mercredi 25 avril 2012

TRANSFORMATION RADICALE DE CONSCIENCE ET CULTURE AUTHENTIQUE DE L'ÂME.



Extrait de la lettre d’Emile Zola, L'Aurore du 13 janvier 1898.

Quant aux gens que j'accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n'ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l'acte que j'accomplis ici n'est qu'un moyen révolutionnaire pour hâter l'explosion de la vérité et de la justice.
Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme. Qu'on ose donc me traduire en cour d'assises et que l'enquête ait lieu au grand jour !



Transformation radicale de conscience

En cette période chaotique de fin d'humanité, où nous sommes les témoins impuissants de l'effondrement de tous les systèmes et de nos pays, qu'allons-nous faire ? Continuer à écouter les propositions désastreuses de nos dirigeants et sombrer avec eux, ou retrouver notre pouvoir véritable et l'exercer ? Nous avons le choix et le moment est venu de prendre une décision.

La plus grande crise évolutive de tous les temps est amorcée. Elle nous conduit tout droit à l'anéantissement de nos habitudes, nos désirs et nos croyances illusoires pour qu'émerge l'être véritable qui sommeille en nous. La seule autorité est à l'intérieur de l'individu conscient de son identité. C'est à une révolution de conscience que nous sommes invités. C'est un rendez-vous ! (dernières nouvelles sur personacratia)


Je trouve cette citation intéressante. En fait je suis d'accord avec le fait que nous devons être notre propre autorité et que donc "la seule autorité est à l'intérieure de l'individu". Mais reste à savoir de quelle identité nous sommes conscient. Tant que l'âme n'a pas émergée, il y a peu de chances que cette autorité intérieure soit fiable.

Personnellement, je ne trouve pas que Personocratia très convaincante sur ce dernier point. 

Dans le Guide Almora de la spiritualité, j'ai critiqué des points assez fantaisistes aux yeux de ceux qui utilisent leur raison sceptique et respecte la science et l'histoire (voir cet article qui contrevient à tout ce que la science et la raison critique nous apprennent). Mais après tout ceci requiert un savoir extérieur pointu et une relativisation sceptique demanderait beaucoup d'efforts. 

Je veux ici considérer un point spirituel touchant à la réalisation de l'âme à laquelle Personocratia se réfère en me plaçant au sein d'une perspective intégrale (côté Sri Aurobindo, Mère, Satprem). Et ce point de vue amplifiera ce qu'il y a de positif dans son approche le libérant de ce qui semble un peu l'engluer dans les demies-vérités (mais moi-même n'en suis-je pas encore là lorsque j'accepte d'être mis en lumière !?).
Prenons un exemple parmi des tas d'autres : Personocratia défend la théorie du centième singe. Cette théorie a le vent en poupe dans le New age voir dans le mouvement intégral mais elle n'est guère rigoureuse et défendable scientifiquement dans son idée de masse critique. Selon moi, elle l'est encore moins si l'on part d'une réalité psychique en arrière plan de toutes les formes vivantes et qui au fond évolue à travers l'évolution de ces formes. 

Le saut à une nouvelle espèce ne se fait que si des âmes en ont le besoin. Ce n'est pas alors une question de nombre ou de masse critique. Le travail isolé d'une seule grande âme peut réaliser un pont vers une nouvelle manière physique d'exister. Au niveau de l'évolution culturelle (qui n'est pas physique) nous en avons de nombreux exemples. Enfin l'évolution du vivant ne passe pas par la mutation graduel d'un grand groupe : il semble qu'une grande partie de notre espèce n'ait eu à un moment que quelques femmes à son origine voir une seule pour sa globalité

Sri Aurobindo dans La Vie divine écrit p.882 chapitre 23 dans la traduction de Mère :
Si une création supérieure est prévue, ce n'est certainement pas à partir de l'homme que le degré, le type ou le modèle nouveau pourra se développer, car, dans ce cas, il existerait une race, une espèce ou une catégorie d'êtres humains qui posséderait déjà les premiers éléments du surhomme, tout comme l'être animal particulier qui s'est transformé en homme possédait déjà, ou contenait en puissance, les éléments essentiels de la nature humaine. Or, il n'existe pas de race, de genre ou de type semblables; tout au plus existe-t-il certains êtres mentaux spiritualisés qui cherchent à s'échapper de la création terrestre. Si par une loi occulte de la Nature une telle transformation de l'être humain en un être supramental était prévue, elle ne pourrait être accomplie que par un petit nombre d'individus qui se détacheraient de l'espèce pour former le premier fondement de ce nouveau type d'êtres. Rien ne laisse supposer que l'espèce tout entière parviendrait à cette perfection ; cette possibilité ne pourrait s'étendre à toutes les créatures humaines.
Il se peut que Mère, Sri Aurobindo et Satprem à eux trois aient effectivement réussi à poser le pont occulte vers une nouvelle espèce pour les âmes qui en éprouveront le besoin et qui ayant fait le tour de l'espèce humaine y seront prêtes [Chacun d'entre eux décrit son avancée à partir de ce qu'a réalisé son prédécesseur et ce n'est pas leur seul point de vue, Kireet Joshi ou Niranjan Guha Roy en témoignent à leur façon.]. 

Toutefois ceci restant une question d'expériences et de réalisation que nous n'avons pas, revenons à une vision mentale où ceci ne reste qu'une possibilité. Restons-en au cas de celui qui peut entrevoir en lui les lumières psychiques :

C'est parce qu'il sera à partir de son développement psychique à l'unisson de la volonté de la nature qu'il accomplira complétement le tour du cycle humain car c'est le niveau de développement psychique qui implique le niveau de développement possible pour un être humain :

Du point de vue de l'âme, les différentes mentalités qu'ont pu repérer les développementalistes sociaux (Grave, Beck et Cowan ou encore Ken Wilber par exemple) permettent juste de trouver son expression la plus satisfaisante en fonction de sa capacité à entrer en harmonie au travers de l'individualité avec la volonté de la nature :
[Il] se révèle que l'effet fondamental du Mental dans l'homme n'a pas été de le rendre plus intelligent (intelligent par rapport à quoi ? la souris dans son trou a aussi la parfaite intelligence de son propre terrain) mais de l'individualiser au sein de sa propre espèce et de lui donner le pouvoir de varier [...] et finalement de le rendre capable de jeter un regard sur ce qui dépasse son propre état.
Car au fond les développementalistes sociaux se trompent s'ils voient là d'abord une forme de progrès dans l'évolution de la conscience.

En effet comme l'écrit Sri Aurobindo un peu plus loin dans le même chapitre 23 p.883 dans La Vie divine :
[L]'idée même de progrès humain est très probablement une illusion, car rien n'indique qu'après avoir émergé du stade animal, l'homme, en tant que race, ait radicalement progressé au cours de son histoire. Tout au plus a-t-il avancé dans sa connaissance du monde physique, dans les sciences, dans ses rapports avec son milieu, dans son utilisation purement extérieure et utilitaire des lois secrètes de la Nature. Mais par ailleurs, il est resté ce qu'il a toujours été depuis l'aube de la civilisation ; il manifeste les mêmes capacités, les mêmes qualités, les mêmes défauts, il fait les mêmes efforts, commet les mêmes erreurs, parvient aux mêmes accomplissements, enregistre les mêmes échecs.
Si progrès, il y a eu, c'est un progrès à l'intérieur d'un cercle — un cercle qui va peut-être s'élargissant, mais rien de plus.
L'homme d'aujourd'hui n'est pas plus sage que les voyants, les sages et les penseurs d'autrefois ; il n'est pas plus spirituel que les grands chercheurs de jadis, les premiers et puissants mystiques ; il n'est pas supérieur, dans les arts et métiers, aux artistes et artisans de l'antiquité. Les vieilles races disparues firent preuve d'une originalité et d'une invention innées, d'une aptitude naturelle à faire face aux problèmes de la vie, et si l'homme moderne est allé un peu plus loin dans ce domaine, ce n'est pas parce qu'il a accompli un progrès essentiel, mais parce que ses capacités se sont développées, élargies, enrichies, et qu'il a hérité des accomplissements de ses prédécesseurs.  [...] Mais si son mental est capable de s'ouvrir à ce qui le dépasse, alors il n'y a aucune raison que l'homme lui-même ne puisse atteindre au supramental et à la surhumanité, ou, tout au moins, ne prête son mental, sa vie et son corps à l'évolution de ce terme plus grand de l'Esprit et à sa manifestation dans la Nature.
Par ailleurs sans mettre en cause ce qui vient d'être dit, on peut aussi considérer que cet élargissement a déplacé le centre problématique de l'humanité entière. C'est l'âme de tous qui dans l'expérience est obligée de s'affronter à des limites civilisationnelles sans cesse déplacées mais chaque fois non résolues.
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Autrement dit, si des âmes doivent effectuer consciemment le passage du mental au supramental c'est-à-dire vers une conscience au-delà du mental humain, il nous faut susciter une culture permettant de nous individualiser psychiquement physiquement, vitalement, mentalement et spirituellement tout en élargissant notre conscience de plus en plus universellement (mentalement, vitalement et physiquement) pour mettre notre réalité psychique en harmonie avec la volonté de la nature.

Une solide et rigoureuse vision intégrale mentale et plus largement une culture intégrale comprenant aussi les plans émotionnels et corporels est donc nécessaire pour que le psychique prenne plus facilement (et moins douloureusement voire moins cruellement) conscience de soi et de la volonté de la nature en l'homme.
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