samedi 2 décembre 2023

Aphorismes et pensées sur l'aventure de la Vie comme individuation du Soi - ce que j'entends par "Vivre le Soi avec une âme".

Transformation - Tableau de Niranjan Guha Roy

Ces pensées et aphorismes prolongent et précisent ce que cet ensemble d'articles esquisse comme science de l'art spirituel de Vivre le Soi avec une âme et qu'on trouvera en cliquant ici.

Ces aphorismes et pensées font écho à ceux-ci précédemment postés sur ce blog :

Certains de ces aphorismes et certaines de ces pensées sont d'ailleurs repris ici tels quels dans un autre contexte qui leur donne un nouvel éclairage.

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La Vie, c'est autant Être que Devenir. La Vie n'oppose pas l'impersonnel et le personnel ; dans le cœur de notre cœur, les deux ne font déjà qu'un et c'est de là que vient l'aspiration à s'individuer.

Le sens de nos vies est vivre le Soi avec une âme, se Vivre Soi-âme, authentique aventurier de la Conscience.


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Se vivre Soi avec une âme n'est pas un but et une fin, mais le début d'une aventure jusque là presque inconsciente.

Dans cette aventure, chaque chemin d'âme est à inventer même si des pionniers ont laissé des cartes.


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La lumière du Soi est pour nous humains d'abord ténèbres lumineuses.



L'individu en lequel le Soi se réalise reste aveuglé comme un homme qui sort en pleine lumière d'été d'une pièce sombre. Il lui faut s'accoutumer à cette lumière pour voir de mieux en mieux à partir d'elle.


Quel sentiment d'horrible gâchis, pour le Soi se vivant avec une âme d'entendre dire que la lumière du Soi réalisé, il n'y a plus rien à chercher ! Des borgnes guident des aveugles dans l'obscurité !


L'adaptation à la lumière du soleil pour quelqu'un qui sort de l'obscurité peut prendre quelques minutes : notre système oculaire doit se reconfigurer. 
Parfois certains effets de la lumière solaire sont délétères pour le bon fonctionnement de nos yeux. 
Dans le cas de le lumière du Soi, il se peut que l'individualité aveuglée ne voit jamais beaucoup mieux qu'au moment de son illumination. 
Pour d'autres, cela prendra quelques années pour que cette lumière désobscurcisse leur cœur et leur donne un amour et une sagesse beaucoup plus authentiques. Cela peut même donner la sensation d'un processus sans fin.
Pour certains, elle commencera à éclairer l'antre caché de leur âme. Encore faut-il qu'il y ait le sentiment prégnant d'un obscurcissement de la lumière du Soi en eux, le sentiment prégnant d'un défaut de perfection qui l'empêche de se désenténébrer. 

Pour ceux, qui auront des expériences fugitives d'une âme à la lumière du Soi, l'amour et la sagesse qui grandissent dans leur cœur sera celle du Soi avec une âme, même s'ils ne l'entrevoient que de façon discontinue encore. 
Sauf cas très exceptionnel, cela prendra au bas mot deux dizaines d'années avant que le Soi ne se vive de façon presque continue avec une âme. 
En de tels individus une insatisfaction de plus en plus pure deviendra un mouvement de prière silencieuse continue, un appel aux forces divines de transformation. Un feu de besoin d'être poignant et tranquille aura grandi à la lumière du Soi au lieu de se voir étouffé avec l'idée que le Soi réalisé, il n'y a plus rien à chercher. 


Le processus de croissance de sagesse et d'amour dans la lumière du Soi s'intègre dans un processus de croissance psychique de la lumière du Soi avec une âme.



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La Vie par son essence divine cherche un chemin d'individuation authentique dans l'individualisation héritée.

Il ne s'agirait pas d'étouffer trop vite cette aspiration au nom d'un Soi impersonnel de la Vie.

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La perfection de l'ego est illusoire au sens où elle ne peut être atteinte qu'avec son abolition.
La dissolution de tous les mécanismes de séparation fera place à une extension de l'individuation authentique du Divin.

L'ego n'est pas l'âme.

L'âme est le germe qui utilise le grain d'individualisation dont l'enveloppe est l'ego pour faire grandir l'arbre de Vie divine. 

Il ne s'agit pas de promouvoir une destruction de l'ego contraire à un élargissement de la conscience.

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Il y a une dynamique de perfectionnement dans la perfection de la lumière du Soi.

Tout est toujours déjà accueilli dans la Présence du Soi. Notre jugement mental arrive toujours après, s'il arrive.

Aucun jugement mental de la part de la Présence du Soi.

Tout est l'autocréation du Soi.

Nos jugements ne seront jamais que des fictions, nos actes ne font que s'inscrire dans l'autocréation dont le sens profond et précis échappe toujours à notre évocation fictive.

Instant après l'instant, tout est parfait et s'autoperfectionne selon un processus qui échappe au jugement mental.

Nos poèmes et nos pensées ne sont qu'une des traînées de la comète du Devenir autocréateur.

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Le Soi comme ténèbres lumineuses cache encore une perfection que les jugements de notre conscience mentale ne sauraient laisser voir. La perfection divine se tient dans ces ténèbres et c'est d'elle seule que notre perfectionnement individuel peut venir.


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L'ego n'est pas parfait par essence et il doit faire le deuil de sa perfection. Seul le Soi dans ses profondeurs abritent la perfection, la perfection de son Être et de son Devenir. 

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La réalisation du Soi même enténébrée ouvre au sens de la perfection de l'Être qui ne peut pas être plus parfait qu'il n'est. Comment la vacuité du Soi pourrait être plus parfaite qu'elle n'est ? 
Seul le Soi avec une âme, délivré alors d'une part de ses ténèbres, s'ouvrira à la réalisation de la perfection du Devenir.
Entrer de plein pied dans la perfection du Devenir, c'est être transformé et perfectionné par lui et y participer de plus en plus consciemment. 
Dans son processus de transformation, le Soi avec une âme va d'une foi  pressentant la perfection du Devenir vers une vision de plus en plus fine et consciente de la perfection du Devenir. 
Entrer dans la conscience de la perfection du Devenir est la clé ultime du processus de désenténèbrement du Soi.

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L'individualité dont l'ego est l'administrateur en l'absence de son maître véritable qu'est l'âme est perfectible. Il y a trahison si l'administrateur en l'absence de son maître ne fait pas fructifier les talents du champ individuel.

Son excuse déresponsabilisante est que lui-même est imparfait par essence. Il oublie que sa perfection est de laisser la place à son maître en lui rendant son bien fructifié. Il oublie qu'il n'est que masques d'une fiction à travers lequel son âme joue son jeu Divin.

Renoncer à la perfection de son ego ne signifie pas renoncer à la perfectibilité de son individualité. Ce serait s'opposer au Devenir de perfection que cache les profondeurs du Soi.


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La perfection de l'égalité est un chemin de perfection de l'individualité que nous sommes. Quand la lumière du Soi réalisée anime le théâtre du monde, l'ego en reste un administrateur. Une voie de l'ego à la lumière du Soi est d'apprendre à laisser sa place à son maître intérieur qu'est l'âme.

L'égalité du Soi est d'ors-et-déjà parfaite même lorsque le Soi se réalise comme ténèbres lumineuses.

L'égalité de l'ego est impossible. L'ego ne peut pas être d'une égalité parfaite face aux événements. Même relativisé par la présence du Soi, les mouvements de l'ego font des agitations, s'avèrent des troubles émotionnels, mettent en avant des desiderata irréalistes.

Vivant notre individualité au sein du Soi réalisé, nous jouissons de son égalité statique et nous pouvons y prendre refuge.

L'égalité du Soi se révélant dynamique et force de transformation amène une égalité dans l'action de notre individualité même.

Si la sincérité est là, nous ne confondons pas égalité statique et dynamique ; nous prenons pas l'égalité pour une indifférence, un pur détachement qui regarde une illusion. Si la sincérité est là, nous admettons ces imperfections individuelles de notre égalité qui ne nous rendent pas transparents à la lumière du Soi.

Se troubler de ces imperfections dans l'égalité serait le comble, s'en sentir coupable, honteux, etc. serait encore s'éloigner davantage de l'égalité.

Si la sincérité est là, nous ne cherchons plus à justifier nos imperfections individuelles en égalité en les nommant phénomènes relatifs et illusoires du Soi.

Nous reconnaissons que les ténèbres du Soi sont de leurs faits. Nous offrons ces enténèbrements à un Devenir du Soi. Nous offrons nos ombres empêchant l'égalité à la lumière et la lumière devient plus lumineuses, moins ténébreuse.

Et sincères, cette offrande et cet appel à la perfection recevront leur réponse. Un processus de transformation prendra place.

Par ce processus, l'égalité parfaite du Soi qui s'individue dans notre individualité découvrira de plus en plus le Soi avec une âme, une lumière dans la lumière du Soi jusque là ténébreuse.



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Vivre le Soi avec un cœur, c'est, plus en profondeur, vivre le Soi avec une âme !



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Prenons-en conscience à la lumière du Soi même encore ténébreuse ! Oui, l’ego n’est pas l’âme.



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L'ego ou ce qu'il reste dans la lumière réalisée du Soi est en aval du cœur et notre cœur en aval du Soi avec une âme.



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Le Soi peut s’être réalisé et l’âme demeurer ignorée.



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Les lumières de notre ego ne sont que des lumières de lampes de poche, même si elles permettent de comprendre qu'on est perdu dans la nuit. Mais se contenter de la paix en amont de notre individualité, d'une lumière spirituelle qui la regarderait comme une illusion à laisser se dévider jusqu'à la mort, revient peut-être à se contenter d'une nuit encore plus noire.

Se contenter de vivre le Soi sans âme est peut-être une possibilité de ce jeu Divin où l'âme peut vivre une expérience spirituelle impuissante à transformer l'individualité qui lui sert de support le temps d'une vie.



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Si le Soi se vit avec de la compassion et de l'empathie, on ne peut pas dire qu'il n'y ait de place pour personne.

Plus il y a de l'attention pour les personnes, plus il y a de probabilité que l'âme même inconsciente en surface de la personnalité extérieure soit influente.



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Dans l'expérience approfondie et authentique de la foi en une évolution créatrice ou d'un grand œuvre universel, peut s'apercevoir sans les avoir recherchées des lueurs d'une âme.




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La foi du dévot en nous qui nous ramène vers le cœur au centre du torse nous rapproche de notre âme qui grandit dans ses profondeurs.



Vivre le Soi avec dévotion et non bigoterie nous rapproche de vivre le Soi avec une âme.



Quand le Soi se réalise, il y a un ego aux multiples facettes qui demeure en périphérie. Le Soi au centre semble vide de toute personnalité car toute personnalité paraît périphérique. La personnalité dévotionnelle peut faire mentir ce constat car au moment où elle atteint l'union avec son aimé, émerge la réalité de l'âme au cœur du Soi.

Dans l'essence du Soi, lumière sur lumière, personnel et impersonnel sont deux aspects d'une seule et unique substance.

"L'impersonnel et le personnel sont le même Être. Tel le lait et sa blancheur. Tel le diamant et son éclat.", nous dit Ramakrishna.




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Celui qui vit l'absolu impersonnel et un monde relatif où se tiennent des phénomènes personnels n'a qu'une vision partielle du point de vue de celui qui vit le Soi avec une âme.



L'agrégat de phénomènes qui compose notre petite personne relative implique des forces d'obscurcissement du Soi bien que le ressenti du Soi soit sans ego.



Seule une profonde et sincère aspiration au beau et à sa perfection, c'est-à-dire en d'autres termes seule une aspiration à une évolution de ce que nous sommes phénoménalement, peut nous révéler l'amplitude de cet obscurcissement de la lumière spirituelle du Soi et du coup la force du Devenir de la véritable luminosité du Soi.



Cet élan authentique d'amour du beau est aussi un désir de notre personne d'être transformée suffisamment pour n'être qu'une avec son essence au lieu de ne rester qu'un phénomène d'obscurcissement illusoire.



Cette consécration dévotionnelle à un Devenir du Soi transformant le monde phénoménal, à commencer par notre individualité, est l'ouverture au Divin, qui se tient dans les ténèbres lumineuses du Soi.



Cette consécration dévotionnelle à un Devenir du Soi peut pressentir une dynamique d'individuation du Soi au sein de l'individualisation que nous sommes.



La dévotion authentique qui est une aspiration peut avoir le pressentiment de ce Soi illuminé d'une âme/de ce Soi illuminant une âme en son sein.



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Vivre le Soi avec une âme, c'est se vivre décollé de toute identité, mais la liberté du Soi avec une âme a du style.



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Ce n'est pas se vivre Soi libre avec une âme que confondre la plastique perpétuelle d'un style qui se révèle de plus en plus lui-même dans l'acte avec le fait de trouver quelques originalités qui rendent nos œuvres identifiables.



Une dévotion authentique se caractérise par un style singulier et non par des ânonnements bigots.



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Le Soi avec une âme ne pourra pas dire sans réticence qu'ici il n'y a personne.



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Dans l'unique substance du Soi, le Divin et son enfant Divin âme sont deux, en relation et ne sont qu'un seul et même amour, un seul et même élan autocréateur. Je me comprends à travers Maître Eckhart, mon fond impersonnel et l'essence première de toute personnification ne font qu'un seul et même abîme de mystère. Maître Eckhart parle des anges, de Dieu et de l'âme et ce n'est pas du décorum chrétien, c'est une expérience en laquelle je me reconnais. Mon Soi impersonnel, mon fond impersonnel Non Soi ne fait qu'un avec une émanation sans fin d'individus, de personnes et de relations au sein de laquelle s'est projetée plus particulièrement celle de l'âme que je suis.



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Mon âme est le fruit d'un jeu de cache cache avec son Seigneur Suprême en qui tout se tient dans son regard Un Innombrable.



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L'âme se découvrant dans la vision de Soi

Ce qu'on croyait purifié est de nouveau à purifier.

Ce qu'on croyait réalisé n'était qu'à peine éveillé.



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Comme présence toujours déjà là en nous, le Soi peut s'être réalisé et le Divin rester ignoré.



De nombreux individus éveillés à la vacuité et à ses ténèbres lumineuses sont athées. Certains préfèrent parler d'ailleurs d'un Non Soi impersonnel.




Quand le Soi est pressenti comme abritant dans ses ténèbres lumineuses le Divin, les lueurs fragiles de l'âme en nous qui cherchent la lumière glorieuse de son Suprême sont souvent trop faibles pour que le doute ne vienne pas hanter la lumière ténébreuse du Soi d'un soupçon de fascination pour le nihilisme.


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L'âme éveillée en un Soi réalisé a une foi en le Divin qui est celle d'un enfant pour sa Mère et son Père, comme celle d'un chaton abandonné dans la gueule de sa mère.


La foi de l'âme n'a aucune défiance et n'est accrochée à aucune croyance. C'est la foi toute simple d'un bébé devant sa mère ou son père.


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La réalisation du Soi détrône l’ego du centre de la conscience qu’il occupait illusoirement. Mais elle abolit rarement l’ego et elle laisse actifs des mouvements fort égoïstes.

Seule l'influence des lueurs de l'âme nous donne la sincérité authentique de reconnaître ces mouvements comme faux et comme imperfections à surmonter au lieu de les considérer telles des fluctuations illusoires et sans importance relativement à la paix du Soi.



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La vacuité du Soi est un fait immuable et il ne peut pas mieux être connu qu'il ne l'est lorsque le Soi s'éveille en nous.

Mais la luminosité du Soi pourra gagner en finesse. Le cœur et en son fond l'âme donneront lieu à des éveils dans l'éveil. Et qui sait où l'aventure mènera le Soi avec une âme ?

L'or divin sortira des ténèbres de la lumière du Soi. D'abord peut-être comme le soleil dans un ciel très nuageux darde quelques rayons qui nous signalent sa présence.

Nous y verrons une expérience de crête que la lumière du Soi permanente nous portera à interpréter comme étant d'une valeur seconde.

Mais si la lumière de l'âme devient dans le cœur évidente, il y aura la foi en cet or divin, le nectar de la perfection que nos vases individuels ne pourront pas recevoir avant d'être entièrement des instruments de l'âme.

Mais il se peut aussi qu'un rayon de cette lumière foudroyante de silence et de paix révèle un goutte de cet or qui est le cœur du cœur de notre âme. Même si le soleil se masque nous portons en nous consciemment une goutte de ce nectar. Cette goutte de Joie pure intérieure portera en nous la foi.

Ce monde de perfection est un monde encore caché mais qui s'approche, pressent la foi. Car la lumière de Vérité, pour l'instant enfouie dans ce qui paraît des ténèbres du Soi, finira par s'établir à travers quelques uns d'entre nous extérieurement et matériellement. Ces pionniers dévoilent en ce monde la matière et la conscience de demain.

Dans la lumière du Soi avec une âme, nos doutes, nos mouvements de défiance nihilistes sont vus comme de vieilles mécaniques sans réelle prise.  Il y a ce doux sourire qui habite notre âme et devant lequel doutes et défiance s'évanouissent.

Ce trésor de notre cœur, nous ne le trouvons pas pour nous-même. Bien que ce trésor soit nous plus que nous-même, nous ne pouvons qu'aspirer à le partager. Cela serait si doux si d'autres pouvaient le voir en eux ! Mais les chemins du Seigneur sont impénétrables. Ils se dessinent lentement dans la matière, dans les corps et par les âmes. Et la foi patiente, comme d'une âme déjà plusieurs fois millénaires, pressent que viendra ce moment inéluctable où personne ne pourra plus ne pas voir.


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La foi du Soi avec une âme, c'est un Oui à tout, une confiance enracinée dans le flux de la Vie, c'est une foi sans nom, sans luxe émotionnel futile, sans volontarisme exacerbé, vite épuisé, sans élan d'un fanatisme vite enfermé dans ses croyances éculées.


La foi toute simplifiée, c'est un Oui à tout, la confiance retrouvée de l'enfant dans la Vie !


Le Oui d'un enfant ne fait pas de prosélytisme. Il n'a pas besoin de publicité pour se sentir exister dans sa confiance naturelle en la vie.


Les mouvements de défiance et les mouvements de croyances, devenus des bois morts, nourrissent un feu clair de pureté qui grandit dans l'antre du cœur.


Ce Oui, c'est tout simplement être cet enfant de la Vie elle-même, goutte de Vie qui pressent tout l'océan de la Vie en elle !


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Pour s’approcher de son âme et laisser grandir son influence, la lumière du Soi doit éclairer de plus en plus le centre du cœur.


Pour que le processus se fasse, et lorsqu'il se fait, une foi dans une transformation divine ou dans une évolution créatrice sera certainement présente en nous. La lumière du Soi sera vue comme une Vie universelle avec son Être immuable et son Devenir propre qui n'est pas une simple perpétuation aveugle de mouvements divers jusqu'à leur dissipation par le fait de la loi d'impermanence.



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Il y a comme une descente dans le cœur à la lumière du Soi. Elle nous rapproche de ce qu’est l’âme. C'est l'âme qui trouve le moyen d'attirer et de dévoiler cette lumière du Soi à sa propre lumière psychique.


Psychè en grec désigne l'âme, la lumière psychique au sens fort est lumière de l'âme. Nous ne sommes pas ici en train de parler d'une psychologie de l'ego ou d'un phénomène psychique occultiste. Voulant réaliser le Soi avec une âme, nous sommes à la racine de toute psychologie et de tout occultisme vrais.


Lumière sur lumière, la lumière psychique est une dimension cachée de la lumière divine dans les ténèbres lumineuses du Soi.



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Un élan authentique du cœur n’est pas une pulsion, un désir dominé par nos seuls appétits.


Un appétit, une pulsion relève de l’animal en nous, de ses appropriations territoriales, de ses commerces libidinaux, de ses actes pour gagner une reconnaissance sociale.


Vivre le Soi avec une âme, ce n'est pas étouffer la vitalité de nos appétits, c'est laisser son animalité se transmuter en instrument de l'action divine.


L'appétit pour une pomme peut devenir une action divine et ne plus demeurer un geste d'appropriation animale. Saisir une pomme dans sa bouche ne serait plus alors une opportunité de plaisir individuel pervertissant plus ou moins la pulsion de se perpétuer inconsciemment.


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Un élan du cœur authentique peut mettre en jeu notre individualité et son développement mais jamais au prix de la croissance de l'âme des autres, c'est-à-dire très rarement au prix de leur souffrance.


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L’ego est le résultat de l’individualisation humaine.



L’âme est individuation de l’être divin, de l’enfant divin qui est en son centre à travers une individualisation humaine.



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Comment un élan du cœur pourrait-il être pur si l’influence psychique de l’âme n’est pas encore consciente en lui ? Comment un élan du cœur pourrait-il être une action divine incarnée si l'âme n'a pas émergée comme un éveil dans l'éveil du Soi ?



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L’âme n’a pas à être sauvée.



En son fond, elle est une parcelle du Divin, une étincelle divine individuée. Comment ce qui n'est qu'un Être et un Devenir Divin aurait besoin d'être sauvé ?



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Le Soi pour l'âme est la robe de sa Mère divine et la présence silencieuse et apaisante de son Père. L'âme pressent son Père qui se tient dans l'abîme d'Être profond du Soi. L'âme pressent sa Mère qui la tient dans les bras du Devenir.
L'âme se sait en continuité de substance avec le Devenir, le paraclet des âmes, dont le visage est Mère et avec l'Être qui s'y révèle et le précède, le Suprême, notre Père.


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Au commencement de son aventure consciente au sein d'un individu humain, il manque au Soi-âme le regard Un Innombrable au-delà de la conscience humaine mentale pour voir du même regard que le Divin a sur elle et sur le Devenir universel.


L'âme pressent ce regard dans la précision des événements proches et lointains : elle pressent que pas un cheveu, pas un moineau n'échappe au regard Divin.


Ce pressentiment de cette connaissance d'un regard Un innombrable est la véritable docte ignorance.


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La docte ignorance de l'âme est un non savoir qui se sait et qui se sachant s'ouvre à un savoir supérieur, à un niveau de conscience mentale supérieure jusqu'à toucher à une conscience et sa connaissance dépassant toute possibilité mentale.


Seul le Soi avec une âme peut vivre la docte ignorance en plénitude. Le Soi avec un mental où l'âme demeure inconsciente ne peut reconnaître qu'un non savoir mental et n'a nulle capacité d'intégrer autour de quoi que ce soit une luminosité surmentale continue. Cet espace du Soi sans présence d'âme ne peut avoir que quelques intuitions se profilant dans ses ténèbres lumineuses mais qui déjà avancent en elles au niveau de la sphère mentale.


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C'est avec la lumière psychique de l'âme que peut se pressentir une conscience vraiment au-delà de la sphère mentale et pas seulement une lumière de paix surmentale éclairant par quelques intuitions notre intelligence mentale.


Les ténèbres lumineuses du Soi peuvent se laisser pressentir comme un plafond de ténèbres mentales qui forment une limitation de la conscience de notre croissance psychique comme instrumentation de notre individualisation humaine à l'individuation divine.


Sri Aurobindo appelle surpramentale cette connaissance inaccessible à notre conscience mentale.


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L'âme, seule, peut commencer à pressentir une connaissance supramentale.


La conjecturer mentalement en prenant au sérieux le fait évolutif n'est pas encore la pressentir.


Avoir foi en une évolution consciente de la conscience au-delà de la conscience humaine mentale n'est pas la pressentir.


Pressentir une connaissance supramentale, c'est déjà l'apercevoir dans des expériences de trouée en haut, en bas, en une intimité avec le Divin que seul le Soi avec une âme peut.


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Quand l'âme émerge dans la sphère individuelle éclairée par le Soi, c'est un fruit de sa croissance. L'âme se sait l'enfant Divin en Être et en Devenir. Sa croissance n'en demeure pas moins pour elle-même mystérieuse : elle voit sa propre lumière psychique grandir et s'intégrer des dimensions mentales, vitales et physiques, elle est aspiration à cette croissance. Mais cette croissance par laquelle son individuation est devenue consciente au sein d'une individualisation humaine où le Soi s'est réalisé n'est-elle pas le fruit d'une connaissance-action supramentale du Divin en Être et Devenir ?


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Il y a l'évidence qu'il n'y a pas de hasard, qu'il y a une intelligence qui manifeste les événements futurs en les réorganisant au faire et à mesure dans la trame des basculements qu'elle opère au présent mais cette évidence n'est pas explicable mentalement dans ses détails.
Cette évidence qu'il n'y a pas de hasard, lorsqu'elle est psychique, revient à apercevoir de loin l'intelligence d'un regard innombrable qui nous échappe mais qui est là, bien là.


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Cette intelligence d'action du regard innombrable est pressentie ou aperçue de loin par la conscience psychique du Soi avec une âme qui a commencé à intégrer à son individuation l'individualisation humaine.


C'est quand la croissance de l'âme intérieure pratiquement imperceptible au niveau du devenir de l'individualisation humaine devient une croissance de plus en plus extérieure et passe à un processus d'abolition de l'ego, de tout désir personnel séparé pour régner en maître sur une destinée humaine que l'aspiration à ce regard innombrable devient une question de vie ou de mort.


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Pour beaucoup d'entre nous qui avons en tête l'histoire de la pensée, l'idée platonicienne reprise par Descartes et Galilée selon laquelle les mathématiques sont le langage du Divin et donc le ressort des lois de la nature est un préjugé. Quand nous réalisons le Soi, la conscience infinie, la lumière spirituelle intérieure, il apparait que ce préjugé revient à limiter la conscience Divine à une sphère surmentale. Allons-nous persister dans notre refus d'une possibilité supramentale de la conscience ?


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Le non savoir ressort malheureusement le plus souvent dans le "monde" spirituel de la non-dualité d'une idiotie auto-satisfaite.


Qu'est-ce qu'un non-savoir qui affirme ce qui n'est pas ?
Un non-savoir comme docte-ignorance n'est-il pas ouvert à tous les possibles ?


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On voit sous ses yeux dans la lumière du Soi le miracle merveilleux de l'autocréation universelle de la Vie et on ne peut pas le comprendre mentalement : c'est là le sentiment saint de notre idiotie mentale. Mais là où mentalement, on commence à nier une conscience au-delà de la conscience mentale qui serait capable d'une création consciente, on commence à s'enclore dans une idiotie auto-satisfaite.


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A travers les hauteurs de la conscience mentale dont l'âme dispose est pressentie une intelligence supraconsciente qui embrasse toute chose dans son Être et son Devenir.


Vivre le Soi avec une âme nous fait pressentir une conscience de Vérité, une conscience proprement créatrice et supramentale.



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Toutes les affirmations de la relativité du monde par rapport à l'absoluité du Soi sont du point de vue du Soi avec une âme des justifications de mouvements égoïstes ou plus souterrainement de forces d'obscurités et d'ignorance.


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Pour le Soi avec une âme, l'aventure est de trouver le Divin autant dans les extrêmes hauteurs qui demeurent supraconscientes que dans les profondeurs subconscientes.


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Le Soi avec une âme sait que son incarnation du Devenir Divin est la clé de son union parfaite avec Lui en Être. Le jeu du Divin avec lui-même à travers l'aventure des âmes unit inséparablement le Devenir et l'Être.


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La réalisation du Soi sans solide influence de l'âme est souvent en danger d’être luciférienne.

Lucifer est un porteur de lumière divine qui la détourne au service de son égoïsme.

Le Seigneur du mensonge serait un autre nom de cette force d'obscurcissement de la lumière de Vérité dans les profondeurs des ténèbres lumineuses du Soi.

Rappelons-le nous encore et encore pour ne pas servir le Mensonge : le Soi impersonnel n'empêche pas d'être emplis de mouvements d'ignorance, de mouvements subconscients et de mouvements égoïstes.



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Dans la Katha Upanishad, Nachiketa ne se laisse pas distraire par les propositions de Yama, la mort, qui lui promet sex, sea and Sun, luxe, calme et volupté, s'il renonce à ses vœux de connaître le secret de l'individuation du Soi !



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Quand l'âme émerge, là où la lumière du Soi fait un individu libre de ses désirs, la lumière psychique de l'âme fait de l'individu un être dont les pensées, les émotions et l'énergie pulsionnelle deviennent de plus en plus un instrument intégral du Divin.


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Quand la lumière psychique de l'âme se perçoit dans ce qui étaient les ténèbres lumineuses du Soi, l'expérience de ces forces et de ces individualités obscures qui influencent nos pensées, nos émotions, nos désirs et même nos organismes devient parfois une vision concrètes de ces entités.



Dans nos visions psychiques, le Soi comme scène où se produisent les rêves pendant notre sommeil, comme scène où pendant la méditation se voit les idées avant qu'elles ne s'expriment comme pensée croise le Soi comme scène du monde extérieur matériel. L'évidence que nous sommes le jouet de jeux de forces devient une vision psychique concrète. Mais il y a d'abord l'évidence que la présence psychique de l'âme facilite la venue de forces lumineuses qui nous libèrent de ces jeux de forces obscures.


Les forces impersonnelles d'obscurcissement comme les lumières spirituelles peuvent avoir une face personnelle.


Chacune de ces forces peuvent avoir plusieurs visages comme elles peuvent se percevoir sous différents aspects impersonnels.


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Et même si le programme de l'individualisation venait à s'interrompre brusquement, qu'est-ce qui nous permet de penser que l'individuation de la Vie qui s'est joué à travers nous ne se poursuivra pas autrement et ailleurs ?


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Celui en qui le Soi se vit vraiment avec une âme sait que son immortalité impersonnelle ne contredit une dimension immortelle proprement individuelle.


Le Soi dans sa dimension de vacuité impersonnelle ne se réincarne pas, puisqu'il est le contenant éternel de tout ce qui est. 


Le corps-mental-vital n'est pas sur la même dimension que l'âme. On ne peut pas dire que l'âme y entre. Elle y étend son expérience et son influence tout en demeurant dans cette autre dimension où en essence elle demeure une dimension du Soi. Elle n'est ni seulement temporelle ni seulement éternelle, elle est tempiternelle. 


S'agissant de la Vie du Soi avec une âme, le terme ré-incarnation est un pis-aller. Il est inapproprié surtout quand il laisse entendre que ce serait une personnalité égoïque qui changerait de vêtements corporels, mentaux et vitaux. 
Il y a certainement des éléments vitaux et mentaux qui se réincarnent au sens propre et s'en rendre compte n'implique pas une réalisation du Soi ou l'émergence du Soi avec une âme.


Il y a un courant chrétien du IIème au VIème siècle qui avec Origène conciliait croyance en la résurrection et réincarnation. C'était une doctrine de rachat de l'âme. Or si l'âme est d'essence divine, a-t-elle besoin d'être rachetée ? Se libérer du karma négatif, dans d'autres traditions parlant de réincarnation, revient aussi à ne pas être conscient de l'essence divine de ce que nous appelons Vivre le Soi avec une âme. L'enjeu reste alors la libération d'éléments mentaux et vitaux problématiques.


L'expérience d'une âme immortelle parce que connectée à son étincelle divine qui lui confère l'immortalité, et non pas la croyance, est nette chez Maître Eckhart et certains de ses disciples. 


Celui qui a cette expérience peut-il ignorer qu'il y a des souvenirs de vies passés ? Dans un contexte chrétien peu tolérant, on a la sagesse de d'abord tracer le chemin vers la flamme intérieure du cœur, qui est le cœur de notre âme immortelle, l'étincelle divine individuée dont parle aussi la Katha Upanishad.


Et à vrai dire, les délires sur les vies passées incitent aussi aujourd'hui encore à la prudence : les faux-souvenirs sont légions. Combien de Cléopâtre, de Néfertiti, de Napoléon ? Et si peu de souriceaux, de paysans obscurs !


Une réminiscence d'une âme en Soi n'est pas une mémoire sur le plan mental, vital et physique. 
Une réminiscence n'efface jamais le fait intérieur qu'il n'y a que Maintenant, ce Maintenant suprapaisible où se croisent des traces vivantes du passé et des esquisses du Devenir.


L'aspiration de vivre le Soi avec une âme, la croissance du psychique (selon la terminologie de Sri Aurobindo), etc. paraissent plus centrale que le désir de se souvenir des vies passées, qui est souvent le désir d'un restant d'ego. Ce désir ne risquent-il pas d'attirer peut-être davantage d'éléments mentaux et vitaux portés par leurs problématiques sans avoir les ressorts spirituels du Soi et les ressorts psychiques suffisants de l'âme pour s'en libérer ou les transmuter ?


Ceci étant dit, vivre le Soi avec une âme implique d'éprouver parfois des réminiscences de brefs instants où son individuation a grandi et percé momentanément au sein d'une individualisation passée.



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La Vie par son essence divine cherche un chemin d'individuation authentique dans l'individualisation héritée.

Si l'aventure de l'individuation de Cela est reconnue alors on sait ces étouffoirs de l'âme qu'en ces temps obscurs, pour une réalisation enténébrée de la lumière du Soi, des enseignants qui s'engoncent dans leur non-savoir ignorant,  ânonnent :
- Ici il n'y a personne ;
- Ici il n'y a plus rien à chercher ;
- Tout est parfait, il n'y a rien à faire ;
- Etc.
Si nous autres, enseignants et disciples, avions la modestie d'y voir un appui mental dans un contexte donné pour que la lumière du Soi se réalise ! Puissions-nous admettre que dans un autre contexte, ces énoncés peuvent créer une forteresse mentale obscurcissant la lumière du Soi !

Nous prétendons, pour certains, sabrer toutes les ruses du mental. Face à toutes ces ténèbres obscurcissant la lumière du Soi, notre combat n'est certainement pas encore gagné.

En ce qui me concerne personnellement, je vois toujours plus facilement l'arrogance mentale de l'autre mais plus difficilement la mienne.

Tel lecteur pensera que je parle de moi l'auteur ; un bon lecteur l'aura lu au double sens que l'énoncé offre, le je de l'auteur et le je du lecteur.

Etant encore souvent victime de l'arrogance inhérente à la conscience mentale humaine, parce qu'elle prend tant de formes, je pressens la différence entre une ironie bienveillante et une ironie méchante. 

Bientôt, je saurai le sourire intérieur de la matrice Mère de mon âme devant mon imperfection prise sur le fait. L'ironie bienveillante éveille l'enfant qui fait mieux juste pour demeurer dans le regard d'amour de sa mère. Il n'a pas besoin de réprimande ou de punition, son amour et sa sagesse grandissent en surmontant leurs limites reconnues et acceptées.


La difficulté dans cette aventure, c'est de distinguer l'aspiration vraie de cet élan de la Vie de nos désirs d'ego.


Se perpétuer contre, c'est encore être enserré dans les filets de l'individualisation dont notre ego mental est le sommet.


L'élan d'individuation de la Vie est toujours créateur, y compris quand il abolit certains aspects de l'individualisation héritée.


Lorsqu'il devient plus net et plus fort, il a aussi plus de douceur. Il se nourrit de calme et de tranquillité. Il incarne une égalité dans le caractère. L'individualisation est ressentie comme la matière première idéale du travail d'autocréation de la Vie.


Seules la paix et la joie créatrice de la Vie mettent en lumière sérieusement les ombres de notre individualisation pour en faire la matière de notre individuation authentique.



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Pour moi, c'est l'enseignement de Douglas Harding qui a pointé factuellement le Soi ainsi que mon cœur, et c'est le yoga intégral de Sri Aurobindo et Mère, qui me donne sur cette voie intime le plus de repères pour permettre à mon âme de croître dans la lumière du Soi au-delà de sa première matrice dans le cœur.


Mais les détours par la psychologie de Jung, l'approche de Karfried Graf von Dürkheim, la démarche socratique chez Platon, Plotin, etc., l'école de spiritualité rhénane, le cosmothéandrisme de Raimon Panikkar, la Katha upanishad ou le yoga de Ramakrishna et Vivékananda, etc. m'ont offert beaucoup de repères en ce sens. Et j'ajouterai, que pour vivre le Soi avec une âme, l'approche psychospirituelle de Swami Prajnanpad me semble offrir de bons points d'appui pour descendre dans le cœur et se mettre à son écoute avant de s'y enfoncer et en voir émerger l'âme.


S'individuer de plus en plus, c'est un aspect majeur de l'aventure de la Vie !


Bonne aventure !











jeudi 17 août 2023

L'AMOUR VRAI SEUL PEUT LIBERER DE L'ATTACHEMENT. Eléments de psycho-spiritualité.

 


Cette parole de Jésus-Christ résonne particulièrement pour moi depuis quelques jours.

Elle ne parle pas d'abord de nostalgie. 

Pour moi, j'ai souvenir d'une enfance bénie jusqu'à mes quatre ans. Tout n'était qu'émerveillement. Ma foi d'aujourd'hui est dans la continuité de la foi innocente en la vie qui m'était naturelle. J'ai pu avoir dans ma vingtaine d'années une nostalgie pour cette période bénie. Puis ma défiance face à la vie a fondu, ma foi en la Vie Divine est devenue une foi à partir d'une conscience de la Vie universelle elle-même. Bien sûr, à côté de cela, j'avais des croyances spirituelles et religieuses. Mais la foi, cet engagement naturel du cœur, shradda en sanscrit, est libre de toute croyance. Seul le nihilisme peut en restreindre le pouvoir. C'est quand la foi ne s'accroche à aucune croyance qu'on peut faire le saut dans la vacuité, s'abandonner à l'Être et dire Oui au Devenir.

Mais comme toujours, dans l'aventure de la Vie Divine, gagner une bataille, conquérir une position inexpugnable n'est nullement remporter la Victoire.

Commencer à être libre de nos désirs n'est nullement être sans désirs relatifs à un individu.

La parole de Jésus qui m'enjoint de ne plus regarder en arrière me parle plus spécifiquement aujourd'hui de la question de l'attachement relationnel, qui pour moi individu est restée problématique.

D'ailleurs, si on reste sur le seul plan de la vie égocentrique oublieuse du Soi, de l'Être et du Devenir de la Vie Divine, l'attachement est comme un facteur de dualités au sein même de l'ego. 

Par exemple, l'attachement crée une vulnérabilité de l'ego, fatalement ce désir a été blessé ou le sera. L'ego fuit sa vulnérabilité donc il s'en prend à l'amour qu'il y a dans son attachement, il endurcit son cœur au lieu de le purifier de l'attachement. Ou bien encore, il a des stratégies de distanciation pour ne surtout pas encourir ce risque. Plus globalement l'ego par sa vulnérabilité à l'attachement a des élans paranoïdes.

Je vois bien que je n'échappe pas encore à ces incohérences égoïques de l'attachement. Ayant eu affaire ces derniers temps à une version aiguë et dramatique de l'attachement, j'ai même constaté le paradoxe d'une survie égoïque à travers des tendances nihilistes (qui peuvent même chercher des cautions spirituelles). La révolte contre le Divin, même si elle est une impasse, manque moins de sincérité. 

Une même flamme - Tableau de Niranjan Guha Roy 

Je ne peux que dire ici le bénéfice de nos discussions avec mon amie Amita Guha Roy, la compagne spirituelle de Niranjan Guha Roy. Elle partage l'œuvre qu'ils ont bâtie au fil de leur engagement sur la voie de Sri Aurobindo et Mère. Elle m'a relaté ses difficultés particulièrement longues avec l'attachement avec une sincérité rare parmi ceux qui partagent leur spiritualité. Amita refuse d'entrer dans toute relation d'enseignant à enseigné, de guru à disciple. Amita signifie en sanscrit "l'amie de tous". Nous sommes juste des amis intéressés par une même voie dont le point de départ est l'idée que toute la vie est yoga. Et donc, dans l'amitié, nous n'avons jamais à nous présenter avec une image d'une quelconque perfection à transmettre. Dans une amitié entre aventuriers de la Vie Divine, on peut se partager nos expériences, même en cours, de l'imperfection et assumer simplement nos défauts sans les camoufler. Cela est d'une richesse sans commune mesure pour avancer dans la jungle de cette vie en évitant de tourner en rond trop longtemps.  Une amitié sur la voie de l'aventure de la Vie, ainsi libre des dangers de l'attachement enseignant-enseigné, ou pire de ceux de la relation guru-disciple, permet d'éclairer nos problématiques réciproques. Le récit sincère d'Amita sur ses attachements m'a permis d'éclairer ma propre problématique singulière d'asservissement persistant à l'attachement. 

La synthèse que je partage ici n'est que le fruit de notre dialogue et de l'éclairage singulier qu'il a permis en moi, même si elle peut apparaître assez impersonnelle grâce à un vocabulaire conceptuel phénoménologique, philosophico-spirituel ou psychologique. Pour moi, cet effort conceptuel permet de parler de l'intime pudiquement. Et si, de son côté, le lecteur fait l'effort, cette phénoménologie pragmatico-herméneutique sera efficace. Il faut accepter de ne pas tout comprendre, pour peu à peu comprendre de mieux en mieux ce dont il est question. Une phénoménologie pragmatico-herméneutique est un discours conceptuel descriptif de la conscience qui implique une pratique de conversion et de transformation de soi pour être bien compris.

Même si, sur le plan humain, nous admettons que les attachements peuvent être troubles et devenir pathologiques, nous pouvons difficilement admettre qu'un amour puisse être fort et intense sans attachement. Or l'expérience spirituelle intérieure remet en cause une telle croyance.

A vrai dire, la réalisation et l'émergence de l'âme, l'individuation du Divin en nous, peut changer radicalement le vécu de ces problématiques d'attachement. Elle finit par éclairer toutes ces problématiques de l'attachement d'une façon libératrice.

Sur la voie de la Dévotion, l'attachement au Divin doit l'emporter sur tous nos attachements humains. Les Confessions d'Augustin d'Hippone sont à ce sujet un chef-d'œuvre spirituel. Pour Augustin, c'est seulement de notre relation à Dieu dont nous pouvons jouir sans crainte, puisque son amour pour nous est indéfectible, quels que soient nos défauts et nos empêchements à l'aimer purement. L'attachement à Dieu, seul, semble pouvoir nous libérer de la dimension paranoïde de nos attachements humains (jalousie, possessivité, défiance, haine, etc.). En tout cas, même si ces déficience demeurent, notre attachement dévotionnel au Divin, qui, lui, s'en libère plus aisément, commence à les mettre davantage en lumière. Le Divin ne nous trahit jamais. Les tribulations qui, immanquablement, nous arrivent ne sont pas du fait d'une perversité de son amour. Nous seul pouvons trahir la relation d'amour que le Divin nous propose dans notre cœur. Nous seul pouvons lui fermer cette porte et ne pas avancer vers Lui qui nous y attend et nous y attire.

Quand, au fil de la descente dans le cœur (voir les autres articles sur ce sujet), dans les profondeurs subtiles qui sont au niveau de l'arrière du thorax, l'étincelle de notre âme s'avère le Divin s'individuant en nous, plus nous que nous-même, l'attachement au Divin devient lui-même relatif. Comment pourrait-on éprouver des craintes et de la vulnérabilité pour demeurer attaché et relié à ce que nous sommes par nature. Avec le Soi, nous sommes unis à la Vie Divine sur des plans universels et transcendants. Outre cette réalisation impersonnelle, le Soi avec une âme comprend aussi une union avec le Divin sur un plan individuel personnel. Comme l'attachement est une caractéristique des relations humaines personnelles, il est ici directement objet d'une transformation. Cet amour, cette Joie que nous sommes, comment pourrions-nous lui être encore attachée, puisque, par essence, elle est rayonnement, surabondance se détachant d'elle-même et se répandant sans frein aucun autour d'elle ?

La dévotion au niveau de l'individuation du Divin que nous sommes, qui grandit en nous et que nous avons pu contacter dans notre cœur est naturelle. 


"La Bhakti ou dévotion n'est pas une expérience, c'est un état du cœur et de l'âme. C'est un état qui vient quand l'être psychique est éveillé et prédomine.", Sri Aurobindo


La dévotion à ce niveau est aussi naturelle que respirer. Dans l'attachement même le plus pur au Divin nous nous croyons encore l'auteur de l'amour. Bien sûr, à la lumière du Soi, nous pouvons savoir déjà qu'il n'en est rien. Mais soyons honnête, même à la lumière du Soi, pour beaucoup d'entre nous, il y a des problématiques d'attachement y compris avec le Divin qui se voile dans les ténèbres lumineuses du Soi. Nous ne serions pas des amoureux du Divin authentiques, si notre amour pour le Divin n'engageait pas notre attachement qui demeure sur le plan humain. Mais quand notre attachement au Divin, à la lumière du Soi, touche au tréfond de notre cœur, il y a un basculement essentiel : l'amour dont nous aimons le Divin devient ici indiscernable de l'amour qu'il fait briller en nous et autour de nous. L'âme d'individuation du Divin en lequel l'ego dévotionnel fond et de laquelle il devient un pur instrument, un masque personnel extériorisé, sait alors qu'il n'est pas l'auteur de l'amour. Sur le plan psychique de l'âme vraie, et non de notre âme égoïque de désirs, il y a unité de substance de Paix et de Joie avec le Divin, son Être et son Devenir. Autrement dit, notre âme est en continuité de substance avec le Divin, elle ne fait aucun effort pour être unie avec le Divin puisqu'elle en est une parcelle à la fois distincte et unie. Sur ce plan, l'amour est donc d'abord un fait d'unité substantielle. L'ego n'est qu'une créature et ses amours fondés sur les désirs comportent inéluctablement des attachements. Il lui faut s'agripper à ce qu'il aime car il en est séparé : ses amours ne sont jamais en une unité substantielle d'amour pur et vrai. Les amours de l'ego sont temporels et forcément temporaires : même quand son attachement est relativement équilibré et durable, il est condamné à cesser. Notre âme n'est pas une créature temporelle et temporaire, c'est une parcelle du Divin, immortelle, car partageant la condition atemporelle de l'Être Divin et perpétuelle de son Devenir. Dès lors, notre aspiration à l'amour éternel ne peut être satisfait que sur le plan du Soi avec une âme.

Vivre le Soi avec une âme, c'est vraiment mettre la main à la charrue du champ Divin pour que vienne le Royaume de Dieu sur terre.

Les attaches des amours égoïques sont toujours sécables, corruptibles, etc. Les attaches de l'amour égoïque humain ne survivent qu'avec de la réciprocité. La relation ne dure pas sans échanges d'énergies vitales sous la forme de désirs satisfaits de l'un par l'autre et réciproquement. La relation humaine est donc par nature un équilibre instable. D'ailleurs, on passe d'une relation à l'autre, d'un attachement à l'autre, pour temporiser les défauts de réciprocité et éviter de rompre ces équilibres instables. Nos amours humains font preuve d'impatiences, d'intolérances, etc. Avoir fait le deuil d'une relation, au plan humain usuel, cela signifie presque toujours être suffisamment prêt psychologiquement à prendre le risque de passer à un nouvel attachement. On ne guérit d'un attachement douloureux que pour passer à un autre qui immanquablement risque de l'être, puisque la mort finit toujours par séparer ceux qui s'aiment. Ces échanges vitaux qu'engagent nos attachements ont toujours des aspects obscurs et inconscients : la psychologie nous a appris que nous rejouons parfois sous d'autres visages et avec d'autres personnes, des jeux relationnels du passé. Et si notre bagage psychologique s'allège, il n'en reste pas moins qu'aucun attachement n'est libre de manque source de souffrance, libre d'une recherche sous-jacente d'échanges vitaux et donc libre de toute attente. 

L'amour Divin au cœur du cœur en notre âme et pour le Divin, en tant que substance du réel, de l'Être et du Devenir, est Pure Joie infinie allant vers de Plus Grandes infinités de Joie. Notre âme est le véritable aventurier de la Vie en nous. Ici l'insatisfaction n'est pas un manque souffrant, c'est un manque paradoxalement porté par une plénitude, c'est un manque sûr d'être comblé, c'est un goût authentique de l'inconnu, c'est une aspiration sûre d'être comblée. Ici dans les relations de l'âme, il n'y a pas d'échange, il n'y que partage d'une profusion sans fin, l'aspiration à davantage d'incarnation de l'amour Divin sert le partage de cette profusion. Ici, c'est par le Divin et dans sa substance que les rapports entre âmes s'auto-organisent.

Tout forme d'attachement, quand vivant le Soi avec un âme les mains sont sur la charrue du champ du Divin, c'est déjà regarder en arrière. Ne paniquons pas ces regards en arrière sont courants. Jésus ne nous en parlerait pas sinon. S'il s'est présenté comme le Fils de Dieu, affirmant que Lui et son Père ne sont qu'Un, il a donc réalisé en profondeur le Soi avec une âme.

L'âme, l'individuation du Divin en nous grandit de l'intérieur vers l'extérieur. Lorsqu'elle émerge en surface de notre individualisation, cela reste souvent de façon discontinue car notre individualité est encore alternativement contrôlée par des mouvements égoïques non encore abolis et transformés. Mais le contraste croît entre une relation d'unité substantielle Divine qui est Joie et une relation d'attachement qui inclut un manque impliquant la souffrance. Un tel contraste rend nos attachements de plus en plus indésirables dans nos relations d'amour quelles qu'elles soient. C'est comme si nos amours humains entachés d'attachement commençaient à être purifiés. Et, même si l'attachement vient à se mêler à une relation qui prend sens d'abord sur le plan psychique des âmes, cela semble encore bien plus nettement une souillure. Car, au plan humain, nous ne saurions affirmer qu'il y a amour sans observer la trace d'un attachement. Je me souviens que découvrant des philosophies du détachement, il m'a fallu comprendre tout d'abord qu'il ne s'agissait pas d'entrer en relation avec un recul, un effort d'indifférence. La vacuité de la conscience solutionne d'ailleurs assez bien une notion de détachement qui n'entraîne pas un désinvestissement de l'engagement relationnel. Mais ce détachement inhérent à une conscience de la vacuité du Soi, ne solutionne pas la problématique de l'attachement. On peut aimer dans le détachement de la vacuité, mais aimer restera l'occasion de prendre des coups, de vivre le trouble de la vulnérabilité. Certes ces coups, cette souffrance, cette vulnérabilité seront accueillis pleinement et ne nous atteindront pas dans notre essence de vacuité, d'Être de Paix et de Silence. Habitué à estimer l'amour, sur ce seul plan humain, même devenu conscient de la vacuité, nous pouvons ignorer longtemps que tout attachement dans l'amour est souillure. L'évidence nous en est fournie qu'à travers le contraste vécu entre une relation d'amour à l'intérieur de l'unité substantielle Divine et une relation typique des attachements humains, qui peut demeurer encore en surface extérieure de notre individualité.

Je ne sais trop quand je serai purifié complètement de tous les processus extérieurs d'attachement, mais si, en moi, le processus de purification est déjà possible intérieurement alors une communion d'âmes, une fraternité d'enfants du  Divin, substantiellement unis dans la Vie Divine, s'incarnant sur terre pour y faire l'œuvre Divine n'est pas un idéal déplacé.

Welcome - Tableau de Niranjan Guha Roy