samedi 4 mai 2019

LE DIVIN EST NOTRE AMI






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Le Divin est notre Ami






Au moment où nous devenons conscients de notre destinée spirituelle nous devenons conscients en même temps d’un pouvoir plus grand, une Personne, Quelqu’un que nous appelons Divin, Dieu, la Mère Divine, le Seigneur qui est particulièrement intéressé dans notre vie, notre développement. Nous sentons qu’un plus grand pouvoir est entré dans notre vie et arrange les événements et circonstances afin de nous mener de l’état humain obscure et ignorant à l’état de liberté de l’esprit, sa paix, joie, beauté et harmonie. Nous percevons la main d’un Ami invisible, le sourire de la Grande Mère, la sagesse du Guide. En même temps le Divin reste une personne mystérieuse si proche et pourtant si loin. Parfois Il est plus concret que la matière parfois plus nébuleux que les étoiles les plus distantes. Il n’y a plus de traces de Lui nulle part, Il est si loin que tout semble un vide sans fin. Il a simplement disparu dans la non existence. A d’autres moments Il est si proche et despotique que sa tyrannie semble insoutenable. 


Le fait est que nous voulons le Divin mais nous ne connaissons pratiquement rien de Lui et de sa nature. Nous aspirons à Lui soumettre notre vie, mental, corps et âme mais en pratique nous voulons qu’Il accède à tous nos caprices et désirs. Nous L’admettons comme un ami dans notre salon mais ne Lui permettons pas d’intervenir dans notre vie privée. Nous voulons le Divin mais ne Le connaissons pas bien, nous voulons nous soumettre à Lui mais ne lui faisons pas confiance. Nous ne sommes pas surs de Lui et pourtant nous ne pouvons le laisser. Et cela ne dépend pas de nous. Si nous sentons que le Divin est entré dans notre vie, nous sommes bénis. Nous serons menés vers notre destinée spirituelle car Il a imposé son sceau sur notre âme. Aucune difficulté, faiblesse ou pouvoirs adverses dans ce monde ou dans d’autres, aucun attachement ne pourra arrêter notre progrès vers le Divin car c’est Lui même qui nous prend par la main le long de la route vers une conscience de plus en plus haute. La connaissance du Divin augmentera jusqu’à ce ce qu’elle traverse les frontières du fini pour se perdre dans l’éternel, l’infini. L’amour et la soumission augmenteront jusqu’à ce que les pensées et les émotions soient surchargées par la présence divine, chaque cellule et fibre possédées par l’extase divine. 


Une fois que nous avons entendu son appel, que nous avons répondu à son contact de transformation, une fois que la ligne de communication avec le Plus Haut est établi, personne, rien ne peut le déranger. Si nous n’entendons pas sa voix c’est que nous ne voulons pas l’entendre. Nous devons avoir confiance en Lui. Tout ce qu’Il fait est pour notre bien, le bien des autres, le bien du monde car Il ne peut pas faire autrement. Nous devons accepter avec une clairvoyance spirituelle tout qui ce qui nous vient dans la dispensation divine. Confiance en Lui, tout le temps et dans toutes les circonstances est la vision ultime. Cela procure une profonde paix et la félicité sereine d’une existence divine infinie. Tout ce que la Mère des mondes a touché dans sa vision aimante est destiné à atteindre le But divin. 


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Niranjan Guha Roy 1983 

L'EVOLUTION DIVINE, L’ÂME ET LE PRINCIPE DU GOUROU.

PEINTURE DE NIRANJAN GUHA ROY - VIBRATION SUPRÊME
Dans l'intimité de moi-même, je parle souvent en utilisant le terme divin. Pour parler de spiritualité, il y a quantité d'autres termes, et celui-là entraîne la vie spirituelle dans des directions auxquelles les termes vacuité, véritable nature, lumière intérieure, libération, réalisation, éveil, etc. n'invitent pas toujours aussi directement.

Le divin implique des niveaux d'être et de devenir. Toute la vie est divine, tout est manifestation du divin mais certaines manifestations manifestent davantage le divin que d'autres. Le Oui à ce qui est n'est pas dans cette perspective complicité avec les formes inférieures et déviées de la manifestation du divin. Le Oui à ce qui est s'inscrit dans une évolution divine... Avouons que beaucoup de compromissions avec un refus de l'évolution divine peuvent se cacher derrière un Oui à ce qui est, qui n'est qu'un Oui à l'inertie, au refus d'évoluer, etc.

Parfois je reprends l'idée judéo-chrétienne que l'amour est le but de la vie spirituelle et que mon souci de l'autre authentifie mon progrès spirituel. Mais quand je reviens au divin, tout ce discours de charité s'en trouve modifier. Augustin d'Hippone lui-même m'a permis de comprendre qu'il me fallait d'abord vivre l'amour avec le divin avant de vouloir le vivre avec quelque créature. Tout être que le divin me donne d'aimer ou par laquelle j'expérimente d'être aimé n'est pas le divin avec qui seul l'amour peut grandir authentiquement et se réaliser en tant que réalité divine. D'ailleurs combien de fois n'ai-je pas été conduit à choisir entre un amour bien humain trop humain et l'amour du divin ? C'est toujours en revenant à la priorité donné à l'amour du divin que l'amour humain pouvait retrouver sa vraie place. L'amour divin embrasse l'amour humain mais la réciproque n'est pas vraie. La spiritualité c'est d'abord pour le divin, par le divin et au service du divin. L'humain a sa place dans la vie spirituelle mais sa juste place sera trouvée par le divin. Car prendre au sérieux le divin pour moi c'est aussi prendre au sérieux une divinisation qui ne peut que nous amener vers la perfection de l'humain puis un au-delà de l'humain et ses limites...

Une autre conséquence de mon rapport au divin en ce qui concerne la vie spirituelle est mon rapport aux gourous, aux enseignements et aux religions. Rares sont, me semble-t-il, les prétendus instructeurs et enseignants au bénéfice d'un gourou, d'un enseignement ou d'une religion qui nous ramènent au seul amour du divin. Les religions enferment le divin dans leurs dogmes, leurs institutions et leurs désirs d'apporter leurs lumières... L'amour d'une religion n'embrasse pas l'amour du divin. Les enseignements spirituels en affirmant leur pérennité de même enferment le divin dans leurs limites. On trouvera vraiment le divin en dépassant ces limites. L'amour d'un enseignement n'embrasse pas l'amour du divin. Si on admet l'évolution divine autant que son éternité alors tous ces enseignements devraient avoir l'humilité de se présenter comme une aide pour monter telle marche spirituelle précise, à un moment historique de l'évolution humaine donné et laisser ouverte l'aventure divine que chacun devra ensuite mener... 
Enfin le gourou... A la rigueur lui-même pourrait évoluer et être un guide en avant de nous sur le chemin d'une évolution divine. Mais même en ce sens, il nous renverrait au divin avant de nous renvoyer à lui en tant que gourou ou même "plus modestement" à son propre gourou. 
Mais si un gourou n'est pas réductible à n'être qu'un instructeur ou qu'un enseignant, comme certains le précisent, notre critique vaut-elle ? Et dans ce cas qu'est-il ? 
Un gourou véritable ne vivrait pas sa vie de gourou parce qu'il y a des élèves, des disciples s'affirmant ou se reconnaissant comme tels. Un gourou serait celui ou cela qui, au moins momentanément, aurait le poids spirituel, du point de vue d'une influence occulte plus ou moins consciente, de servir l'oeuvre du divin par la cristallisation d'individualités réceptacles suffisamment plastiques. 

Pour moi, au moins cinq ou six conséquences s'ensuivent : 

1 - La divinisation de l'humain passe par un principe d'individuation du divin en l'homme, une âme qui n'est pas à confondre avec notre ego, nos personnalités, etc. ; l'âme est le guide le plus sûr de notre vie spirituelle ; elle-seule peut reconnaître ce qui fera office de gourou pour qu'elle parvienne à prendre vraiment les rênes de notre individualité et à la confier au divin

2 - On ne peut pas parler de relation authentique à un gourou tant que la relation dans son action ignore l'âme, le principe d'individuation du divin en une personne ; de ce point de vue, il y a peut-être eu plus des disciples authentiques que des gourous vraiment conscients de leur action ;

3 - Un groupe d'amis spirituels pourrait former un gourou en servant l'esprit divin qui, au milieu d'eux, les ouvrirait dans une communion de plus en plus solide à leur âme respective ; cela a déjà eu lieu, par exemple, lors des dialogues avec l'ange que Gitta Mallasz a pu nous transmettre ;

4 - Une âme divinisée peut seule être un gourou individuel ; il y a surement très peu de gourous légitimes et honnêtes actuellement ; la possibilité d'une âme divinisée sur terre n'est pas à exclure par principe cependant...

5 - Le rejet du principe du gourou en devenant un enseignement spirituel peut faire de celui qui l'enseigne le gourou des gourous ; il faudrait parler depuis notre point 3 ou 4 pour être paradoxalement spirituellement vrai sur la question du gourou dans ce moment actuel de l'évolution divine... 

6 - Reste le point de vue de disciple et d'élève, en haut de cette page de blog, j'ai affiché Douglas Harding qui s'est toujours refusé au rôle de gourou mais vivre avec ses amis et ses outils, n'est-ce pas suivre un gourou au sens de mon 3 ? Et j'ai aussi affiché Mère et Sri Aurobindo lors d'un darshan. Sri Aurobindo et Mère n'ont-ils pas pris la posture indienne du gourou ? A ceci près qu'ils ont formé un gourou bicéphale et que leur rôle du gourou a toujours été subordonné au fait de remettre leurs disciples au divin. Car leur action étaient d'abord de chercher à incarner le divin et d'inviter ceux qui se sentaient prêt à l'incarner.  Ce qui me rapproche d'un gourou aux sens de mon 3 et de mon 4.
Absolutiser le rôle du gourou, c'est adorer un tabernacle du divin au lieu de se soumettre vraiment au seul divin pour qu'il nous humanise et nous divinise. 
Dans un monde où les âmes disposeraient d'une culture et d'une éducation leur permettant de prendre les rênes de leur individuation, le rôle humain du gourou personnel n'aurait plus de sens. 
La collectivisation du gourou est donc un chemin culturel et spirituel qui sert au mieux une humanisation individuelle enfin transparente aux âmes et qui prépare une divinisation de l'individualité au-delà des limites de l'humain. 
Elle annonce aussi la fin du moment historique où le rôle de gourou incarné par une personne humaine avait une pertinence culturelle et spirituelle. 
Voici, si je suis honnête ce que mes maîtres en humanité et en divinisation, les libérateurs de mon âme, paradoxalement m'apprennent au sujet du gourou.


PEINTURE DE NIRANJAN GUHA ROY - LE BUT A ATTEINDRE
... 

Remarque : cet article veut interroger certaines défenses actuelles du principe du gourou qui semblent sous-entendre que sans gourou, il ne saurait y avoir de véritable spiritualité.

Citation :


Sri Aurobindo écrit dans les Lettres sur le yoga, tome 3, Buchet Chastel, p. 130 :

"La relation entre Gourou et disciple n'est que l'une des nombreuses relations que l'on peut avoir avec le Divin et dans notre yoga, où le but est une réalisation supramentale, il n'est pas habituel de lui donner ce nom; le Divin est plutôt considéré comme la Source, le vivant soleil de lumière, de Connaissance, de Conscience et de réalisation spirituelle, et tout ce que l'on reçoit, on le sent venir de là, on sent que tout l'être est remodelé par la main divine. C'est une relation plus grande et plus intime que la relation entre gourou humain et disciple qui relève d'un idéal plus limité. Néanmoins si l'intellect a encore besoin de cette conception mentale, qui lui est plus familière, elle peut être conservée tant qu'elle est nécessaire; seulement ne permettez pas à l'âme de s'y attacher, ne laissez pas cette conception mentale restreindre l'afflux d'autres relations avec le Divin et de formes d'expériences plus vastes."
Résumons : 
 Ne donne pas ton âme au gourou, trouve-là pour t'offrir au divin.

samedi 20 avril 2019

L'ANIMAL PRIMORDIAL MEURT LENTEMENT ET RENAÎT COMME UN DIEU


L'animal primordial meurt lentement et renaît comme un dieu
Les animaux ne luttent pas contre leur nature, maîtresse absolue. Les poissons, les oiseaux, les animaux suivent leur instinct. Les pigeons agissent spontanément, ignorent l’éthique et la moralité. Mais l’homme qui a goûté la pomme commence à être divisé, tourmenté. Il cherche toujours une loi supérieure pour guider sa vie agitée, mais presque toujours déjoué par l’animal redoutable en lui. Il est aussi comme une machine tournée vers sa nature inférieure. Aucun effort humain, culturel, social, religieux, aucune punition impitoyable n’ont pu dompter, maîtriser ou transformer l’animal originel en lui. Il est comme une girouette tournant au gré de ses passions, ses émotions, ses désirs, ses fantaisies, ses malheurs et ses plaisirs. Comme il est aussi un penseur, il est toujours en lutte avec l’animal qui le déchire, domine sa vie, l’empêche de réaliser ses rêves dorés.

Mais inconnue de lui, une grande Divinité veille sur sa vie. Elle habite son cœur mystique et attend l’heure propice en silence. L’homme physique périssable porte en lui son vrai moi divin immortel. Au fur et à mesure que son moi, son âme intérieure immortelle grandit, la paroi entre son être physique animal fruste et la Divinité secrète s’amincit et la lumière intérieure commence à inonder sa vie. Il n’est plus tout le temps un jouet, un bateau en dérive hors contrôle. L’éternité envahit son existence entière, l’homme naturel animal, le penseur, le rêveur, l’idéaliste impuissant, les ailes cassées, coupées, subit une métamorphose longue, difficile et progressive mais ravissante. Les horizons qui l’enfermaient dans cet univers matériel s’évanouissent en le projetant dans une immensité de félicité lumineuse. L’animal primordial meurt lentement et renaît comme un dieu, un serviteur fidèle, puissant, joyeux, soumis à la Divinité suprême. Tout l’être devient un seul bloc, monolithique, mû par une seule volonté. Une harmonie céleste enlève toute dissonance, crée une concordance sublime. L’homme divin naissant toujours paisible, son regard toujours fixé sur le Divin, prend la place qui lui est destinée dans la Symphonie universelle dirigée par la Mère. L’homme n’est pas condamné à perpétuité, il est un dieu en germe.

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Niranjan Guha Roy, 2000



dimanche 14 avril 2019

FOI ET CROYANCES. DÉPASSER LE MENTALO-CENTRISME.


Le besoin de croyances revient à se crisper sur une identité. Ce besoin de croyances est un besoin d'adorer. Adorer c'est s'installer. Adorer ce n'est pas chercher un pur amour. Un pur amour initie toujours au fait d'entrer plus consciemment dans le libre jeu de la vie. Un pur amour n'enchaîne pas. Le mot foi doit être purifié de toutes les croyances. La seule foi dont nous avons besoin est la fidélité et la confiance dans un courant de vie libérateur et créateur, évolutionnaire. 
Foi en la vraie vie qui est et dont le devenir est encore à faire surgir. Foi qui produira l'effondrement de toutes les forteresses mentales. 
Foi dont l'espérance est la fin des croyances en des modes de vie qui font obstacles à de nouvelles aventures dans la manière de vivre et s'ingénient à frustrer d'autres modes de vie qui pourtant n'empêchent pas la leur. 
Foi qui nous conduira à la fin de toutes nos tendances aliénantes : égocentrisme, tribalisme (familio-centrisme), ethnocentrisme, anthropocentrisme au sens de conscience mentalocentrique qui absolutise des limites et des différences mentales niant l'Un innombrable du vivant...

Il y a dans cette foi purifiée l'intégration d'une saine relativisation de toute formulation mentale même la mieux démontrée et expérimentalement testée. Il s'agit bien d'une foi qui a réalisé la nécessité de l'intégration de la fin de la croyance exclusive en un quelconque grand récit parmi d'autres, de la quelconque adhésion à une théorie, une idée aussi généreuses soient-elle au dépend de toute autre considération. 


Toute ligne mentale partisane aussi généreuse et humaniste soit-elle finira par montrer qu'elle embrouille une intelligence intuitive qui pourrait autant produire de clairvoyance de l'esprit que de clarté du cœur. Et toute tentative de produire une synthèse quoique plus ouverte pendant un moment finira par s’avérer une ligne partisane juste un peu plus subtile. L'intelligence intuitive seule rapproche notre volonté d'être plus amplement instrument de la vie créatrice et libératrice instant après instant.

Les postmodernes avaient la nostalgie des grands récits, ils aimaient à retrouver ceux des autres cultures et contestaient le progrès moderne qui pourtant avait sapé les monopoles des grands récits prémodernes. Ils risquaient de nier l'importance de l'expérimentation à force de vouloir mettre fin à la suprématie théorique de l'objectivité sur la subjectivité.

Quand notre foi libre des croyances admet que les grands récits ont des ressources expérimentales non duelles dont nous pouvons hériter sans nous y cantonner, elle est alors surmoderne. Car alors nous admettons l'existence de faits intérieurs.


Cette foi devient plus que surmoderne quand elle envisage la libération de la conscience mentalo-centrique. Elle découvre non seulement un immuable au-delà du mental mais aussi et surtout un devenir au-delà et derrière la conscience mentale.

Cette foi aime viscéralement le pluralisme. Un perspectivisme n'est pas un pluralisme car un perspectivisme est la défense d'une coexistence de perspectives qui au final tend à s’accommoder de toutes les régressions 
antimodernes.

La foi dans le pluralisme repose sur la foi en une unité du vivant non représentable, l'Un innombrable de la vie. La foi qui veut se purifier des croyances aime de plus en plus le pluralisme car elle aime le bouillonnement fraternel vivier des nouvelles harmonies de demain qui n'auront rien de belles synthèses rationnelles et seulement mentales.

Les antimodernes refusent l'évolution des espèces car ils n'apprécient pas leur entière appartenance au règne des êtres vivants, ils refusent l'ancêtre commun. Le postmoderne veut que l'évolution du vivant ne soit pas identifiée à la marche d'un progrès. La surmodernité avancée comprendra aisément que le choc de l'évolution consiste à ouvrir la possibilité d'un après l'homme, une conscience en devenir par delà l'action mentale. 


La surmodernité réhabilite-elle alors le progrès moderne ? "Sur" peut signifier poussé à l'excès, il est alors synonyme d'"hyper". Le transhumanisme est du côté de l'hypermodernité. "Sur" peut signifier au delà. L'après l'homme a alors à voir alors avec la fin de toutes les croyances mentalo-centriques. 

Les seuls liens possibles entre la conscience mentale et ce qui dépasse son MENTALO-CENTRISME sont alors les arts et la poésie à nouveau reconnus comme ouverture au surréel et non plus cantonnée à l'irréel.

Si nous prenons ceci au sérieux l'économie quantitative financière, l'hubris technoscientifique et la politique partisane sont des obstacles à ce dépassement évolutif. Ils sont aussi des conditions de la crise évolutive qui peuvent nourrir l'aspiration à les dépasser. Sous le règne de demi-vérités qui nourrissent le chaos et prolonge le vieil homme, la lumière de la foi de notre besoin d'être est nécessaire pour nous amener au pied de la lumière de demain.



dimanche 7 avril 2019

LA TRANSPARENCE


Sans transparence de ce que nous sommes à ce qui est, comment être ouvert ? 
Pour voir une couleur, il faut être espace de vision ouvert et transparent. Pour entendre un son il faut un espace de silence ouvert. Pour sentir un goût il ne faut pas un palais occupé entièrement par son propre goût.

Mais cette transparence, elle est aussi nécessaire pour entrer en relation. Pour laisser l'autre être l'autre en nous et le comprendre, il ne faut pas que nous soyons plein de jugements, il nous faut une conscience transparente.

Voir la transparence de sa conscience c'est voir l'ouvert en nous et c'est cultiver notre cœur. Comment notre cœur pourrait s'emplir d'amour s'il est plein de nos réclamations, de nos désirs égocentriques, de nos frustrations, etc. ?

Et qui sait quelle découverte encore la transparence qui s'éclaire elle-même dans ses ténèbres lumineuses nous permettra de faire dans notre aventure spirituelle.

Mais on l'aura compris sans cette transparence pas d'aventure spirituelle, pas de cœur, pas de relation, pas de goût, pas de beauté sonore, pas de merveilleuses couleurs... Sans transparence un monde gris de petits désirs et misères plus ou moins égocentriques...

Mais comment réaliser cette transparence en nous et la laisser transparaître en nous ?

Un seul geste, retourne ton attention de 180 degrés m'a soufflé le philosophe Douglas Harding. 


Et ici à la source du regard que vois-je ?
La transparence du regard. Je suis tout Ouvert !

Mais c'est aussi la transparence en laquelle sont mes pensées, mes émotions, mes sensations.

Grâce à ce simple geste que je peux faire aussi discrètement de l'intérieur et aussi souvent que nécessaire, je vis aussi la relation dans cette transparence, dans cette simplicité.

Et vivant dans cette transparence s'est découvert le chemin de mon cœur. Là se produit vraiment ma seconde naissance, une naissance à l'aventure spirituelle...

Vraiment je remercie Douglas et ses amis de partager sans chichi le trésor de la transparence. Et à mon tour je vous le partage comme on me l'a simplement partagé.


jeudi 4 avril 2019

POUR UNE EDUCATION QUI SERT L'ÂME



J'adhère à l'évidence qu'un monde vivant pousse en ce moment même aux milieux des décombres du vieux monde dominé encore quoi qu'il en pense par la bestialité. Plus le temps passe, plus je sais que je vois surgir ce Monde nouveau si et seulement j'y participe. L'évidence de l'horreur du vieux monde fait partie des ruines. C'est même une impression de grisaille interne dépressive qui participe de l'auto-destruction du vieux monde. Le monde nouveau n'est vue qu'à partir d'une certitude de Joie sans objet qui accueille une force créatrice et transformatrice. 

Dans cette perspective et expérience spirituelle une évidence me saute aux yeux : l'éducation authentique n'est pas une sortie (ducere) hors de soi (e-) mais une initiation à soi c'est-à-dire une intégration de puissance de pensées, d'émotions (voire de sentiments) ou encore de capacités physiques répondant aux besoin d'une âme

Ici je croise les valeurs chrétiennes selon laquelle nous avons à rendre compte du développement de nos talents. Mais bien trop souvent les monothéistes confondent l'ego et l'âme. Et quand les gens de culture occidentale s'intéressent aux sagesses orientales ils confondent l'illusion égocentrique avec l'illusion d'être une âme. Ils ignorent la croissance de la personne dans la transparence spirituelle qui se découvrent à eux. Ils ignorent qu'expérimenter la  transparence spirituelle peut aboutir à expérimenter la présence d'un principe d'individuation, une dimension lumineuse de la transparence elle-même, comme un feu d'individuation unique de la transparence de l'esprit en nous.

La société du vieux monde ne connaît que des egos manipulables par leurs désirs égocentriques puisque foncièrement mimétiques et qui donc suscitent de la concurrence. Même la bonne conscience de ce vieux monde a cette mécanique. La société du vieux monde ignore tout de l'âme.

L'éducation véritable consiste certainement à permettre à une âme de ne pas se perdre dans les mécaniques des pensées, des désirs et des pulsions. Aujourd'hui la paresse, l'inertie l'emporte souvent faute de souligner un idéal d'évolution et de création. La spiritualité contemporaine avec la non-dualité nous donne d'échapper peu à peu à la mécanique. Mais quid du mouvement de transformation du monde ? L'ego n'est que le visage défiguré de notre âme quand pire malheur il n'en est pas la tombe où elle se tient étouffée dans le silence. L'éducation authentique est au service d'un principe d'individuation. L'individualisation avec son pendant individualiste, on connaît. Mais au fond cette individualisation c'est acquérir et réclamer le droit d'être reconnu dans la société. C'est parfois réclamer le droit d'être regardé et envié sans daigner voir la fausseté qui est en jeu dans ce qui ressort de la concurrence mimétique. Celui qui aime ses enfants ou le professeur qui se soucie de ses élèves travaille pour leur proposer ce qui leur facilitera de devenir ce qu'ils sont : il leur donne de quoi s'individuer en dehors des clous de la seule individualisation sociale. Un tel parent ou un tel professeur lutte parfois contre l'ego de l'enfant ou de l'enseigné pour en libérer l'influence de son âme. Le principe d'individuation qui au cœur de la conscience pure commande vraiment le devenir d'un individu quand il est uni intuitivement, mentalement, émotionnellement à cette conscience pure, cette transparence au fond de l'esprit.

Ceci commande même la manière dont parfois on peut introduire auprès d'un enfant ou d'un enseigné une manière de voir y compris par exemple la non dualité. Il s'agit juste d'une boîte à outils ou de moyens de partager une sensibilité (poétique) dont l'enfant ou l'enseigné peuvent user s'ils le désirent pour ne pas se faire engrener dans la mécanique. Il ne s'agit pas encore une fois de s'enfermer dans telle croyance mentale en niant telle possibilité ou au contraire en affirmant telle réalité sans en faire du tout aucune expérience. L'éducation ainsi entendue est clairement en opposition avec n'importe quelle attitude religieuse.

Plus on s'approche du continent perdu de l'âme, plus on peut aider les plus jeunes âmes à se trouver au cœur de l'humanité. Il ne s'agit pas d'une manière de penser mais d'une aspiration au cœur de la conscience pure, la transparence de notre conscience. C'est un monde paradoxal où la plénitude de la conscience se découvre un besoin poignant d'être, , une soif de conscience encore plus ample.

Le monde de l'âme, le monde psychique de l'individuation est vraiment libre du monde psychologique individualiste qui ne trouvera jamais de solution en lui-même. C'est une dimension spirituelle que l'éducation de demain devra sans aucun doute découvrir si elle veut s'accomplir.