet hyperprésent de la perception ne doit pas être confondu avec le présent de la pensée. Toute pensée analytique comme ce que j'écris en ce moment prend du temps : elle nécessite rétention de ce qui s'est formulé et protention vers ce qui va se formuler. La pensée (analytique quelle) que soit sa nature se vit comme passé du présent et futur du présent ne pouvant jamais vraiment se tenir à un présent du présent.

Quand on se connecte à l'idée qu'exprime cette pensée analytique cela semble plus instantané, plus présent. Mais il y a encore une instabilité des idées, elles nous échappent, elles s'entr'éclairent, les unes s'écartent pour en laisser d'autres. C'est la perception de l'idée et non l'idée qui nous rapproche du présent. 

Mais en amont des sensations du monde, en amont de la pensée analytique, en mont de l'idée, y a-t-il encore une perception ? Autrement dit y-a-t-il en nous une perception pure présence, immobile et intemporelle ? Ce pur présent serait l'éternité (l'intemporel) qui contient le temps. Ce substrat pur de la perception de tout ce qui apparaît serait aussi éventuellement une dimension d'immortalité, la mortalité n'agissant que sur ce qui est temporel.

Cette découverte éventuelle d'une part d'immortalité reste cependant celle d'une dimension impersonnelle en nous puisque tous nos traits personnels ressortent à première vue du temporel.

Pour faire une expérience de perception pure intemporelle en amont de toute apparence, voici une proposition :

En effet par ici vers cette absence devant laquelle tout apparaît, y a-t-il une trace de temps ?

Et concentrons nous sur un mot comme "une pensée... encore une pensée", cela n'apparaît-il pas là-bas tandis que le ici qui perçoit cette pensée perçoit aussi tout le reste (le monde des sensations, les autres pensées, etc.) ?

Bien sûr ce presque rien de l'esprit qui perçoit colle à zéro centimètre de ce qui apparaît, donc la distinction ici - là-bas reste imprécise. Toutefois le ici que pointe le doigt semble un presque rien séparé de ce qui apparaît. Ce ici spécifique où la plupart d'entre nous pense une tête avec deux yeux permet de distinguer un esprit immobile, intemporel, présent au soubassement de tout ce qui apparaît (y compris notre pensée de nous-même avec notre tête et nos yeux). 

Où découvre-t-on son âge ? Sur le miroir là-bas ou ici d'où part le regard ? Celui qui perçoit est sans âge, c'est une conscience sans identité qui peut s'identifier à chacun des visages qui se présente là-bas sur le miroir. Si on ne se perd pas là-bas dans l'image, on ne se noie pas dans le temps. Il y a une fraîcheur de celui qui perçoit. C'est d'ici un festival de nouveautés qui apparaît là-bas. Et même quand la vue se brouille, celui qui perçoit n'est pas gagné par cette déficience. Ce qui est brouillé est là-bas. Etc.
 
A Suivre...
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