dimanche 22 mars 2009

RAPPEL SUR LE CHEMIN DU YOGA INTEGRAL.

Dans ses Lettres sur le yoga, tome 4, Buchet-Chastel, Sri Aurobindo écrit :

"Vous devez vous débarrasser de certaines idées fausses que vous semblez avoir au sujet du yoga, car elles sont dangereuses et tout sâdhak devrait les rejeter :
1. L'objet du yoga n'est pas de devenir "comme" Sri Aurobindo ou la Mère. Ceux qui caressent cette idée sont facilement amenés à en déduire qu'ils peuvent devenir aussi grands et même plus grands qu'eux. Cela ne fait que nourrir l'ego.
2. L'objet du yoga n'est pas d'acquérir des pouvoirs ou d'être plus puissant que d'autres, d'avoir de grandes siddhi ou d'accomplir des actions grandioses, merveilleuses ou miraculeuses.
3. L'objet du yoga n'est pas de devenir un grand yogi ou un surhomme. Cette manière égoïste d'aborder le yoga ne peut rien amener de bon ; évitez-la à tout prix.
4. Parler du supramental et penser à le faire descendre en vous est de tout le plus dangereux. Cela peut conduire à une mégalomanie et à une perte d'équilibres totales. Ce que doit rechercher le sâdhak, c'est une pleine ouverture au Divin, la transformation psychique de sa conscience, la transformation spirituelle. De ce changement de conscience, l'absence d'ego, l'absence de désir, l'humilité, le don de soi, le calme, l'égalité, la paix, une sincérité tranquille sont les composants nécessaires. Jusqu'à la transformation psychique et spirituelle, penser à devenir supramental est une absurdité, et une absurdité arrogante de surcroît.
Toutes ces idées égoïstes, si l'on s'y complaît, ne peuvent que magnifier l'ego, dénaturer la sâdhanâ et mener à de graves dangers spirituels. Il faut les rejeter totalement."

S'il y a un but du chemin intégral, il est certes le supramental mais pas comme moi qui suis encore tout égocentrique je le veux.
L'ego qui cherche à voir dépasser son égocentrisme qui lui barre le chemin doit donc se donner le but de servir le divin, de parvenir à ne faire que la volonté du divin, etc.
Le supramental est un but que seule peut se donner éventuellement la volonté divine quand notre ego lui sera totalement unie.

L'Agenda de Mère dit-il autre chose ? Mère n'a-t-elle pas fait descendre selon ses propos le supramental dans la conscience terrestre nous le rendant plus accessible ou du moins lui donnant ainsi la primauté spirituelle dans le devenir de la conscience terrestre ?

En fait, le danger dont parle Sri Aurobindo demeure plus que jamais : le yoga intégral doit se faire pour le divin et par le divin, ce yoga exige de dépasser tous les motifs humains.

Donc pour vraiment mener le yoga intégral, ne doit-on pas devenir comme un chaton dans la gueule de la Mère divine ?

samedi 31 janvier 2009

A QUELLE SOCIETE INVITE LA CRISE EVOLUTIVE EN COURS ?

Aujourd'hui en France, il y a de nombreux mouvements sociaux. Par exemple, nos universitaires cherchent à défendre leur statut. Ils voient rarement que des courants de force dans notre société peu à peu s'opposent à toute recherche inefficace et improductive économiquement. Ils ne voient pas que la crise qui se vit aujourd'hui traverse toute la société. Quel sens cela a-t-il de défendre son statut égocentriquement, en oubliant que des forces sociales diverses venues de toute la société concourent à la rendre de plus rétive à l'éducation, à la recherche et à la création quitte à générer de plus en plus des logiques de prédations et de destructions. En défendant son statut, on reproduit le schéma destructeur et prédateur, ce qu'il faut c'est s'affronter à cette crise sociale qui se manifeste par le triomphe de l'ignorance à tous les niveaux, le triomphe de la barbarie...

JustifierSi nos universitaires ne perçoivent pas que leurs objets d'étude ne leur permettent pas de s'attaquer à la racine de ce qui détruit le savoir, la recherche et la création, leur statut volera en éclat.

En 1980, Satprem nous dit peut-être plus clairement qu'un autre la nature de cette crise dont il dit avoir connu les prémisses dans les camps de concentration :

« On n’est pas dans une crise morale, on n’est pas dans une crise politique, financière, religieuse, on est dans une crise évolutive. On est en train de mourir à l’humanité pour naître à autre chose...»

Trente ans plus tard, tous les aspects de cette crise sont de plus en plus dévastateurs.

Les seuls savoirs, les seules recherches et créations, qui concernent une évolution consciente de la conscience, pourront nous permette de faire face aux forces destructrices.
Parmi ceux dont la vie s'est mise au service d'une évolution consciente de la conscience, il y a l'espoir d'un être humain qui atteigne ce stade où il serait possible d'agir directement sur la chair du monde elle-même pour qu'elle soit inondée de lumière et de conscience. Mais d'ici là il nous faut aussi travailler authentiquement à une société humaine permettant ce passage vers une nouvelle espèce.

Dans les années 20, Sri Aurobindo a esquissé selon lui ce qui constituera une société facilitant l'émergence de cet être au-delà de l'homme. Il écrit dans Le cycle humain, Buchet-Chastel p.331 et suivantes :

« Bien qu'elle n'ait pas encore trouvé la forme sûre, la pensée anarchiste ne peut manquer de se répandre à mesure que grandira la pression de la société sur l'individu, car cette pression opprime abusivement un élément nécessaire à la perfection humaine. Nous n'attacherons pas ici beaucoup d'importance à l'anarchisme grossier, vitaliste ou violent [...]. Pour assurer la coordination et prévenir les heurts et les conflits au milieu de ces contacts constants, un autre pouvoir que celui de l'intellect éclairé est nécessaire. La pensée anarchiste trouve cet autre pouvoir dans une sympathie humaine naturelle qui, si on lui donne le champ libre et les conditions qu'il faut, devrait garnatir une coopération naturelle [...]. Une libre égalité fondée sur une coopération spontanée, et non sur la force gouvernementale ni sur la contrainte sociale, tel est l'idéal anarchiste le plus haut. [...] Mais la nature humaine est une nature de transition [...] nous sommes finalement contraints de viser plus haut et d'aller plus loin. Un anarchisme spirituel ou spiritualisé pourrait sembler plus proche de la vraie solution, ou du moins la pressentir de loin.[...] si l'on tient compte de l'impuissance d'aucun "isme" à exprimer la vérité de l'Esprit qui dépasse tous ces compartimentages [...] La solution ne se trouve pas dans la raison, mais dans l'âme de l'homme, dans ses tendances spirituelles. Seule une liberté spirituelle et intérieure peut créer un ordre humain parfait. Seule une illumination spirituelle plus haute que les lumières rationnelles peut éclairer la nature vitale de l'homme et imposer l'harmonie à ses recherches égoïstes, à ses antagonismes et ses discordes.»

Si le propos de Sri Aurobindo est juste pour vraiment constituer cette société propice à l'évolution consciente de la conscience, il ne nous faut pas tant de nouvelles organisations qu'une conscience collective et individuelle de plus en plus libre des tendances égo-centriques.

IL NOUS FAUT UNE REEVOLUTION SEREINE, CALME ET TRANQUILLE qui emportera les courants de force destructrices de nos sociétés fondées sur l'égocentrisme.
CE N'EST PAS UN VISAGE ET UN EGO QUI SONT POINTES COMME LA SOLUTION POUR UNE REEVOLUTION MAIS LE CHAMP DE CONSCIENCE OU ILS SE MANIFESTENT !!!

jeudi 29 janvier 2009

UN HOMME DOIT-IL GAGNER SA VIE ?


On voit aujourd'hui la précarité s'installer de plus en plus dans nos sociétés qui ont le PNB le plus grand par habitant. On voit aujourd'hui les logiques de gain financier étouffer les véritables producteurs de biens matériels et l'investissement de nombreux créateurs. On peut se demander en quoi notre économie est dans ses principes fondateurs viciée.

L'un des principes économiques qu'il nous faut reconsidérer comme la cause de la précarité de notre pouvoir créateur est l'idée que nous devons travailler pour gagner notre vie.

Gagner sa vie, est-ce digne de notre humanité ? Un animal doit lutter pour vivre. Au fond sa lutte pour la vie est sa contribution évolutive. Mais l'être humain s'il est capable d'une évolution consciente de la conscience doit-il céder à sa part d'animalité qui lui intime de lutter pour vivre ?

A quel prix, gagne-t-on sa vie ? N'est-ce pas toujours au détriment d'un autre ? Dans la jungle, on gagne sa vie au détriment des moins adaptés, est-ce cela que nous voulons ? Dans le cas de l'être humain, gagner sa vie revient à ronger peu à peu ce qui permet à l'humanité de vivre. Car lutter pour la vie conduit à la bestialité qui ignore la nécessité de servir le cycle évolutif de la vie.

La précarité du travail des uns crée les conditions de la dégradation du travail des autres, mais pas seulement en terme de gain mais aussi en terme de qualité de travail, en terme de renonciation à toute créativité.

Il est temps que politiquement nous exigions de ne plus avoir l'obligation de gagner notre vie. L'humanité avec son niveau technologique et sa créativité pourrait dépasser ce stade.

Ainsi tout être humain recevrait de quoi se maintenir socialement parce qu'il est humain et que son devoir n'est pas de gagner sa vie mais de créer et de participer à une évolution consciente de la conscience.

Et les paresseux ? Ne seraient-ils pas si nombreux que le système s'effondrerait et qu'à la fin notre civilisation serait encore plus misérable ? A vrai dire tout ceux qui ont été dressés pour travailler et gagner malgré qu'on leur attribuera cette maintenance en vie continueront leur folle course au profit. Et ceux qui aspirent à créer (les authentiques travailleurs) et ceux qui aspirent à contempler (les authentiques paresseux), c'est-à-dire ceux qui sont aujourd'hui frustrés auront tout l'espace devant eux (et en eux).

Dans le domaine éducatif, tous les profs et les élèves aigris laisseront tomber et ne restera en course que ceux qui vraiment sont professeurs et élèves. Ainsi au final la société verra une montée de ceux qui vraiment veulent créer en faisant évoluer ainsi consciemment leur conscience.





Sur un tel type de pensée on peut écouter ces politiques :
- Sur le site http://sebmusset.blogspot.com;

vendredi 12 décembre 2008

L'HORREUR MISE A NUE. 2. Révolte et bestialité humaine.

Il y a en nous une profonde envie de se révolter devant l'horreur manifeste qu'on fait grandir à vue d'oeil au coeur même de nos démocraties bon teints. Mais une révolte à coup de cocktail molotov contre les agents de l'ordre soi-disant public qui font ce boulot comme on fait les autres boulots sans grand intérêt de ce système à bout de souffle, ne participe-t-elle pas de l'horreur ? Nombres de révolutions sanglantes ont vu de plus en plus au fil de l'histoire couler le sang de leurs fomenteurs mis à mort par ceux des leurs devenus tyrans ou dictateurs : Danton, Robespierre, Trotsky, Staline, etc.

Il s'agit de se révolter positivement en échappant à l'horreur et non pas contre l'horreur au risque une révolte qui nous reconduirait à elle. Méfions-nous des anti et des ...ismes associés. Il nous faut une révolte créatrice dont les destructions soient justes en vue de faire place à son élan créateur. La fraternité créatrice de Mai 68 a échoué, elle n'a été qu'une fumée passagère dispersées par les anti et les ismes associés de droite et surtout de gauche.

Qu'est-ce qui fait obstacle à une révolte tout entière dévolue à la fraternité créatrice ? Nos désirs égocentriques. Non pas ceux exagérés de ceux qui nous gouvernent mais les nôtres qui conjugués créent électoralement ces émanations concentrées et nauséabondes des désirs égocentriques de nos politiques de droite et de gauche.

Ce qu'il y a de vain dans nos désirs est ce qui nous ramène vers des appétits animaux sans borne.
Les appétits animaux des êtres humains lorsqu'ils sont sans borne forme ce qu'on appelle la bestialité.

La recherche de gloire n'est qu'un goût de la reconnaissance sociale qu'on retrouve dans les sociétés animales où l'émotion prend place : ce sont des rapports dominant dominé qui assure la vitalité du groupe, le plus agressif défendra aussi le groupe. Dans le cas de l'être humain, parfois celui qui acquiert la reconnaissance conduira le groupe à sa perte car il n'a pas l'instinct qui mettra son énergie au service du groupe quand ce serait nécessaire.

Aujourd'hui en France quand on a affaire aux hôpitaux, le manque d'attention des politiques parce qu'on ne veut pas forcer la main des financiers de tout poil conduit à des situations aberrantes et inhumaines. On demande aujourd'hui à un patient qui avait une urgence liée à un problème urinaire et qu'on a sondé de rentrer chez lui à quatre heures du matin pour libérer de la place. Que se passera-t-il le jour où cet hôpital fera face à une affluence record d'urgences ? Le triomphe de la bestialité ploutocratique et narcissique de nos politiques crée l'horreur.

Le désir de la richesse n'est qu'un goût sans borne de l'avoir : on le retrouve dans la pulsion animale à s'approprier un territoire. La richesse telle qu'elle est conçue y compris et surtout par leur nombre par les pauvres est une richesse monétaire. Qui répondra que la vraie richesse ce sont nos ami(e)s et nos frères (soeurs), cette esquisse de fraternité solidaire et créatrice qui manque juste d'être sans frontière ?

Enfin dans la nature la sexualité a pour but la reproduction, elle est le service rendu aux générations futures. Cette énergie civilisée fait des pères et des mères.
L'être humain sans instinct dévoie l'énergie sexuelle et peut par sa pratique détruire ses propres enfants que ce soit par l'abandon, la négligence pour satisfaire sa passion et même par l'abus sexuel de ses propres enfants.
Au niveau même de notre Etat, la manière dont considère l'éducation des enfants et des adolescents est symptomatique de la bestialité rampante et de l'horreur qu'elle engendre :

Pour vraiment considérer chaque âme en devenir de ses élèves, combien un professeur accompagnera d'élèves ? Doit-il se contenter de faire des têtes pleines pour continuer à poursuivre l'horreur ou doit-il contribuer à former des têtes bien faites en vue de participer à l'élaboration d'une fraternité créatrice ?

Notre révolte doit être une révolte contre toutes les formes de notre bestialité qui suscitent une horreur de plus en plus étouffante. Cette révolte ne pourra pas être politique sans être spirituelle. Cette révolte ne sera pas une rêve-volution mais ce sera une re'évolution ! Notre révolte quand elle se cristallisera fraternité créatrice sera consciente de servir la cristallisation d'un après l'homme, un surhomme pas un super(be) humain.

Le surhomme qui vient surmontera certainement cette bestialité : il aura enfin une âme libérée de l'animalité.

Y a-t-il une relation d'âme à âme possible, si l'autre est d'abord un objet de satisfaction sexuelle ?
Y a-t-il une quelconque âme au sein du spectacle de la renommée ?
Y a-t-il une âme pourvoyeuse de richesse quand ce qu'on nomme richesse ne nourrit aucune forme authentique de fraternité créatrice universelle ?

Ne voit-on pas alors se dessiner notre âme française de la révolte ?

lundi 8 décembre 2008

L'HORREUR MISE A NUE.


Plus nous deviendrons conscients, plus l'horreur de la situation deviendra patente.

Et l'horreur est partout. Les tyrannies les plus sourdes sont à l'oeuvre aujourd'hui. On nous fait absorber les pires choses pour l'équilibre du corps humain. Par la nourriture, par nos meubles, nos peintures, par nos stylo-feutres et même par nos ordinateurs et les jouets de nos enfants... On ne détruit plus ouvertement comme le faisaient les nazis par extermination rapide et sans douleur au nom d'une idéologie inhumaine mais on nous tue à petit feu, car il n'y a pas de petits profits. On rend des gens consentants pour fabriquer cette horreur à vile prix et sans coeur à l'ouvrage. On suscite le désir de ces choses qui font cette horreur à grand renfort de propagandes et on n'a aucun complexe à les vendre. Et on arrache les forêts, on détruits les espèces vivantes, on liquide les écosystèmes, etc. Dans les folies nihilistes nazies, il y avait l'impulsion de mener jusqu'au bout l'extermination des sous-races y compris la race allemande quand elle s'avèra inférieure à la race slave. Aujourd'hui tout le monde y va de son petit couplet écolo mais pour justifier untel une centrale nucléaire, untel une batterie polluante d'un moteur électrique, untel pour vendre un produit certifié bio mais fabriqué sans âme, etc.

Les nazis ont souvent recyclé les gangsters, les petites frappes à leur service. Notre économie fait de même : les marchands d'armes, de drogues, de tripots et de prostitutions diverses nourrissent les circuits financiers.

Et les plus conscients sont encore à nous parler des bienfaits de la monnaie, à confondre ainsi l'être et l'avoir. Ils nous parlent d'évolution mais il faut financer leur empire commercial. au service d'un changement de culture. Au final , comme le suggère Satprem dans ses Carnets d'Apocalypse, ils ne proposent qu'un monde dont on arrondirait les angles.

D'autres moins spirituels veulent tout faire sauter ; ils se demandent ce qu'on attend pour foutre le feu. Mais ils ne voient pas qu'ils ne feront qu'une nouvelle variété de l'horreur comme ces Chavez avec leur stade d'êtres humains reniant toute poésie... Ils ne créent pas, ils n'évoluent pas : ce sont les apôtres des idéologies, de la vieille forteresse mentale qui est source de toute l'horreur.

Plus nous serons conscients, plus nous saurons que l'horreur la plus horrible est l'ignorance.

Avec quelle lumière voyons-nous toute cette horreur sinon avec cette joie et cette lumière qui ne demande qu'à être. Dire l'horreur n'est pas sombrer dans le cynisme qui en fait partie. C'est lancer à un appel à la lumière et la joie qui font pression pour secrètement descendre en nous pour la balayer de devant nos âmes, de dedans nos corps, etc. Dire l'horreur, ce n'est pas démissionner devant un Adversaire à qui appartiendrait ce monde perdu d'avance, c'est avant tout renoncer à tous nos moyens qui ont mis en place cette crise évolutive, c'est s'abandonner de plus en plus silencieux à la solution d'une conscience plus vaste qui travaille à travers nous pour s'incarner ici.

Il ne s'agit plus d'avoir jusqu'à en crever de peur de ne plus rien avoir. Il s'agit juste d'avoir ce qu'il faut au service de l'être à venir. Il ne s'agit plus de chercher une solution mentale par on ne sait quelle pensée intégrale, il ne s'agit même plus d'une solution spirituelle adoucissant les moeurs humaines, il s'agit de mettre le collectif progressivement au service de ceux qui radicalement entreprendront ou entreprennent vraiment le saut vers une nouvelle espèce qui manifestera toute la puissance de cela qui fait être, de ce "Tu es cela" qu'il nous faut devenir.

Imaginons un monde centré sur l'évolution consciente de la conscience. Toutes nos activités actuelles seraient vécues seulement dans la mesure où elles contribuent à une évolution consciente de la conscience. Nous voudrions donner toute notre énergie pour aider ceux qui seraient les plus avancés à oeuvrer y compris sur nos corps afin d'y élever la conscience. Rien ne serait plus simple : nous chercherions à servir la conscience et nous renoncerions à accumuler quoi que ce soit, y compris, des informations mentales qui l'engluent dans la croyance à la vieille espèce.

samedi 22 novembre 2008

LE FILS DE DIEU SUSCITE LE FILS DE L'HOMME QUI VIENT.

Suis-je encore seulement chrétien, moi qui songeais autrefois à une vocation religieuse dans l'Eglise catholique ?


En première personne, tout apparaît du monde et de la subjectivité dans l'impersonnalité. L'absence d'observateur qui se voit sur l'image précédente génère un JE SUIS au-delà de tout attribut. Ce JE SUIS est-il Dieu comme l'affirme Douglas Harding et comme le suggère le blog de José Le Roy?

Un lecteur de st Augustin prétendra qu'il y a de l'orgueil à confondre mon essence et celle de Dieu. José Le Roy répond sur son blog à l'aide d'Eckhart mais aussi de mystiques salués par les institution catholiques ou orthodoxes qu'il y a de l'orgueil à vouloir subsister en face de Dieu puisque Dieu est tout et que je ne suis rien.
Quant à moi, quand je sers l'ouverture et la transparence de mon champ de conscience en première personne, je me sens souvent glisser dans le cœur. Là, il y a comme quelque chose derrière dont je me sens le vague reflet et qui grandit dans cette ouverture en première personne. Ce JE SUIS ne me semble pas simplement le tout de Dieu, car en moi ce JE SUIS se révèle une dimension mystérieuse au-delà de tout au-dessus du ciel du champ de conscience, au très haut du champ de conscience (du dessin ci-dessus). Ce JE SUIS dans le cœur est un FILS de Dieu et il partage l'essence de Dieu le Père, une dimension du JE SUIS qui est un au-delà au-delà de tout au-delà du très haut du champ de conscience (qu'indique le dessin ci-dessus). Ce Fils de Dieu est comme un Fils de Dieu qui grandit dans l'ESPRIT, qui l'unit au Père. Ce Fils de Dieu qui s'annonce en arrière-plan du moi moribond annonce un fils de l'homme ressuscité.

Notre lecteur de st Augustin m'accusera de ne pas être un bon chrétien. Le FILS de Dieu est unique et c'est Jésus-Christ. Mais il reconnaîtra que je décris une participation à un processus divin trinitaire 
qui est divinisation de notre humanité. Mon discours s'inscrit parmi les continuateurs de maître Eckhart mais n'est pas très orthodoxe. 

A vrai dire, le vocabulaire m'importe peu, car je peux volontiers dire tout ceci dans les termes de Sri Aurobindo. 
Ce que le moi se fondant dans l'ouverture de conscience découvre être sa véritable individualité surgie de l'absence d'observateur est l'être psychique. Tout au fond, ce qui dans l'être psychique relie à l'éternel divin transcendant qui se tient au très haut du champ de conscience est l'étincelle de l'âme. C'est cela que le Christ a révélé en Occident. Car dans Les Evangiles canoniques, il ne dit pas qu'il est l'unique Fils de Dieu. A ceux qui l'accusent de blasphème lorsqu'il s'affirme le Fils de Dieu, il répond par le psaume de David "Vous êtes tous des Fils de Dieu" (Jn, 10, 34-39) et il nous enseigne à prier en disant "Notre père qui es aux cieux que ton nom soient sanctifiés [...]". Le fait qu'il soit unique en tant que Fils de Dieu n'est pas à comprendre, selon moi, comme le fait qu'il soit le seul Fils de Dieu.


Si Jésus-Christ, en outre, est le premier des fils de l'homme, rien n'interdit de penser qu'il soit réapparu après sa mort sur la croix ressuscité. Il serait dans le vocabulaire de Sri Aurobindo l'être supramental, une conscience manifestée charnellement et matériellement de la toute conscience du divin le plus transcendant, le Suprême. Le statut de Fils de Dieu serait offert à chacun d'entre nous, mais il n'est pas interdit de penser que lui,  Jésus-Christ, l'incarnerait de manière unique, si sa résurrection est authentique et qu'il est bien à la tête du corps des Fils de Dieu devenant cette nouvelle espèce d'une vie sans mort dont parle Sri Aurobindo.

Mais à l'heure où j'écris, je ne sais pas grand chose directement et par expérience de tout cela. 
Je n'ai pas été au tréfond de mon cœur et n'ai pas avancé suffisamment sur le chemin du fils de l'homme pour en savoir davantage sur Jésus-Christ et son accomplissement. 
Sri Aurobindo estime dans La Vie Divine que la croyance en la résurrection de Jésus-Christ n'est pas une supramentalisation, mais appartient encore à la surmentalisation, son corps s'étant absorbé dans son ascension. Mais qu'est-ce qui empêche une supramentalisation de ce corps surmentalisé ?

Après tout, peu importe, avançons et expérimentons nous-même en voyant ce que peuvent éclairer du chemin les propos des uns et des autres. Je me perçois effectivement en tant qu'ego comme une créature déchue, je ne vois pas continument les rayons du Fils de Dieu qui grandit à travers moi. Moi ego qui essaie de servir le divin, tant bien que mal, je me reconnais,  de ce point de vue, un Fils adoptif de Dieu par la grâce de ce Fils de Dieu, fils de l'homme à venir que JE SUIS individuellement. 
 Le filtre d'ignorance de l'ego m'empêche donc de m'identifier sans nuances à JE SUIS contrairement à Douglas Harding ou à Maître Eckhart. 
Avec eux, JE SUIS dans la transparence en première personne, ce presque rien au cœur de tout, cette paix et cette ouverture infinie de Dieu à sa propre création. Cependant, à l'évidence, je ne co-crée pas consciemment en plénitude cet univers matériel et biologique en évolution : j'ignore de nombreux plans du processus auto-créateur. Et du point de vue de mon expérience de Fils adoptif de Dieu encore ignorant du processus divin auto-créateur, je peux affirmer que la divinisation n'est pas seulement un objet de foi et d'espérance plus ou moins lointaine : elle est à l'œuvre que nous le voulions ou non, l'Amour de Dieu augmente notre participation à son processus auto-créateur. JE SERAI un jour un Fils de Dieu partageant complétement l'essence auto-créatrice du Père.

D'un certain point de vue, je suis chrétien encore et d'un autre je ne suis pas chrétien. Certes, je marche à la suite de Jésus-Christ qui, lui aussi, se moquait de toutes les orthodoxies et hétérodoxies. De grands théologiens comme Bonhoeffer ou Barth, inspirés par Kierkegaard, n'ont-ils pas opposé foi et religion ? Mais je réinterprète tellement le vocabulaire qui me vient des Evangiles à la lumière de Sri Aurobindo et d'expériences mystiques d'autres horizons religieux qu'on me situera en lisière du christianisme, ayant encore quelques pas à faire pour vraiment me dire du Christ.
Quoi qu'il en soit, "il y a plusieurs demeures dans la maison du Père" et je puis dire à l'adresse de ceux qui se limitent à saint Augustin ou à Maître Eckhart, je suis du Christ archétype d'individualisation des Fils de Dieu dont l'homme est une individualisation de transition vers le fils de l'homme. J'ai la foi sans la religion car comme je l'explique ici j'ai commencé à m'individualiser au-delà des frontières communautaristes religieuses même les moins exclusivistes...

samedi 8 novembre 2008

ARGENT ET SPIRITUALITE.


"Don't make it cheap !" [Ne le faites pas bon marché], disait Swami Prajnanpad à son disciple Arnaud Desjardins qu'il conseillait en vue de la transmission d'un enseignement spirituel au sein d'un ashram en France. Je remarque qu'Arnaud Desjardins ou Douglas Harding (et ses vrais amis) sont les rares sur le marché spirituel à proposer une démarche dont le coût n'est pas centré sur l'argent. Arnaud Desjardins fait travailler ceux qui viennent dans son ashram mais demande à chacun de donner financièrement ce qu'il lui semble juste de donner par rapport à ses possibilités et bien sûr par rapport à la valeur du lieu. Douglas Harding et maintenant ses vrais amis comme José Le Roy ne demandent que de l'attention à soi-même et parfois un partage des frais comme entre vrais amis.

Richard Moss pour 10 jours demande par exemple1000 euros pour son enseignement auxquels s'ajoutent le prix du logis et du couvert. Andrew Cohen demande 270 euros pour un week-end auxquels s'ajoutent là aussi le prix du logis et du couvert. Ghis autrefois nommée Ghislaine Lanctot, une enseignante spirituelle Québecquoise qui se réfère à Sri Aurobindo, Mère et Satprem demande 1000 euros en liquide pour 10 jours de son enseignement qui invite à se libérer de toute autorité autre que soi-même et qui propose pourtant des moyens alternatifs à l'argent.


Est-ce que quelqu'un qui est au SMIC (environ 8 euros nets de l'heure) et chargé de famille ou quelqu'un qui a un handicap sévère et touche environ 700 euros par mois peut envisager de s'engager dans ce genre de recherche spirituelle ? Et pourtant rien ne dit qu'un handicapé ou un smicard ne puisse pas participer à une évolution consciente de la conscience.

Je ne comprenais pas bien cela mais la vie m'a fait un drôle de tour alors que je m'étais engagé spirituellement auprès de l'un de ces maîtres en évolution consciente de la conscience, elle a fait fondre à tel point les ressources familiales que j'ai dû laisser tomber. Mais au fond, c'est la vie, le suprême gourou : j'ai réalisé que avant tout relié à la recherche de Sri Aurobindo, Mère et Satprem, il fallait que j'écoute la vie et son enseignement. Un collectif d'individus qui témoigne d'une certaine conscience collective manifeste ne vaudra jamais pour moi le gourou qu'est la vie. Si pour entrer dans un tel collectif je n'ai pas les moyens financiers alors cette manifestation de conscience collective me paraît en dessous de la conscience de la vie qui elle seule mène l'évolution consciente de la conscience.

Ce qui est très curieux est qu'une fois la leçon apprise, la vie m'a de façon inattendue redonner un revenu de classe moyenne correct.

Ceci dit certains qui ont les moyens financiers devront s'intéresser à ces maîtres spirituels pour atteindre ce point où ils seront capables de se mettre à l'écoute individuellement de leur gourou intérieur, la vie dans son mouvement d'évolution consciente de la conscience. Pour moi, ce fût le cas et puis quand la vie a estimé que je devais passer mon chemin et que j'ai persisté à ne pas l'entendre, elle a pris les grands moyens.

Sri Aurobindo et Mère comme la vie d'ailleurs n'hésitaient pas à envoyer leurs disciples vers des maîtres spirituels qui interrogés ne voyaient pas l'intérêt spirituel de l'enseignement de Sri Aurobindo et de Mère. Ramana Maharishi ne comprenait pas l'idée d'évolution de la conscience et pourtant de nombreux disciples de Sri Aurobindo et Mère l'ont rencontré sur les conseils de ces derniers. Une spiritualité intégrale ne peut nier la spiritualité quelle qu'elle soit même si elle a une part d'ignorance qu'elle ignore.

Sri Aurobindo et Mère fonctionnaient un peu comme Arnaud Desjardins :
- peu de publicité pour leur ashram y compris dans leurs livres ;
- un accueil sans condition de ressource de toute demande après un échange de courriers, une première rencontre amicale qui leur permettent de jauger les chances d'intégration à la vie de l'ashram.

Où sont aujourd'hui les maîtres spirituels de l'évolution de la conscience contemporains (Arnaud Desjardins étant plus proche de Ramana Maharishi que de l'évolution consciente de la conscience) capables d'accueillir autour d'eux des apprentis disciples en jaugeant la qualité de leur aspiration spirituelle sur des critères qui ne soient pas en premier lieu leur capacité quantitative à s'affranchir de leurs tarifs ?

Peut-on faire confiance à une entreprise qui veut développer économiquement son pouvoir sur la culture environnante pour vraiment nous mener individuellement et non selon des recettes indifférenciées à entendre le gourou intérieur, le principe d'invidualisation cosmique de la vie qui est le vecteur de l'évolution consciente de la conscience ?

Si l'évolution consciente de la conscience est notre but alors même une monnaie de substitution sera à surmonter. C'est l'argent qu'il nous faut détruire. Le quantitatif va à l'encontre du qualitatif et donc d'une réelle individualisation évolutive de la conscience une.
Raoul Vaneigem un situationniste, ce mouvement qui avait inspiré le coeur rageur de mai 68 montre que nous avons besoin de rompre l'idée que nous devons gagner de l'argent pour vivre. Cette idée est le signe que notre bestialité reste prédominante. Reste à vaincre cela politiquement et spirituellement.
Spirituellement, il me semble que la position de st Paul sur la question de l'argent doit rester à l'honneur : il ne demande rien pour sa Bonne Nouvelle, il assure par son travail sa propre subsistance. Mais st Paul demande de l'argent pour son église... C'est là où la spiritualité se fait politique. La politique de l'Eglise a fait bon ménage avec les puissances de l'argent...

Politiquement si nous voulons abattre la religion de l'argent, il faut agir globalement et non seulement localement avec une petite monnaie entre soi. L'Etat doit être réinvesti : l'argent de l'Etat acquis par l'impôt ne doit plus servir à n'importe quoi, il doit servir à rendre libre les êtres humains de toute exigence matérielle de survie. Un Revenu Minimum d'Existence serait peut-être une solution. Plus de bourse d'étude, plus de retraite, plus d'assurance chomage, plus de droit opposable au logement, plus d'aides aux grosses multinationales pour des emplois précaires, plus d'aides aux industries d'armement et du pétrole, plus de justification pour les plus pauvres de s'embaucher dans la mafia et de croire en la loi de la jungle, un seul Revenu Minimum d'Existence permettant à chacun de ne plus avoir à travailler pour survivre c'est-à-dire de quoi manger, boire, s'habiller et se loger. Il va sans dire qu'aucune banque, rien ni personne ne pourrait prélever autre chose sur ce revenu que ce qui assure l'existence matérielle...

Dans un tel contexte, rapidement ceux qui pratiquent une authentique évolution consciente de la conscience pourraient mettre en place une économie libérée du profit et l'argent disparaîtrait peu à peu naturellement bien que devenu l'instrument docile de l'évolution de la consience. En effet il deviendrait inutile pour des êtres sensibles à la qualité de conscience et non à une certaine quantité de monnaie.