samedi 21 mars 2015

LIBERATION ET TRANSFORMATION. FAIRE FACE A LA SOUFFRANCE.


Fini de seulement penser,
la reconnaissance du pur Voir dans le grand angle de la conscience
se fait d'un mouvement de doigt ou plus discrète d'un coup d’œil intérieur.
Se Voir dans la lumière intérieure, lumière sur lumière rien de plus rien de moins.


La bulle mentale avec ses mécanismes oblitère la lumière première ou elle la voile en arrière plan l'empêchant de vraiment briller en elle-même.
La bulle mentale signifie selon sa propre mesure dans l'ignorance du grand sens de l'ouvert véritable. Elle signifie étroitesse sur étroitesse.

Se remettre en place toujours et toujours.
La paix est une base nécessaire, mais elle ne suffit pas. La paix, si elle est forte et permanente, peut libérer l'être intérieur qui devient alors le témoin calme et impassible des mouvements extérieurs. C'est la libération du sannyâsî. Dans certains cas elle peut libérer aussi l'être extérieur puisque l'ancienne nature se trouve rejetée au-dehors, dans la conscience environnante. Mais là encore il s'agit d'une libération, non d'une transformation.

Sri Aurobindo, Lettres sur le Yoga

Mais si on voit sincèrement on aperçoit en l'instrument psycho-corporel ce qui se désaccorde.

Par exemple, un geste est de lier toute souffrance qu'elle soit sienne ou celle d'un autre avec le retour en ce Voir afin que la souffrance n'oblitère pas la paix.  Mais où trouver un chemin de transformation avec la souffrance ?

Il ne s'agit ni de vouloir la souffrance comme on prendrait héroïquement une croix de martyr ni de rêver qu'elle s'évapore selon nos désirs. Dans ce geste de retour à la lumière intérieure aspirant à la transformation, il s'agit de participer à l’œuvre créatrice. Remettre la souffrance entre les mains de cette lumière intérieure ne consiste pas à l'y tendre comme la demande égocentrique d'un miracle qui d'ailleurs ne donnerait aucune conscience d'un chemin de transformation. Il y a certes des miracles de ce point de vue mais ils ne répondent pas à une aspiration à la transformation. Pour servir un chemin de transformation au sein d'un chemin de Paix, il s'agit de tendre la souffrance à la lumière intérieure comme un cri paisible d'aspiration à un chemin évolutif de conscience enfin accessible à tous et pour tous. Notre individualité ne verra peut-être pas la victoire mais nous y aurons travaillé car cette lumière intérieure si rayonnante d'amour ne verra-t-elle pas à travers l’œil humain un défi créateur ?
Je rends grâce à ceux qui dans leur corps de douleurs universel mènent ce travail pour nous tous et faciliteront le nôtre quand l'heure sera venue.

vendredi 20 mars 2015

PEUT-ON ÊTRE MUSULMAN ET CITOYEN FRANCAIS ?



Il est vrai que la mystique religieuse n'a jamais garanti une religion de ses excès d'intolérance. De nombreux mystiques chrétiens comme St Bernard ont été des acteurs de l'intolérance. Au nom de ses lumières intérieures indéniables, il a ainsi attaqué Abélard dont l'intellect  ouvrait pourtant les prémisses des démarches de l'intellect moderne. Il a aussi appelé à mené croisade.
De même la mystique musulmane dans le passé et dans le présent récent ne garantit pas une interprétation religieuse des excès d'intolérance.
Mais faut-il en conclure que l'essence de ces religions implique l'intolérance ?

On remarquera que nos sociétés ne mettent pas en majorité en doute l'idée d'un possible christianisme tolérant.

Tout l'enjeu est de savoir si on peut être un croyant musulman et être tolérant. La réponse à cette question met directement en jeu le fait de savoir si on peut être un musulman et  un bon citoyen français. En effet si on répond qu'il est impossible d'être musulman et tolérant alors on fait du musulman quelqu'un qui par définition ne peut que rejeter un  modèle politique laïque. Tout musulman est alors considéré comme un potentiel danger pour la laïcité.

On peut visiblement être citoyen français et catholique sans que cela soit contesté : rejet de l'homosexualité, aucun rôle d'importance des femmes dans la hiérarchie ecclésiastique, interdiction de la contraception et de l'avortement qui donnent aux femmes un réel droit sur leur corps, ouvrages à l'index, etc. Les catholiques obéissent à des influences internationales (la papauté), sont-ce de bons français d'abord centrés sur leur nation ? (Ici je reprends simplement les arguments de Locke). La reconnaissance catholique des droits de l'homme date des années 1960, etc. La charia certes n'est pas tout à fait l'équivalent du droit canonique catholique mais les 613 commandements juifs et leur mise en œuvre ultra-orthodoxe ne le sont-ils pas davantage ? Ces juifs dont les textes religieux de base du premier testament sont forts comparables au Coran peuvent-ils être de vrais français ou finiront-ils toujours par servir les intérêts d’Israël ? Ces raisonnements me ramènent à ceci : on peut être de n'importe quelle religion même la plus discutable du point de vue rationnel et évolutif et être français à partir du moment où on reconnaît la suprématie d'une fraternité laïque sur les intérêts de sa communauté religieuse. Peu importe que dès lors ces gens ne soient plus tout à fait de bons catholiques, de bons juifs orthodoxes ou de bons musulmans (d'après nos interprétations externes), cette allégeance suffit. La révolution française n'a pas imposé autre chose aux prêtres et religieux cathos qu'une allégeance et la part des choses s'est faite entre des religieux désireux de réinterpréter de plus en plus leur religion en fonction de la modernité ou non. Qu'une réinterprétation trahisse ou non le texte est sans intérêt si on regarde les évolutions religieuses : les juifs dans la torah lisent des sanctions d'adultère comportant la lapidation et il n'y a aucun moyen d'échapper à cette littéralité du texte ; or cela ne les empêche pas de considérer même pour les plus orthodoxes cette compréhension comme désormais hors de propos. D’ailleurs dans le christianisme Jésus promet l'enfer éternel à ceux qui n'accueilleront pas ses disciples convenablement, l'apocalypse est un récit où des armées du bien affrontent des armées de l'axe du mal : Chirac dit que Bush a voulu le convaincre d'attaquer l'Irak parce qu'il y localisait Gog et Magog (cf l'Apocalypse).

Vouloir affirmer pour l'autre quelle est la façon juste de croire surtout si c'est pour dire que c'est la façon la plus inhumaine me semble sans intérêt pour faciliter la rencontre des personnes et l'évolution des identités en mettant le cœur au-dessus de toute identité.

Il paraît légitime de dénoncer ce qui doit l'être car si sinon ce serait un angélisme tragique. Mais en concluant qu'une religion est par essence anti-moderne, on condamne tous ceux en son sein qui tente de la moderniser.
Cette stratégie qui a été menée contre le catholicisme a abouti à l'exclusion de tous les modernistes chrétiens de l'église catholique aux alentours des années 1900 et a retardé son évolution interne qui n'a repris vraiment un commencement qu'après la seconde guerre mondiale et a connu un tournant décisif moderne aux années 1960.

Un religieux n'a pas à être un herméneute universitaire mais à devenir un herméneute guidé par son cœur qui ne renie pas ses racines mais veut les faire pousser au-delà de toute ombre au soleil du cœur. 
 
Il y a une critique des religions qui manque de cœur malgré l'objectivité de ses critiques dès lors qu'elle empêche celui qu'elle critique de se mettre à l'écoute de son cœur. Mais on voit si facilement la paille dans l’œil de son voisin...
 
les pères spirituels d'une religion ont rarement la perfection du cœur mais ils ont fait souvent ce premier pas du cœur... Si Henry Corbin, Jambet et Shayagan affirment qu'ils ont plus de vérité du Chiisme que Khomeyni, je les soutiens puisqu'ils défendent la démocratie moderne. Si Abdennour Bidar se dit musulman et défend la démocratie et la tradition philosophique, je le soutiens. Comme dans la pensée chrétienne catholique par homéomorphisme, je soutiens Panikkar, Ghislain Lafon, Teilhard... 

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Mais au final je crois que l'ultramodernité spiritualiste va épuiser toutes les formes religieuses inutiles quand l'expérience directe spirituelle se révélera possible au plus grand nombre sans institution, sans dogmatisme et sans croyance (ce qui n'est pas la foi dans l'ouverture qui peut détruire toutes les forteresses mentales posées pour séparer les personnes).

Est-ce de l'irénisme ? J'avoue que saint Irénée de Lyon qui a un discours conséquent sur le fait qu'un Dieu créateur ne pourrait pas vouloir créer un monde aboutissant à l'enfer pour la plupart. Pour Irénée de Lyon, Dieu s'est homme en Jésus-Christ afin que l'homme soit fait Dieu.

En m'arrachant à la dimension religieuse du propos, je témoigne d'une expérience spirituelle où le divin crée consciemment le vivant comme individualisation de sa conscience. Autrement dit si les notions d'âmes et d'évolution sont sensées, il se peut qu'une spiritualisation de nos sociétés conduisent les religions à devenir des reliques du passé.

Évidemment il y a ici en jeu une expérience intérieure qui ne se contente pas de réaliser que tout apparaît dans la conscience vacuité mais de réaliser que tout ce qui apparaît dans la conscience y apparaît de plus en plus consciemment.L'inconscience devient de plus en plus flagrante quand la conscience croît.

On aura compris que l'expérience mystique commence par être celle de la lumière intérieure mais que bien peu de ceux qui savent cette lumière voit vraiment leur cœur s'embraser non seulement pour cette lumière elle-même mais pour tout homme. Ces saint Bernard (chrétien catholique du Moyen-âge), Al Ghazali (théologien musulman et soufi du Moyen-âge) et autres ont eu cette première expérience mais elle n'a pas surmonté en eux les forteresses mentales, les clôtures de pensée rendant insensible au cœur de l'autre même le plus enfoui, etc. Ces maîtres spirituels n'étaient pas capables de mener leur culture religieuse à évoluer vers un niveau de mentalité plus élevé. Pour devenir un rayonnement d'amour vraiment capable de participer à l'évolution de la conscience, il faut aller au-delà de la prise de conscience d'une lumière intérieure. Il faut vraiment, entre autres, que toutes les pensées deviennent des circonstances et des expressions au service de la révélation des cœurs au cœur d'eux-mêmes. La purification est alors impitoyable : toute trace d'ego devient de plus en plus une blessure intolérable de l'amour. Et il faut bien faire face au fait que nos pensées soi-disant les plus justes, les plus vraies sont des moyens pour que notre ego soit l'objet d'attention, pour qu'il ait la sensation d'un pouvoir...

Si l'on sait un tel amour rayonnant au cœur du cœur purifiant toute imperfection impitoyablement, comment douter alors d'une évolution spirituelle de l'humanité produite par le rayonnement de quelque chose du fond de la conscience infinie ?

mercredi 18 mars 2015

IDÉAL SPIRITUEL DE COMMUNION ET PRINCIPES DE VIE DÉMOCRATIQUE.


I - IDÉAL SPIRITUEL DE COMMUNION.

Quand on pense à une communion humaine, on pense souvent à un cercle de personnes. Tout le monde se tient dans un même cercle où il semble égal aux autres du point de vue de la position dans ce cercle. Mais ce cercle semble aussi immédiatement communautariste car il semble toujours se cristalliser autour d'une identité de groupe.
Dans les spiritualités non-duelles, il s'agit plutôt de se mettre à l'écoute d'un guide qui a réalisé la présence de la lumière intérieure.Un satsang dans la spiritualité hindoue ou qui s'en réclame est ainsi une rencontre spirituelle où quelqu'un témoigne d'une réalisation spirituelle que les autres n'ont pas. Cette personne affirme que tout le monde peut réaliser ce dont elle parle mais elle se positionne au-delà du cercle, puisque tout le monde la regarde et oublie de regarder le plus souvent ses voisins. Mais elle prétend ne pas se positionner en tant qu'individu au-delà des autres, elle affirme symboliser par sa présence cette transcendance auquel chacun peut aspirer intérieurement.

Satsang de Mooji

Pour comprendre en quoi la spiritualité implique un idéal de communion humaine ouverte, il suffit de s'ouvrir à ce qui est donné dans un cercle de personnes. Ici nul besoin d'un maître ou d'un guide sur une estrade. L'ouverture spirituelle jaillit par la grâce même du cercle des corps.
Dans ce cercle, je constate par contraste que si il y a un cercle de pieds, de jambes et de torses, il n'y a pas un cercle de têtes. Dans ce cercle, entre mon voisin de droite et mon voisin de gauche, je suis avant tout l'ouverture où paraissent les visages des autres. Je sais que chacun intérieurement est aussi cette ouverture où paraissent les autres. Ainsi un motif, un projet nous a peut-être réuni pour composer ce cercle mais l'assise fondamentale de la communion est d'abord cette ouverture à laquelle notre relation collective est relative. Dans cette ouverture chacun trouve en soi une liberté par rapport au cercle mais en même temps en cette ouverture prend place le cercle.

Une hiérarchie humaine entre des êtres réalisés et ceux qui cherchent à l'être ne fonde pas un authentique idéal spirituel de communion. Au niveau humain dans le cercle, nous sommes d'une égale dignité et chacun peut y exprimer une diversité sans obligatoirement le rompre. Seule une interprétation fermée de l'identité peut troubler l'ouverture et tendre à vouloir un cercle identitaire. On peut croire détenir le véritable sens de l'ouverture malheureusement... 

Au niveau de l'ouverture en première personne au sein de ce cercle, de cette lumière intérieure où se déploie le cercle, nous savons qu'il n'y a qu'une seule conscience sans identité que personne ne peut symboliser plus qu'un autre. Les efforts pour revenir à cette unité source des identités limitées et diverses ainsi qu'à une ouverture à toutes les identités aboutissent peut-être à des âmes au cœur nettement plus lumineux. Mais dans le cercle, si ces cœurs facilitent le rappel à l'ouverture, La créativité de l'ouvert prédomine et fluidifie les frictions identitaires.   

II -  IDÉAL SPIRITUEL DE COMMUNION ET PRINCIPES DE VIE DÉMOCRATIQUE. 

Aucun régime sociopolitique ne peut l'imposer un idéal spirituel de communion sauf à aboutir à des communions humaines fermées. Seule une organisation démocratique peut poser les bases en terme de conditions nécessaires.


De nombreuses visions spirituelles conséquentes ont en vue l'idéal d'une communion humaine. Précisons le autant que possible dans la perspective d'une spiritualité de l'évolution de la conscience. D'un côté cet idéal viserait à édifier un vivre-ensemble au service de la créativité et donc de l'épanouissement individuel des uns et des autres et d'un autre côté cet idéal viserait une créativité collective fondée sur une solidarité. Cet idéal est donc à la fois un idéal collectif de solidarité créatrice et de liberté individuelle.


Cet idéal ne peut pas être imposé par qui que ce soit. Une élite de sages cherchant à l'imposer irait forcément à l'encontre de la liberté individuelle que comprend un tel idéal. On peut très bien envisager des groupes cherchant à incarner à leur niveau cet idéal mais leur autorité liée à une expérience indéniable ne saurait s'imposer. Leur rôle d'éclaireurs et de témoins ne pourraient pas leur octroyer le pouvoir d'imposer leur expérience. Ils feraient juste autorité pour ceux qui voudraient aller librement en ce sens et chercheraient une inspiration pour trouver leur propre ligne créatrice. Dans une aventure proprement créatrice, il n'y pas d'autorité au sens de modèle à imiter mais des des autorités inspiratrices. 


Par contre on peut envisager un double cadre créant les conditions de possibilité de sa réalisation.

Un cadre social et juridique peut à la fois :

- protéger les sphères de libertés individuelles les unes des autres grâce à une coopération d'ensemble ;

- instituer certaines solidarités collectives dès lors qu'elles ne contrecarrent pas la créativité et la liberté individuelle ainsi que l'idéal de petits groupes voulant incarner plus radicalement cet idéal de communion humaine créatrice.


Ainsi il faut instituer une force collective protégeant des droits individuels et une force collective définissant un espace public de solidarité par le biais de décisions démocratiques.


On voit bien que ce double cadre est en tension. La recherche de libertés individuelles entre fréquemment en conflit avec l'exigence de solidarités collectives. Toutefois ces deux principes animant la vie sociopolitique ne sont pas antinomiques du point de vue spirituel d'un idéal de communion humaine ouverte et créatrice. 
 

lundi 16 mars 2015

LAÏCITE SPIRITUALISTE. NI CROYANT NI ATHEE. LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.


Si l'on vous interroge à un sondage sur votre croyance religieuse ou non, répondriez-vous que vous croyez en Dieu ou que vous n'y croyez pas ?



























Quand je démontre l'existence de Dieu et que je crois à la certitude de ma démonstration, j'ai des raisons de croire en une entité divine à l'extérieur de mon esprit. J'ai des raisons de croire mais je n'en suis pas moins croyant. 

Mais si j'expérimente dans mon intériorité la source de tout de ce qui est, je ne suis ni athée ni croyant.

Si j'expérimente une présence absolue en moi, ai-je besoin de me soumettre à une quelconque dogmatique religieuse ? Les sociétés modernes me laisse assez de liberté pour que je vive cette expérience de la présence absolue en dehors de toute institution religieuse, en dehors de tout communautarisme. Je peux partager cela avec des amis dont je suis indépendant économiquement et socialement. Je découvre la possibilité d'une libre communion à travers cette présence qui porte l'individu à l'accomplissement le plus profond de son individualité.

De ce point de vue spiritualiste, il parait nécessaire de défendre une laïcité républicaine dont l'idéal est une fraternité fondée sur la liberté individuelle et le sens de l'égale dignité.
La laïcité républicaine facilite des fraternités par delà les appartenances, par delà les frottements des identités culturelles. Dans la croyance il y a des maîtres et des traditions, dans l'expérience spirituelle nous découvrons notre propre autorité intérieure, notre âme, notre ancrage individuel dans la source.
Une laïcité multiculturelle qui valorise l'appartenance à des communautés de croyants ne fondera jamais spirituellement une fraternité républicaine spiritualiste. L'espace public sera tout au plus un lieu de coexistence pacifique et chacun sera renvoyé à son identité. 

Cette conception spiritualiste de la laïcité a des antécédents chez Pierre Leroux, Ferdinand Buisson et Jaurès.

Documents :

« Ce que veut la religion, c’est que « l’esprit poursuive toujours l’infini, et ne se flatte jamais de le posséder ». Pour le religieux laïque, « croire en Dieu, ce n’est pas croire que Dieu est, c’est vouloir qu’il soit ». »


 
« Nos pères avaient mis sur leur drapeau : Liberté Égalité Fraternité. Que leur devise soit encore la nôtre ! Ils n’avaient pas conclu de je ne sais quel système social à l’individu ; ils n’avaient pas dit " La société doit être organisée nécessairement de telle ou telle façon, et nous allons enchaîner le citoyen à cette organisation". Ils avaient dit "La société doit satisfaction à l’individualité de tous, elle est le moyen de la liberté de tous". » (1834, De l’individualisme et du socialisme).
Comme l’analyse parfaitement Pierre Leroux, cette liberté n’a rien à voir « avec l’individualisme actuel, l’individualisme de l’économie politique anglaise qui, au nom de la liberté, fait des hommes entre eux des loups rapaces et réduit la société en atomes », avec le libéralisme bourgeois qui fait de l’égalité "une chimère sans importance" et crée dans les faits "la plus infâme inégalité". « Dès lors leur liberté est un mensonge, car il n’y a que le très petit nombre qui en jouisse. »
L’égalité est la condition de la liberté et de la fraternité « En effet, si les hommes ne sont pas égaux, comment voulez-vous les proclamer tous libres ; et s’ils ne sont ni égaux, ni libres, comment voulez-vous qu’ils s’aiment d’un fraternel amour ? » « L’origine et le but de la société sont cachés dans ce mot (Egalité), comme l’énigme du Sphinx : mais cela n’empêche pas que ce mot ne soit, dans la formule politique, la raison des deux autres termes. »
En 1845, Leroux donne une définition sur laquelle nous conclurons : « Nous sommes socialistes si l’on veut entendre par socialisme la doctrine qui ne sacrifiera aucun des termes de la formule liberté, fraternité, égalité, unité, mais qui les conciliera tous »


Jean Jaurès, L'enseignement laïque, Discours de Castres, 30 juillet 1904.

« C'étaient des humanistes, c'étaient des hellénistes, qui se passionnaient pour la Réforme ; il leur semblait que pendant les siècles du Moyen Âge, une même barbarie, faite d'ignorance et de superstition, avait obscurci la beauté du génie antique et la vérité de la religion chrétienne. Ils voulaient, en toutes choses divines et humaines, se débarrasser d'intermédiaires ignorants ou sordides, nettoyer de la rouille scolastique et ecclésiastique les effigies du génie humain et de la charité divine, répudier pour tous les livres, pour les livres de l'homme et pour les livres de Dieu, les commentaires frauduleux ou ignorés, retourner tout droit au texte d'Homère, de Platon et de Virgile, comme au texte de la Bible et de l'Évangile, et retrouver le chemin de toutes les sources, les sources sacrées de la beauté ancienne, les sources divines de l'espérance nouvelle, qui confondraient leur double vertu dans l'unité vivante de l'esprit renouvelé. Qu'est-ce à dire ? C'est que jusqu'ici, ni dans les premiers siècles, ni au seizième, ni dans la crise des origines, ni dans la crise de la Réforme, le christianisme, quelque transcendante que fût son affirmation, quelque puissance d'anathème que recelât sa doctrine contre la nature et la raison, n'a pu couper ses communications avec la vie, ni se refuser au mouvement des sèves, au libre et profond travail de l'esprit.

Conquêtes décisives Mais maintenant, pour le grand effort qui va de la Réforme à la Révolution, l'homme a fait deux conquêtes décisives : il a reconnu et affirmé le droit de la personne humaine, indépendant de toute croyance, supérieur à toute formule ; et il a organisé la science méthodique, expérimentale et inductive, qui tous les jours étend ses prises sur l'univers. Oui, le droit de la personne humaine à choisir et à affirmer librement sa croyance, quelle qu'elle soit, l'autonomie inviolable de la conscience et de l'esprit, et en même temps la puissance de la science organisée qui, par l'hypothèse vérifiée et vérifiable, par l'observation, l'expérimentation et le calcul, interroge la nature et nous transmet ses réponses, sans les mutiler ou les déformer à la convenance d'une autorité, d'un dogme ou d'un livre, voilà les deux nouveautés décisives qui résument toute la Révolution ; voilà les deux principes essentiels, voilà les deux forces du monde moderne. Ces principes sont si bien, aujourd'hui, la condition même, le fond et le ressort de la vie, qu'il n'y a pas une seule croyance qui puisse survivre si elle ne s'y accommode, ou si même elle ne s'en inspire. (...) »

vendredi 13 mars 2015

UN SOLEIL INVISIBLE ILLUMINE LA TERRE.

Un Soleil invisible illumine la terre

 

Le vieux monde créé par le mental et l’ego séparateur est maintenant exposé aux rayons d’une conscience divine qui forme comme un nuage radioactif couvrant le globe entier. Sa radiation constante est en train de détruire tout ce qui est basé sur la séparation et la division, transformant ce qui peut être transformé. Tous les alliages seront brûlés laissant seulement l’or pur. Dans cette conscience infinie le sens d’individualité n’existe pas et dès qu’on est touché par elle on commence à perdre le sens d’une forte individualité. Quand cette conscience nous possédera entièrement, nous perdrons tout sens d’existence séparée. Nous aurons la sensation d’être les mains et pieds, les yeux, les oreilles et les bouches de l’Être éternel, infini qui devient notre être réel. Cette radiation qui est faible en ce moment augmente chaque jour en intensité. Si elle était trop forte tout serait brûlé, la température doit donc être contrôlée comme dans un four céramique où on augmente la chaleur progressivement pour éviter que les vases n’éclatent en mille morceaux. Tous les éléments opposés à l’union, l’harmonie et à l’unité divine disparaîtront graduellement comme les dinosaures et les barbares ont disparus.
Ceci est le côté négatif de l’action divine. Par contre, tous les éléments favorables à l’unité et l’harmonie, prêts à perdre leur ego et se fondre dans l’unité divine, mus seulement par la volonté divine, auront tendance à se grouper pour former la nouvelle vie divine sur la terre. Ceux qui aspirent à la vérité, au Divin, à l’infini auront naturellement une grande protection et un appui dynamique d’en haut. Une grande révolution est en train de se passer et elle ne s’arrêtera pas tant que la nouvelle vie n’est pas entièrement établie sur terre. Cette période de grande transition donne un sens d’instabilité et de précarité. A cause de la pression de la force divine, toute l’obscurité et les noirceurs cachées dans la nature humaine remontent comme l’écume à la surface du métal fondu. Cela arrive individuellement ainsi qu’au niveau universel. Le feu de transformation a englouti le monde entier. Tout ce qui va vers le Divin, l’Un, la paix et l’harmonie est en sécurité. Tout ce qui refuse de bouger, s’obstine à vivre dans la séparation et la division, l’ignorance, l’obscurité et la violence va inévitablement vers l’extinction. Quand on regarde de ce point de vue, il est possible de voir à l’intérieur et à l’extérieur de nous ce qui est utile et ce qui est auto-destructif, ce qui nous aide à nous approcher du Divin et ce qui nous en tient éloignés. Quand nous pensons, sentons, parlons et agissons d’une manière qui nous rapproche du Divin on ressent la félicité de la présence divine constante. Ce travail peut être fait n’importe où.
Si nous sommes sincères dans notre recherche, nous pouvons sentir le Soleil invisible illuminant constamment la terre entière et son inévitable transformation en un royaume divin.
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Niranjan Guha Roy
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