jeudi 27 octobre 2011

QUAND JEAN JAURES TISSE DES LIENS ENTRE SPIRITUALITE ET POLITIQUE.

Jaurès lecteur de Rousseau explicite les liens entre une pensée politique juste et une spiritualité liée à la grande nature.

Sur le lien manifeste de Jaurès avec une exploration spirituelle de l'intériorité, on lira cet extrait sur le site Eveil et philosophie.

C’est ainsi que Jean-Jacques a été réformateur, révolutionnaire malgré lui, et que sa pensée a eu toute sa puissance. En effet, il n’apportait pas au monde les combinaisons arbitraires d’un cerveau inquiet, mais des conclusions natu­relles, pleines de vie intérieure, très riches, interprétées par un esprit puissant. Lorsque les esprits entraient dans ses doctrines, qu’ils étaient entraînés par lui, au moment où ils pouvaient hésiter, résister, ils sentaient tout à coup que ses doctrines avaient pour arrière-fond la nature immense, joyeuse et libre. Le point de départ des idées sociales de Rousseau était l’amour du monde natu­rel ; il arrivait à une source délicieuse, cachée sous bois. En communiquant aux hommes ses joies, il communiquait sa doctrine. Il semblait qu’on ne pût revenir à la nature que par ses études. Danton disait dans sa prison, après les agitations furieuses de sa vie révolutionnaire : « Que je voudrais voir des arbres ! ». Il y a là une contradiction bizarre que les épris des œuvres de Jean-Jacques n’avaient pas à redouter. Partout dans la doctrine du maître, circule la sève, pénètrent les senteurs des grands bois. Et les hommes qui retrouvaient à la fois la nature et la liberté, s’éprenaient pour l’âme que leur donnait cette révélation, de cette sorte d’adoration qui fut, dans la société vieillie, une gran­de force de transformation.
Ce texte est à rapprocher de cet extrait de la thèse de Jean Jaurès, De la réalité du monde sensible :
« La pensée, d’un mouvement naturel et en dehors même de toute règle et de toute méthode, s’élève, par degrés, des objets les plus particuliers aux conceptions les plus générales. Il y a d’un degré à l’autre une certaine continuité logique, parce que les idées superposées s’enveloppent partielle­ment les unes les autres, et que l’esprit retrouve, dans les conceptions plus générales, quelques-uns des éléments compris dans les idées moins générales, ou les objets particuliers. Mais, au point de vue purement logique, ce mouvement de l’esprit n’est en quelque sorte qu’un appauvrissement continu, puisqu'il laisse en chemin toutes les déterminations, et qu’arrivé au bout, il n’a retenu qu’une idée, la plus générale, mais aussi, au point de vue logique, la plus vide de toutes, l’idée d’être. Comment se fait-il donc que dans ce mouvement de contemplation l’esprit sente en lui-même, non pas une détresse croissante, mais, au contraire, un enrichissement de joie et d’orgueil ? Comment se fait-il que Platon, ayant longuement familiarisé son âme avec les objets bons et beaux, s’élève, avec un enthousiasme grandissant, jusqu’à cette idée de l’être, qui lui apparaît si belle et si pleine, qu’on se demande si ce n’est pas en elle que l’idée du bon resplendit le mieux ? Cet ignorant de Jean-Jacques s’abandon­nait lui aussi, dans les champs et sous les bois, à l’essor spontané de la pensée platonicienne ; il avait fait de l’histoire naturelle tout le jour, il avait ramassé des échantillons minéraux, classé des plantes, étudié des insectes, et peu à peu, le soir venu, il méditait sur tous les rapports qui enchaînaient tous ces êtres, puis tous les êtres ; et sa pensée s’élargissait bien au-delà des vastes horizons du soir jusqu’à l’idée de l’être universel, en qui elle résumait et agrandissait tout ensemble les joies éparses de sa journée. Comment cela est-il possible ? Comment la pensée, en paraissant se dépouiller, s’enrichit-elle en effet ? C’est que l’idée d’être n’est pas un élément juxtaposé aux choses qu’on en isole par dissection ou analyse ; elle est au fond des choses, ou, plutôt, elle en est le fond. Ni l’âme, ni l’esprit, ni les sens, ne peuvent rien toucher sans toucher à elle. En savourant les parfums, les clartés, les formes, les joies intimes, nous nous imprégnons d’être par toutes nos puissances de connaître et de sentir. Il y a, de l’être à ses manifestations changeantes, une merveilleuse réciprocité de service. Si nous ne sentions pas l’être, au fond même des choses les plus subtiles et les plus fuyantes, notre âme se dissoudrait dans la vanité et l’inco­hérence de ses joies. Il y a, jusque dans la subtilité du rayon qui se joue, quelque chose de résistant, et si les couleurs et les sons peuvent se compléter dans notre âme par d’étranges et mystérieuses harmonies, c’est que les sons et les couleurs mêlent, dans les profondeurs de l’être, leurs plus secrètes vibrations. Mais, pendant que d’un côté l’être donne ainsi, à toutes les manifestations sensibles, ce commencement d’unité qui est nécessaire aux choses les plus libres, et cette solidité qui est nécessaire aux plus exquises, les manifestations sensibles, à leur tour, communiquent à l’être un ébranlement mystérieux qui leur survit. Rien de précis ne subsiste dans mon âme des belles formes que j’ai admirées, des parfums que j’ai respirés, des splendeurs dont je me suis enivré ; et pourtant, lorsque mon âme, toute vibrante de ces émotions disparues, s’élève jusqu’à l’idée de l’être universel, elle y porte, elle y répand à son insu les frissons multiples qui l’ont traversée ; voilà comment l’idée de l’être n’est point vaine : c’est que, s’étant répandue en toutes choses, dans les souffles, dans les rayons, dans les parfums, dans les formes, dans les admirations et les naïvetés du cœur, elle a gardé quelque chose de toute chose ; ses profondeurs vagues sont traversées de souffles que l’oreille n’entend pas, de clartés que l’œil ne voit pas, d’élans et de rêves que l’âme ne démêle pas. Toutes les forces du monde et de l’âme sont ainsi dans l’être, mais obscurément et n’ayant plus d’autre forme que celle qui est marquée, pour ainsi dire, par leur plus secrète palpitation. Quand la mer a débordé doucement sur une plage odorante, elle ramène et emporte, non pas les herbes et les fleurs, mais les parfums, et elle roule ces parfums subtils dans son étendue immense. Ainsi fait l’être qui recueille, dans sa plénitude mouvante et vague, toutes les richesses choisies du monde et de l’âme. Dirons-nous donc, maintenant, qu’il est une abstraction et non pas une réalité ? » (De la réalité du monde sensible, chapitre VI)
Bilan provisoire :


Cette tradition minoritaire qui visiblement s'enracine en France dans les écrits de Jean Jacques Rousseau passe aussi par un Pierre Leroux dont Jaurès a été un lecteur attentif.

Nicolas Weill écrit en critiquant un livre de Vincent Peillon sur Pierre Leroux et le socialisme républicain qu'il y a là de grands intérêts pour la gauche souvent antireligieuse et prompte à s'en prendre aux minorités spirituelles (cf. le rôle du PS dans la constitution de la Miviludes dont l'action à l'égard des minorités spirituelles toujours jugées d'ors et déjà sectaires par elle a été contestée y compris devant la justice et ici)  :
En revanche, il est une actualité de Leroux particulièrement forte en ces temps de laïcité militante. Celle d'un moderne paradoxal qui s'efforce de réconcilier le socialisme républicain avec l'idée religieuse. Si, pour lui, la religion est avant tout "religion de l'humanité", l'ambition du socialisme républicain n'en reste pas moins d'accomplir ici bas le programme que le christianisme a failli à réaliser. Cette vision, quoique séculière, n'en aboutit pas moins à une véritable théologie laïque. En cela, suggère M. Peillon, auteur chez Grasset d'un Jean Jaurès et la religion du socialisme (2000), elle pourrait porter les prémices d'une laïcité plus conciliante et plus respectueuse du pluralisme.
Affleure donc ici une tradition française liant spiritualité et politique qui a été et reste largement minorée. En fait Jaurès n'a pu face au déferlement matérialiste marxiste expliciter clairement ses liens de sa pensée politique avec la spiritualité. Les lecteurs de Jaurès qu'ils soient de droite (cf. la reprise de certaines idées par les discoureurs de Sarkozy) ou de gauche (cf. Vincent Peillon) voient bien quelque chose de non matérialiste et de plutôt spiritualiste dans le républicanisme socialiste de Jaurès mais ils ne voient jamais clairement de quoi il est question faute de bien incarner comme Jaurès lui en était capable l'expérience de générosité liée à cette immensité intérieure (qu'un lecteur averti comme un Jean Michel Le Lannou sait le faire).

samedi 22 octobre 2011

A PARTIR DE LA PREMIERE PERSONNE DE DESCARTES, MALEBRANCHE ET VOLTAIRE NOUS DISENT QUE NOUS VOYONS TOUT EN DIEU.

Descartes écrit dans Les réponses aux cinquièmes objections, p. 810, édition Alquié :

"[...] ce n'est point l’œil qui se voit lui-même ni le miroir, mais bien l'esprit, lequel seul connaît et le miroir, et l’œil, et soi-même."
A partir de là il semble que le processus de vision par l'esprit est mieux exprimé par la vision en première personne que par le schéma d'une vision transmise à l'esprit par le biais de la glande pinéale.


L'esprit chez Descartes reste encore individuel, c'est par l'idée d'infini que nous touchons une existence infinie au-delà de notre esprit et qui l'englobe.
 

Malebranche, un disciple de Descartes redit ceci dans De la recherche de la vérité, Livre III, IIe partie, chapitre VI :
" La preuve de l'existence de Dieu la plus belle, la plus relevée, la plus solide et la première, c'est l'idée que nous avons de l'infini."
Cette preuve dans De la recherche de la vérité, Livre III, IIe partie, chapitre VI est connectée au fait que selon lui :
"[...] nous voyons en Dieu les choses matérielles et sensibles".
 Dans sa Préface à De la recherche de la vérité, il disait déjà dans cette perspective :
"L'attention n'est que le retour et la conversion de l'esprit vers Dieu, qui est notre seul maître et qui seul nous instruit de toute vérité."

Voltaire commentant la tentative de Malebranche d'expliquer comment on voit tout en Dieu écrit dans ses Derniers écrits sur Dieu, GF, p.314 :
"La matière de l'univers appartient donc à Dieu tout autant que les idées, et les idées tout autant que la matière.
Dire que quelque chose est hors de lui, ce serait dire qu'il y a quelque chose hors de l'infini.
Dieu étant le principe universel de toutes les choses, toutes existent donc en lui et par lui."

mercredi 12 octobre 2011

VIOLENCE ÉDUCATIVE ET EVOLUTION : VERS UNE EDUCATION AU-DELÀ DE LA FESSÉE ET AUTRES CHÂTIMENTS.

               Cliquez sur l'image pour la voir en détail.

Regardons un peu en arrière à quel point la violence est présente dans l'histoire de l'humanité. Nous commençons tout juste à envisager un horizon social et politique où nous pourrions nous en défaire, où nous devons nous en défaire si nous voulons que l'homme poursuive son évolution consciente de la conscience. En effet nous devons nous en défaire car les moyens de destructions sont devenus massifs et si nous laissons libre à cours à la violence ils seront fatalement utilisés.


Autre urgence de lutter contre la violence et de la déraciner là où elle s'inculque dès l'enfance : l'intolérance... Que l'on prête attention au fait qu'en imposant des règles et des croyances aux enfants en s'appuyant sur la violence, on interdit tout sens critique.

En tant que professeur de philosophie au lycée, je constate que tous les communautarismes (musulmans, évangéliques, front national, etc. c'est-à-dire les niveaux 1 à 4 de la spirale évolutive des valeurs), qui enferment les lycéens dans un monde intérieur étriqué, se sont bâtis d'une façon ou l'autre en se fondant sur la violence éducative familiale. Ces lycéens qui se refusent au sens critique justifient toujours la violence éducative contre les enfants qu'ils ont pourtant eux-mêmes subies. Ils sont tellement construits sur la peur qu'ils n'oseront pas mettre en cause l'éducation qu'ils ont reçue et pour exister ils sont prêts à imposer leur modèle et se désintéressent souvent du discours du professeur qui pourrait l'interroger.  
Interdire la violence éducative et surtout apprendre aux parents à dépasser l'usage de la violence contre les enfants sous n'importe quelle forme est surement en rapport avec la lutte contre la remontée politique et sociale des dogmatismes communautaristes (musulmans, évangéliques, front national, etc. c'est-à-dire les niveaux 1 à 4 de la spirale évolutive des valeurs) intolérants. 


Éduquer sans violence, sans dressage oblige forcément à faire grandir la conscience de l'enfant. Il s'agit alors quand nous devons le corriger dans sa conduite de défendre sa propre autorité intérieure contre les influences inauthentiques du monde, contre la confusion des aspirations authentiques de l'âme avec le monde des désirs de l'ego. Éduquer sans violence ne paraît donc possible que si soi-même éducateur parvenons à briser en nous toute forteresse mentale ainsi que toute soumission inconsciente à des forces de conscience bestiales pour vraiment et sincèrement servir la maturation de notre âme, le principe absolu de notre individualisation.


Voici quelques documents qui donnent à réfléchir :

Ces fessées qui rendent les enfants agressifs.

Les fessées données fréquemment rendraient les enfants plus  agressifs dès l'âge de 5 ans. Le "coin" est recommandé par les  spécialistes.
                                                                                                   Photononstop/AFP

Les fessées données fréquemment rendraient les enfants plus agressifs dès l'âge de 5 ans. Le "coin" est recommandé par les spécialistes.
Selon une étude américaine, les enfants recevant fréquemment la fessée auraient tendance à devenir agressifs en grandissant.
Les enfants qui reçoivent fréquemment une fessée à trois ans ont toutes les chances de devenir plus agressifs dès l'âge de cinq ans, affirme une étude américaine publiée lundi 12 avril 2010 dans le journal Pediatrics.
L'étude de l'Université Tulane a été réalisée auprès de 2500 mères. Près de la moitié (45,6%) affirmaient ne pas avoir corrigé leur enfant d'une fessée au cours du mois précédent, 27,9% l'avaient fait une ou deux fois et plus d'un quart, 26,5%, l'avaient fait plus de deux fois.
Par rapport aux enfants qui n'étaient pas frappés, ceux qui subissaient régulièrement un tel châtiment ont montré des signes agressifs dans leur comportement à l'âge de cinq ans, faisant preuve "d'insolence, de cris, de cruauté, de méchanceté vis-à-vis des autres".
Certains se battent, exercent des menaces, voire détruisent des choses, a affirmé Catherine Taylor, chercheur en santé publique à l'Université de Tulane (Louisiane, sud).
Malgré les recommandations de l'Académie américaine de pédiatrie contre la fessée, la plupart des parents aux Etats-Unis approuvent ou ont utilisé le châtiment corporel comme un outil de discipline. "L'étude suggère que même des formes mineures de châtiment corporel accroissent les risques d'un comportement agressif de l'enfant", ajoute l'enquête.
"Il y a des façons de discipliner les enfants de manière efficace sans avoir à les frapper et cela peut même réduire leurs chances d'être agressifs plus tard", explique Catherine Taylor."Les parents n'ont pas à avoir recours à la fessée pour obtenir ce qu'ils veulent. S'ils évitent la fessée mais utilisent des moyens non physiques, leur enfant aura de meilleures chances de bien se comporter plus tard", ajoute-t-elle.
L'American Academy of Pediatrics recommande le "coin" comme punition, un procédé qui donne à l'enfant le temps de réfléchir à son comportement et aux conséquences de ses actes.


Voici en complément une lettre de Olivier Maurel adressée à Claude Halmos dont l'ironie mordante dit bien les limites d'une pratique de la violence contre les enfants :


Madame,

Je suis un peu étonné de voir une grande spécialiste de l'enfance,  de la famille et de la relation telle que vous, faire l'apologie de la fessée.
Si je vous ai bien comprise, il ressort en effet de votre interview que la fessée est le meilleur moyen :
- de "montrer qu'on a des limites" et de "mettre des barrières" à 
l'enfant ;
- de faire appréhender à l'enfant ce qu'est un autre être humain ;
- de montrer que l'on doit respecter l'être humain ;
- de le "tirer du côté de l'humain" ; 
- de favoriser la construction de l'enfant. 

J'avoue que je n'aurais pas pensé que donner des coups à un être beaucoup plus faible que soi et lui enseigner que le principe le plus basique de la morale : "Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux  pas qu'on te fasse" est une baliverne, pouvait avoir tant de résultats positifs pour "l'être humain" !
J'aurais plutôt cru que déculotter un enfant et le frapper sur les fesses revenait à franchir les limites de son intimité et risquait de lui faire perdre sa capacité naturelle de réaction contre quiconque toucherait cette partie de son corps dans un autre but que celui de  le "tirer du côté de l'humain" ! Mais je dois me tromper.
J'aurais plutôt cru que pour apprendre à un enfant ce qu'est un autre être humain, il fallait se conduire avec lui avec affection et respect et qu'il existe d'autres moyens d'être ferme que de cogner  sur ses fesses. Mais je dois me tromper.
J'aurais plutôt cru que le rôle d'une spécialiste de la relation est d'aider les parents à trouver d'autres moyens que les torgnoles (parce que quand les fessées sont recommandées, pourquoi pas les torgnoles ?) pour éduquer leurs enfants. Là encore, je dois me tromper.
J'aurais plutôt cru que pour apprendre aux enfants à "respecter l'être humain", il fallait commencer par les respecter eux-mêmes. Nouvelle erreur !
J'aurais plutôt cru que pour "favoriser la construction de l'enfant", il y avait mieux que cogner sur lui. Quelle naïveté !
J'aurais plutôt cru que dans un pays où beaucoup d'enfants meurent encore de maltraitance, il valait mieux éviter d'encourager les parents à recourir à la violence. Autre naïveté !
J'aurais plutôt cru que dans un monde où, dans beaucoup de pays, le moyen d'éducation normal est encore la bastonnade, et où la plupart des parents trouvent, comme vous le pensez vous-même, que frapper un enfant est un moyen indispensable pour l'éduquer, il valait mieux soutenir les efforts du Comité des droits de l'enfant, de toutes les institutions internationales et du Conseil de l'Europe pour interdire cette méthode d'éducation que vous jugez si humanisante. Mais c'est sûrement vous qui, avec votre savoir psychanalytique, avez raison !
Et comme je trouve que mon épouse franchit parfois certaines limites et ne respecte pas toujours suffisamment "l'être humain" que je suis, je pense que je vais me convertir à l'excellent moyen d'éducation que vous préconisez. Quand tous les maris et les conjoints auront, comme moi, adopté cette méthode, je pense que nous aurons grandement contribué à tirer les femmes "du côté de l'humain".

Merci, chère Madame, pour vos excellents conseils.

Olivier Maurel
Porte-parole de l'Observatoire de la violence éducative ordinaire (OVEO)



Site : http://www.oveo.org/
Enfin pour aller plus loin, lisons Satprem dans la Genèse du Surhomme. Il va largement au-delà du problème de la violence éducative en nous fixant un idéal positif :

«Aussi bien, l’apprenti surhomme pourra-t-il commencer sa bataille très tôt, non seulement en lui-même mais dans ses enfants, et non seulement à la naissance de l’enfant mais dès sa conception. [...]
L’enfant de cette Cité naîtra avec une flamme, il naîtra consciemment, volontairement, sans avoir à défaire des millénaires d’animalité ou des abîmes de préjugés ; on ne lui dira pas à chaque instant qu’il doit gagner sa vie, parce que personne ne gagnera sa vie dans la Cité de l’Avenir, personne n’aura d’argent : on la vivra au service de la Vérité, chacun selon ses capacités et son art, et on n’y gagnera que de la joie ; on ne lui répétera pas sur tous les tons qu’il faut ou ne faut pas : on lui montrera seulement la tristesse instantanée de ne pas écouter la petite note juste ; on ne le harcèlera pas avec l’idée du métier à découvrir, de la réussite à faire, de la victoire sur autrui, du premier de classe et du dernier de classe, parce que personne ne réussit ni n’échoue dans la Cité de l’Avenir, personne ne fait un métier, personne ne triomphe des autres : on fait le seul métier d’une petite note claire qui éclaircit tout, fait tout pour nous, dirige tout pour nous, réunit tout dans son harmonie tranquille, et réussit la seule réussite d’être en accord avec soi-même et avec tout ; on ne lui apprendra pas à dépendre d’un maître, dépendre d’un livre, dépendre d’une machine, mais à se fier à cette petite flamme dedans, cette petite coulée joyeuse qui guide les pas, amène la découverte, fait trébucher par hasard sur l’expérience et vous livre la connaissance comme en se jouant, et il apprendra à cultiver les pouvoirs de son corps comme d’autres aujourd’hui cultivent le pouvoir des boutons de machine ; on n’enfermera pas ses facultés dans un moule de vision et de compréhension tout fait : on encouragera sa vision qui n’est pas des yeux, sa compréhension qui n’est pas des livres, ses rêves des autres mondes qui préparent celui de demain, ses communications directes et ses intuitions immédiates, ses sens subtils ; et si l’on se sert encore de machines dans la Cité de l’Avenir, on lui dira que ce sont des béquilles provisoires en attendant de trouver dans notre propre cœur la source du Pouvoir pur qui transmuera un jour cette matière comme nous transmuons la feuille blanche, d’un coup de crayon, en une jolie prairie. On lui apprendra le Regard, le vrai regard qui peut, le regard qui crée, le regard qui change tout - on lui apprendra à pouvoir par lui-même et à croire en son propre pouvoir de vérité, et que plus on est pur et clair, en harmonie avec la Loi, plus la matière obéit à la Vérité. Et au lieu d’entrer dans une prison, l’enfant entrera dans un monde ouvert où tout est possible -et où tout est effectivement possible, car il n’est d’impossibilité que celle que nous croyons. Et finalement, l’enfant grandira dans une atmosphère d’unité naturelle où il n’y aura pas de "toi", "moi", il "tien", "mien", où on ne lui aura pas appris à chaque instant à mettre des écrans et des barrières mentales, mais à être consciemment ce qu’il est inconsciemment depuis toujours : à se prolonger dans tout ce qui est, dans tout ce qui vit, à sentir dans tout ce qui sent, comprendre par une même respiration profonde, par un silence qui porte tout, à reconnaître partout la même petite flamme, à aimer partout la même petite coulée claire, et à être moi partout sous un millier de visages et dans un millier de musiques qui sont une seule musique. »

mardi 11 octobre 2011

IDEAL SOCIAL ET SPIRITUALITE.

Pierre Leroux distingue l'idéalisme qui s'enracine dans l'idée et l'idéalisme qui s'enracine dans l'idéal. Le premier idéalisme ignore le réel et le foule au pied au nom de ce qui devrait être. Le second est une espérance qui appartient au réel. Qu'on y réfléchisse bien : le réel peut-il comporter de la fascination pour le drame ? Le cynisme n'est-il pas fondé sur un idéalisme irréaliste déçu ?


Peut-on esquisser quelque chose d'un idéalisme qui soit l'espérance même du réel ?

1 - Nous pouvons espérer une société qui concilie solidarité collective et liberté de création individuelle voire collective. Nous aurions là une synthèse entre le meilleur de la gauche et le meilleur de la droite.

Exemples de Projets :
- Revenu citoyen d'Existence fondant la solidarité dans sa dimension économique ;
- Libéralisation des salaires et du temps de travail, le contrat entre employé et employeur étant fondé sur une égalité grâce à la garantie collective d'une existence matérielle digne non conditionnée ; 
- Minimalisation de l'appareil d'administration ;
- Développement de services matériels (transports, énergie, etc.) concurrentiels (pour éviter les monopoles)  et participatifs (le but n'étant plus le gain mais le seul service) ;
- Etc.

Certains de ces projets relèvent de l'égalité. L'égalité spirituellement est fondée sur l'idée que chaque être humain est l'individualisation du champ de conscience de l'UN.
Malgré l'évidence de l'inégalité de la réalisation spirituelle des êtres humains, en chacun d'eux se joue l'humanisation (cf Leroux) et par delà l'individualisation du champ de conscience en évolution. Prendre conscience de l'égalité en son sens spirituel revient à servir et respecter matériellement, psychologiquement et spirituellement l'individualisation du divin.
Ces projets croisent ou relèvent aussi ceux des projets qui sont une mise en œuvre de la liberté. L'individualisation du divin requiert aussi de la liberté. Sans liberté, l'égalité devient uniformisation.

La fraternité matériellement se concrétise comme solidarité. Spirituellement  elle se concrétise comme sens de l'harmonie des individualisations.


2  - A partir de là, nous pouvons espérer une société qui enfin relativise l'Avoir à l'Être. Il ne s'agirait pas de nier l'Avoir mais d'en faire l'instrument de l'Être.

Exemples de Projets :
- Coût des soins sur la santé et non sur la maladie ;
- Coût d'un produit sur sa fonctionnalité, sa réadaptabilité et sa durabilité à l'encontre du consumérisme, de l'obsolescence programmée et du gadget ;
- Gratuité à viser en priorité de toutes les formes d'apprentissage, y compris et surtout concernant le développement personnel,  relationnel et spirituel...

3 - Développer une politique de rencontres (festives de temps en temps) de tous les citoyens. Un défilé, un feu d'artifice ne sont que des spectacles qui ne développent pas la fraternité... Ce qui peut développer la fraternité est le partage de sa vraie nature.