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samedi 20 septembre 2025

Joie océanique

 



Un peu de prose poétique...


Tout est Lui, tout est Cela, il n'y a qu'une vie, Tout est Son autocréation. Comment pourrait-il échouer à être ce qu'il est et ce qu'il devient ? 

Pauvres vagues désespérées qui se voient dans les tempêtes et pressentent cette falaise côtière où elles viendront toutes échouer... Si elles savaient cet océan en elle et en tout, cette falaise à l'horizon n'est rien. C'est l'océan qui dessine tous les paysages et il ne peut pas échouer.... Océan de vie dans nos cœurs nous débordons de joie, il n'y a plus de frontière, plus d'horizon barré...  et en moi, le vieil homme, ce désillusionné cynique ou ce désespéré des informations catastrophiques n'ont plus de place pour respirer... La joie océanique les a tous emportés... noyés et recyclés dans son grand élan de vie... 

Oui, tout est possible, tout est sublime, fabuleux, magique et inespéré. Qu'il m'emporte tout entier ou qu'il m'abandonne en ce monde inachevé, l'autocréateur porte en lui un monde de conte de fées qui deviendra réalité. Et quoi qu'il en soit, j'aurai pu être une esquisse plus ou moins lointaine et achevée de l'être futur non humain qui viendra et qui sera bien mieux que l'humain. L'autocréateur porte en lui la merveilleuse réalité de l'être transmuté auquel mon âme aspire.




samedi 7 décembre 2013

EVEILS TRADITIONALISTES ET EVEILS EVOLUTIFS.

06 décembre 2013

Un but, des chemins

Les chemins spirituels conduisent-ils à des buts différents?
la réalisation d'un maitre de l'advaita est-elle différente d'un sage bouddhiste ou chrétien?
Shankara, Longchenpa, Abhinavagupta, Plotin, Maitre Ekhart auraient-il atteint des états différents ?
Évidemment les disciples de chaque voie ont parfois tendance à l'affirmer : ma voie est la seule qui mène à l'absolu ! Les autres ne conduisent qu'à une réalisation partielle ou même vous mènent directement en Enfer!
Mais en réalité, l'expérience de l'absolu est au-delà de toute individualité, de toute forme, de tout nom, au delà de toutes les voies. Elle est donc universelle. Ce n'est pas un homme qui s'éveille à l'absolu, c'est l'absolu qui s’éveille à lui-même. Comment l'expérience pourrait-elle être différente ?
Bien sûr, chaque homme l'exprime  à travers son conditionnement (chrétien, bouddhiste ou autre) et c'est sans doute inévitable. Et il est utile aussi de suivre une voie et de ne pas les mélanger toutes, sinon on n'arrive nulle part.
diamant
C'est comme un diamant avec des milliers de facettes : chacune est différente mais c'est le même diamant.
Celui qui goûte l'Un reconnaît le goût de l'Un partout où il le rencontre.

jlr

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Pour faire écho à ce que José Le Roy veut nous rappeler dans le court texte précédent...

Le tableau est un. Mais on peut se pencher sur tel ou tel aspect pour parvenir à en voir la luminosité. Et si c'est toujours le même tableau qui est vu c'est telle nuance qui est vue d'abord pour en apercevoir la luminosité unique. Les maîtres les plus profonds parlent  du même tableau et savent le reconnaître car ils ne sont prisonniers d'absolument aucun concept (voir sur le blog de José Le Roy le dialogue entre Poonja, un enseignant du vedanta et Chokyi Nyima Rinpotché, un enseignant bouddhiste). Mais il y a une catégorie d'illuminés beaucoup moins profonds encore prisonniers de leur construction mentale bien qu'elle leur permet sans nul doute d'entrevoir la luminosité. Au moyen-âge chrétien ou musulman, ce type d'illuminés  (Augustin d'Hippone pour les chrétiens ou Ghazali pour les musulmans) a par exemple dénié aux païens d'avoir une quelconque expérience spirituelle valable. Ils ont fait l'apologie des armes pour contraindre les gens à entendre ce qui pourrait faire leur salut. Les plus profonds illuminés comme Ib'n Arabi en Islam ou Nicolas de Cusa en Christianisme ont au contraire affirmé l'unité transcendante des voies spirituelles. 

Aujourd'hui on est en général plus poli entre écoles religieuses mais on tient encore beaucoup à ses murs conceptuels. Dommage qu"on ne cherche pas à entendre l'autre nuance de luminosité pour abattre son mur sectaire de concepts "libérateurs" !!!!

Certes il est bien difficile d'entrer intérieurement dans un autre horizon de culture spirituelle, cela demande certains efforts et si l'on a déjà l'expérience de la luminosité du tableau, un à quoi bon surgit et on se contente de regarder l'autre approche extérieurement avec un rien de dédain. Une certaine paresse spirituelle finit par nourrir un manque d'amour qui s'ignore.

Ce genre d'attitudes est car au-delà de toute construction mentale commence une autre aventure, la lumière commence alors à faire son propre chemin dans le ballet de ce qui apparaît en elle. Elle est révolutionnaire et créatrice autant qu'elle a pu être maintenue accessible par l'approche traditionaliste.

Mais là encore il y a certainement déjà trop de concepts qu'il faudra sans aucun doute relativiser avant qu'ils ne produisent de nouvelles formes d'enfermements. Dépasser le mur conceptuel, c'est n'est plus seulement voir l'ouverture au-delà qu'il souligne, c'est l'abattre, le rendre entièrement poreux par le dialogue avec l'autre, qui me parle (qu'il le veuille ou non) de nuances qui s'ignorent encore à cause de références mentales et culturelles. 

Il y a divers niveaux d'attachements en nous. Les spiritualités souvent nous parlent des attachements égocentriques mais elles oublient les attachements culturels qu'ils soient hérités ou acquis. La lecture d'un Ken Wilber pourrait s'avérer utile en ce sens.
Cliquez sur l'image pour la voir entièrement.

Le mouvement intégral souligne l'enracinement d'une vision spirituelle dans une mentalité qui à la fois la porte et la limite d'où une dimension évolutive de la spiritualité qu'il faut valoriser pour être au plus près de la vérité.

Quoi qu'il en soit de la valeur d'une spiritualité intégrale, une authentique spiritualité aura donc un sens profond du dialogue : principe que j'ai défendu dans le Guide Almora de la spiritualité.

Et qu'on ne s'inquiète pas, pour dialoguer spirituellement, il faut au moins partir d'une culture spirituelle incarnée au plus profond.

lundi 1 juillet 2013

MOUVEMENT INTEGRAL ET REVENU MINIMUM D'EXISTENCE POUR DEPASSER TRIBALISME ET ETHNOCENTRISME.

Dans une perspective intégrale d'une évolution consciente de la conscience, quand on réfléchit au sujet d'un revenu minimum de citoyenneté, il faut aussi considérer qu'il s'agit de dépasser le "struggle for life" dont le "je dois gagner ma vie" est la continuation par d'autres moyens.

Dans le même sens, il faut aussi considérer que cela permettrait au cœur de la vie économique de vraiment de parler de contrat de travail où le postulant et l'employeur, l'auto-entrepreneur et son commanditaire sont vraiment à égalité.

Quand on réfléchit à ce revenu de base inconditionnel, il faut rapprocher cela de l'héritage qui est un revenu inconditionnel transmis par la famille, ce revenu de base inconditionnel de citoyenneté étant transmis par la nation. Fonder un revenu de base inconditionnel de citoyenneté impliquerait certainement économiquement de ne plus permettre les transferts de revenus inconditionnels par héritages familiaux.

En terme de mentalité les réflexes sur l'héritage familial ne sont-ils pas un reste de tribalisme ? L'héritage postmortem n'a pas le même sens que l'investissement économique pour soutenir l'éducation de ses enfants ou leur projet créatif. Il paraît légitime que les enfants recueille la mémoire de leurs parents, qu'ils gardent (quand l'héritage le permet) la possibilité de retrouver les lieux de cette mémoire. Mais quand il s'agit de centaines d'hectares, de maisons, d'immeubles, de millions d'euros, etc. ? Le libéralisme est-il cohérent quand se crée une aristocratie de possédants ? On peut assumer son tribalisme. Convenons que la démocratie représentative s'est constituée contre l'inégale dignité politique. Le projet libéral n'achoppe-t-il pas sur une inégalité économique par héritage patrimonial générant une aristocratie de possédant ? Défendre son droit au tribalisme n'est-il pas en l'occurrence une défense de l'inégalité ?

Par ailleurs appartenir à une tribu et y demeurer attaché pour raison économique induit une inégalité au sein de cette tribu elle-même. Les parents qui détiennent la bourse peuvent facilement instaurer des formes de tyrannie subtiles vis-à-vis de leurs enfants.
Un tel revenu minimum de citoyenneté libérerait de cette mentalité tribale quand elle est emprise sur les individus. L'héritage socio-culturel est très déterminant socialement, peut-être plus encore que l'héritage économique pour réussir : les enfants des classes supérieurs sans avoir déjà hérité économiquement sont souvent ceux qui réussissent le mieux par la méritocratie scolaire, la diminution de leur héritage économique ne conduirait pas à leur déclassement social. Cependant même si l'héritage socioculturel est correct, parfois le contexte psychologique de la famille (tribu) est intenable : un tel revenu offrirait davantage les moyens de s'émanciper de certaines cultures familiales. En général le tribalisme nourrit des attitudes allant à l'encontre de la libre pensée rationnelle or la citoyenneté pour ne pas verser dans l'antimodernisme a besoin qu'on puisse s'émanciper de ces tribalismes nocifs. Aujourd'hui le retour en force de l'ethnocentrisme sous quelque forme religieuse ou politique qu'il prenne ne se nourrit-il pas du retour au tribalisme qu'impose la réalité économique ? Concrètement, combien de jeunes gens dépendent économiquement de leurs parents ?
Ce revenu minimum de citoyenneté donnerait une consistance économique au fait d'être citoyen d'une république. La mère patrie serait une expression qui aurait un sens noble.

Voici des sites visant à recueillir plus d'un million de signatures pour qu'au niveau européen l'idée soit considérée politiquement :
http://www.revenudexistence.info/WD140AWP/WD140Awp.exe/CONNECT/revenudexistence
 http://basicincome2013.eu/

jeudi 21 avril 2011

REVENU D'EXISTENCE ET ABOLITION DE L'HERITAGE. SUITE.

C'est perpétuer la loi de la jungle et la loi du plus fort que de concevoir encore une société où l'on doit gagner sa vie. Imaginons que nous devenions individuellement immortel, ceci n'aurait plus de sens. Gagner sa vie fait partie d'une vision prisonnière de la survie. La dignité humaine nous commande de dépasser une vision fondée sur la survie.

Les aides telles que les bourses, la CAF, le RSA, les allocations chômage, les indemnités de la sécurité sociales, les allocations adulte handicapé, etc. aujourd'hui sont un premier pas vers ce dépassement de la survie mais elles restent toujours à quémander. La société vous culpabilise quand vous n'êtes pas capable d'assurer votre survie. On vous soumet à des dédales administratifs pour s'assurer que vous ne flouez pas l'Etat et donc la solidarité nationale. Cette humiliation vous ramène inéluctablement à l'idée qu'il est préférable de gagner sa vie. Qu'au fond pour gagner sa vie, il faut même être prêt à flouer l'Etat...
Un revenu minimum d'existence mettrait fin à un système d'exception : tous les citoyens seraient logés à la même enseigne en terme de droit à un revenu comme en terme de devoir  contribuer à la solidarité nationale.

Ce revenu ne serait pas fondé sur des richesses que nous ne possédons pas. il est normal aussi que ceux qui travaillent ne soit pas réduit à ne plus vivre à cause de ce revenu de solidarité à financer.  A vrai dire si nous voulons  aussi fonder un tel revenu sans recourir à des richesses que nous ne possédons pas l'Etat devra rembourser sa dette. Il est évident que l'abolition de l'héritage au sens ancien est nécessaire.L'héritage est un moyen d'assurer la survie de sa tribu dans la société moderne. Ne serait-il pas logique que l'héritage évolue au service d'une politique dépassant la survie égocentrique des individus et des familles ?

Investir l'héritage entièrement dans la solidarité nationale semble nécessaire.Et en retour chacun hériterait du fait de ne plus avoir à gagner sa vie.


Bien sûr l'égocentrisme en poussera un bon nombre à vouloir échapper à ce qu'ils estimeront une spoliation. Ne sera citoyen et n'aura accès qu'au service de l'Etat que celui qui ne triche pas par le biais des frontières dans la participation à la solidarité nationale.

jeudi 23 septembre 2010

ABOLIR L'HERITAGE ? QUELQUES PISTES THEORIQUES.






















Le mouvement intégral avec Ken Wilber partant des travaux de Clare Graves et ses disciples ou Sri Aurobindo dans L'idéal de l'unité humaine repère des transformations de notre culture selon notre appartenance plus ou moins consciente à telle ou telle organisation.

Nous proposons ci-dessus un schéma qui en donne une idée de leur analyse et de ce qu'on peut en retirer. Il est clair que la qualité d'être qui implique le dépassement incessant de l'ego influe sur la culture et entre en conflit avec elle.

Le judéo-christianisme dans son texte de référence La Bible offre dans son Premier Testament un dépassement de la mentalité clanique vers une mentalité ethnique puis pointe une réalité supraethnique que le Deuxième testament approfondit autour de l'enseignement et de la vie de Jésus-Christ. Le bouddhisme représente aussi un tel mouvement pour l'hindouisme. Au contact du christianisme des colons, l'hindouisme connaîtra à partir du XIXe siècle une forme d'universalisation dont Ramakhrishna, Vivékananda et aussi Sri Aurobindo sont l'incarnation spirituelle.

Nous voudrions appliquer ce schéma du dépassement de l'ego à la question de l'appropriation.
Ceci reste une ébauche qu'il nous faudra préciser mais voici une première approche :
























Quand l'enfant acquiert une conscience réfléchie, il parvient rapidement à un sens du Tien et du Mien. L'identification égocentrique à son propre corps définit l'arrière plan de son sens de l'appropriation que nous distinguerons du sens de la propriété. L'enfant s'appropriant son corps rencontre d'ailleurs des difficultés psychologiques. Il n'aime pas par exemple qu'on coupe ses ongles ou ses cheveux, il peut s'inquiéter de perdre ses fèces. Des liens étroits ont été reconnus par la psychanalyse entre le rapport à l'appropriation et les perturbations des selles.

Le rapport à la propriété est donc viscéralement lié à la conscience séparative de la conscience égocentrique.

Il nous semble que de nombreux enseignements spirituels négligent ce fait et qu'on peut légitimement questionner la profondeur du dépassement de l'ego qu'ils proposent.
Aujourd'hui la tribu, la famille ont bonne presse et à vrai dire il s'agit d'un espace de solidarité et de redistribution essentiel. Cependant on notera que le pouvoir et l'autorité sont concentrés dans les mains des parents. La tribu n'est pas un espace d'individualisation parfaitement libre tant qu'on est pas affranchi économiquement d'elle. Toutefois c'est un espace de don où le Tien et le Mien sont aussi échangés dans une relative confiance. Cet esprit peut exister entre amis, au sein d'une bande, etc. Dans nos sociétés postmodernes, cette fascination pour le clan, son sens du partage participe de la ploutocratie comme les sociologues Pinçon-Charlot l'ont bien vu (ici on trouvera une interview éloquente). Mais on ne doit pas se focaliser sur les plus riches, il existe des systèmes claniques qui sont mis en place au sein des grandes écoles qui forment nos cadres supérieurs, nos ingénieurs... Partout dans nos sociétés ploutocratiques postmodernes se pratiquent des "pistons".


L'héritage proprement dit qui est la forme d'appropriation que nous voulons interroger apparaît avec des visions du monde ethnique. dans ces visions du monde, le clan est relativisé. C'est l'organisation ethnique qui prime face à des concurrences ethniques, liés à de nouveaux modes de production centré sur l'agriculture. Le fondement de la puissance économique est l'appropriation des terres cultivables. Une caste aristocratique va s'emparer des terres et faire admettre à tous que l'appropriation des terres cultivables s'hérite. La propriété au sens propre suppose une reconnaissance sociale. L'héritage est un système de propriété lié au système de castes inhérent au stade ethnique où au fond des clans entrent au sein d'une alliance ethnique en rapport hiérarchique avec les autres. A l'échelle du clan, le don et l'échange ne comprennent pas une telle conception. L'héritage est donc le nerf des sociétés de caste. On hérite des fonctions, des droits et des devoirs inhérents à la caste mais aussi des biens et des pouvoirs économiques qui sont les siens.

Le capitalisme d'Etat (qui comme le montre Immanuel Wallerstein fut aussi le fait des régimes communistes) et la modernité vont ébranler les système de caste mais il ne va guère questionner l'héritage. L'héritage est un résidu de l'égocentrisme clanique au sein de l'organisation clanique qui a contribué à l'injustice des castes mais qui dans le capitalisme d'Etat produit des classes sociales d'apparatchiks, une classe bourgeoisie plus ou moins grande, etc.

Le sociolibéralisme taxe plus ou moins les héritages pour le redistribuer en biens communs comme l'éducation, la santé, etc. car il a en vue un développement économique harmonieux. Il met en valeur une égale dignité qui n'est pas formelle dès lors qu'elle s'appuie sur une égalité des chances. Mais on notera qu'il est profondément en crise surtout depuis que le monde se modernise. Les dernières hautes castes féodales qui choisissent de chercher un pouvoir à travers la modernité forment des oligarchies ploutocratiques maquillées parfois derrière des paravents religieux fondamentalistes. Les élites occidentales s'allient ses nouveaux venus à la modernité et en postmoderne admettent souvent les différences de valeurs sans les interroger. On parie sur la modernisation des esprits pour que ces pays en voie de modernisation accepte les visions sociolibérales. On estime que le sociolibéralisme est un ensemble de valeurs qu'il ne convient pas d'imposer.


















L'humanisme postmoderne et sociolibéral compte essentiellement sur la modernisation économique pour vaincre la pauvreté. On compte sur la croissance pour diminuer le chômage, on compte sur la croissance pour redistribuer davantage les biens. La globalisation a obtenu de bons résultats mais on notera qu'une pauvreté de masse est réapparue dans le monde occidental postmoderne et que toutes les tentatives sociolibérales pour l'endiguer ont échoué face aux mécanismes perturbateurs de la mondialisation économique telle qu'elle est menée maintenant. Par ailleurs la croissance économique sociolibéral découvre que la terre n'a que des matières premières limitées. Certains pensent que la pauvreté sera vaincue seulement si on restreint la population terrestre. S'il y avait moins d'un milliard d'habitants voire 500 million nous pourrions continuer de vivre sur la même dynamique économique d'abondance.



































Où est l'erreur et l'impasse sociolibérale ? Ce sont des gens qui acceptent que gagner de l'argent est déconnecté de la qualité d'être et du fait de créer durablement. Leur défense agressive et irréfléchie de l'héritage et du droit à la propriété prouve leur rejet de la spiritualité. Il montre que l'ego est resté accroché aux vielles mentalités. Leur sens mondocentrique refuse le moyeu d'une approche systémique authentique qu'est la valorisation de la conscience d'être et de l'intuition créatrice car il reste tourné vers les niveaux inférieurs d'élargissement de l'ego. Pour eux, gagner sa vie est un devoir alors que les dominants par le jeu de l'héritage ont visiblement moins d'efforts à faire en ce sens. Ils ne parviennent pas à dissocier le travail et le fait de gagner sa vie. Certes la valorisation du travail est saine du point de vue d'une spiritualité qui valorise le développement de la conscience force créatrice. Mais pourquoi celui qui ne travaille pas devrait-il être condamné à ne pas gagner sa vie ?

Accéder pleinement à une conscience anthropocentrique suppose que l'enrichissement économique puisse être accessible au plus grand nombre. A vrai dire si tout le monde n'avait pas à gagner sa vie, il faudrait immédiatement repenser l'usage des biens relatifs à la terre. Il faudrait interdire toute spéculation financière sur la nourriture pour que ce droit d'exister concrétiser par un revenu d'existence ou de maintenance soit réel. Il faudrait créer des choses durables et recyclables et non produire de plus en plus de choses écologiquement dommageables qui amènent à un épuisement et une dépense inutile des ressources en vue d'un plus grand profit financier. Etc. La conscience systémique et authentiquement anthropocentrique qui seule peut allier de manière harmonieuse l'individu et le collectif n'est pas mondocentrique dans la mesure où elle intègre une écologie au service de la préservation de la vie humaine et du respect de chacune des individualités humaines.

Le dernier cercle met en jeu une évolution au-delà de l'homme qui suppose vraiment de se focaliser sur le devenir cosmique au-delà de l'ego mental qui caractérise les limites de la conscience humaine. La surhumanité mettra certainement fin à l'argent et à la propriété individuelle en dépassant définitivement le point de vue de l'ego. Mais cette disparition ne sera pas imposée politiquement. Elle aura lieu localement au sein du système économique systémique où chacun aura son revenu d'existence assuré et l'égoïsme de l'héritage déraciné. L'Avoir deviendra de plus en plus spontanément une expression de l'Être. Mais si ceci prend place n'est-ce pas une nouvelle manière d'être du cosmos qui se manifestera ? Ne faudra-t-il pas dépasser la surhumanité cosmocentrique dans une suprahumanité ayant accès comme à une nouvelle manière d'être cosmique ? C'est en tout cas ce que suggère Satprem quand il essaie de rendre compte de l'expérience de Mère...

mercredi 22 septembre 2010

ABOLIR L'HERITAGE ? QUELQUES PISTES.

Chacun commence à percevoir les limites de la dérive ploutocratique de notre démocratie (on pourra consulter ceci). A côté de l'enrichissement des plus riches, presque 13,4% des français ont moins de 908 euros par mois. C'est cette ploutocratie qui asphyxie notre économie. Car les plus riches profitant de la valorisation du gain par une majorité de français ont la main mise sur les politiques économiques. Ils paient de moins en moins d'impôts ou lui échappent volontiers en s'expatriant. Ce sont eux aussi et nulle autre qui acceptent les délocalisations qui font que nos emplois disparaissent. Ils refusent bien sûr les protections douanières qui s'imposent à l'égard d'économie qui ne donnent pas des conditions humaines à leurs travailleurs et ne respectent guère l'environnement car c'est bien sûr leurs propres gains qui sont en jeu. Certes la mondialisation de l'économie est un vecteur nécessaire pour la conscience d'appartenir à une seule humanité mais il paraît important d'imposer des conditions pour accélérer non pas les gains mais la qualité de vie !! La pensée libérale derrière laquelle les plus riches se cachent entre en profonde contradiction avec une réalité où l'Etat sert leurs intérêts. Qui a accepté une telle concentration de biens, d'argent et de pouvoir entre quelques mains ? Nos politiques de droite ou de gauche, nos désirs collectifs d'une économie puissante au regard de celles des autres, notre mimétisme à l'égard des anglo-saxons, etc...

Le monde des riches n'est pas au pouvoir sans le consentement de la majorité. Ce monde a parfaitement intégré la démocratie. Il nous appartient de ne plus céder à la ploutocratie au nom d'une culture fondée sur la valorisation de la qualité d'être et du développement de la puissance créatrice de chaque individu.
Dans une culture centrée sur l'être et son expression créatrice, il faut que l'avoir reflète au maximum la qualité d'être et le génie créateur individuel. Abolir l'héritage semble alors nécessaire pour rompre avec une société fascinée par l'avoir.

Il va de soi qu'hériter des biens et de la fortune due aux génies créateurs de nos ascendants ne garantit guère la valorisation de notre qualité d'être et de son expression créatrice.

L'héritier n'a rien fait sinon naître tel, il n'a rien créé de radicalement nouveau, il s'appuie sur une fortune pour investir et s'emparer d'autres biens : il ne crée rien, il spécule, il place et déplace.. Si génie il y a de sa part c'est un génie touchant au pouvoir. Dans une société fondée sur l'être et son expression créatrice, on partage le pouvoir que nous donne l'autorité créatrice. L'héritage est une nouvelle forme encore plus injuste de la société de castes que les démocrates ont prétendu rejeter après la révolution française. Etre libéral, amener le projet de la modernité qui s'oppose à une société close et hiérarchique à sa pleine expression implique d'abolir l'héritage. Certes il est légitime d'avoir des souvenirs, des objets fabriqués ou transmis par ses parents et grand-parents mais les droits sur une œuvre destinée au public, un capital économique peut-elle être ainsi transmise dans le giron de la seule famille sans que cela ne mette en cause l'égalité des chances et l'égalité des droits ? A vrai dire cela ne respecte plus profondément la dignité des êtres humains qui sont chacun un lieu de la conscience de l'Être et à chacun desquels il faut chercher à offrir les moyens d'épanouir sa propre puissance créatrice individuelle dont il est porteur étant l'individualisation de la conscience de l'Être.

On peut estimer qu'il est normal de constituer un pécule pour ses descendants qu'on aime et priver les gens d'héritage ne serait-ce pas interdire cet amour ?
Cette abolition de l'héritage intrafamilial n'a de sens que couplé à un revenu d'existence. Si la nation offre la possibilité à chaque citoyen de ne pas avoir à gagner sa vie grâce à un revenu d'existence, l'héritage comme pécule sensé aider les descendants n'est-il pas inutile ?

Il y a le cas du fondateur d'entreprise. Abolir l'héritage n'est-ce pas provoquer la faillite de l'entreprise et priver des créateurs de leur création collective ? Abolir l'héritage doit s'envisager d'un point de vue libéral et non comme un communisme étatique. Le point de vue libéral n'est pas étranger en soi à une libre communion fraternelle. A condition toutefois de respecter une certaine égalité.

Ce ne sont pas souvent les créateurs dans notre économie actuelle qui commandent la vie économique. Ce sont souvent des actionnaires et l'Etat qui tirent le plus profit des entreprises sans un profond souci de sa réalité humaine et créatrice :


On pourrait partager en une certaine mesure les actions de l'entreprise entre ceux qui y créent lorsque les propriétaires d'actions décèdent. Tous les membres d'une entreprise seront à long terme également actionnaires. Le capitalisme pourra devenir authentiquement libéral. Mais pour éviter que les membres de cette entreprise entrent collectivement dans une démarche de pouvoir dominateur sur le reste de la société, on fera en sorte que les concentrations d'entreprises soient contrôlées ou limitées lors de la transmission d'un instrument de travail. Si il est besoin d'entreprises concentrées comme c'est le cas pour les transports, l'eau des villes, etc. il faudra qu'elles appartiennent à la nation entière pour démocratiquement en garder le contrôle et s'assurer qu'elles remplissent leur mission de service collectif.

Ceux qui trouveraient notre approche irréaliste n'ont qu'à considérer l'utopie vivante d'une société axée sur l'Être et la conscience évolutive qu'est Auroville. Bien sûr, cette utopie n'est pas à la hauteur des idéaux qu'elles s'est donnée mais on notera que son idéal est encore plus relever que celui qui vient d'être esquisser puisqu'il tend à l'abolition de l'argent et de toute propriété individuelle transmissible.


DOCUMENT de réflexion (qu'on trouvera intégralement ici):

Le 19.06.1967, La Mère déclarait que pour vivre à Auroville :

" Au point de vue psychologique, les conditions requises sont :

1. La conviction de l'unité humaine essentielle, et la volonté de collaborer à l'avènement de cette unité.

2. La volonté de collaborer à tout ce qui favorise les réalisations futures.

3. Les conditions matérielles seront élaborées au fur et à mesure de la réalisation."

Après cela, La Mère indiqua clairement les grandes lignes qui devraient être observées dans notre vie matérielle. Elles doivent former la base de notre existence collective, mais ne doivent pas être appliquées de façon rigide et dogmatique. Par conséquent la structure de notre vie collective à Auroville doit être vaste et très flexible : elle est de caractère évolutif et changera en fonction de la croissance de conscience individuelle et collective, et avec l'émergence et l'expression progressive de la Vérité inhérente d'Auroville.

Les fondations de cette façon de vivre sont la confiance, la sincérité, la responsabilité et la bonne volonté.

1. La vie collective

Auroville veut être une cité où des gens du monde entier vivent en harmonie. Elle s'évertue à réaliser l'unité humaine et à être au service de la Vérité au-delà de toutes convictions sociales, politiques ou religieuses. Ainsi vous êtes tous invités à venir nous rejoindre dans cet effort évolutif. Bien qu'il ne nous appartienne pas de questionner les voies de développement spirituelles ou les pratiques spirituelles privées, Auroville ne doit pas être utilisé comme un lieu de prosélytisme ni pour recruter des adeptes pour aucune organisation politique, religieuse ou spirituelle. Les relations dans Auroville doivent être basées sur la collaboration sincère et la fraternité. Les conflits entre les résidents doivent être résolus au sein de la communauté, d'une manière qui est en accord avec l'esprit d'Auroville. Toute forme de violence ou d'abus n'a pas de place à Auroville. Une relation amicale avec la population locale aussi bien que le respect pour leur culture et leurs traditions est indispensable. Apprendre à parler le tamoul facilite grandement ce lien. Le respect de la nature et de l'environnement est attendu de tous. Les lois de l'Inde doivent être respectées. Toute personne brisant ces lois peut être sujet à un procès en justice qui pourrait résulter en une peine d'emprisonnement ou une expulsion du pays.

A cet égard, chacun doit être conscient que l'utilisation de drogues, qui a spécifiquement été interdite par La Mère dans Auroville, est aussi interdite par les lois indiennes.

2. Travail, Contribution, Argent

Le travail :

Chacun doit être conscient que nous sommes ici pour construire une cité de 50 000 habitants
comme moyen de donner " Un corps vivant à une unité humaine concrète "..

La participation par un travail significatif est un aspect essentiel de la vie à Auroville. Chacun est censé adopter une activité qui correspond aux besoins de la communauté tout en étant en harmonie avec les capacités, les priorités et les besoins de chaque individu.

Contribution :

L'on attend de chacun qu'il/elle contribue au bien-être collectif en travail, en nature et/ou en espèce. Les unités productives sont censées contribuer un partie importante de leurs revenus ou de leur production à la ville. Les Auroviliens aisés qui ne dépendent pas de la communauté pour leurs moyens d'existence sont encouragés à faire des donations accessoires ou régulières à la communauté ou à n'importe lequel de ses projets.

L'argent :

Parce qu'un objectif important est que les Auroviliens ne reçoivent pas d'argent équivalent à un paiement pour leur travail, et qu'il n'y ait pas de circulation d'argent à l'intérieur de la ville, la communauté est responsable pour couvrir les besoins courants de chaque personne autant que possible.

Pour augmenter la puissance économique d'Auroville et pour développer une économie sans liquidité, l'on attend des personnes ayant des moyens financiers qu'elles contribuent au moins assez pour toutes leurs dépenses dans Auroville ainsi qu'aussi généreusement qu'elles le peuvent pour les dépenses générales de la communauté à travers le Fond Central. Elles sont aussi encouragées à garder leurs capitaux dans Auroville. L'on attend des nouveaux venus qu'ils contribuent au moins assez pour leurs propres dépenses durant au moins la première année. [...]
Bien que des efforts intensifs soit faits, Auroville n'est pas encore capable de répondre à la totalité des besoins-particulièrement le logement-de tous les résidents.Des expériences sont en cours et l'on attend de tous les nouveaux auroviliens qu'ils joignent l'expérience économique qui est actuellement développée à Auroville.

3. Propriété et logement

Propriété :

L'on attend de chaque résident qu'il gère ses propres ressources au plus haut niveau de sa conscience. A Auroville, tout est, selon Mère, proprieté collective devant être utilisée pour le bien-être de tous. Argent et biens dans la cité sont sous la tutelle des individus, des responsables de projets et des gérant de services ou d'unités commerciales. Ils doivent être utilisés pour le développement de la cité aussi bien que pour la promotion des idéaux d'Auroville. Personne n'a de droit de propriété sur les maisons et autres constructions, services, projets ou activités commerciales dans Auroville. Vendre ou louer ses biens pour des profits personnels est inacceptable. Toutes les activités font partie de l'ensemble de la stucture d'Auroville et toutes les transactions financières les concernant ont lieu à travers les filières officielles d'Auroville.

Logement :

Il y a encore quelques années, parce que notre nombre était faible et la région vaste, l'habitation était individuelle et parsemée. Puis la tendance changea pour la construction en agglomérats mais toujours par des particuliers. Il y a désormais un appel pour quelque chose d'autre. L'habitat sera construit et détenu par la collectivité et attribué aux individus et familles sur la base du besoin. Il sera demandé à tous ceux qui le peuvent de contribuer généreusement au fond pour le logement. Durant votre période dite de ''nouveau venu'' (Newcomer), vous aurez la possibilité de loger dans un logement pour Newcomer ou une maison d'hôte (Guest house) en fonction de la disponibilité de telles accommodations. Idéalement, vous aurez le choix entre différents types d'habitations qui vous seront présentés par le Service du logement. Vous devez être conscient qu'Auroville fait actuellement face à une crise du logement critique et que la disponibilité, le genre et la taille du logement pourront dépendre de votre capacité à y contribuer.
N.B : On nous parle aujourd'hui d'enlever la nationalité aux polygames, ne serait-il pas plus juste d'enlever la nationalité à ceux qui ne paient pas leurs impôts en France et expatrient la majeure partie d'une fortune qu'ils ont pu gagner à l'aide des efforts de français ?

Il va de soi que cette utopie politique du revenu d'existence allié à l'abolition de l'héritage des capitaux ne prendra corps que si l'Europe politique ne s'y oppose pas.