samedi 4 octobre 2008

MEDITATION ET EVOLUTION DE LA CONSCIENCE.


Il nous faudra connaître la ruine complète de toutes solutions et ruminations mentales.

Dans nos méditations mêmes il y a des manières subtiles de s'aveugler et de bien cloisonner nos forteresses mentales.

On se tient là derrière détaché en apparence de tous les contenus de la conscience, on muscle sa liberté en vue soi-disant de notre responsabilité alors qu'il peut y avoir là le refuge le plus subtil de l'égo-centrisme.

Car le point de nous-même qui médite n'est que trop rarement un serviteur des flux de conscience qui vraiment travaillent à faire évoluer la conscience.

Si nous étions vraiment un serviteur de l'évolution consciente de la conscience pourrions-nous ne serait-ce qu'un instant définir la méditation uniquement comme l'art de se détacher des identifications usuelles de notre conscience ordinaire ?

Cette méditation avait un sens quand il nous fallait distinguer le manifesté et le non manifesté, quand il nous fallait entrevoir quelque chose de la vacuité de la conscience pour endosser sans mal le poids de notre imperfection. Mais la vacuité de la conscience entrevue n'affecte guère l'ego insincère qui peut y survivre et même l'exploiter pour s'autoriser de la liberté qu'il en retire vis-à-vis des phénomènes de la conscience.

Le Nirvana nous donnerait une certaine extinction de l'ego-centrisme mais il risquerait de nous rendre incapable d'entendre le flux des divers flux de conscience qui travaille en nous à une évolution consciente de la conscience. Le Nirvana risquerait de nous détourner des imperfections de notre conscience en ignorant les plans de perfection au-delà des contenus usuels de notre conscience qui attendent une aspiration sincère de notre âme pour se manifester.

La paix et la tranquillité si elles répondent à la méditation d'une âme aspirant à l'évolution consciente de la conscience sont indissociables d'un flux de conscience-forces. Ce flux peu à peu opère une évolution de la conscience qui échappe à la conscience mentale ordinaire mais qui se dévoile comme un nouveau regard de la conscience sur elle-même qui par petites touches peu à peu s'organise.

Seule la vacuité de l'âme au fond de la grotte du coeur se mariera honnêtement au flux descendant de forces de conscience dans une évolution concentrée de la conscience.

S'il faut pour explorer la conscience perdre de vue le flux de conscience forces descendant, il vaudrait mieux que ce soit pour atteindre la vacuité de l'âme tout au fond de la grotte du coeur. Il vaut mieux éviter quand on médite de revenir régulièrement basculer en arrière de l'horizon mental ou vital jusque dans le presque rien de conscience qui entoure notre conscience usuelle sans que cela produise rien d'autre qu'une liberté face à l'univers habituel.

L'aventurier de la conscience qui s'inspire de Sri Aurobindo, Mère et Satprem se méfiera donc autant d'une méditation que d'un service pour le divin qui ne devient pas de plus en plus une médit-action divine de plus en plus consciente.


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